


{"id":1044,"date":"2015-07-23T12:23:00","date_gmt":"2015-07-23T10:23:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=1044"},"modified":"2015-07-23T12:23:00","modified_gmt":"2015-07-23T10:23:00","slug":"de-la-confrontation-mise-en-scene-dun-corps-amoureux","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/de-la-confrontation-mise-en-scene-dun-corps-amoureux\/","title":{"rendered":"De la confrontation : Mise en sc\u00e8ne d&rsquo;un corps amoureux"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Mise en sc\u00e8ne d&rsquo;un corps amoureux<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">d&rsquo;apr\u00e8s <em>Fragments d&rsquo;un discours amoureux<\/em> de Barthes,<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">mise en sc\u00e8ne <a href=\"http:\/\/insense-scenes.net\/spip.php?mot101\">Florine Clap<\/a> et <a href=\"http:\/\/insense-scenes.net\/spip.php?mot102\">Nans Pierson<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.avignonleoff.com\/programme\/2015\/par-titre\/m\/mise-en-scene-d-un-corps-amoureux-15661\/\">Avignon, le Off &#8211; Pandora Th\u00e9\u00e2tre<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<br \/>\n<center><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-966\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/le_desir.jpg\" alt=\"le_desir.jpg\" width=\"1440\" height=\"900\" align=\"center\" \/><\/center><\/p>\n<hr \/>\n<p><i><small>(Critique \u00e9crite par Marie Ravet dans le cadre des ateliers d&rsquo;\u00e9criture ouverts au public \u2013 partenariat Insens\u00e9 \/ BNF &#8211; Maison Jean-Vilar)<\/small><\/i><\/p>\n<hr \/>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1043\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/2015_mise_en_scene_d_un_corps_amoureuxaffiche_pandora_off2015.jpg\" alt=\"2015_mise_en_scene_d_un_corps_amoureuxaffiche_pandora_off2015.jpg\" width=\"413\" height=\"609\" align=\"center\" \/><br \/>\n<strong>D&rsquo;Avignon \u00e0 Avignon. Florine Clap a quitt\u00e9 la cit\u00e9 des Papes pour Paris mais elle revient au bercail avec la compagnie de la Sph\u00e8re Bleue. Elle y pr\u00e9sente une forme tout \u00e0 fait originale autour du texte de Roland Barthes, les <em>Fragments d&rsquo;un discours amoureux<\/em>. Quand le vent de fin de journ\u00e9e donne un souffle nouveau \u00e0 la ville alanguie, il faut courir au Pandora et se laisser porter par la rencontre fi\u00e9vreuse entre les corps mouvement\u00e9s.<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<p>Le mouvement pour dire l&rsquo;humain<br \/>\nFlorine Clap parle de l&#8217;empreinte humaine, des traces qu&rsquo;on laisse par le mouvement, de ces choses qui nous d\u00e9finissent, nous construisent, nous font. Dans son projet pr\u00e9c\u00e9dent, un film documentaire intitul\u00e9 \u00ab Sous le pont d&rsquo;Avignon \u00bb, elle usait de longs travellings intercal\u00e9s de plans fixes, pour marquer son d\u00e9sir de saisir un espace et en son c\u0153ur, l&rsquo;autre, le vivant. Nans Pierson, lui, vient de la danse. Il traque \u00e9galement le geste. La saccade est constamment mise en exergue dans son travail. Il n&rsquo;a pas peur de m\u00e9langer les genres, il se joue des codes pour mieux r\u00e9inventer son art. C&rsquo;est ce qu&rsquo;il a fait pour Nocturne en 2012, pi\u00e8ce hybride liant tableaux th\u00e9\u00e2traux et danse, dans laquelle jouait d\u00e9j\u00e0 Ana\u00efs Beluze. Au croisement du cin\u00e9ma, de la danse, de la musique et du th\u00e9\u00e2tre, au face \u00e0 face du classique et du contemporain, Nans Pierson et Florine Clap se rencontrent et leurs univers se fondent pour cr\u00e9er une forme nouvelle et atypique, appuy\u00e9e d&rsquo;un texte de Roland Barthes.<br \/>\nLe projet n&rsquo;est pas nouveau. Les deux cr\u00e9ateurs avaient d\u00e9j\u00e0 travaill\u00e9 sur une approche esth\u00e9tique du rituel amoureux dans le cadre de \u00ab Senlis fait son festival \u00bb. L&rsquo;\u00e9volution a suivi son cours et petit \u00e0 petit, ils ont choisi d&rsquo;ajouter les mots de Barthes \u00e0 la performance et d&rsquo;en faire une proposition \u00e0 l&rsquo;occasion de la cinquanti\u00e8me \u00e9dition du festival Off d&rsquo;Avignon <em>Les Fragments d&rsquo;un discours amoureux<\/em> est un texte difficile, d\u00e9j\u00e0 plusieurs fois mis en sc\u00e8ne. Du th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;Arnaud Churin aux lectures de Fabrice Lucchini, en passant par la cam\u00e9ra amoureuse de Xavier Dolan, de nombreuses approches avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 exploit\u00e9es.<br \/>\nCela n&rsquo;arr\u00eate en rien la compagnie de la Sph\u00e8re Bleue qui sait se renouveler et semble fuir avec d\u00e9lectation les poncifs. Plus que le sentiment amoureux, Clap et Pierson ont pris le parti de jouer avec l&rsquo;\u00e9tat physique dans lequel transpose l&rsquo;amour et comment nous composons avec. \u00ab Ces \u00e9tats sont le reflet de toute notre humanit\u00e9 \u00bb affirme la metteure en sc\u00e8ne et c&rsquo;est en quoi elle revient \u00e0 ses premi\u00e8res exp\u00e9rimentations, posant un regard sur ce qu&rsquo;est l&rsquo;humain. Inspir\u00e9s par le d\u00e9s\u00e9quilibre, ils montent une pi\u00e8ce qui traite de l&rsquo;opposition entre le corps et le langage, une heure de performance d\u00e9rangeante mais qui donne sens aux mots de Barthes \u00ab Ce que je cache par mon langage, mon corps le dit \u00bb<br \/>\nEt tout n&rsquo;est qu&rsquo;obsession<br \/>\nDans l&rsquo;obscurit\u00e9 de la salle, des voix lisent un texte. Elles se croisent, se superposent, s&rsquo;accrochent, elles m\u00ealent dictions et tonalit\u00e9s. Sur une sc\u00e8ne \u00e0 la sc\u00e9nographie minimaliste, trois com\u00e9diens se relaient. Rien n&rsquo;est laiss\u00e9 au hasard : la veste rouge, la combinaison jaune, la robe bleue comme trois couleurs primaires ; les chapitres s\u00e9lectionn\u00e9s qui racontent le d\u00e9sir, la jalousie et l&rsquo;abandon ; les corps vecteurs de l&rsquo;\u00e9motion, d\u00e9sign\u00e9s objets pour mieux rendre compte du rythme et la performance en trois fois trois temps, la parole \u2013 la danse et la parole \u2013 la danse. Des phras\u00e9s saccad\u00e9s aux mouvements r\u00e9p\u00e9t\u00e9s, plus vite, plus fort, presque dans la violence comme si l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;amour n&rsquo;\u00e9tait finalement que col\u00e8re et d\u00e9sesp\u00e9rance. Le texte r\u00e9p\u00e9t\u00e9 inlassablement et le bruit des membres qui se cherchent, cherchent mais ne rencontrent jamais que le vide ou les objets gisants dans le silence derri\u00e8re les mots, derri\u00e8re l&rsquo;\u00e9cho. Les souffles deviennent plus intenses et tout s&rsquo;acc\u00e9l\u00e8re dans la rengaine scand\u00e9e, la m\u00eame phrase dite une fois, deux fois, trois fois jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;on cesse de compter et qu&rsquo;on ne se r\u00e9f\u00e8re plus qu&rsquo;aux \u00e9motions brutes, v\u00e9hicul\u00e9es jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9coeurement. On dirait qu&rsquo;il faut inscrire dans ces muscles en transe l&rsquo;histoire de la souffrance qui d\u00e9coule de l&rsquo;amour, garder la marque de ce qui a \u00e9t\u00e9 aim\u00e9 et laisse le corps \u00e0 jamais transform\u00e9.<br \/>\nAu croisement de la parole et du corps<br \/>\nFlorine Clap travaille sur la corr\u00e9lation entre le corps et les mots. Quand les uns nomment les autres, quand les autres meurtrissent les uns, elle sait se positionner pour donner une juste place \u00e0 chaque chose. La jeune femme utilise la r\u00e9p\u00e9tition pour mieux asseoir le texte qu&rsquo;elle a choisi et il y a quelque chose de fascinant dans ce rythme qui nous emporte, une percussion inattendue, une intensit\u00e9 troublante. Les perfomers qu\u00eatent le regard d&rsquo;un autre sans fixer une seule fois le spectateur. Le vide prend toute son ampleur et \u00e9trangement, l&rsquo;espace est empli, empli de solitude, empli de d\u00e9sespoir. C&rsquo;est un cri visc\u00e9ral jet\u00e9 en p\u00e2ture \u00e0 l&rsquo;indiff\u00e9rence. Ici, le corps semble le contour de l&rsquo;absence, c&rsquo;est une utilisation particuli\u00e8rement pertinente du champ sc\u00e9nique. On regrette un peu les corps distants, automatis\u00e9s quand on attendrait la fi\u00e8vre, les peaux amoureuses, la langueur, le frisson qui prend racine dans la nuque et glisse jusqu&rsquo;au pied, le c\u0153ur au rythme des scansions. N\u00e9anmoins, il y a autre chose qui nous sort du texte original, oubliant le travail linguistique et l&rsquo;enjeu s\u00e9miologique. Il n&rsquo;est plus question d&rsquo;une v\u00e9rit\u00e9 sur la rencontre des corps car au-del\u00e0 des objets-corps trop lointains, il ne s&rsquo;agit plus que de trouver sa voix. Quand l&rsquo;autre n&rsquo;existe plus, quand il n&rsquo;y a pas de r\u00e9pondant, ce n&rsquo;est plus du rapport \u00e0 autrui qu&rsquo;il s&rsquo;agit mais d&rsquo;introspection. Quelle est cette fa\u00e7on d&rsquo;\u00eatre soi, de se positionner, comment observer ses actes, ses failles, sa douleur et derri\u00e8re les cris \u00e9touff\u00e9s et les corps brutalis\u00e9s, que veut dire exister ?<br \/>\n<center><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/player.vimeo.com\/video\/132979034\" width=\"500\" height=\"281\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/center><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Mise en sc\u00e8ne d&rsquo;un corps amoureux d&rsquo;apr\u00e8s Fragments d&rsquo;un discours amoureux de Barthes, mise en sc\u00e8ne Florine Clap et Nans Pierson Avignon, le Off &#8211; Pandora Th\u00e9\u00e2tre &nbsp; (Critique \u00e9crite par Marie Ravet dans le cadre des ateliers d&rsquo;\u00e9criture ouverts au public \u2013 partenariat Insens\u00e9 \/ BNF &#8211; Maison Jean-Vilar) D&rsquo;Avignon \u00e0 Avignon. 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