


{"id":1086,"date":"2016-01-10T14:00:38","date_gmt":"2016-01-10T13:00:38","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=1086"},"modified":"2016-01-10T14:00:38","modified_gmt":"2016-01-10T13:00:38","slug":"massif-central-de-la-base-et-du-sommet","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/massif-central-de-la-base-et-du-sommet\/","title":{"rendered":"Massif central, De la base et du sommet\u2026"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">&#8212;-<br \/>\n<center><br \/>\n<em>Massif Central<\/em> mise en sc\u00e8ne de Fran\u00e7ois Lanel<br \/>\n<small><br \/>Compagnie de <a href=\"https:\/\/laccordsensible.wordpress.com\/massif-central\/\">l&rsquo;Accord Sensible<\/a><br \/>\n<br \/>Avec \u2013 L\u00e9o Gobin, Gr\u00e9gory Guilbert, Julie Hega, David S\u00e9chaud &#038; McCloud Zicmuse<\/small><br \/>\n<\/center><\/p>\n<hr \/>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1085\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/mc.jpg\" alt=\"mc.jpg\" align=\"center\" width=\"990\" height=\"609\" \/><\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>En sus d\u2019un mois de janvier consacr\u00e9 \u00e0 la th\u00e9matique du \u00ab rapport du th\u00e9\u00e2tre au r\u00e9el \u00bb, \u00e0 la marge de rencontres et de d\u00e9bats, <a href=\"http:\/\/www.larenaissance-mondeville.fr\/\">la Renaissance de Mondeville<\/a> programme plusieurs cr\u00e9ations qui, entre autre, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de <em>Finir en beaut\u00e9<\/em> de Mohammed El Khatib, auront permis \u00e0 Fran\u00e7ois Lanel, jeune metteur en sc\u00e8ne et directeur de la compagnie l\u2019Accord sensible, de pr\u00e9senter <em>Massif Central<\/em>. Une partition plastique et musicale, textuelle aussi, qui met en avant les tribulations d\u2019un groupe de com\u00e9diens\u2026 devant un monticule qui appelle la po\u00e9sie de Char de la base et du sommet.<\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<p><strong> <em><sc>Processus<\/sc><\/em> \u2026<\/strong><br \/>\nDe l\u2019apparition revendiqu\u00e9e du th\u00e9\u00e2tre documentaire des ann\u00e9es 20 aux \u00e9critures du r\u00e9el du XXI\u00e8me si\u00e8cle, de <em>L\u2019Instruction<\/em> de Peter Weiss mis en sc\u00e8ne par Erwin Piscator, aux \u0153uvres inattendues de collectifs comme celles de Rimini Protokoll, ou de Milo Rau\u2026 les th\u00e9\u00e2tralit\u00e9s (processus po\u00e9tiques et model\u00e9s esth\u00e9tiques) n\u2019ont eu de cesse de convoquer sous des modes r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9s le \u00ab mouvement de la r\u00e9alit\u00e9 \u00bb. Dans le sillage de ces s\u00e9ismes artistiques, il s\u2019agissait certes de marquer une rupture avec l\u2019esth\u00e9tique bourgeoise (\u00ab l\u2019art bonasse \u00bb rappelle Alain Badiou) et son rapport au divertissement, mais \u00e9galement de trouver d\u2019autres modalit\u00e9s de travail afin d\u2019en finir avec l\u2019industrialisation de l\u2019art et les modes de consommation qui favorisent l\u2019\u00e9mergence et la continuit\u00e9 de cultures li\u00e9es au syst\u00e8me lib\u00e9ral : \u00e0 son entreprise d\u2019an\u00e9antissement de la diversit\u00e9 ou son d\u00e9sir d\u2019uniformisation de produits encourageant la consommation de masse.<br \/>\nD\u00e8s lors, l\u2019enjeu inh\u00e9rent aux \u00e9critures du r\u00e9el \u2013 qui concerne pour une part l\u2019avenir de l\u2019esth\u00e9tique th\u00e9\u00e2trale : passage du souci sc\u00e9nique aux dispositifs sc\u00e9nographiques, du personnage \u00e0 la figure, du patrimoine litt\u00e9raire dramatique \u00e0 l\u2019oc\u00e9an des sons po\u00e9tiques\u2026\u2013 rel\u00e8ve simultan\u00e9ment d\u2019un enjeu politique qui convoque un questionnement sur les modes de production, sur l\u2019organisation du travail, sur l\u2019inscription dans le champ social, sur la r\u00e9ception\u2026 Toute chose qui, en d\u00e9finitive, a probl\u00e9matis\u00e9 le lien que le spectateur entretenait \u00e0 la \u00ab Repr\u00e9sentation \u00bb puisque les formes propos\u00e9es ont impact\u00e9 \u00e9galement la prescription id\u00e9ologique qui gouvernait \u00e0 la pratique du th\u00e9\u00e2tre qui devait, la chose fut claironn\u00e9e au plus haut sommet et prit les accents Malrauciens : \u00ab \u00eatre populaire \u00bb.<br \/>\nUn syntagme fig\u00e9 sur lequel personne ne s\u2019accorderait, et dont le d\u00e9bat d\u2019id\u00e9e peut s\u2019incarner, d\u00e8s l\u2019origine, dans le clivage entre Vilar (th\u00e9\u00e2tre populaire et civique ou citoyen) et Brecht (populaire et politique ou r\u00e9volutionnaire). Qu\u2019est-ce qui a \u00e9t\u00e9 populaire ? Qu\u2019est-ce qui l\u2019est ? Qu\u2019est-ce qui le sera ?<br \/>\nIl est vraisemblablement difficile de formuler une r\u00e9ponse \u00e0 cet endroit et de promouvoir l\u2019id\u00e9e d\u2019une d\u00e9finition d\u00e9finitive au regard de la mondialisation des pratiques artistiques. D\u2019autant que le mouvement de l\u2019Histoire et les mutations soci\u00e9tales ne permettent plus d\u2019ignorer les processus d\u2019interculturalit\u00e9 et la diversit\u00e9 culturelle des soci\u00e9t\u00e9s. Remarques et pr\u00e9cisions qui nous conduisent de facto \u00e0 exclure que serait \u00ab populaire \u00bb la seule m\u00e9diation des formes patrimoniales qui sont \u00ab concurrenc\u00e9es \u00bb par les Arts vivants, l\u2019entretien de l\u2019ancien au d\u00e9triment du nouveau, la reconduction de techniques connues et donc traditionnelles contre l\u2019innovation technique impr\u00e9visible d\u2019aujourd\u2019hui\u2026<br \/>\nD\u2019\u00e9vidence, l\u2019imagination a pris le pouvoir sur l\u2019\u00e9quation \u00ab sensible = compr\u00e9hensible \u00bb, et ce qui avait \u00e9t\u00e9 donn\u00e9, pendant longtemps, comme un adage ind\u00e9passable, se trouve r\u00e9volu.<br \/>\nL\u2019hybridation des genres (et la fin des genres), le m\u00e9tissage des pratiques (notamment l\u2019influence du mouvement de l\u2019Arte povera italien des ann\u00e9es 60), l\u2019ouverture \u00e0 l\u2019interdisciplinarit\u00e9, l\u2019exploration de croisements entre arts et sciences entre autre, les pratiques immersives, l\u2019abandon de cat\u00e9gories structurantes (narration, psychologie, incarnation, fiction\u2026), la pr\u00e9sence d\u2019un r\u00e9el brut\u2026 vaut aux formes sc\u00e9niques, aujourd\u2019hui, d\u2019\u00eatre ouverte sur un monde d\u2019exp\u00e9rience-\u00e0-faire, plus qu\u2019elles n\u2019entretiendraient un espace de reconnaissance. La reconnaissance portant ici tout autant sur les formes spectaculaires propos\u00e9es (qu\u2019est-ce qu\u2019il y a comprendre ?) que sur le rapport que le spectateur peut entretenir \u00e0 l\u2019\u00e9conomie et l\u2019organisation du spectacle (qu\u2019est-ce que c\u2019est que \u00e7a ?).<br \/>\nDu <em>Th\u00e9\u00e2tre en marche<\/em> de Craig au <em>Partage du sensible<\/em> de Ranci\u00e8re, du <em>Petit Manuel d\u2019Inesth\u00e9tique<\/em> de Badiou au <em>Dispositifs pulsionnels<\/em> de Lyotard\u2026 la sc\u00e8ne offre ainsi au regard des formes qui, pour autant qu\u2019elles sont partageables, sont parfois difficilement identifiables au regard de principes (archa\u00efques) qui ne valent pas pour toute cr\u00e9ation.<br \/>\nD\u2019un suffixe qui aura probl\u00e9matis\u00e9 cette relation et ces tensions, le \u00ab post \u00bb est \u00e0 la mode : post-conceptuel, post-dramatique, post-modernit\u00e9\u2026 et rend compte de la fin du PTTT. Comprenons \u00ab petit travail th\u00e9\u00e2tral tranquille \u00bb.<br \/>\nBref, ce \u00ab tournant esth\u00e9tique \u00bb qui aura \u00e9branl\u00e9, selon quelques-uns, le dit \u00ab populaire \u00bb, et  aura simultan\u00e9ment mis \u00e0 mal le mythe de la communaut\u00e9 assembl\u00e9e (vieille fondation grecque que l\u2019on traduit encore en allemand par <em>Mitsein<\/em> : \u00ab \u00eatre ensemble \u00bb). Et d\u2019ajouter que dans ce champ de batailles (et de scandales), le spectateur a encore le loisir d\u2019\u00eatre ce conservateur ou cette veuve endeuill\u00e9e qui \u00ab regarde \u00bb le nouveau en ayant les yeux tourn\u00e9s vers le r\u00e9troviseur (comme l\u2019\u00e9crivait Bourdieu), ou de revoir sa copie (allusion \u00e0 la fin de la <em>mim\u00e9sis<\/em>), de suspendre le jugement (<em>\u00e9poch\u00e9<\/em> disent les grecs), de se d\u00e9barrasser du <em>logos<\/em> (traduit g\u00e9n\u00e9ralement par le mot de \u00ab raison \u00bb) pour se laisser travailler par des r\u00e9gimes de sensations (<em>\u00e9pos<\/em> disent les h\u00e9ll\u00e8nes) jusqu\u2019\u00e0 maintenant in-inventori\u00e9s. La sensation n\u2019excluant pas le d\u00e9plaisir, l\u2019inqui\u00e9tude, l\u2019\u00e9tranget\u00e9, la distance, etc\u2026 ou un contrepoids au plaisir, \u00e0 la compr\u00e9hension, la reconnaissance\u2026 \u00e0 la communication\u2026 puisque l\u2019\u0153uvre d\u2019art n\u2019est pas ali\u00e9n\u00e9e \u00e0 celle-ci.<br \/>\nAu terme de ce rapide inventaire des m\u00e9tamorphoses de l\u2019histoire de la sc\u00e8ne (pas plus abstraite mais qui a gagn\u00e9 en complexit\u00e9), le travail de Fran\u00e7ois Lanel appara\u00eetra d\u00e8s lors comme l\u2019un des r\u00e9sultats des choix esth\u00e9tiques et po\u00e9tiques qui sont de la responsabilit\u00e9 de ceux qui cr\u00e9ent et distinguent, en conscience, un processus de cr\u00e9ation (choix d\u2019un mode d\u2019\u00e9laboration du travail), d\u2019un mode de repr\u00e9sentation (mise en place d\u2019une forme esth\u00e9tique), d\u2019un rapport \u00e0 la r\u00e9ception relevant du seul esprit du spectateur. En choisissant le milieu rural et en allant \u00e0 la rencontre de Luc et Nicole Bignon de la ferme du bout du chemin, comme en trouvant une oreille aupr\u00e8s de Patricia Trohel et Alain Fondin de la Bergerie S\u00e9douy, le collectif que dirige Fran\u00e7ois Lanel ne s\u2019inscrivait pas dans un travail th\u00e9\u00e2tral qui serait le miroir de la paysannerie ou du monde agricole. Il ne ferait pas de <em>Massif Central<\/em> un documentaire sur l\u2019agriculture, l\u2019\u00e9levage ou \u00ab on ne sait quoi \u00bb\u2026 Non, il allait juste \u00e0 la rencontre d\u2019un territoire (comme il le pr\u00e9cisera dans l\u2019entretien qu\u2019il aura avec la salle), et donc d\u2019un espace qui lui donnerait mati\u00e8re \u00e0 penser, \u00e0 renouveler sa pens\u00e9e, a \u00eatre supris par la pens\u00e9e, peut-\u00eatre \u00e0 retrouver des sons, des odeurs, des paysages, des parl\u00e9s\u2026 dont on sait qu\u2019ils sont le mat\u00e9riaux du champ po\u00e9tique que l\u2019imaginaire de l\u2019artiste transforme. La \u00ab Dame Blanche \u00bb ou une jeune chouette (que Lanel \u00e9voque dans le programme) rel\u00e8ve de ces instants furtifs propres \u00e0 l\u2019imagination qu\u2019il amalgamera sans doute \u00e0 souvenir du <em>Songe d\u2019une nuit d\u2019\u00e9t\u00e9<\/em> de Shakespeare, ou une citation de Deleuze sur \u00ab le charme des gens \u00bb. Et rien de Massif Central ne renverra \u00e0 cela directement, mais <em>Massif Central<\/em> sera la forme, proche et lointaine, de ces pr\u00e9cipit\u00e9s\u2026<br \/>\n<strong> <em><sc>Sur sc\u00e8ne<\/sc><\/em> <\/strong><br \/>\nQuelques longues et intenses minutes entretenues par une p\u00e9nombre qui laisse deviner un \u00ab monticule \u00bb\u2026 Voil\u00e0, \u00e7a commence comme \u00e7a, par un ralenti o\u00f9 l\u2019\u0153il et l\u2019oreille sont \u00e0 l\u2019\u00e9coute d\u2019un espace chromatique o\u00f9 quelques murmures inaudibles donnent pr\u00e9sence \u00e0 un peuple invisible. Temps sauvage, en d\u00e9finitive, hors temps pr\u00e9cis\u00e9ment o\u00f9 \u00e0 l\u2019abri du regard et \u00e0 peine perceptible, autour du monticule, semble s\u2019affairer un monde tribal. Sensation et <em>rencontre d\u2019un 3\u00e8me type<\/em> o\u00f9 une sculpture (car le massif est d\u2019abord une sculpture) concentre l\u2019\u00e9nergie magmatique des choses sensibles qu\u2019elles couvent et qui sont en devenir. Alors \u00e7a deviendra\u2026 Quoi ? \u00e0 vrai dire peu importe le quoi ! Ici, \u00e7a serait plut\u00f4t la question du comment qui est \u00e0 l\u2019\u0153uvre. Comment faire quelque chose dans un espace o\u00f9 il y a ce point central, ce massif central. Avec la lumi\u00e8re qui se l\u00e8ve sur l\u2019espace sc\u00e9nique, on distinguera ce qui est donn\u00e9 pour un homme dans une pirogue. Dans les marges, en combinaison de protection (voil\u00e0 un signe des nouvelles techniques agricoles pour ceux qui voudraient \u00eatre rassur\u00e9s), balan\u00e7ant de longues perches, des \u00eatres humains sans doute. Et ce peuple-l\u00e0, dans un rapport d\u2019\u00e9tranget\u00e9 \u00e0 l\u2019environnement semble s\u2019inqui\u00e9ter d\u2019une t\u00e2che qu\u2019ils sont les seuls \u00e0 conna\u00eetre. Quand \u00e7a s\u2019arr\u00eatera pour une raison aussi inconnue que la cause de ce monde visuel, ils passeront \u00e0 autre chose. Le massif d\u00e9couvert laissera appara\u00eetre une structure en bois qui est son squelette. Et un type embarrass\u00e9 devant un panneau d\u2019information viendra expliquer \u00e0 la salle ou \u00e0 ses comparses de quoi il retourne. Coupes du terrain, \u00e9l\u00e9ments d\u2019orientation, sch\u00e9mas pr\u00e9cis\u2026 le propos presque scientifique qui rel\u00e8ve autant de la topographie que du bavardage touristique s\u2019ouvre \u00e0 une na\u00efvet\u00e9 m\u00e9taphysique. \u00ab vous \u00eates ici \u00bb\u2026 peut-on lire, tout en observant la clique qui se livre \u00e0 quelques travaux hercul\u00e9ens. Gregory Guilbert mi Monsieur Hulot mi ing\u00e9nieur a besoin de \u00ab d\u00e9couper la structure pour comprendre la structure \u00bb\u2026 dont il prend la mesure (au propre comme au figur\u00e9). Autour de lui Julie Hega, Mccloud, L\u00e9o Gobin et David S\u00e9chaud pourraient \u00eatre les figures musicales et instrumentales d\u2019un barnum en d\u00e9bandade. Qu\u2019en dire, sinon qu\u2019ils sont tous attach\u00e9s, passionn\u00e9s et dans l\u2019attraction na\u00efve de la sculpture massive \u00e0 laquelle ils finissent par s\u2019attaquer pour la d\u00e9sosser.<br \/>\nSecond temps du travail de Fran\u00e7ois Lanel qui abandonne le rapport explicatif, figuratif et narratif (pas moins po\u00e9tique) au massif, pour entrer dans un mouvement chor\u00e9graphique et un espace linguistique ubuesque. Devenue module, la sculpture mise en pi\u00e8ce donne au monde des \u00ab chercheurs \u00bb l\u2019opportunit\u00e9 de faire corps avec elle dans un ballet improbable o\u00f9 la gr\u00e2ce est volontairement absente puisqu\u2019on lui a substitu\u00e9 l\u2019instinct de la vivacit\u00e9. Second temps, disons-nous, qui livre les m\u00e9tamorphoses d\u2019une bande, sous la houlette du verbe d\u2019un gourou en lisi\u00e8re d\u2019une folie douce qui entra\u00eene son petit monde sur les marches de la vie int\u00e9rieure. Expression du Soi en quelque sorte pris dans l\u2019\u00e9quilibre des modules dansants. Dr\u00f4le de monde, dr\u00f4le d\u2019\u00e9quip\u00e9e sauvage, inattendue, que le final et une m\u00e9ditation musicale sur le monde des castors qui nous ressemble viennent parachever pour marquer la fin de cette \u00e9pop\u00e9e.<br \/>\n<strong> <em><sc>Th\u00e9\u00e2tre d\u2019objet sans sujet<\/sc><\/em> \u2026 ?<\/strong><br \/>\nOui, c\u2019est tout un rapport aux objets qui est mis en place dans <em>Massif Central<\/em>. Objets d\u00e9tourn\u00e9s et improbables qui les font passer du c\u00f4t\u00e9 du ready made. Objet d\u2019attention aussi quand Fran\u00e7ois Lanel donne \u00e0 son travail la couleur d\u2019un jeu d\u2019enfant ins\u00e9parable des joutes d\u2019adultes o\u00f9 la na\u00efvet\u00e9 voisine avec le s\u00e9rieux, la rigueur avec l\u2019ent\u00eatement, l\u2019obsession avec la douce folie. Et dans cet univers th\u00e9\u00e2tral en limite de l\u2019espace asilaire, c\u2019est encore la musique et la danse, \u00e0 l\u2019origine du th\u00e9\u00e2tre, qui sont mis en avant. Et l\u00e0 o\u00f9 les anciens auraient lorgn\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 de la procession et de la ritualisation arrimant le sens et la signification \u00e0 quelques r\u00e9f\u00e9rences ext\u00e9rieurs, Fran\u00e7ois Lanel et sa bande (soulignons le talent du com\u00e9dien Gregory Guilbert qui la guide) invitent \u00e0 regarder au-del\u00e0, par-del\u00e0\u2026 Un par-del\u00e0 la r\u00e9f\u00e9rence et le sens puisqu\u2019ici la sc\u00e8ne est le lieu o\u00f9 tout est invent\u00e9 \u00e0 grand coup d\u2019imagination\u2026<br \/>\nAussi, alors que le noir se fait, <em>Massif Central<\/em> s\u2019ach\u00e8ve un peu plus loin qu\u2019il n\u2019avait commenc\u00e9. Un brin plus loin puisqu\u2019il ne s\u2019agissait pas, ici, d\u2019aller vers, ou de finir sur\u2026 mais juste d\u2019avoir travers\u00e9 les mondes imaginaires, et peut-\u00eatre avoir \u00e9t\u00e9 travers\u00e9 par celui de <em>Massif Central<\/em>. \u00c0 la p\u00e9nombre succ\u00e8de un noir final o\u00f9 \u00e0 la derni\u00e8re note de musique on comprend qu\u2019on en a termin\u00e9 avec cette ballade qui aura d\u00e9velopp\u00e9 de curieux paysages invent\u00e9s.<\/p>\n<hr \/>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8212;- Massif Central mise en sc\u00e8ne de Fran\u00e7ois Lanel Compagnie de l&rsquo;Accord Sensible Avec \u2013 L\u00e9o Gobin, Gr\u00e9gory Guilbert, Julie Hega, David S\u00e9chaud &#038; McCloud Zicmuse En sus d\u2019un mois de janvier consacr\u00e9 \u00e0 la th\u00e9matique du \u00ab rapport du th\u00e9\u00e2tre au r\u00e9el \u00bb, \u00e0 la marge de rencontres et de d\u00e9bats, la Renaissance de Mondeville programme plusieurs cr\u00e9ations qui, entre autre, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Finir en beaut\u00e9 de Mohammed El Khatib, auront permis \u00e0 Fran\u00e7ois Lanel, jeune metteur en<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":1085,"menu_order":0,"template":"","categorie_article":[27],"class_list":["post-1086","article","type-article","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","categorie_article-critique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article\/1086","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article"}],"about":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/types\/article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1085"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1086"}],"wp:term":[{"taxonomy":"categorie_article","embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/categorie_article?post=1086"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}