


{"id":1014,"date":"2015-07-20T17:14:06","date_gmt":"2015-07-20T15:14:06","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=1014"},"modified":"2015-07-20T17:14:06","modified_gmt":"2015-07-20T15:14:06","slug":"the-last-supper-une-fois-que-nous-le-savons","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/the-last-supper-une-fois-que-nous-le-savons\/","title":{"rendered":"The Last Supper, une fois que nous le savons\u00a0?"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">&#8212;&#8212;&#8211;<br \/>\n<center><i><a href=\"http:\/\/insense-scenes.net\/spip.php?mot84\">The Last Supper<\/a><\/i>, de <a href=\" http:\/\/insense-scenes.net\/spip.php?mot85\">Ahmed El Attar<\/a><br \/>\n<br \/>Avignon 2015<\/center><\/p>\n<hr \/>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-1012\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/arton381.jpg\" width=\"920\" height=\"613\" \/><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1013\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/2015_spectacle_thelastsupper_1400x975_mostafa_abdel_aty.jpg\" alt=\"2015_spectacle_thelastsupper_1400x975_mostafa_abdel_aty.jpg\" align=\"center\" width=\"1400\" height=\"975\" \/><\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>Ahmed El Attar nous tient le miroir et nous montre indirectement notre l\u00e2chet\u00e9 d\u2019accepter et de vivre avec ces injustices, abominables. Pendant une heure, nous nous trouvons devant la laideur du pouvoir. <em>The Last Supper<\/em> se joue du 18 au 24 juillet \u00e0 L\u2019autre Sc\u00e8ne du Grand Avignon \u2013 Ved\u00e8ne.<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<p>Le peuple pr\u00e9pare la salle, la c\u00e8ne. Les verres doivent \u00eatre plac\u00e9s au millim\u00e8tre. Noir. Quelqu\u2019un fume. Noir. Toute une famille entre. Deux prient sans grande conviction pendant que \u00ab\u00a0l\u2019artiste\u00a0\u00bb, impulsif et violent plus tard, chante Bob Dylan. \u00ab\u00a0Dieu, \u00e9pargne-moi de\u2026\u00a0\u00bb Fa\u00e7ade tout cela. La nana de jeune entrepreneur enl\u00e8ve d\u00e8s son entr\u00e9e voile et <em>cie<\/em> pour appara\u00eetre dans une robe courte, fleurie, des talons\u2026 elle rigole comme une conne pendant une heure. Ah, mais le shopping \u00e0 <em>London<\/em> est quand m\u00eame mille fois meilleur que l\u2019Am\u00e9rique.<br \/>\nC\u2019est alors une logorrh\u00e9e d\u2019une heure qui aurait pu aussi bien durer cinq heures ou cinq ans. C\u2019est la logorrh\u00e9e de l\u2019\u00e9lite, de l\u2019oligarchie, des rois et des princes du monde comme ils existent depuis le d\u00e9but des temps. C\u2019est leur contentement, leur arrogance, leur m\u00e9pris, leur aveuglement, leur violence, leur c\u00e9cit\u00e9 de ce que justice pourrait dire. Ils parlent des millions et des milliards et traitent les travailleurs de leur pays de vermine. Ils peuvent perp\u00e9tuer des jugements moraux tout en n\u2019acceptant nullement cette morale eux-m\u00eames. C\u2019est un discours double, ou un discours vide qui peut dire une chose et prouver le contraire une minute apr\u00e8s. Leur pouvoir les lib\u00e8re de toute cons\u00e9quence et leur permet l\u2019arbitraire absolu. Et c\u2019est depuis toujours que le pouvoir, comme celui de l\u2019oligarchie mondiale actuelle, peut agir selon son humeur du jour. C\u2019est peut-\u00eatre qu\u2019on aurait esp\u00e9r\u00e9 que l\u2019avenir de la r\u00e9volution \u00e9gyptienne change quelque chose\u2026 \u00c7a viendra.<br \/>\nL\u2019ennui y r\u00e8gne, mais c\u2019est peut-\u00eatre seulement \u00ab\u00a0l\u2019artiste\u00a0\u00bb qui s\u2019y ennuie. Par ennui, il fait faire des b\u00eatises \u00e0 un des gamins. Il lance des papiers-bulles sur un servant, esclave moderne. Apr\u00e8s d\u2019incessants agacements, celui-ci touche les mains du gamin. Scandale\u00a0! S\u2019il ne se fait pas d\u00e9capiter, il peut se conter heureux. Enfin, apr\u00e8s avoir embrass\u00e9 la t\u00eate du gamin, il est vir\u00e9, cela revient \u00e0 peu pr\u00e8s au m\u00eame. Situation d\u2019injustice totale. La superficialit\u00e9, la b\u00eatise de ces riches. La brutalit\u00e9 du G\u00e9n\u00e9ral. On pourrait vite dire que c\u2019est des caricatures. Caricatures agissantes, peut-\u00eatre indispensables \u00e0 la survie de Ahmed El Attar, pour pouvoir se r\u00e9fugier derri\u00e8re elle. Mais j\u2019en doute. Souvent la r\u00e9alit\u00e9 est beaucoup plus caricaturale que tout ce qu\u2019on peut inventer au th\u00e9\u00e2tre. Et donc ici aussi\u00a0: leur brutalit\u00e9, leur fausset\u00e9, leur arrogance, leur ridicule d\u2019une certaine mani\u00e8re, figurent plut\u00f4t comme miroir exact de notre monde, de notre monde \u00e0 tous. Ce n\u2019est pas la r\u00e9alit\u00e9 en \u00c9gypte, ce n\u2019est pas une caricature, c\u2019est l\u2019image de cette couche sociale mondiale dont nous d\u00e9pendons, qui r\u00e8gne et dont nous sommes les sujets, et qui est peut-\u00eatre la pire, avec laquelle nous partageons \u00e0 peu pr\u00e8s le m\u00eame \u00e9thos. Facebook. Instagramm. T\u00e9l\u00e9phone portable. Shopping. Selfies\u2026<br \/>\nAhmed El Attar ne peut peut-\u00eatre aller plus loin dans le contexte politique actuel en \u00c9gypte ; mais nous, une fois que nous le savons, que faire\u00a0?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8212;&#8212;&#8211; The Last Supper, de Ahmed El Attar Avignon 2015 Ahmed El Attar nous tient le miroir et nous montre indirectement notre l\u00e2chet\u00e9 d\u2019accepter et de vivre avec ces injustices, abominables. Pendant une heure, nous nous trouvons devant la laideur du pouvoir. The Last Supper se joue du 18 au 24 juillet \u00e0 L\u2019autre Sc\u00e8ne du Grand Avignon \u2013 Ved\u00e8ne. Le peuple pr\u00e9pare la salle, la c\u00e8ne. Les verres doivent \u00eatre plac\u00e9s au millim\u00e8tre. Noir. Quelqu\u2019un fume. Noir. 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