


{"id":1041,"date":"2015-07-23T13:06:00","date_gmt":"2015-07-23T11:06:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=1041"},"modified":"2015-07-23T13:06:00","modified_gmt":"2015-07-23T11:06:00","slug":"cuando-vuelva-a-casa-voy-a-ser-un-peu-plus-bete","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/cuando-vuelva-a-casa-voy-a-ser-un-peu-plus-bete\/","title":{"rendered":"Cuando vuelva a casa voy a ser un peu plus b\u00eate"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Cuando vuelva a casa voy a ser otro-&gt;http:\/\/insense-scenes.net\/spip.php?mot83]<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">(<em>Quand je rentrerai \u00e0 la maison je serai un autre)<\/em>,<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">texte et mise en sc\u00e8ne <a href=\"http:\/\/insense-scenes.net\/spip.php?mot82\">Mariano Pensotti<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Avignon 2015, La FabricA<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-997\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/2015_cuando_marianopensotticbeniaminboar-3_0.jpg\" alt=\"2015_cuando_marianopensotticbeniaminboar-3_0.jpg\" width=\"800\" height=\"490\" align=\"center\" \/><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: center;\"><i><small>(Critique \u00e9crite par Julie Briand dans le cadre des ateliers d&rsquo;\u00e9criture ouverts au public \u2013 partenariat Insens\u00e9 \/ BNF &#8211; Maison Jean-Vilar)<\/small><\/i><\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>Dans le cadre du 69\u00e8me Festival d\u2019Avignon, le metteur en sc\u00e8ne argentin Mariano Pensotti a pr\u00e9sent\u00e9 sa derni\u00e8re cr\u00e9ation, <em>Cuando vuelva a casa voy a ser otro<\/em>, \u00e0 la FabricA. Ce spectacle s\u2019inscrit dans le \u00ab\u00a0Focus argentin\u00bb du Festival, avec Dinamo de Claudio Tolcachir au Gymnase du lyc\u00e9e Mistral et El Syndrome de Sergio Boris au Gymnase du lyc\u00e9e Saint Joseph. Malheureusement <em>Cuando vuelva\u2026 <\/em> ne t\u00e9moigne pas de la vitalit\u00e9 et de l\u2019inventivit\u00e9, pourtant bien r\u00e9elles, du th\u00e9\u00e2tre argentin. Sur le mod\u00e8le du mus\u00e9e arch\u00e9ologique, Mariano Pensotti part \u00e0 la recherche de l\u2019histoire familiale de ses personnages\u00a0: une qu\u00eate identitaire dont la pseudo complexit\u00e9 formelle ne parvient pas \u00e0 dissimuler la vacuit\u00e9.<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<p>Retour vers le pass\u00e9<br \/>\nDepuis 2005, Mariano Pensotti et sa compagnie, le Grupo Marea, explorent au th\u00e9\u00e2tre l\u2019entrem\u00ealement de l\u2019Histoire et de l\u2019intime, du r\u00e9el et de la fiction, du pass\u00e9 et du pr\u00e9sent. Ces th\u00e8mes sont symptomatiques d\u2019un pass\u00e9 argentin qui ne passe pas (dictature militaire de 1976 \u00e0 1983). Dans la lign\u00e9e des derni\u00e8res cr\u00e9ations de la compagnie (Cineastas,\u00a0A veces creo que te veo, El Pasado es un animal grotesco, Enciclopedia de vidas no vividas\u2026), <em>Cuando vuelva a casa voy a ser otro<\/em> est le r\u00e9cit de destins crois\u00e9s, o\u00f9 les existences sont toujours model\u00e9es par le politique.<br \/>\n<em>Cuando vuelva<\/em>\u2026 conte l\u2019histoire d\u2019Alfredo, ancien r\u00e9volutionnaire qui retrouve quarante ans plus tard les objets compromettants qu\u2019il avait enterr\u00e9s au fond d\u2019un jardin. Et aussi l\u2019histoire de Manuel, son fils, ancien metteur en sc\u00e8ne c\u00e9l\u00e9br\u00e9 qui gagne d\u00e9sormais sa vie en organisant des campagnes \u00e9lectorales. Et aussi l\u2019histoire de Natalia, chanteuse m\u00e9connue dont le p\u00e8re a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9 par la junte militaire. Et aussi l\u2019histoire de Dami\u00e1n, homme politique qui plagie l\u2019ancienne mise en sc\u00e8ne \u00e0 succ\u00e8s de Manuel pour tenter de reconqu\u00e9rir sa femme\u2026<br \/>\nTout ce petit monde est bien \u00e9videmment paum\u00e9, entre crise existentielle, crise d\u2019ego et crise de couple. Que faire alors\u00a0? Partir \u00e0 la recherche de ses racines, pardi\u00a0! Nous voil\u00e0 donc embarqu\u00e9s dans une grande remont\u00e9e dans le temps o\u00f9 chacun tentera de d\u00e9sembrouiller son pass\u00e9 pour mieux se r\u00e9concilier avec lui.<br \/>\n(Ba)lourde sc\u00e9nographie, maigre spectacle<br \/>\nAu sein du Grupo Marea, Mariano Pensotti est entour\u00e9 de trois fid\u00e8les collaborateurs\u00a0: la sc\u00e9nographe Mariana Tirantte, le musicien Diego Vainer et l\u2019\u00e9clairagiste Alejandro Le Roux. Et de fait, dans <em>Cuando vuelva<\/em>\u2026 (comme dans leur pr\u00e9c\u00e9dente cr\u00e9ation Cineastas), le contenu du spectacle repose en grande partie sur le dispositif sc\u00e9nique. Il s\u2019agit d\u2019une bo\u00eete rectangulaire dont le sol est recouvert de deux tapis roulants avan\u00e7ant en sens inverse. Une mani\u00e8re fort subtile de mat\u00e9rialiser les trajectoires qui se croisent et le retour des personnages dans leur pass\u00e9.<br \/>\nAu-dessus de cette bo\u00eete, deux grands panneaux\u00a0: l\u2019un h\u00e9bergeant les surtitres, l\u2019autre synth\u00e9tisant en quelques phrases les grandes \u00e9tapes du r\u00e9cit. On se serait largement content\u00e9 du premier. Le second, sorte de rep\u00e8re narratif, fait se succ\u00e9der des phrases d\u2019une pauvret\u00e9 d\u00e9concertante, qui au mieux r\u00e9p\u00e8tent ce qui vient d\u2019\u00eatre dit sur sc\u00e8ne, au pire d\u00e9livrent des v\u00e9rit\u00e9s existentielles dignes d\u2019un soap opera.<br \/>\nTout cela est ponctu\u00e9 de sc\u00e8nes de carnaval hyst\u00e9riques et de morceaux de rock simplissimes. Beaucoup de bruit et de machinerie pour pas grand-chose. Pour une qu\u00eate des origines qui patine sur son tapis roulant. Pour un conte rat\u00e9 dont on ressort rapetiss\u00e9.<br \/>\nLe th\u00e9\u00e2tre phagocyt\u00e9 par le mus\u00e9e<br \/>\nLe r\u00e9sultat nous semble peut-\u00eatre d\u2019autant plus d\u00e9cevant que les questions auxquelles s\u2019att\u00e8le Mariano Pensotti sont, a priori, int\u00e9ressantes\u00a0: comment au fil du temps peut-on devenir le double de soi-m\u00eame\u00a0? Comment la mythologie familiale influence-t-elle nos existences\u00a0? Comment sommes-nous sans cesse tiraill\u00e9s entre le d\u00e9sir d\u2019\u00eatre quelqu\u2019un d\u2019autre et la peur de changer\u00a0?<br \/>\nLa sc\u00e9nographie, pens\u00e9e sur le mod\u00e8le de l\u2019exposition mus\u00e9ale, est elle aussi prometteuse. Mais le dispositif, au lieu de compl\u00e9ter\/complexifier\/contredire\/d\u00e9placer ce qui se passe sur sc\u00e8ne, est syst\u00e9matiquement illustratif. Manuel \u00e9num\u00e8re-t-il les objets laiss\u00e9s par son p\u00e8re au fond du jardin familial\u00a0? Les voil\u00e0 qui d\u00e9filent sur des pr\u00e9sentoirs. Idem avec une ribambelle de statuettes de chats, que collectionne Natalia. Et avec des photos grandeur nature de Dami\u00e1n qui retracent toutes les fois o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 le double de lui-m\u00eame au cours de sa vie. Etc. etc.<br \/>\nCe qui est sans doute p\u00e9dagogique dans un mus\u00e9e devient inutilement (ridiculement) illustratif sur une sc\u00e8ne de th\u00e9\u00e2tre. C\u2019est dommage, car l\u2019id\u00e9e \u00e9tait bonne. Mais quand, \u00e0 la fin du spectacle, on nous enjoint \u00e0 \u00ab\u00a0faire de notre vie le mus\u00e9e de nos meilleurs moments\u00a0\u00bb (cerise sur le g\u00e2teau des fadaises), on se demande s\u00e9rieusement ce que cela aurait chang\u00e9, cet apr\u00e8s-midi-l\u00e0, de rester devant la t\u00e9l\u00e9 plut\u00f4t que d\u2019assister \u00e0 un spectacle programm\u00e9 \u00e0 la FabricA, cens\u00e9e \u00eatre un haut lieu de l\u2019exp\u00e9rimentation artistique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Cuando vuelva a casa voy a ser otro-&gt;http:\/\/insense-scenes.net\/spip.php?mot83] (Quand je rentrerai \u00e0 la maison je serai un autre), texte et mise en sc\u00e8ne Mariano Pensotti Avignon 2015, La FabricA &nbsp; (Critique \u00e9crite par Julie Briand dans le cadre des ateliers d&rsquo;\u00e9criture ouverts au public \u2013 partenariat Insens\u00e9 \/ BNF &#8211; Maison Jean-Vilar) Dans le cadre du 69\u00e8me Festival d\u2019Avignon, le metteur en sc\u00e8ne argentin Mariano Pensotti a pr\u00e9sent\u00e9 sa derni\u00e8re cr\u00e9ation, Cuando vuelva a casa voy a ser otro,<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1040,"menu_order":0,"template":"","categorie_article":[27],"class_list":["post-1041","article","type-article","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","categorie_article-critique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article\/1041","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article"}],"about":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/types\/article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1040"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1041"}],"wp:term":[{"taxonomy":"categorie_article","embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/categorie_article?post=1041"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}