


{"id":1236,"date":"2016-07-21T16:04:58","date_gmt":"2016-07-21T14:04:58","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=1236"},"modified":"2016-07-21T16:04:58","modified_gmt":"2016-07-21T14:04:58","slug":"lupa-lexperience-dun-effondrement","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/lupa-lexperience-dun-effondrement\/","title":{"rendered":"Lupa, l\u2019exp\u00e9rience d\u2019un effondrement"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"><strong>Du 18 au 24 juillet, <em>Place des H\u00e9ros<\/em>, dernier texte de Thomas Bernhard, mis en sc\u00e8ne par Krystian Lupa. Une exp\u00e9rience qui nous fait toucher l\u2019ab\u00eeme, sans issue.<\/strong><\/p>\n<p class=\"post_excerpt\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-4086 aligncenter\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/160718_rdl_0077-600x400.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"400\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<br \/>\nC\u2019est \u00e0 partir d\u2019aujourd\u2019hui\u2026 que je ne pourrai plus retourner au th\u00e9\u00e2tre sans trembler. Non pas de peur d\u2019aller chez le dentiste comme Artaud le sugg\u00e9rait, mais pour quelque chose qui d\u00e9passe infiniment la terreur du dentiste. \u00c0 partir d\u2019aujourd\u2019hui, je ne pourrai plus retourner au th\u00e9\u00e2tre sans trembler\u2026 \u00e0 cause de la possibilit\u00e9 d\u2019aller \u00e0 ma mort. Il serait possible que je ne le survive pas. Il serait possible que le th\u00e9\u00e2tre me fasse craquer. Il est possible que le th\u00e9\u00e2tre tue. Et je rajouterai que tout le th\u00e9\u00e2tre, qui ne fr\u00f4lera pas la mort que je me donnerai, n\u2019a pas lieu d\u2019\u00eatre.<br \/>\nUn rideau de lumi\u00e8re nous aveugle.<br \/>\nLa lumi\u00e8re bascule.<br \/>\nUn monde est l\u00e0.<br \/>\nComment \u00e9crire alors apr\u00e8s le ravage\u00a0? O\u00f9 trouver encore la force pour agir, pour faire quoi que ce soit, pour produire quelque chose avec l\u2019\u00e9puisement qui est la suite de cette travers\u00e9e, de cet an\u00e9antissement\u00a0? \u00c9puisement par larmes, par tremblement, par peur. Savoir que ce n\u2019\u00e9tait pas loin que tout se serait effondr\u00e9, qu\u2019il ne manquait pas grand-chose.<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-4087 aligncenter\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/160718_rdl_0040-600x400.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"400\" \/><br \/>\nLupa nous pr\u00e9sente ces trois sc\u00e8nes, s\u00e9par\u00e9es chacune d\u2019un entracte, d\u2019une pause de trente, puis de vingt minutes. Ces vingt minutes apr\u00e8s la deuxi\u00e8me sc\u00e8ne, o\u00f9 tout fut d\u00e9truit, o\u00f9 il ne restait plus d\u2019issue (Et depuis, nous savons\u00a0: \u00ab\u00a0l\u2019homme sans issue se tue, se supprime.\u00a0\u00bb), cette sc\u00e8ne o\u00f9 il ne restait plus d\u2019\u00e9chappatoire, plus de lieux \u00e0 sauver, plus d\u2019espoir aucun, cette sc\u00e8ne qui nomme la mont\u00e9e de la haine, de l\u2019antis\u00e9mitisme, de la b\u00eatise et de la barbarie, ces vingt minutes de pause \u00e9taient remplies par ce combat contre l\u2019effondrement, ce combat contre les larmes et l\u2019angoisse, mais aussi le d\u00e9sir de l\u2019ab\u00eeme, pour traverser les fonds\u2026 et \u00e9ventuellement rena\u00eetre. N\u2019y aurait-il pas eu la troisi\u00e8me partie, une vague de suicide aurait travers\u00e9 le pays\u2026<br \/>\nSc\u00e8ne Un\u00a0: Quelque part, la boucle ici nous pr\u00e9pare pour notre destruction. Le repassage. La redite. La m\u00e9chancet\u00e9 des gens qui n\u2019arrivent pas \u00e0 parler en leurs noms, qui r\u00e9p\u00e8tent. En cela, la gouvernante est d\u00e9j\u00e0 un professeur, un universitaire. (Tout mon respect pour mes camarades universitaires de l\u2019insens\u00e9. Leur discours ne l\u2019est pas.) Mme Zittel, gouvernante du professeur d\u00e9funt, le joue, l\u2019imite, r\u00e9p\u00e8te ses le\u00e7ons re\u00e7ues et laisse sortir toute sa m\u00e9chancet\u00e9 \u2013 il n\u2019y a pas d\u2019autres noms \u2013 contre Herta, la bonne, son inf\u00e9rieur. C\u2019est seulement quand elle a le doigt lev\u00e9, que sa main ne tremble pas.<br \/>\nUn monde advint donc. Il s\u2019agit d\u2019une pi\u00e8ce d\u2019un appartement de la haute bourgeoisie, ancien, mais vide. Presque vide. En d\u00e9m\u00e9nagement. Les meubles l\u00e0, en attente. Objets, comme abandonn\u00e9s des hommes. Objets dans leurs solitudes d\u2019\u00eatre. Leurs fonctions recouvrent encore celles du pass\u00e9, mais les chemises et les chaussures qu\u2019ils prot\u00e8gent n\u2019ont plus de propri\u00e9taire. Et pourtant, les chemises sont encore repass\u00e9es, pli\u00e9es. Les chaussures cir\u00e9es. \u00c0 voir Zittel le faire, le raconter, le refaire, en pleurer. \u00c0 voir le fant\u00f4me projet\u00e9 sur le mur du fond \u2014 comme quoi le cin\u00e9ma et non le th\u00e9\u00e2tre est r\u00e9ellement l\u2019art des fant\u00f4mes et le th\u00e9\u00e2tre peut-\u00eatre celui de ceux qui en sont hant\u00e9s \u2013 et \u00e0 voir Zittel qui r\u00e9p\u00e8te infiniment cette t\u00e2che d\u00e9sormais inutile, nous commen\u00e7ons doucement \u00e0 perdre le sens des activit\u00e9s humaines. \u00c0 quoi bon repasser les chemises d\u2019un mort\u00a0? \u00c0 quoi bon cirer ses chaussures\u00a0? Mais nous ne pouvons pas faire autrement, comme \u00ab\u00a0une habitude qui s\u2019est plu chez nous et ne veut plus repartir.\u00a0\u00bb (Rilke) ou \u00ab\u00a0Oui, l\u2019habitude est une grande chose. Le diable sait jusqu\u2019o\u00f9 l\u2019habitude peut mener l\u2019homme.\u00a0\u00bb (Dosto\u00efevski) En tout cas, une prison. Et nous n\u2019avons m\u00eame pas l\u2019imagination d\u2019une sortie \u00e9ventuelle. Nous ne savons que continuer nos labeurs quotidiens, peu importe l\u2019absence totale d\u2019un sens pour ces activit\u00e9s. Nous continuons \u00e0 tourner en rond, \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter les gestes, les mots. R\u00e9p\u00e9tition des mots des autres, r\u00e9p\u00e9tition des maux de soi, mais toujours les m\u00eames, toujours les m\u00eames. Comme l\u2019impossibilit\u00e9 de faire sens du traumatisme. Une boucle infinie. Et ce repassage des chemises d\u2019un mort nous pr\u00e9pare peut-\u00eatre notre chemise de mort \u00e0 venir.<br \/>\nToute la pi\u00e8ce semble faite d\u2019un repassage d\u2019un lieu \u00e0 un autre, par des lieux du pass\u00e9, par un souvenir, fr\u00e8re du deuil, et les glissements du souvenir vers l\u2019accusation de l\u2019autre et du monde. Quand il s\u2019agit d\u2019ici, quand parfois ces personnages s\u2019adressent la parole, cela devient particuli\u00e8rement violent, foudroyant. Herta devient la bonne \u00e0 rien. Zittel veut \u00eatre pay\u00e9, avoir un retour pour sa bonne action. Rien n\u2019est gratuit. Il n\u2019y a pas de bont\u00e9. Il n\u2019y a rien \u00e0 sauver. Plus tard, l\u2019oncle accuse \u2014 le mot est faible \u2014 ce monde injuste, pourri, perfide, m\u00e9chant, b\u00eate, brutal, barbare\u2026<br \/>\nComposition des couleurs\u00a0: Murs gris granite, hauts. Brun bois cerise des meubles. Chemises blanches ou bleu pastel, blanc cass\u00e9. Fen\u00eatre, lumi\u00e8re diffuse de l\u2019ext\u00e9rieur, qui par moment, se r\u00e9chauffe, entre dans les jaunes, dans des solitudes d\u2019espoir ? Dans des r\u00eaveries possibles\u00a0? Quand Herta ose, pendant une courte absence de sa sup\u00e9rieure, prendre sa place et rejouer le repassage, d\u00e9j\u00e0 jou\u00e9 par sa sup\u00e9rieure qui a imit\u00e9 le fant\u00f4me, le patriarche mort, suicid\u00e9. Cartons bruns, adress\u00e9s \u00e0 Oxford, en attente d\u2019une exp\u00e9dition vers nulle part. Ou vers quelque part o\u00f9 il n\u2019y aura plus personne. Seul le piano est d\u00e9j\u00e0 parti. Plus de musique possible\u2026<br \/>\nAu milieu, les femmes en noir. Ressort peut-\u00eatre la chevelure rousse-blonde, \u00e9clatante de Herta, qui ne cesse de regarder par la fen\u00eatre, d\u2019\u00eatre \u00e0 la fen\u00eatre. C\u2019est elle qui a vu le suicide. D\u00e9fenestration.<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-4088 aligncenter\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/160718_rdl_0098-400x600.jpg\" alt=\"\" width=\"400\" height=\"600\" \/><br \/>\nSc\u00e8ne deux\u00a0: \u00ab\u00a0Das Volk (die Masse) ist wie ein Weib, es will vergewaltigt sein.\u00a0\u00bb Suivi d\u2019une croix gamm\u00e9e. C\u2019est-\u00e0-dire\u00a0: le peuple, la masse, est comme la femme, il veut \u00eatre viol\u00e9. Le peuple est comme une femme. Elle veut \u00eatre viol\u00e9e. Le peuple, la masse, comme la femme, veut \u00eatre viol\u00e9. La masse (le peuple) est comme la femme. Elle est l\u00e0 pour \u00eatre viol\u00e9e. Suivi d\u2019une croix gamm\u00e9e. \u00c9crit quelque part dans le Volksgarten, le jardin du peuple.<br \/>\nGris. Cris des corneilles. Cris des oiseaux gris. Brume. Encore le \u00ab\u00a0ch\u0153ur de l\u2019hiver\u00a0\u00bb, le mois de mars. Pas de feuille, m\u00eame pas pourris. Rien pour nous dire tel un Kirillow que tout est bien, tout. Il n\u2019y a simplement rien. Des squelettes d\u2019arbres. Paysage mort projet\u00e9 sur les murs de la pi\u00e8ce de la sc\u00e8ne pr\u00e9c\u00e9dente. Des bruits, pendant toute la pi\u00e8ce, \u00e0 cr\u00e9er ce monde. Monde qui est derri\u00e8re les murs, autour\u2026 que Herta attend peut-\u00eatre\u2026<br \/>\nC\u2019est alors le fr\u00e8re du d\u00e9funt, l\u2019oncle des deux filles, qui m\u2019ach\u00e8vera. \u00c0 plusieurs reprises, comme des vagues de lames coupantes, ses mots se rouent sur notre corps. Et Lupa ne nous laissera pas d\u2019\u00e9chappatoire. Les lumi\u00e8res dans la salle s\u2019allument. C\u2019est de vous qu\u2019on parle. Nous sommes responsables devant l\u2019horreur de ce monde. On nous regarde. On nous attend tout en sachant qu\u2019il n\u2019y a rien \u00e0 attendre. Que la salle sera vide \u00e0 nouveau ce soir, comme l\u2019image projet\u00e9e face \u00e0 nous pendant quelques secondes. Vide, vid\u00e9, abandonn\u00e9, mort. On nous regarde, on attend notre mort. On attend la fin. On attend la fin de nous tous. \u00ab\u00a0Le but c\u2019est la fin.\u00a0\u00bb Et c\u2019est alors quelque chose que je n\u2019ai encore jamais v\u00e9cu. Des frissons me traversent. C\u2019est \u00e0 glacer le sang. Seule r\u00e9plique\u00a0: des larmes. Mais cette terreur n\u2019est pas la terreur d\u2019une situation ni d\u2019un \u00e9tat psychologique ou \u00e9motionnel d\u2019un personnage, mais c\u2019est les mots, ces mots qui ont creus\u00e9 des sillons comme la gale pour planter une lame coupante dans votre moelle. Une terreur secoue le corps sans savoir pourquoi, sans pouvoir l\u2019identifier. Quelque chose se brise. Tout \u00e9difice s\u2019effondre. Le pire, c\u2019est quand il rit, quand il nomme la perfidie, le cynisme de ce monde comme si c\u2019\u00e9tait une blague. Ils rient. Ils rient. Les spasmes perdurent encore dehors, dans l\u2019attente pour la troisi\u00e8me sc\u00e8ne.<br \/>\nIl y a parfois de la musique. Musique qui, soit, arrache la situation \u00e0 elle-m\u00eame et l\u2019am\u00e8ne loin et on la regarde et on regarde les acteurs comme quelque chose qui a toujours \u00e9t\u00e9 vrai et qui sera vrai toujours. \u00c7a gagne en hauteur pour marteler ce fait du sans issue avec plus d\u2019amplitude. Soit, la musique enfonce les lieux, les mots, les personnages et nous am\u00e8ne, nous pousse, nous arrache de notre place \u00e9difi\u00e9e pour nous bousculer dans l\u2019ab\u00eeme. Ou encore, elle soutient une apparition myst\u00e9rieuse, peut-\u00eatre quelque chose qui sera l\u00e0, apr\u00e8s le passage des hommes sur terre, et regarde cela avec indiff\u00e9rence.<br \/>\n\u00ab\u00a0Personnages\u00a0\u00bb est d\u2019ailleurs un mauvais mot. Ces com\u00e9diennes et com\u00e9diens nous livrent ce texte avec un naturel qui ne fait que r\u00e9p\u00e9ter la chose close sur elle-m\u00eame. Nous ne pouvons plus dire personnage et se dire que c\u2019est du th\u00e9\u00e2tre. L\u00e0 non plus, il n\u2019y a pas d\u2019issue. Et le r\u00eave, l\u2019id\u00e9e m\u00eame d\u2019un homme nouveau semble \u00eatre morte depuis des lustres. Il n\u2019y a donc pas de corps nouveaux.<br \/>\n\u00c0 part\u2026 et c\u2019est l\u00e0 tr\u00e8s vague, douteux, mais c\u2019est la n\u00e9cessit\u00e9 que j\u2019ai pour continuer \u00e0 vivre\u2026 \u00e0 part, peut-\u00eatre, qui sait, un quelque chose \u00e0 sauver\u2026 un coin o\u00f9 il y a encore du jeu, \u00e0 partir duquel, peut-\u00eatre, une ligne de fuite, une perspective, peut na\u00eetre. C\u2019est Herta. C\u2019est la bonne \u00e0 rien. C\u2019est celle qui regarde par la fen\u00eatre. C\u2019est celle qui ne sert \u00e0 rien. C\u2019est celle, fille d\u2019un alcoolique et d\u2019une voleuse, qui est au plus bas de l\u2019\u00e9chelle sociale. Quelques phrases simples. Presque un Bartleby. Une figure qui ne participe pas \u00e0 ce monde, mais trouve des endroits, des tout petits endroits, de jeu. Le chapeau de Madame, veuve. Elle le lui enl\u00e8ve et derri\u00e8re son dos, se le pose sur la t\u00eate, presque. Endroit de jeu dans cette assembl\u00e9e de deuil. Et m\u00eame si au final, ce n\u2019est que le jeu et le r\u00eave d\u2019\u00eatre ma\u00eetre, d\u2019\u00eatre \u00e0 la place de son ma\u00eetre et reproduire la m\u00eame chose, il y a l\u00e0 une ouverture possible, la possibilit\u00e9 d\u2019une ligne qui pourra peut-\u00eatre par quelconque hasard ouvrir un monde \u00e0 venir.<br \/>\nCar ce monde-ci est foutu.<br \/>\nSc\u00e8ne trois, le critique terrible de l\u2019ordre du monde se place comme le nouveau patriarche. Ils continuent. Dehors, les rumeurs montent. Les rumeurs qui acclament l\u2019arriv\u00e9e de Hitler. \u00c0 force d\u2019attendre, notre assembl\u00e9e est solidaire, complice du fascisme. Mais il semble qu\u2019ils n\u2019ont pas d\u2019autres choix. Il n\u2019y avait pas d\u2019issue, pas de possibilit\u00e9 de l\u2019arr\u00eater, de s\u2019opposer \u00e0 la b\u00eatise et la barbarie. Le monde court \u00e0 sa perte. Jamais cette course ne fut aussi concr\u00e8te, aussi r\u00e9elle, aussi travers\u00e9e. \u00c0 la fin, les rumeurs montent, montent et la vitre de la grande fen\u00eatre au centre \u00e9clate. Et cet \u00e9clatement est peut-\u00eatre notre sauvetage, \u00e0 nous, spectateurs l\u00e2ches. Le fait que quelque chose se brise sur la sc\u00e8ne nous lib\u00e8re de la n\u00e9cessit\u00e9 de briser quelque chose, d\u00e9finitivement, en nous. C\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre l\u2019\u00e9clatement de trop qui, au final, nous console avec le th\u00e9\u00e2tre. Car sans cela, il aurait fallu que quelque chose p\u00e8te en dehors de la salle. Quelque part\u00a0: si les fascistes arrivent dans le th\u00e9\u00e2tre, on peut encore se dire qu\u2019ils ne sont pas encore aux portes de nos maisons. C\u2019est l\u2019\u00e9clatement final qui sauve le pays d\u2019une vague de suicides.<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-4089 aligncenter\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/160718_rdl_0106-1-600x399.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"399\" \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Du 18 au 24 juillet, Place des H\u00e9ros, dernier texte de Thomas Bernhard, mis en sc\u00e8ne par Krystian Lupa. Une exp\u00e9rience qui nous fait toucher l\u2019ab\u00eeme, sans issue. &nbsp; C\u2019est \u00e0 partir d\u2019aujourd\u2019hui\u2026 que je ne pourrai plus retourner au th\u00e9\u00e2tre sans trembler. Non pas de peur d\u2019aller chez le dentiste comme Artaud le sugg\u00e9rait, mais pour quelque chose qui d\u00e9passe infiniment la terreur du dentiste. \u00c0 partir d\u2019aujourd\u2019hui, je ne pourrai plus retourner au th\u00e9\u00e2tre sans trembler\u2026 \u00e0 cause<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":4090,"menu_order":0,"template":"","categorie_article":[27],"class_list":["post-1236","article","type-article","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","categorie_article-critique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article\/1236","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article"}],"about":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/types\/article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4090"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1236"}],"wp:term":[{"taxonomy":"categorie_article","embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/categorie_article?post=1236"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}