


{"id":1304,"date":"2016-07-24T19:38:00","date_gmt":"2016-07-24T17:38:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=1304"},"modified":"2016-07-24T19:38:00","modified_gmt":"2016-07-24T17:38:00","slug":"espaece-jeu-des-espaces-traces-memoires-ponctuations","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/espaece-jeu-des-espaces-traces-memoires-ponctuations\/","title":{"rendered":"Esp\u00e6ce, jeu des espaces-traces-m\u00e9moires-ponctuations"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Pour nous \u00ab raconter \u00bb l\u2019univers cr\u00e9atif de l\u2019\u00e9crivain Georges Perec (1936-1982), et surtout son c\u00e9l\u00e8bre livre <em>Esp\u00e8ces d\u2019espaces<\/em>, le metteur en sc\u00e8ne Aur\u00e9lien Bory manie l\u2019id\u00e9e de traces, de marques, de taches dans l\u2019espace&#8230; Peut-\u00eatre est-ce une m\u00e9taphore de notre propre vie,  une infinit\u00e9 de trajectoires dispers\u00e9es pendant un certain intervalle de temps, o\u00f9 on rencontre par hasard d&rsquo;autres \u00eatres aux trajectoires \u00e9galement infinies&#8230; Peut-\u00eatre est-ce une m\u00e9taphore du processus artistique de Perec, pour qui le geste artistique aura \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 par des situations traumatiques v\u00e9cues dans son enfance&#8230; Peut-\u00eatre est-ce une m\u00e9taphore de notre propre rapport \u00e0 l\u2019\u0153uvre d\u2019art (comme producteur ou r\u00e9cepteur de cet art), o\u00f9 nos m\u00e9moires et surtout nos oublis r\u00e9apparaissent ou \u00e9mergent&#8230; Il y a plein de \u00ab peut-\u00eatre \u00bb et de \u00ab points de suspension \u00bb, car tout ici est incertain. Ce que je sais, en revanche, (mais la certitude est subjective) c\u2019est que <em>Esp\u00e6ce<\/em> est une \u00e9criture et surtout une ponctuation en mouvement. Un intervalle, de 1h20 environ, qui forme un espace de points de suspension, de virgules, de points d\u2019interrogation et d\u2019exclamation&#8230; et jamais de point final&#8230;\n<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-1299\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/arton460.jpg\" width=\"612\" height=\"610\" \/><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1300\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/160715_rdl_0866-4.jpg\" alt=\"160715_rdl_0866-4.jpg\" align=\"center\" width=\"920\" height=\"613\" \/><br \/>\n<strong>Des univers inventifs de Perec et Bory<\/strong><br \/>\n<small>[\/Mais l\u2019enfance n\u2019est ni nostalgie, ni terreur, ni paradis perdu, ni Toison d\u2019Or, <br \/>mais peut-\u00eatre horizon, point de d\u00e9part, coordonn\u00e9es<br \/>\n<br \/>\u00e0 partir desquels les axes de ma vie pourront trouver leur sens.<br \/>\n<br \/>Georges Perec\/]<\/small><br \/>\nCinq artistes sur le plateau, tous habill\u00e9s d&rsquo;une grosse veste, c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te, chacun avec un livre. Il y a une obscurit\u00e9 \u00e0 la Kafka. \u00c0 partir de la forme qu\u2019ils donnent \u00e0 leurs livres (en tant qu\u2019objets mall\u00e9ables, puisqu\u2019ils sont vivants&#8230;), des caract\u00e8res et des signes sont sculpt\u00e9s. En cons\u00e9quence, une phrase est form\u00e9e :<br \/>\n<quote>\u201cVivre, c\u2019est passer d\u2019un espace \u00e0 un autre en essayant le plus possible de ne pas se cogner\u201d. <\/quote><br \/>\nLe public rigole. Les artistes sont debout, contre le mur. L\u2019une chante de belle fa\u00e7on \u00ab Le Voyage d\u2019Hiver \u00bb, de Franz Schubert. Ce mur-l\u00e0, \u00e9tonnamment, bouge d\u2019un c\u00f4t\u00e9 \u00e0 l\u2019autre, et s\u2019avance sur les figures. L\u2019art nous absorbe. Par la suite, les r\u00e9miniscences nous d\u00e9vorent l\u2019int\u00e9rieur, m\u00eame si nous essayons d\u2019\u00e9chapper \u00e0 ce sentiment&#8230;<br \/>\nC\u2019est comme \u00e7a : les premi\u00e8res minutes du voyage inventif propos\u00e9 par Aur\u00e9lien Bory. Un voyage frappant \u00e0 cause de la relation entre les cinq figures et l\u2019\u00e9norme mur noir mobile (d\u00e9plac\u00e9 en diff\u00e9rents types de trajectoire : rotation horaire et antihoraire, diagonale, angle droit). Dans <em>Esp\u00e6ce<\/em>, un pareil dispositif n\u2019est pas qu\u2019un simple d\u00e9cor mobile&#8230; Il est une allusion concr\u00e8te \u00e0 l\u2019univers de Perec, dont l\u2019originalit\u00e9 \u00e9tait de transformer le mot en mati\u00e8re dansante, vivante, en s\u2019\u00e9loignant de l\u2019id\u00e9e du livre comme \u0153uvre intouchable, divine&#8230; En outre, \u00e0 certains moments, le d\u00e9cor devient un grand livre qui s\u2019ouvre et se ferme, et qui est \u00e9crit et tach\u00e9 par les artistes&#8230;<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1301\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/160715_rdl_0955-2.jpg\" alt=\"160715_rdl_0955-2.jpg\" align=\"center\" width=\"920\" height=\"613\" \/><br \/>\n<strong>Espace d\u2019\u00e9vocations<\/strong><br \/>\nLes parents de Georges Perec, Icek Peretz (1909-1940) et Cyrla Szulewicz (1913-1943), juifs d\u2019origine polonaise, se sont mari\u00e9s en 1934. Icek (engag\u00e9 volontaire contre l\u2019Allemagne) est mort en 1940 pendant la guerre franco-allemande. Perec a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 par sa m\u00e8re \u00e0 Villard-de-Lans via un train de la Croix-Rouge, pour lui sauver la vie. Sa m\u00e8re, elle, sera d\u00e9port\u00e9e \u00e0 Auschwitz en f\u00e9vrier 1943. Puis Georges est revenu \u00e0 Paris en 1945, o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 par sa tante.<br \/>\nDans le spectacle, la figure de sa m\u00e8re est \u00e9voqu\u00e9e au travers de la voix de l\u2019artiste-chanteuse : aux moments o\u00f9 elle chante \u00ab Le Voyage d\u2019Hiver \u00bb, la trajectoire de l\u2019artiste-barbu (sa barbe est une claire r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la barbe de Perec) est modifi\u00e9e.<br \/>\nDe plus,  pr\u00e9cis\u00e9ment la tragique s\u00e9paration entre la m\u00e8re et son fils est rappel\u00e9e par la sc\u00e8ne comique de l\u2019alter ego de l\u2019\u00e9crivain. Il fait un mime de mani\u00e8re exag\u00e9r\u00e9e et chant\u00e9e (comme un spectacle d\u2019op\u00e9ra) pour nous raconter l\u2019histoire d\u2019une m\u00e8re qui re\u00e7oit un appel bizarre alors qu\u2019elle pr\u00e9pare \u00e0 manger \u00e0 son fils. Ensuite, elle s\u2019\u00e9chappe avec lui \u00e0 travers la ville. Ce qui pourrait \u00eatre une simple sc\u00e8ne dramatique, le metteur en sc\u00e8ne la transforme en ironie, car il estime sans doute que ce moyen est plus coh\u00e9rent et correspond \u00e0 l\u2019univers ludique de Georges.<br \/>\nPS : Lisez la critique de Yannick Butel, \u201c<a href=\"http:\/\/insense-scenes.net\/spip.php?article449\">Esp\u00e6ce\u2026 (en voie de disparition)<\/a>\u00a0\u00bb<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1302\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/160715_rdl_1071-3.jpg\" alt=\"160715_rdl_1071-3.jpg\" align=\"center\" width=\"920\" height=\"613\" \/><br \/>\n<strong>Une rencontre concr\u00e8te des artistes<\/strong><br \/>\nPlus pr\u00e9cis\u00e9ment, il y a une artiste qui chante, l\u2019autre qui chante et repr\u00e9sente, d&rsquo;autres qui font des contorsions corporels et dansent. Cinq artistes dans l\u2019espace. A un moment, un des artistes, avec un livre, se met \u00e0 danser (la pens\u00e9e danse&#8230;). L\u2019autre artiste grimpe le grand mur jusqu\u2019en haut, en se permettant ensuite de tomber sur le dos (dans la vie on se lance vers l\u2019inconnu&#8230;). Une artiste effectue des contorsions corporelles avec le livre, sans perdre la relation visuelle directe avec l\u2019artiste-barbu (mention \u00e0 l\u2019univers ludique de Perec). Les cinq se rencontrent et se perdent dans l\u2019espace, s\u2019enlacent, se permettent d\u2019\u00eatre absorb\u00e9s par le mur ; enfin, la relation entre eux est physique et joue du principe d\u2019interd\u00e9pendance. Au moment o\u00f9 le mur est totalement tourn\u00e9, le public peut regarder sa structure. Il y a des livres \u00e0 son int\u00e9rieur. Oui, l\u2019art est \u00ab pens\u00e9e \u00bb&#8230; Cirque, th\u00e9\u00e2tre, danse, peinture, sculpture, musique, \u00e9criture, etc., l\u2019art est production de savoir&#8230; Savoir du monde, de l\u2019autre, de soi-m\u00eame&#8230; Et parce qu&rsquo;il est mati\u00e8re subjective, il est mouvement, fluidit\u00e9, car on a la sensation que le pass\u00e9 et le futur se m\u00e9langent au temps pr\u00e9sent pendant l\u2019exp\u00e9rience artistique&#8230;<br \/>\n<small><br \/>\n[\/Il n\u2019y a pas du temps sans un concept de m\u00e9moire ;<br \/>\n<br \/>il n\u2019y a pas le pr\u00e9sent sans un concept de temps ;<br \/>\n<br \/>il n\u2019y a pas de r\u00e9alit\u00e9 sans m\u00e9moire et sans une notion de pr\u00e9sent, pass\u00e9 et futur. <br \/>[ &#8230;] La m\u00e9moire est n\u00f4tre sans historique et n\u00f4tre sans identit\u00e9 personnelle<br \/>\n<br \/>(je suis qui je suis, car je me souviens qui je suis).\/]<br \/>\n<br \/> [\/Ivan Izquierdo\/]<br \/>\n<\/small><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1302\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/160715_rdl_1071-3.jpg\" alt=\"160715_rdl_1071-3.jpg\" align=\"center\" width=\"920\" height=\"613\" \/><br \/>\n<strong>Une feuille en Blanc&#8230;<\/strong><br \/>\nAu final de <em>Esp\u00e6ce<\/em>, il y a sur le plateau un grand tissu blanc. Avec l\u2019effet de phosphorescence, chaque artiste trace une ligne sur le tissu. Ils font des traces sur la grande feuille, comme si c\u2019\u00e9tait les lignes de la vie&#8230; Ensuite, l\u2019artiste-chanteuse va jusqu\u2019au centre du tissu, et sa silhouette est dessin\u00e9e par le m\u00eame effet&#8230; Puis, d&rsquo;autres artistes restent c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te, et leurs silhouettes sont \u00e9galement dessin\u00e9es, imprim\u00e9es&#8230; Finalement, \u00e0 travers un drone, des caract\u00e8res comme E, R et C sont enregistr\u00e9s sur le m\u00eame tissu&#8230;<br \/>\nIl y a une phrase de l\u2019\u00e9crivian Eduardo Galeano :<br \/>\n<quote> \u00ab La m\u00e9moire retiendra ce qui vaut la peine. La m\u00e9moire sait de moi plus que moi-m\u00eame ; et elle ne perd pas ce qui m\u00e9rite d\u2019\u00eatre retenu \u00bb.<\/quote><br \/>\n J\u2019ai le souvenir de la voix de l\u2019artiste-chanteuse au moment o\u00f9 elle chante \u00ab Le Voyage d\u2019Hiver \u00bb et de l\u2019artiste-barbu qui chante un \u00ab Kaddish \u00bb\u2026 je retiens ces images qui m\u2019\u00e9crivent&#8230;<br \/>\n<em>Esp\u00e6ce<\/em> est un jeu de trajectoires et, surtout, des temps.<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1302\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/160715_rdl_1071-3.jpg\" alt=\"160715_rdl_1071-3.jpg\" align=\"center\" width=\"920\" height=\"613\" \/><\/p>\n<hr \/>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1303\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/160715_rdl_1139-3.jpg\" alt=\"160715_rdl_1139-3.jpg\" align=\"center\" width=\"920\" height=\"613\" \/><br \/>\n<center><\/p>\n<h2> <em>Esp\u00e6ce<\/em>, um jogo de espa\u00e7os-tra\u00e7os-mem\u00f3rias-pontua\u00e7\u00f5es<\/h2>\n<p><\/center><br \/>\n<strong> <em>Esp\u00e6ce<\/em> \u00e9 um espet\u00e1culo dif\u00edcil de descrever porque ele segue um caminho de n\u00e3o-obviedade\u2026<br \/>\nPara nos \u201ccontar\u201d o universo criativo do escritor Georges Perec (1936-1982), sobretudo de seu famoso livro <em>Esp\u00e8ces d\u2019espaces<\/em>, o encenador Aur\u00e9lien Bory se utiliza da ideia de tra\u00e7os, de marcas, de borr\u00f5es pelo espa\u00e7o&#8230; Talvez met\u00e1fora da nossa pr\u00f3pria vida, que nada mais \u00e9 que uma infinidade de trajet\u00f3rias num determinado intervalo de tempo, onde cruzamos com outros seres tamb\u00e9m em infinitas trajet\u00f3rias&#8230; Talvez met\u00e1fora do processo art\u00edstico de Perec, no qual algumas situa\u00e7\u00f5es traum\u00e1ticas da sua inf\u00e2ncia marcariam para sempre seu fazer art\u00edstico&#8230; Talvez met\u00e1fora da nossa pr\u00f3pria rela\u00e7\u00e3o com uma obra art\u00edstica (como fazedores ou como receptores dessa arte), atrav\u00e9s do qual nossas mem\u00f3rias e principalmente nossos esquecimentos v\u00eam \u00e0 tona&#8230;S\u00e3o muitos talvez e muitas retic\u00eancias porque tudo \u00e9 incertitude, mas o que sei (e a certeza \u00e9 um par\u00e2metro subjetivo) \u00e9 que <em>Esp\u00e6ce<\/em> \u00e9 escrita e, principalmente, pontua\u00e7\u00e3o em movimento, o que tornou meu intervalo de mais ou menos 1h20 de tempo um espa\u00e7o de retic\u00eancias, v\u00edrgulas, interroga\u00e7\u00f5es e exclama\u00e7\u00f5es&#8230; Jamais de ponto final&#8230;<br \/>\n <\/strong><br \/>\n<strong>Universos inventivos de Perec e Bory<\/strong><br \/>\n[\/Mas a inf\u00e2ncia n\u00e3o \u00e9 nem nostalgia, nem terror, nem para\u00edso perdido, nem Velo de Ouro, mas talvez um horizonte, um ponto de partida, ou coordenadas com as quais os eixos da minha vida poder\u00e3o encontrar seu sentido. (Georges Perec)\/]<br \/>\nCinco artistas sobre o palco, todos de casaco, lado a lado, cada qual segurando um livro. O clima obscuro remete a um universo kafkaniano. Dependendo da forma que estes d\u00e3o a seus livros (como objetos male\u00e1veis, j\u00e1 que livros tamb\u00e9m possuem vida), \u201cesculpem-se\u201d letras e sinais gr\u00e1ficos que, consequentemente, formam uma frase.\u201cVivre, c\u2019est passer d\u2019un espace \u00e0 un autre en essayant le plus possible de ne pas se cogner\u201d. Risos na plat\u00e9ia. Eles est\u00e3o ao fundo do palco, contra a parede. Uma das artistas canta lindamente \u00ab Le Voyage d\u2019Hiver \u00bb, de Franz Schubert. A tal parede, surpreendentemente, come\u00e7a a se movimentar de um lado para outro, at\u00e9 avan\u00e7ar sobre as figuras e engoli-los. A arte nos engole. Atrav\u00e9s dela, as reminisc\u00eancias nos devoram por dentro, mesmo que tentemos fugir delas&#8230;<br \/>\n\u00c9 assim os primeiros minutos da viagem inventiva proposta por Aur\u00e9lien Bory, que a todo o momento nos surpreendeatrav\u00e9s da rela\u00e7\u00e3o entre as cinco figuras e a enorme parede negra m\u00f3vel (a qual \u00e9 deslocada pelo espa\u00e7o em diferentes tipos de trajet\u00f3ria, como em rota\u00e7\u00e3o hor\u00e1ria e anti-hor\u00e1ria, em diagonal, em \u00e2ngulo reto, etc.). Em <em>Esp\u00e6ce<\/em>, tal dispositivo \u00e9 muito mais que um simples cen\u00e1rio m\u00f3vel&#8230; Ele serve de alus\u00e3o concreta ao universo de Perec, cuja genialidade consistiu justamente em tornar a palavra uma mat\u00e9ria dan\u00e7ante, viva, e consequentemente distanciou a ideia de livro como obra intocada, divina&#8230; Mais do que isso, em certo momento, o cen\u00e1rio se torna um grande livro que abre, que fecha, que \u00e9 escrito e que \u00e9 borrado pelos pr\u00f3prios artistas&#8230;<br \/>\n<strong>Espa\u00e7o de evoca\u00e7\u00f5es<\/strong><br \/>\nOs pais de Georges Perec, Icek Peretz (1909-1940) e Cyrla Szulewicz (1913-1943), judeus de origem polonesa, se casaram em 1934. Icek, volunt\u00e1rio do lado franc\u00eas na guerra franco-alem\u00e3 em 1939, \u00e9 morto em 1940. Perec \u00e9 enviado por sua m\u00e3e em 1941 \u00e0 uma \u201czona livre\u201d em Villard-de-Lans atrav\u00e9s de um trem da Cruz Vermelha, a fim de salvar sua vida. J\u00e1 sua m\u00e3e \u00e9 deportada \u00e0 Auschwitz em fevereiro de 1943. Em 1945, Georges retorna \u00e0 Paris, sendo adotado por sua tia.<br \/>\nNo espet\u00e1culo, a figura da m\u00e3e \u00e9 evocada atrav\u00e9s da voz da artista-cantora: nos instantes que ela canta\u00ab Le Voyage d\u2019Hiver \u00bb, a trajet\u00f3ria do artista-de-barba \u00e9 modificada (sua barba \u00e9 refer\u00eancia \u00e0 barba de Perec). Al\u00e9m disso, mais precisamente, a tr\u00e1gica despedida entre m\u00e3e e filho \u00e9 relembrada atrav\u00e9s do solo c\u00f4mico do mesmo artista, o qual mimetiza de maneira exagerada e cantada (como se fosse um espet\u00e1culo de \u00f3pera) a hist\u00f3ria de uma m\u00e3e que prepara uma comida ao seu filho pequeno, e que ao receber um estranho telefonema, decide ent\u00e3o fugir com ele pela cidade. O que poderia ter sido uma simples cena dram\u00e1tica, o encenador, sabiamente, transforma em ironia, pois ele sabe que tal recurso combina mais com o universo l\u00fadico de Georges.<br \/>\nPS: ler a cr\u00edtica de Yannick Butel, \u201c<em>Esp\u00e6ce<\/em>\u2026 (en voie de disparition)\u201d<br \/>\n<strong>Um encontro concreto de artistas<\/strong><br \/>\nMais precisamente, h\u00e1 uma artista que canta, outro que canta e representa, outros que fazem contor\u00e7\u00f5es corporais e dan\u00e7am. Cinco artistas no espa\u00e7o. Num momento, um dos artistas, portando um livro, come\u00e7a a dan\u00e7ar (o pensamento dan\u00e7a&#8230;). Em outro momento, outro artista escala a grande parede at\u00e9 seu topo, deixando-se cair de costas logo em seguida (a vida \u00e9 um lan\u00e7ar-se no desconhecido permanente&#8230;). Mais adiante, uma artista faz contor\u00e7\u00f5es corporais com o livro, tendo uma rela\u00e7\u00e3o visual direta com o artista-de-barba (refer\u00eancia ao universo l\u00fadico de Perec). Os cinco se encontram e se desencontram pelo espa\u00e7o, se abra\u00e7am, se perdem, se deixam ser engolidos pela parede, enfim, a rela\u00e7\u00e3o entre eles \u00e9 essencialmente f\u00edsica, concreta, de interdepend\u00eancia. No momento que a parede \u00e9 completamente girada, permitindo ao p\u00fablico de mirar sua estrutura, v\u00eaem-se livros em seu interior. Sim, arte \u00e9 pensamento&#8230; Seja circo, teatro, dan\u00e7a, pintura, escultura, m\u00fasica, escritura, seja o que for, arte \u00e9 produ\u00e7\u00e3o de conhecimento&#8230; Conhecimento do mundo, do outro, de si mesmo&#8230; E por ser essencialmente mat\u00e9ria subjetiva, ela \u00e9 movimento e fluidez, porque na experi\u00eancia art\u00edstica temos a sensa\u00e7\u00e3o de que o passado e futuro se fundem no tempo presente&#8230;<br \/>\n[\/N\u00e3o h\u00e1 tempo sem um conceito de mem\u00f3ria; n\u00e3o h\u00e1 presente sem um conceito do tempo; n\u00e3o h\u00e1 realidade sem mem\u00f3ria e sem uma no\u00e7\u00e3o de presente, passado e futuro. [&#8230;] Mem\u00f3ria \u00e9 nosso senso hist\u00f3rico e nosso senso de identidade pessoal (sou quem sou porque me lembro quem sou). (Ivan Izquierdo)\/]<br \/>\n<strong>Uma folha em branco&#8230;<\/strong><br \/>\nMais ao final de <em>Esp\u00e6ce<\/em>, h\u00e1 sobre o palco um grande tecido branco. Com a chamada luz fosforescente, cada artista desenha uma linha horizontal sobre o tecido (como se este fosse uma grande folha em branco)&#8230; Eles fazem tra\u00e7os sobre o grande papel, ou as linhas da vida&#8230; Em seguida, a artista-cantora se dirige ao centro do tecido, e sua silhueta \u00e9 desenhada com o mesmo tipo de luz&#8230; Ap\u00f3s, outros artistas s\u00e3o colocados lado a lado, e suas silhuetas s\u00e3o igualmente desenhadas&#8230; Por fim, atrav\u00e9s de um drone, letras s\u00e3o registradas sobre o grande tecido, como o E, R, C&#8230;<br \/>\nH\u00e1 uma frase do escritor Eduardo Galeano, que diz: \u201cA mem\u00f3ria guardar\u00e1 o que valer a pena. A mem\u00f3ria sabe de mim mais que eu; e ela n\u00e3o perde o que merece ser salvo.\u201dGuardo a lembran\u00e7a da voz da artista-cantora cantando \u201cLe Voyage d\u2019Hiver\u201d e do artista-de-barba cantando \u201cKaddish\u201d, guardo imagens do espet\u00e1culo como essas que acabei de descrever&#8230; <em>Esp\u00e6ce<\/em> \u00e9 um jogo de trajet\u00f3rias e, principalmente, um jogo temporal.  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour nous \u00ab raconter \u00bb l\u2019univers cr\u00e9atif de l\u2019\u00e9crivain Georges Perec (1936-1982), et surtout son c\u00e9l\u00e8bre livre Esp\u00e8ces d\u2019espaces, le metteur en sc\u00e8ne Aur\u00e9lien Bory manie l\u2019id\u00e9e de traces, de marques, de taches dans l\u2019espace&#8230; Peut-\u00eatre est-ce une m\u00e9taphore de notre propre vie, une infinit\u00e9 de trajectoires dispers\u00e9es pendant un certain intervalle de temps, o\u00f9 on rencontre par hasard d&rsquo;autres \u00eatres aux trajectoires \u00e9galement infinies&#8230; Peut-\u00eatre est-ce une m\u00e9taphore du processus artistique de Perec, pour qui le geste artistique aura<\/p>\n","protected":false},"author":35,"featured_media":1299,"menu_order":0,"template":"","categorie_article":[27],"class_list":["post-1304","article","type-article","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","categorie_article-critique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article\/1304","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article"}],"about":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/types\/article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/users\/35"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1299"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1304"}],"wp:term":[{"taxonomy":"categorie_article","embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/categorie_article?post=1304"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}