


{"id":1286,"date":"2016-07-24T12:03:45","date_gmt":"2016-07-24T10:03:45","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=1286"},"modified":"2016-07-24T12:03:45","modified_gmt":"2016-07-24T10:03:45","slug":"gruwez-une-danse-de-communication","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/gruwez-une-danse-de-communication\/","title":{"rendered":"Gruwez\u00a0: Une danse de communication"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"><em>We\u2019re pretty fuckin\u2019 far from okay<\/em>, \u2013 ne pas traduire par <em>On baise pas mal loin d\u2019ok<\/em>, mais plut\u00f4t <em>On est putain de loin d\u2019okay<\/em> \u2013, a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 du 18 au 24 juillet au Gymnase Paul Gi\u00e9ra. Lisbeth Gruwez nous propose une performance d\u2019un \u00e9norme effort physique et d\u2019une pr\u00e9cision corporelle \u00e9tonnante. Les deux f\u00e9tiches ne sont malheureusement pas au service d\u2019une d\u00e9formation du corps, mais d\u2019une communication n\u00e9vrotique. <\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-1283\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/arton456.jpg\" width=\"150\" height=\"150\" \/><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1284\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/160717_rdl_4448-2.jpg\" alt=\"160717_rdl_4448-2.jpg\" align=\"center\" width=\"920\" height=\"613\" \/><br \/>\nCela commence lentement, au ralenti. Une femme, Lisbeth Gruwez, et un homme, Nicolas Vladyslas, sur une chaise chacun. Ils commencent \u00e0 bouger lentement et acc\u00e9l\u00e8rent. Crescendo. Pareil pour le son\u00a0: des respirations. \u00c7a monte et \u00e7a acc\u00e9l\u00e8re. La m\u00eame chose une heure plus tard, mais debout avec un mur au fond. Entre les deux\u00a0: Un couple. Les deux qui se sont rencontr\u00e9s. R\u00e9demption pour un moment, puis un combat entre volont\u00e9 de s\u2019arracher l\u2019un \u00e0 l\u2019autre et combat sexuel.<br \/>\nLa recherche du salut revient \u00e0 plusieurs reprises. Une musique qui surplombe l\u2019agitation g\u00e9n\u00e9rale comme l\u2019arriv\u00e9e d\u2019une transcendance. \u00c7a finit sur la m\u00eame chose. Comme une paix apr\u00e8s la mort.<br \/>\nLisbeth Gruwez a alors travaill\u00e9 \u00e0 partir des gestes quotidiens de peur, inspir\u00e9s des films de Hitchcock. Elle tient \u00e0 la possibilit\u00e9 de reconnaissance, \u00e0 la valeur communicative d\u2019une danse, \u00e0 l\u2019abstrait et \u00e0 l\u2019universel (cf. programme). On ne peut alors pas s\u2019emp\u00eacher de penser que l\u00e0 o\u00f9 la danse pouvait nous ouvrir des lignes de fuite pour le th\u00e9\u00e2tre, Gruwez fait de la danse ce dont on voudrait se passer au th\u00e9\u00e2tre\u00a0: communication, illustration, signification, identification, catharsis.<br \/>\nAinsi, les corps de <em>We\u2019re pretty fuckin\u2019 far from okay<\/em> demeurent des corps n\u00e9vrotiques. Alors qu\u2019encore dans <em>It\u2019s going to get worse and worse and worse, my friend<\/em> quelque chose exc\u00e9dait la communication, ici, sont-ils, au mieux, dans l\u2019imitation de la peur. Le tout reste illustratif. On veut signifier quelque chose.<br \/>\nL\u2019organisme, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019organisation des organes, demeure tel que nous le connaissons afin de pouvoir le reconna\u00eetre. La bouche reste \u00e0 la place de la bouche, l\u2019anus \u00e0 la place de l\u2019anus. \u00ab\u00a0Je souhaite rendre le public conscient de sa respiration.\u00a0\u00bb Une th\u00e9rapeutique en gros. On aurait peut-\u00eatre pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 une sexualit\u00e9 far from ok, et non un \u00e9tat d\u2019\u00e2me n\u00e9vrotique, pour voir des anus solaires ou autres d\u00e9formations.<br \/>\nLe spectaculaire de Gruwez, sa virtuosit\u00e9 &#8211; dont elle parle elle-m\u00eame et qui a donc une valeur pour elle, et pour le public enthousiasm\u00e9 &#8211; se base essentiellement sur une technique et une pr\u00e9cision corporelle \u00e0 outrance et un effort physique \u00e9norme. Pour \u00eatre un peu simpliste, je dirais\u00a0: deux f\u00e9tiches de la subjectivit\u00e9 post-fordiste. Sport extr\u00eame, rapport au monde.<br \/>\nDemeure un souvenir d\u2019il y a quatre ans, un spectacle de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de l\u2019\u00e9chelle, \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 : une exp\u00e9rience. C\u2019\u00e9tait <em>The Old King<\/em> de Miguel Moreira et Romeu Runa (lire les critiques sur <em>l&rsquo;Insens\u00e9<\/em> par <a href=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/spip.php?article130\">Marielle Pellisero<\/a>, ou par <a href=\"http:\/\/insense-scenes.net\/spip.php?article110\">Yannick Butel<\/a>\u2026)<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1285\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/160717_rdl_4463.jpg\" alt=\"160717_rdl_4463.jpg\" align=\"center\" width=\"920\" height=\"613\" \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>We\u2019re pretty fuckin\u2019 far from okay, \u2013 ne pas traduire par On baise pas mal loin d\u2019ok, mais plut\u00f4t On est putain de loin d\u2019okay \u2013, a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 du 18 au 24 juillet au Gymnase Paul Gi\u00e9ra. 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