


{"id":1125,"date":"2016-07-09T16:36:20","date_gmt":"2016-07-09T14:36:20","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=1125"},"modified":"2016-07-09T16:36:20","modified_gmt":"2016-07-09T14:36:20","slug":"6-p-m-when-appears-the-poetry","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/6-p-m-when-appears-the-poetry\/","title":{"rendered":"6 p.m. When appears the poetry"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"><strong>\u00c0 l\u2019Op\u00e9ra Grand Avignon, nous pouvons voir jusqu\u2019au 10 juillet \u00e0 18h la pi\u00e8ce du BlitzTheatreGroup : <em>6 A.M. How to disappear completely<\/em> d\u2019apr\u00e8s <em>Ainsi M\u00e9non pleurait Diotima<\/em> de Friedrich H\u00f6lderlin. Le Blitz Theatre Group est un collectif grec form\u00e9 en 2004 par Angeliki Papoulia, Christos Passalis et Yorgos Valais. Leur geste artistique est pens\u00e9 comme un espace d\u2019\u00e9change autour d\u2019un th\u00e9\u00e2tre singulier \u00e9loign\u00e9 des discours pr\u00e9fabriqu\u00e9s. Avec cette pi\u00e8ce, partant du po\u00e8me d\u2019Holderlin, ils mettent en sc\u00e8ne un espace po\u00e9tique qui s\u2019appr\u00e9hende comme une musique. Un spectacle qui nous d\u00e9place, nous transporte dans un monde de sensation, d\u2019image dont les liens de sens se fabriquent dans l\u2019imaginaire. Ce collectif ne recherche pas la compr\u00e9hension imm\u00e9diate, ni l\u2019adh\u00e9sion des spectateurs mais il propose un voyage commun dans une langue inconnue qu\u2019est la po\u00e9sie de la langue, des langues, des images et des sons.<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1124\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/160706_rdl_1901-2.jpg\" alt=\"160706_rdl_1901-2.jpg\" align=\"center\" width=\"921\" height=\"613\" \/><br \/>\nL\u2019op\u00e9ra est plein. Il est 18h. Le noir salle arrive. Du troisi\u00e8me balcon, le parterre scintille. Les portables \u00e9clairent soit pour envoyer un dernier message, pour v\u00e9rifier qu\u2019il est sur silencieux\u2026 Un dernier geste individuel avant de plonger collectivement dans une proposition de ce collectif. Un son, un bourdon comme un souffle r\u00e9sonne. Lumi\u00e8re sur une femme, en avant sc\u00e8ne, au centre du plateau. Derri\u00e8re elle, un cyclo rama masquant la profondeur de la sc\u00e8ne.  Juste au dessus de la femme, sur le cyclo, le soleil du petit jour. Elle est habill\u00e9e de pourpre. Elle tient une hache de bucheron d\u2019un m\u00e8tre, rouge au deux extr\u00e9mit\u00e9s. Au sol, poussi\u00e8re et terre battue mettent en jeu un espace en friche. La femme baisse la t\u00eate, immobile. Une image qui convoque notre imaginaire. C\u2019est M\u00e9d\u00e9e. C\u2019est une image du combat. C\u2019est un appel. L\u2019image de cette femme dure puis vient ses premiers mots. Les premiers vers de <em>Ainsi M\u00e9non pleurant Diotima<\/em> d\u2019Holderlin dit en grec traduit sur le cyclo en anglais, en fran\u00e7ais. Ces premiers vers qui disent une recherche infinie, une qu\u00eate d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9e et sans aboutissement possible. Nous sommes associ\u00e9s \u00e0 cette aventure. Il y a une convocation \u00e0 participer \u00e0 ce po\u00e8me. Pendant le po\u00e8me, le soleil se voile par un brouillard.<br \/>\nNoir<br \/>\nLe cyclo a disparu, l\u2019espace est un terrain vague fait de terre et de poussi\u00e8re o\u00f9 se dresse des \u00e9chafaudages de guingois et disparates. Un v\u00e9hicule confectionn\u00e9 \u00e0 partir de r\u00e9cup\u00e9ration a pris la place de la femme. C\u2019est un robot, un automate. Il est fabriqu\u00e9 avec les moyens du bord. Il s\u2019affranchit des standards, de l\u2019uniformisation. C\u2019est un automate unique qui se meut tout seul, il \u00e9claire l\u2019espace. Notre imaginaire bouillonne. Sommes nous dans un monde post apocalypse ? Est-ce l\u2019espace des d\u00e9potoirs aujourd\u2019hui ? Celui des marges pauvres ? Dans cet espace, arrivent sept personnages qui agissent mais ils sont toujours sous la menace de quelque chose. Rien n\u2019est tranquille. Une intranquillit\u00e9 qui se manifeste par le son, la musique inqui\u00e9tante et tendue et par de temps en temps une pluie de pierres. Les personnages s\u2019arr\u00eatent, se prot\u00e8gent comme ils peuvent, attendent avant de reprendre leurs actions. Toutes leurs actions paraissent faire partie d\u2019un m\u00e9canisme. Un ballet que les sept actrices et acteurs doivent r\u00e9aliser comme une urgence, une n\u00e9cessit\u00e9. Mais qui produit sur le spectateur une chor\u00e9graphie du chaos, de la r\u00e9sistance. C\u2019est la danse de la po\u00e9sie o\u00f9 tout est organis\u00e9, tout est clair pour les interpr\u00e8tes et o\u00f9 nous devons accepter de nous perdre et de nous laisser aller.<br \/>\nLe titre disait cette disparition, une disparition compl\u00e8te qui est celle du th\u00e9\u00e2tre comme l\u2019affirme Christos Passalis[[\u00ab le titre du spectacle signifie exactement cela. \u00ab 6 heures du matin. Comment dispara\u00eetre compl\u00e8tement ? \u00bb Dispara\u00eetre du th\u00e9\u00e2tre mais aussi des causes et des effets, de la logique, de la r\u00e9alit\u00e9 mat\u00e9rielle\u2026 \u00bb]] dans le programme de salle. Mais cette disparition c\u2019est aussi celle du spectateur qui comprend, qui veut comprendre, qui veut se sentir intelligent. L\u00e0 le Blitz Theatre Group nous demande un \u00e9tat r\u00e9ceptif aux formes, aux sons et aux lumi\u00e8res comme quand enfant nous acceptons de comprendre partiellement. C\u2019est \u00e0 dire de ne pas tout savoir. L\u2019\u00e9tat d\u2019inqui\u00e9tude mis en sc\u00e8ne au plateau rejoint notre \u00e9tat de spectateur dans la mesure o\u00f9 notre inconscient, notre imaginaire est convoqu\u00e9. C\u2019est un \u00e9tat d\u2019incertitude dans lequel nous sommes plong\u00e9s et qui passe d\u2019un univers tr\u00e8s m\u00e9tallique et m\u00e9canique \u00e0 un espace presque v\u00e9g\u00e9tal. En effet sur l\u2019heure de repr\u00e9sentation, la lumi\u00e8re r\u00e9v\u00e8le d\u2019abord un d\u00e9potoir fait de ferraille et de gravats pour mettre \u00e0 jour une clairi\u00e8re au milieu d\u2019une for\u00eat o\u00f9 tous les songes sont possibles. C\u2019est le mot ENTHOUSIASME qui cl\u00f4t le spectacle, une ouverture en guise de fin comme dans le po\u00e8me d\u2019H\u00f6lderlin qui s\u2019ach\u00e8ve par des vers lumineux [[(2) IX.<br \/>\nAussi, \u00f4 dieux du ciel, je veux vous rendre gr\u00e2ces !<br \/>\nEnfin la pri\u00e8re, une fois encore, d\u00e9livre et soul\u00e8ve la poitrine du chanteur !<br \/>\nComme jadis, lorsque aupr\u00e8s d\u2019elle, lorsqu\u2019avec elle j\u2019\u00e9tais sur la hauteur ensoleill\u00e9e, un dieu me parle des profondeurs du temple et me ranime !<br \/>\nOui, je veux vivre aussi !<br \/>\nD\u00e9j\u00e0 la verdure !<br \/>\nD\u00e9j\u00e0, l\u00e0-bas, des monts d\u2019argent, la lyre d\u2019Apollon nous appelle !<br \/>\nViens ! C\u2019\u00e9tait comme on r\u00eave ! Les ailes saignantes, les voici d\u00e9j\u00e0 gu\u00e9ries !<br \/>\nD\u00e9j\u00e0 l\u2019esp\u00e9rance vit partout rajeunie !<br \/>\nIl reste \u00e0 d\u00e9couvrir bien des choses encore, bien des grandes choses, et qui aima de la sorte, il faut qu\u2019il prenne, oui, la voie qui m\u00e8ne aux dieux !<br \/>\nMais vous, restez pr\u00e9sentes, heures de la r\u00e9v\u00e9lation, heures graves de notre Jeunesse !<br \/>\nAssistez-nous, pressentiments sacr\u00e9s, ferveurs de nos pri\u00e8res, et vous, enthousiasmes, et vous, \u00f4 tous les bons g\u00e9nies, qui aimez d\u2019\u00eatre aupr\u00e8s de ceux qui s\u2019aiment, tardez aupr\u00e8s de nous jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019au m\u00eame rivage,<br \/>\nl\u00e0-bas o\u00f9 tous les bienheureux sont pr\u00e8s \u00e0 redescendre,<br \/>\nl\u00e0-bas o\u00f9 sont les aigles, les astres, les messagers du P\u00e8re et les Muses, et le pays des h\u00e9ros et de l\u2019amour, jusqu\u2019\u00e0 notre rencontre l\u00e0-bas, ou bien ici, sur l\u2019\u00eele de ros\u00e9e o\u00f9 les n\u00f4tres attendent, fleurs assembl\u00e9es dans les jardins, o\u00f9 les chants sont vrais, o\u00f9 la beaut\u00e9 des printemps est plus longue,<br \/>\n<br \/>&nbsp;jusqu\u2019\u00e0 notre rencontre, et qu\u2019\u00e0 nouveau commence une ann\u00e9e de notre \u00e2me !<br \/>\nTraduit de l\u2019allemand par Ren\u00e9 Lasne]].<br \/>\nLe Blitz Theatre Group aura pos\u00e9 des images sur le po\u00e8me <em>\u00ab Ainsi Menon pleurant Diotima \u00bb <\/em> sans l\u2019illustrer. Il utilise les moyens du th\u00e9\u00e2tre de mani\u00e8re diff\u00e9rente pour rendre compte de la po\u00e9sie qui r\u00e9invente la langue.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 l\u2019Op\u00e9ra Grand Avignon, nous pouvons voir jusqu\u2019au 10 juillet \u00e0 18h la pi\u00e8ce du BlitzTheatreGroup : 6 A.M. How to disappear completely d\u2019apr\u00e8s Ainsi M\u00e9non pleurait Diotima de Friedrich H\u00f6lderlin. Le Blitz Theatre Group est un collectif grec form\u00e9 en 2004 par Angeliki Papoulia, Christos Passalis et Yorgos Valais. Leur geste artistique est pens\u00e9 comme un espace d\u2019\u00e9change autour d\u2019un th\u00e9\u00e2tre singulier \u00e9loign\u00e9 des discours pr\u00e9fabriqu\u00e9s. Avec cette pi\u00e8ce, partant du po\u00e8me d\u2019Holderlin, ils mettent en sc\u00e8ne un espace<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":1124,"menu_order":0,"template":"","categorie_article":[27],"class_list":["post-1125","article","type-article","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","categorie_article-critique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article\/1125","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article"}],"about":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/types\/article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1124"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1125"}],"wp:term":[{"taxonomy":"categorie_article","embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/categorie_article?post=1125"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}