


{"id":1208,"date":"2016-07-19T19:51:25","date_gmt":"2016-07-19T17:51:25","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=1208"},"modified":"2016-07-19T19:51:25","modified_gmt":"2016-07-19T17:51:25","slug":"fatmeh-dali-chahrour-erotique-de-lelegie","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/fatmeh-dali-chahrour-erotique-de-lelegie\/","title":{"rendered":"Fatmeh d&rsquo;Ali Chahrour | \u00e9rotique de l&rsquo;\u00e9l\u00e9gie"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">En regard de l\u2019\u0153uvre de mort qu\u2019\u00e9labore patiemment notre monde, les th\u00e9\u00e2tres qui se dressent face \u00e0 elle semblent si d\u00e9risoires. Et pourtant. Si l\u2019art n\u2019efface pas la perte, peut-\u00eatre peut-il lui r\u00e9pondre. Un peu moins d\u2019une heure entre les murs du Clo\u00eetre des C\u00e9lestins aura ainsi lev\u00e9 la force de chanter les morts : et dans ce vieux geste \u00e9l\u00e9giaque qui puise loin dans les temps imm\u00e9moriaux des hommes, y trouver la beaut\u00e9 d\u2019affronter notre pr\u00e9sent. C\u2019est une heure, un peu moins, o\u00f9 deux corps, deux femmes, vont danser avec les ombres des ombres pour soulever dans la beaut\u00e9 les puissances. Et patiemment retourner sur la mort ses propres ruines : <em>Fatmeh<\/em>, du chor\u00e9graphe Ali Chahrour, ou le nom donn\u00e9 sur nos jours aux pulsions de vie, <em>Fatmeh<\/em>, pour nommer la n\u00e9cessit\u00e9 \u00e9rotique afin de traverser la douleur, renouer aux rites fun\u00e9raires, pleurer la joie d\u2019\u00eatre de ce c\u00f4t\u00e9 de la mort, vivant encore.\n<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-1201\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/arton439.jpg\" width=\"150\" height=\"150\" \/><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1202\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/160715_rdl_1481.jpg\" alt=\"160715_rdl_1481.jpg\" align=\"center\" width=\"920\" height=\"613\" \/><br \/>\nC\u2019est avant que cela commence. Ali Chahrour descend les marches et se tourne vers nous pour nous parler. Il s\u2019excuse de le faire en arabe, et nous rassure : quelqu\u2019un traduira ses propos. Dans sa langue, on entend quelques mots emprunt\u00e9s \u00e0 la n\u00f4tre : \u00ab\u00a0Nice\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0contexte\u00a0\u00bb. La jeune femme \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s traduit : La direction du festival d\u2019Avignon lui a demand\u00e9 s\u2019il voulait dire quelques mots apr\u00e8s la trag\u00e9die survenue le 14 juillet \u00e0 Nice[[C\u2019est le seul spectacle o\u00f9 un tel <em>prologue<\/em> nous est propos\u00e9 depuis l\u2019horreur du 14\/07. \u00c0 aucun autre spectacle, je n\u2019ai entendu cette demande : \u00e9tait-elle r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 Ali Chahrour uniquement ? On esp\u00e8re vivement, puissamment, que non.]]. Lorsque le spectacle \u00e9tait en r\u00e9p\u00e9tition, poursuit sans transition le chor\u00e9graphe, plusieurs attentats ont eu lieu \u00e0 Beyrouth. D\u2019autres en Irak, en Turquie. Presque \u00e0 chaque fois, pendant des jours de f\u00eate et de grands rassemblements. Puis, on nous invite \u00e0 consacrer une minute d\u2019applaudissements. D\u2019embl\u00e9e, avec retenue et justesse, nous est rappel\u00e9e cette \u00e9vidence : sans les morts du 14 juillet, aurait-on honor\u00e9 la m\u00e9moire des victimes d\u2019autres pays ? Oui, dans cette solidarit\u00e9 des douleurs, il n\u2019y a pas d\u2019hi\u00e9rarchie : mais si une vie en vaut une autre, nos soci\u00e9t\u00e9s ont parfois la m\u00e9moire s\u00e9lective, et la douleur r\u00e9serv\u00e9e. Au seuil du spectacle qui affrontera plus qu\u2019aucun autre cet enjeu de la mort et des gestes \u00e0 tenir face \u00e0 elle, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 une le\u00e7on, mais donn\u00e9e sans arrogance ni moralisme : habit\u00e9e cependant par une n\u00e9cessit\u00e9 profonde qui sera le socle du spectacle.<br \/>\nCette n\u00e9cessit\u00e9, si pr\u00e9cieuse \u2013 si rare\u2026 \u2013 est la situation de ce th\u00e9\u00e2tre : un souci constant de s\u2019inscrire dans son temps. Au pseudo-injonctions r\u00e9alistes de notre \u00e9poque et de nos th\u00e9\u00e2tres, Ali Chahour arrache \u00e0 sa ville et son pr\u00e9sent sa force. \u00catre chor\u00e9graphe chiite \u00e0 Beyrouth, c\u2019est vivre singuli\u00e8rement dans le feu crois\u00e9 d\u2019une \u00e9poque. C\u2019est travailler avec un temps qui enveloppe le pr\u00e9sent : o\u00f9 le rite vit encore dans les gestes, o\u00f9 l\u2019ancestral n\u2019est pas encore un folklore culturel, et o\u00f9 le corps est toujours un enjeu politique, celui de sa visibilit\u00e9 ou de son visibilit\u00e9 \u2013\u00a0de son voilement ou de son d\u00e9voilement.<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1203\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/160715_rdl_1571-2.jpg\" alt=\"160715_rdl_1571-2.jpg\" align=\"center\" width=\"921\" height=\"613\" \/><br \/>\nLe Chiisme reconna\u00eet dans la figure de Fatima Zahra, la fille du proph\u00e8te, une source majeure qui f\u00e9conde un  rapport charnel au sacr\u00e9 : \u00e0 la mort de Mahomet, cette jeune fille ne cessera de chanter son chagrin jusqu\u2019\u00e0 sa mort, destin d\u2019Orph\u00e9e au f\u00e9minin. Dans ces lamentations \u2013\u00a0dont l\u2019une sera chant\u00e9e \u00e0 la fin du spectacle \u2013, se trouve une mani\u00e8re d\u2019habiter le chant et la mort, la vie quand on s\u2019en trouve arrach\u00e9, la mort quand on voudrait l\u2019injurier, le corps quand il d\u00e9sire lever sous sa douleur les puissances de vie. \u00c0 cette figure divine se superpose dans le spectacle une seconde ic\u00f4ne : Oum Kalsoum, fille d\u2019un imam du Caire et dont le nom v\u00e9ritable \u00e9tait Fatima : sa voix ne cessera de peupler cette heure durant o\u00f9 les morts sont ce qui nous relient \u00e0 la vie. <i>Fatmeh<\/i>, c\u2019est la conjonction de ces deux corps, sacr\u00e9 et profane, unies dans le chant et la douleur qui \u00e0 travers elle devenait la beaut\u00e9 charnelle de l\u2019incarner tout en la traversant.<br \/>\nSur sc\u00e8ne, les deux corps n\u2019interpr\u00e8tent pas ces deux femmes, mais deux mani\u00e8res de parcourir le deuil avec le corps. Yumna Marwan et Rania Al Rafei ne sont pas danseuses : l\u2019une est com\u00e9dienne, l\u2019autre vid\u00e9aste. Mais elles sont habit\u00e9es toutes d\u2019eux par les femmes nombreuses qui les ont succ\u00e9d\u00e9es : et dans leurs gestes se prolongent les gestes anciens. C\u2019est ici que le travail d\u2019Ali Chahrour est le plus fulgurant, dense, et n\u00e9cessaire. Il voudrait non pas reproduire techniquement la syntaxe de la danse \u2014 occidentale ou orientale \u2013, mais puiser dans les gestes les plus nus, les plus radicaux (tiss\u00e9s \u00e0 la racine de gestes premiers), ceux qu\u2019on ex\u00e9cute depuis des milliers d\u2019ann\u00e9es au-dessus des corps sans vie des anc\u00eatres.<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1204\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/160715_rdl_1747.jpg\" alt=\"160715_rdl_1747.jpg\" align=\"center\" width=\"614\" height=\"613\" \/><br \/>\nCette arch\u00e9ologie du geste \u2013 ce travail quasi-anthropologique \u2013 n\u2019est pourtant pas celui qui vise \u00e0 mettre au jour le pass\u00e9 : au contraire. \u00c0 l\u2019ouverture, les deux jeunes femmes se sont avanc\u00e9es et lentement se frappent la poitrine. Une fois, et recommence. Lentement, mais fortement. Lentement et plus fort encore. (<i>Bruit de la main frappant la poitrine<\/i>). Et de plus en plus fort, et de plus en plus rapidement. Jusqu\u2019\u00e0 \u00e9puiser la main et le souffle, et le corps convulsant sous les coups, haletant, au bord de l\u2019effondrement (<i>une fois atteint ce point, continuer<\/i>). Sous ce geste, on reconna\u00eet celui des pleureuses : celui qui d\u00e9signe dans le c\u0153ur l\u2019endroit de la douleur. Celui qui mime aussi la vie pour conjurer la mort, ce battement de c\u0153ur qui manque au cadavre. Et dans le visage des jeunes filles, la douleur d\u2019\u00eatre celle qui pleure le mort indiff\u00e9rent \u00e0 sa mort. Ouverture d\u2019une telle puissance qu\u2019elle r\u00e9sonnera tout le spectacle[[En \u00e9cho, peut-\u00eatre, aux applaudissements du public frapp\u00e9s en hommage aux victimes du 14 juillet ? Et en \u00e9cho, mais renvers\u00e9, aux applaudissements de la fin du spectacle ?]]. Ouverture qui est aussi une cl\u00f4ture : l\u2019initiale de la mort. Sur le cercle lev\u00e9 majestueusement en sc\u00e8ne, s\u2019affiche le nom de cette section : <em>\u00e9pilogue<\/em>.<br \/>\nUne heure durant, dans ce lieu majuscule et mineur qu\u2019est le Clo\u00eetre des C\u00e9lestins \u2013 dont la beaut\u00e9 tient \u00e0 ces deux platanes lev\u00e9s au milieu de la cour, aux murs l\u00e9preux, \u00e0 la danse des voutes qui nous font face, \u00e0 la densit\u00e9 qui se dresse devant nous \u2013, les deux danseuses vont donc danser les rites fun\u00e9raires. C\u2019est le contraire de glorifier la mort, l\u2019envers d\u2019y placer l\u2019Esp\u00e9rance, ou de vouloir la rejoindre. Danser les morts, c\u2019est ici faire de son corps l\u2019espace d\u2019une conqu\u00eate de la vie. Erotisme. L\u2019\u00e9rotisme dont Georges Bataille disait qu\u2019il \u00e9tait \u00ab\u00a0l\u2019approbation de la vie jusque dans la mort\u00a0\u00bb [[  XI, 112. (L\u2019Au-del\u00e0 du s\u00e9rieux)]]\u00bb L\u2019\u00e9rotisme, cette substitution de l\u2019instant ou de l\u2019inconnu \u00e0 ce que nous croyions conna\u00eetre\u00a0\u00bb, ajoutait-il. Devant nous, l\u2019approbation de la vie se livre excessivement, furieusement. Et l\u2019inconnu est chaque seconde l\u2019avanc\u00e9e dans la nuit qui nous enveloppe.<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1205\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/160715_rdl_1787.jpg\" alt=\"160715_rdl_1787.jpg\" align=\"center\" width=\"409\" height=\"613\" \/><br \/>\nCet \u00e9rotisme de la mort<a href=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/spip.php?article452\">[Je dois cette expression au camarade Malte Schwind, avec qui j\u2019ai vu le spectacle. Comme je lui dois une part du titre de mon article \u2014 et davantage. Lire aussi [son propre article<\/a>.]] tient aussi dans une certaine part au blasph\u00e8me, \u00e0 l\u2019audace politique et culturelle du ce geste chor\u00e9graphique. Le mart\u00e8lement de la poitrine avec le plat de la main n\u2019\u00e9tait pas le d\u00e9but du spectacle, et il faut remonter un peu avant : avec l\u2019entr\u00e9e des danseuses, \u00e0 jardin. Elle longe le fond de sc\u00e8ne, puis, arriv\u00e9es presque au centre du plateau, \u00f4tent leur chaussure. Comme devant l\u2019espace sacr\u00e9 \u2013 comme au seuil d\u2019une mosqu\u00e9e \u2013, on refuse de souiller avec le dehors ce dedans qui est la centralit\u00e9 du dieu. Mais l\u2019espace sacr\u00e9 qui est le plateau n\u2019est pas celui de la transcendance, au contraire. Plut\u00f4t celui d\u2019une immanence : c\u2019est dans le corps qu\u2019on va chercher les forces qui vont l\u2019animer. Et la syntaxe des gestes de cette danse renverse celle de la religion : la verticalit\u00e9 est tellurique, et non pas tourn\u00e9e vers le ciel. Et l\u2019horizontalit\u00e9 serait une loi, celle de la spirale, qui tourne sur elle-m\u00eame pour acc\u00e9l\u00e9rer sa danse.<br \/>\nBlasph\u00e8me donc, redoubl\u00e9 par ces moments entre chaque tableau o\u00f9 les jeunes filles s\u2019habillent et se d\u00e9shabillent \u00e0 vue : se maquillent. Exposent leur visage \u00e0 une beaut\u00e9 consentie librement, provocante. Peu avant s\u2019\u00eatre maquill\u00e9es, elles auront dans\u00e9 terriblement avec leur v\u00eatement devenu voile leur recouvrant partiellement, puis totalement leur visage. Cette mise en visibilit\u00e9 du corps est un scandale en regard de la <i>loi de la R\u00e9publique<\/i>. Mais c\u2019est un scandale plus grand que cette danse, qui soudain devient danse du visage[[si proche de ce qu\u2019avait r\u00eav\u00e9 Artaud \u00e0 partir des danseurs Balinais\u2026]], visage qui d\u00e9vore peu \u00e0 peu le tissu, avale le voile, arrache de l\u2019int\u00e9rieur ce voilement du corps pour mieux travailler \u00e0 son \u00e9mancipation par elle-m\u00eame. Puissance de d\u00e9flagration de la mort que de lib\u00e9rer les \u00eatres dans la folle puissance de leur finitude ; Beaut\u00e9 de cette convulsion[[\u00ab La beaut\u00e9 sera convulsive ou ne sera pas\u00a0\u00bb, exigeait Breton]] ; Dignit\u00e9 de cette violence qui lib\u00e8re, affranchit, d\u00e9chire.<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1206\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/160715_rdl_1830.jpg\" alt=\"160715_rdl_1830.jpg\" align=\"center\" width=\"920\" height=\"613\" \/><br \/>\nUne heure durant, ou presque, deux femmes auront dans\u00e9, dans la voix de Oum Kalsoum, la mort \u2013\u00a0non pour la c\u00e9l\u00e9brer, mais pour \u00e0 la fois la conjurer et la traverser. Avec les armes du d\u00e9sir, et la f\u00e9rocit\u00e9 de la vie qui reste, encore, deux femmes, jusqu\u2019\u00e0 \u00e9vanouissement des forces, ont soulev\u00e9 devant nous les forces qui chercheraient \u00e0 \u00e9vanouir la sid\u00e9ration qu\u2019on pourrait \u00e9prouver face \u00e0 la mort. Reste justement ces forces de vie qu&rsquo;elles nous ont d\u00e9livr\u00e9es. Vers la fin du spectacle, elles chanteront de dos les lamentations de Fatima Zahra, projetant sur les murs lev\u00e9s les mots qu&rsquo;il faut pour passer outre. De dos, les yeux tourn\u00e9s dans la m\u00eame direction que nous, elles nous ont rendu responsable devant la mort.<br \/>\nEt face \u00e0 la vie qu\u2019elles inventaient soudain, face \u00e0 la lune qui lentement se levait dans la nuit, elles ont lev\u00e9 davantage que la douleur devant la mort : la joie d\u2019\u00eatre devant la nuit et ses morts, et capables d&rsquo;affronter l\u2019aube.<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1207\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/160716_rdl_1895.jpg\" alt=\"160716_rdl_1895.jpg\" align=\"center\" width=\"920\" height=\"613\" \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En regard de l\u2019\u0153uvre de mort qu\u2019\u00e9labore patiemment notre monde, les th\u00e9\u00e2tres qui se dressent face \u00e0 elle semblent si d\u00e9risoires. Et pourtant. Si l\u2019art n\u2019efface pas la perte, peut-\u00eatre peut-il lui r\u00e9pondre. Un peu moins d\u2019une heure entre les murs du Clo\u00eetre des C\u00e9lestins aura ainsi lev\u00e9 la force de chanter les morts : et dans ce vieux geste \u00e9l\u00e9giaque qui puise loin dans les temps imm\u00e9moriaux des hommes, y trouver la beaut\u00e9 d\u2019affronter notre pr\u00e9sent. 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