


{"id":1173,"date":"2016-07-16T22:15:43","date_gmt":"2016-07-16T20:15:43","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=1173"},"modified":"2016-07-16T22:15:43","modified_gmt":"2016-07-16T20:15:43","slug":"alors-que-jattendais","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/alors-que-jattendais\/","title":{"rendered":"Alors que j\u2019attendais\u2026"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Accueilli \u00e0 Marseille, le metteur en sc\u00e8ne Omar Abusaada a re\u00e7u le soutien des Bancs Publics, de f\u00e9vrier \u00e0 avril 2016, pour cr\u00e9er \u00e0 la Cri\u00e9e <em>Alors que j\u2019attendais<\/em>. Titre embl\u00e9matique d\u2019une situation syro-libanaise o\u00f9 le mouvement de l\u2019Histoire semble soumis aux variations politiques et aux conflits arm\u00e9s. Un th\u00e9\u00e2tre didactique, un th\u00e9\u00e2tre de t\u00e9moignages\u2026<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-1171\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/arton430.png\" width=\"150\" height=\"150\" \/><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1172\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/160707_rdl_1131.jpg\" alt=\"160707_rdl_1131.jpg\" align=\"center\" width=\"920\" height=\"613\" \/><br \/>\n\u00ab Damas porte d\u2019entr\u00e9e au Liban \u00bb dit-on\u2026 Damas, Beyrouth\u2026 entre l\u2019Etat syrien (principalement sunnite) et l\u2019\u00e9tat libanais (mosa\u00efque religieuse et la\u00efque) o\u00f9 s\u2019est r\u00e9fugi\u00e9 plus d\u2019un million et demi de syriens, c\u2019est une longue histoire complexe, d\u2019amiti\u00e9s, de rivalit\u00e9s, d\u2019occupations\u2026 La mise en sc\u00e8ne d\u2019Omar Abusaada, <em>Alors que j\u2019attendais<\/em>, en rend partiellement compte au sens o\u00f9 elle livre l\u2019histoire d\u2019une famille prise dans la grande Histoire syro-libanaise. Une histoire dont un ami de Beyrouth m\u2019explique qu\u2019elle n\u2019est pas la m\u00eame pour les chiites, le hezzbollah, les sunnites, les Maronites, la communaut\u00e9 chr\u00e9tienne\u2026<br \/>\nIl n\u2019y a pas de livre d\u2019histoire commune au Liban pour les \u00e9coliers. Et de regarder les personnages bris\u00e9s de <em>Alors que J\u2019attendais<\/em> comme ceux qui sont la trace de cette histoire en devenir sans cesse diff\u00e9r\u00e9e.<br \/>\n<strong>Alors que\u2026<\/strong><br \/>\nLitt\u00e9ralement, \u00ab alors \u00bb (qui \u00e9tymologiquement signifie \u00ab \u00e0 cette heure-l\u00e0, \u00e0 ce moment-l\u00e0 \u00bb) \u00e9voque donc un espace temps, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un temps plus g\u00e9n\u00e9ral. C\u2019est une parenth\u00e8se en quelque sorte, une mani\u00e8re d\u2019immobiliser en un point (une spatialit\u00e9) un temps sur lequel porte l\u2019action. Et c\u2019est bien cela <em>Alors que j\u2019attendais<\/em>\u2026  Un point dans l\u2019Histoire. Ou, vu au prisme d\u2019une famille, cette famille veille le coma d\u2019un fils (Taim) \u00e0 l\u2019h\u00f4pital. La raison de ce coma, un passage \u00e0 tabac lors du franchissement d\u2019un chek point \u00e0 Damas. Histoire tragique du fils, qui suit de pr\u00e8s celle de la mort du p\u00e8re. Et d\u2019assister alors \u00e0 une histoire curieuse, une fiction mise en place, o\u00f9 le coma du fils est le lieu d\u2019un regard critique. Lui, dans le coma, regarde l\u2019Histoire, celle de son pays pris dans le printemps arabe, celle de sa famille avec son lot de petites s\u00e9quences du quotidien.<br \/>\nEt de r\u00e9aliser que Mohammad Al Attar, auteur de ce texte simple, r\u00e9aliste, \u00e9crit certes une fable qu\u2019il convient d\u2019apparenter \u00e0 un drame historique construit sur un \u00ab fait divers \u00bb, mais que la forme qu\u2019il lui donne s\u2019inqui\u00e8te de l\u2019espace. Le coma (espace du corps fig\u00e9) et la pens\u00e9e int\u00e9rieure (vagabondage et d\u00e9ambulation libre) se donnent simultan\u00e9ment. Question d\u2019espace donc, \u00e0 l\u2019endroit d\u2019un territoire en proie aux guerres, aux espaces occup\u00e9s, aux espaces disput\u00e9s.<br \/>\n<em>Alors que j\u2019attendais<\/em>\u2026 ou un titre presque beckettien qui fait de Taim un parent de Godot (la comparaison s\u2019arr\u00eate-l\u00e0) est donc un recit syncop\u00e9, elliptique o\u00f9 l\u2019on va et vient, entre petite et grande histoire. Mani\u00e8re d\u2019imbriquer l\u2019une et l\u2019autre, de les tisser parce qu\u2019elles sont de fait indissociables. Va et vient entre la m\u00e9moire des uns et le coma de l\u2019autre, va et vient entre Beyrouth et Damas, va et vient d\u2019une famille qui tente de vivre \u00e0 contre-courant d\u2019un monde ivre qui les emporte.<br \/>\n<strong>Sur le plateau\u2026<\/strong><br \/>\nSur les planches le metteur en sc\u00e8ne Abusaada a mis en place un espace qui joue sur la verticalit\u00e9 autant que sur l\u2019horizontalit\u00e9. En haut, comme poster sur une c\u00eeme qui permet de voir plus loin, Taim commente le monde avec le recul que lui donne un coma qui l\u2019a, en d\u00e9finitive, lib\u00e9r\u00e9. En bas, la famille, affair\u00e9e, en proie aux d\u00e9sirs de d\u00e9part de Damas la cruelle. Parfois, on les regarde comme les trois s\u0153urs de Tchekhov fantasmer une fuite en avant\u2026 En haut, un DJ et Taim sont le lieu d\u2019une parole journalistique et philosophique qui commente l\u2019actualit\u00e9. Appara\u00eetront r\u00e9guli\u00e8rement d\u2019ailleurs des images d\u2019archives d\u2019une r\u00e9volution qui a accouch\u00e9 d\u2019une guerre.<br \/>\nC\u2019est simple, presque inscrit dans une temporalit\u00e9 des ann\u00e9es 50-60 o\u00f9 le th\u00e9\u00e2tre, chez certains, devait figurer un miroir des probl\u00e9matiques sociales rendues dans un geste r\u00e9aliste. C\u2019est ainsi non pas un vieux th\u00e9\u00e2tre qui est propos\u00e9, mais un th\u00e9\u00e2tre o\u00f9 la conscience politique est \u00e0 l\u2019\u0153uvre, et se donne sur le mode de la communication (donc des dialogues qui n\u2019en finissent pas, des th\u00e8ses qui sont martel\u00e9es). Un th\u00e9\u00e2tre de situation en quelque sorte o\u00f9 ce qui est jou\u00e9 doit permettre d\u2019\u00e9clairer, d\u2019\u00e9duquer d\u2019avertir.<br \/>\nEt l\u2019on comprend qu\u2019Omar Abusaada souligne sa parent\u00e9 avec Boal, le th\u00e9\u00e2tre de l\u2019opprim\u00e9, lui-m\u00eame inspir\u00e9 par Brecht. Th\u00e9\u00e2tre \u00e0 th\u00e8se que ce <em>Alors que j\u2019attendais<\/em>\u2026 Mais, et c\u2019est sans doute ce qui est le plus pertinent, th\u00e9\u00e2tre de t\u00e9moignage puisqu\u2019ici, l\u2019\u00e9cart entre le fait esth\u00e9tique et le fait historique est infiniment r\u00e9duit.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Accueilli \u00e0 Marseille, le metteur en sc\u00e8ne Omar Abusaada a re\u00e7u le soutien des Bancs Publics, de f\u00e9vrier \u00e0 avril 2016, pour cr\u00e9er \u00e0 la Cri\u00e9e Alors que j\u2019attendais. Titre embl\u00e9matique d\u2019une situation syro-libanaise o\u00f9 le mouvement de l\u2019Histoire semble soumis aux variations politiques et aux conflits arm\u00e9s. Un th\u00e9\u00e2tre didactique, un th\u00e9\u00e2tre de t\u00e9moignages\u2026 \u00ab Damas porte d\u2019entr\u00e9e au Liban \u00bb dit-on\u2026 Damas, Beyrouth\u2026 entre l\u2019Etat syrien (principalement sunnite) et l\u2019\u00e9tat libanais (mosa\u00efque religieuse et la\u00efque) o\u00f9 s\u2019est r\u00e9fugi\u00e9<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":1171,"menu_order":0,"template":"","categorie_article":[27],"class_list":["post-1173","article","type-article","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","categorie_article-critique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article\/1173","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article"}],"about":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/types\/article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1171"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1173"}],"wp:term":[{"taxonomy":"categorie_article","embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/categorie_article?post=1173"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}