


{"id":1170,"date":"2016-07-16T18:05:40","date_gmt":"2016-07-16T16:05:40","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=1170"},"modified":"2016-07-16T18:05:40","modified_gmt":"2016-07-16T16:05:40","slug":"a-world-of-pain-and-shit-et-son-miroir","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/a-world-of-pain-and-shit-et-son-miroir\/","title":{"rendered":"A world of pain and shit et son miroir"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"><em>20 Novembre<\/em> de Lars Nor\u00e9n, mis en sc\u00e8ne de Sofia Jupither, se joue du 14 au 17 juillet au Th\u00e9\u00e2tre Beno\u00eet-XII. Une pi\u00e8ce qui voudrait nous faire comprendre le \u00ab\u00a0cheminement \u00e9motionnel\u00a0\u00bb et les causes de l\u2019acte du jeune coureur d\u2019amok d\u2019Emsdetten en 2006. Pr\u00f4nant la compr\u00e9hension et l\u2019empathie envers son voisin, ce th\u00e9\u00e2tre veut participer \u00e0 la paix dans notre ch\u00e8re Europe. Une heure dont on aurait pu se passer. <\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1169\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/20november__c_dr_1840x1227.jpg\" alt=\"20november__c_dr_1840x1227.jpg\" align=\"center\" width=\"920\" height=\"613\" \/><br \/>\nSofia Jupither consid\u00e8re que l\u2019 \u00ab\u00a0un des ressorts du th\u00e9\u00e2tre est l\u2019identification\u00a0\u00bb et trouve la qualit\u00e9 du texte de Lars Nor\u00e9n dans le fait que tout le monde puisse s\u2019y reconna\u00eetre, que \u00ab\u00a0des millions d\u2019adolescents \u00e9prouvent des sentiments similaires.\u00a0\u00bb En effet. Ce monologue traverse tous les lieux communs d\u2019un adolescent en crise. Accusant ce \u00ab\u00a0world of pain and shit\u00a0\u00bb, nous avons bien l\u2019impression que ce qui lui manque est une langue singuli\u00e8re qui pourrait rendre compte de son mal-\u00eatre. Une langue qui pourrait na\u00eetre d\u2019une exp\u00e9rience singuli\u00e8re, d\u2019une exp\u00e9rience d\u2019une douleur ou d\u2019une joie unique. Et on aurait pu esp\u00e9rer que le th\u00e9\u00e2tre ou l\u2019art en g\u00e9n\u00e9ral pourrait participer \u00e0 une nouvelle mani\u00e8re de voir, d\u2019entendre, de bouger, de faire, de penser\u2026 des nouvelles mani\u00e8res qui pourraient creuser des br\u00e8che dans ce \u00ab\u00a0world of pain and shit\u00a0\u00bb, mais ce quoi devant nous sommes pendant une heure ne fait que reproduire, d\u2019un r\u00e9alisme plat, notre mutisme. Il n\u2019y en a rien \u00e0 dire.<br \/>\n\u00c0 part, peut-\u00eatre, demander si l\u2019identification n\u2019\u00e9tait pas d\u00e9j\u00e0 combattue par l\u2019avant-garde moderne, il y a un si\u00e8cle. Si Brecht n\u2019a pas d\u00e9j\u00e0 tent\u00e9 de d\u00e9tr\u00f4ner ce m\u00e9canisme qui nous laisse devant le mur, sans \u00e9chapp\u00e9es, qu&rsquo;elles soient critiques ou pulsionnelles. Si Deleuze n\u2019a pas raison de penser que toute identification se base sur une fonction paternelle (v. <em>Bartleby, ou la formule<\/em> dans <em>Critique et Clinique<\/em>) et reproduit par l\u00e0, peut-\u00eatre, quelques causes de ce \u00ab\u00a0world of shit and pain\u00a0\u00bb. Et se demander comment cela se fait-il que nous y sommes \u00e0 nouveau, devant un th\u00e9\u00e2tre de l\u2019identification.<br \/>\nAu final, on pourrait dire que ce th\u00e9\u00e2tre participe de ce qu\u2019il veut \u00e9viter. En mettant le spectateur dans un tel rapport, il l\u2019oblige \u00e0 s\u2019adapter \u00e0 la \u00ab\u00a0forme, image ou repr\u00e9sentation, portrait, mod\u00e8le\u00a0\u00bb (Deleuze), tout ce que Sebastian Bosse, auteur de la tuerie, accuse. Au nom de l\u2019ordre actuel, contre le bousculement dans la guerre civile, Sofia Jupither nous met devant une injonction \u00e0 l\u2019empathie et la compr\u00e9hension. (Mais je n\u2019ai pas plus de mots pour pouvoir parler de Nice.) Un th\u00e9\u00e2tre qui fuit comme la peste une phrase de la pi\u00e8ce\u00a0: que toute diff\u00e9rence est condamn\u00e9e \u00e0 la solitude. Un th\u00e9\u00e2tre qui veut que tous, chacun, comprennent, peu importent les proc\u00e9d\u00e9s. Au final, c\u2019est un th\u00e9\u00e2tre r\u00e9actionnaire, ali\u00e9nant, miroir de ce monde of pain and shit, et s\u2019y confondant. \u00ab\u00a0Sofia Jupither prend le risque de para\u00eetre na\u00efve et l\u2019assume.\u00a0\u00bb On la croit, \u00e0 d\u00e9faut de pouvoir \u00ab\u00a0croire en l\u2019homme\u00a0\u00bb (Olivier Py).<br \/>\n<small><quote>D&rsquo;autres mots ici, sur l&rsquo;Insens\u00e9 : <a href=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/spip.php?article445\">\u00ab\u00a020 novembre\u2026\u00a0S\u00e9bastien caboss\u00e9\u00a0\u00bb<\/a>, par Yannick Butel<\/quote><br \/>\n<\/small><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>20 Novembre de Lars Nor\u00e9n, mis en sc\u00e8ne de Sofia Jupither, se joue du 14 au 17 juillet au Th\u00e9\u00e2tre Beno\u00eet-XII. Une pi\u00e8ce qui voudrait nous faire comprendre le \u00ab\u00a0cheminement \u00e9motionnel\u00a0\u00bb et les causes de l\u2019acte du jeune coureur d\u2019amok d\u2019Emsdetten en 2006. 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