


{"id":1008,"date":"2015-07-20T09:03:17","date_gmt":"2015-07-20T07:03:17","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=1008"},"modified":"2015-07-20T09:03:17","modified_gmt":"2015-07-20T07:03:17","slug":"jamais-assez-its-enough","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/jamais-assez-its-enough\/","title":{"rendered":"Jamais assez\u2026 it\u2019s enough"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">&#8212;&#8212;&#8212;<br \/>\n<center><i><a href=\"http:\/\/insense-scenes.net\/spip.php?mot62\">Jamais assez<\/a><\/i>, chor\u00e9graphie de <a href=\"http:\/\/insense-scenes.net\/spip.php?mot61\">Fabrice Lambert<\/a><br \/>\n<br \/>Avignon 2015, Gymnase du lyc\u00e9e Aubanel<\/center><\/p>\n<hr \/>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-1007\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/arton379.jpg\" width=\"921\" height=\"613\" \/><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-975\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/2015-jamais_assez.jpg\" alt=\"2015-jamais_assez.jpg\" align=\"center\" width=\"920\" height=\"613\" \/><\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>Nouvelle d\u00e9ception qui vient \u00e0 la suite d\u2019autres d\u00e9ceptions. D\u2019\u00e9vidence, le festival est en train d\u2019\u00e9tablir un record de formes en \u00e9chec qui devrait finir par produire son effet\u2026 Virer les festivaliers, rendre la ville aux avignonais, enterrer d\u00e9finitivement Vilar et encourager les p\u00e9lerinages sur la tombe du saint homme \u00e0 S\u00e8te. Occasion de faire un petit tour au mus\u00e9e du cin\u00e9ma, de r\u00e9citer du Val\u00e9ry, de faire un tour au mus\u00e9e d\u2019Arts brut et de chanter du Brassens : \u00ab trompettes de la renomm\u00e9e vous \u00eates bien mal embouch\u00e9es \u00bb.<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<p>Dans l\u2019entretien auquel se livrent les artistes pour pr\u00e9senter leur cr\u00e9ation, Fabrice Lambert rapporte dans le programme que <em>Jamais Assez<\/em> a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit \u00e0 la suite de sa rencontre avec le film de Michael Madsen <em>Into Eternity<\/em>. En fait, alors que Lambert questionnait la notion de mythologie et son actualit\u00e9, la d\u00e9couverte de ce film \u2013 consacr\u00e9 \u00e0 Onkalo, en finlande, site d\u2019enfouissement de d\u00e9ch\u00eats radioactifs et nucl\u00e9aires, pour plus de 100 000 ans \u00e0 500 m\u00e8tres sous la surface du sol \u2013 a augment\u00e9 sa r\u00e9flexion. Il y a vu, en effet, \u00ab le foyer d\u2019une mythologie \u00bb croisant le mythe de Prom\u00e9th\u00e9e et celui d\u2019une connaissance du XXIe si\u00e8cle. \u00ab Je per\u00e7ois un trajet entre Prom\u00e9th\u00e9e et Onkalo : deux histoires de feu, d\u2019\u00e9ternit\u00e9, de connaissance. C\u2019est sur ce trajet-l\u00e0 que se situe la pi\u00e8ce \u00bb.<br \/>\nSoit ! mais encore ?<br \/>\nPour autant que la parole de Fabrice Lambert se comprendra comme un aveu g\u00e9n\u00e9tique, voire g\u00e9n\u00e9alogique, <em>Jamais Assez<\/em> livre difficilement son origine ou ses r\u00e9f\u00e9rences dans le cadre du plateau. L\u2019articulation entre le propos et le geste subit donc un grand \u00e9cart o\u00f9, en d\u00e9finitive, le geste chor\u00e9graphique qui correspond encore \u00e0 un \u00ab jeter son corps dans la bataille \u00bb que Lambert emprunte \u00e0 Pasolini, est pour le moins invisible.<br \/>\nAu point que l\u2019on peut s\u2019interroger sur la n\u00e9cessit\u00e9 de lire dans le programme ce qui rel\u00e8ve davantage d\u2019un \u00e9talage de r\u00e9f\u00e9rences intellectualis\u00e9es que d\u2019une approche sensible du geste.<br \/>\nA l\u2019exception de la premi\u00e8re image d\u2019un carr\u00e9 de lumi\u00e8re rong\u00e9 par une masse noire d\u2019o\u00f9 sortiront les interpr\u00e8tes, il n\u2019y aura dans <em>Jamais Assez<\/em> que cette image inaugurale pour mettre le spectateur en alerte. Image plastique d\u2019une vague infiniment lente et souveraine qui ne fait appel \u00e0 aucune r\u00e9f\u00e9rence ext\u00e9rieure. Visuel puissant qui va bient\u00f4t dispara\u00eetre, et qui lorsqu\u2019elle se retire laissera une bande d\u2019interpr\u00e8tes \u00e9chou\u00e9s. Ce qui nous place au plus proche de l\u2019\u00e9chec.<br \/>\n<sc><strong>Jamais Assez\u2026 I am feed up.<\/strong><\/sc><br \/>\nLa bande de danseurs et de danseuses se donne alors sans compter. Danse en libert\u00e9. A quoi \u00e7a se voit un danseur dans <em>Jamais assez\u2026<\/em> ? \u00c7a se voit parce qu\u2019ils font beaucoup de mouvements pour rendre visibles l\u2019effort. \u00c7a se voit parce qu\u2019ils vont occuper la plateau tout le temps. Mais, \u00e7a, finalement, c\u2019est rien ou presque\u2026 Un danseur \u00e7a se voit parce que \u00e7a s\u2019entend. Alors comment \u00e7a s\u2019entend un danseur qui danse\u2026 ? C\u2019est simple \u00e7a s\u2019entend parce que la chor\u00e9graphie \u2013 ou disons le <em>package<\/em> expression corporelle \u2013\u00a0prevoit de vous faire entendre le souffle des danseurs. Oui, c\u2019est \u00e7a\u2026 Il faut faire entendre le souffle du danseur \u00e9puis\u00e9, fatigu\u00e9 de danser, haletant parce que l\u2019effort serait le symptome de la danse pr\u00e9sente.<br \/>\nC\u2019est juste \u00e7a <em>Jamais assez<\/em> et pour autant que l\u2019on entend l\u2019expiration fatigu\u00e9e et haletante, qui ferait croire au travail, \u00e0 la virtuosit\u00e9, \u00e0 l\u2019\u00e9puisement, \u00e7a ne suffit pas. La glose prend alors le dessus <em>Jamais Assez<\/em>, c\u2019est \u00ab \u00e7a ne suffit pas \u00bb. \u00c7a ne souffle pas&#8230; au sens o\u00f9 le <em>Geist<\/em> (le souffle ou l&rsquo;esprit) est absent.<br \/>\nC\u2019est comme \u00e7a <em>Jamais assez<\/em>. Sauf qu\u2019ici <em>Jamais assez<\/em>, c\u2019est un peu comme une pi\u00e8ce chor\u00e9graphique qui offrirait ce que personne ne lui demande plus. Ce que l\u2019on ne demande plus \u00e0 la pratique chor\u00e9graphique c\u2019est un rapport au mouvement satur\u00e9 (espace sonore itou). Ce que l\u2019on ne tient plus \u00e0 voir, c\u2019est ce que Lambert produit : du vent. Ou une confusion entre souffle et vent.<br \/>\n<em>Jamais assez<\/em>, c\u2019est donc juste du vent. Un agr\u00e9gat de citations pos\u00e9es dans le programme qui intellectualiserait le propos. Genre noms prestigieux qui viendrait soutenir ce qui ne tient pas debout, ce qui ne peut \u00eatre soutenu. Genre patronyme qui servirait de vert\u00e9bral \u00e0 une \u0153uvre flasque. Inventaire luxueux de la pens\u00e9e contemporaine qui, \u00e0 d\u00e9faut d&rsquo;\u00eatre un mat\u00e9riau, devient un consommable. Effet de l&rsquo;industrialisation de la culture qui fait qu&rsquo;un Savon, une tasse, un plat cuisin\u00e9&#8230; sont aujourd&rsquo;hui li\u00e9s au \u00ab\u00a0concept \u00bb. Ah, le \u00ab\u00a0concept \u00bb des philosophes aux dents creuses&#8230; Oui, on en est l\u00e0. Dans le d\u00e9sert, et avouons-le, nous ne sommes qu&rsquo;au d\u00e9but du d\u00e9sert.<br \/>\nAuquel cas, on s\u2019inqui\u00e9te de <em>Jamais assez<\/em>. Pourquoi chercher \u00e0 l\u00e9gitimer par des intellos (sur lesquels le champ social crache all\u00e9grement) une langue qui \u00e9chappe au circuit de la communication ? Pourquoi proposer du concept, quand la chor\u00e9graphie est r\u00e9solument du c\u00f4t\u00e9 des affects ? Qu\u2019est-ce qui peut bien pousser Lambert \u00e0 justifier son geste par un ensemble qui lui \u00e9tranger et que la sc\u00e8ne nous r\u00e9v\u00e9lera comme \u00e9tranger. <em>Jamais assez<\/em>\u2026 Bient\u00f4t le titre se change juste et simplement en sentiment\u2026 Oui, jamais assez, c\u2019est juste trop.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8212;&#8212;&#8212; Jamais assez, chor\u00e9graphie de Fabrice Lambert Avignon 2015, Gymnase du lyc\u00e9e Aubanel Nouvelle d\u00e9ception qui vient \u00e0 la suite d\u2019autres d\u00e9ceptions. D\u2019\u00e9vidence, le festival est en train d\u2019\u00e9tablir un record de formes en \u00e9chec qui devrait finir par produire son effet\u2026 Virer les festivaliers, rendre la ville aux avignonais, enterrer d\u00e9finitivement Vilar et encourager les p\u00e9lerinages sur la tombe du saint homme \u00e0 S\u00e8te. 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