


{"id":1325,"date":"2016-12-20T09:55:52","date_gmt":"2016-12-20T08:55:52","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=1325"},"modified":"2016-12-20T09:55:52","modified_gmt":"2016-12-20T08:55:52","slug":"et-si-cetait-linverse","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/et-si-cetait-linverse\/","title":{"rendered":"Et si c&rsquo;\u00e9tait l\u2019inverse ?"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Premier partenariat entre les sites Insens\u00e9 et Agora: critique \u00e0 propos de l\u2019intervention artistique <em>R\u00e9plique<\/em> d\u2019Evelise Mendes, pr\u00e9sent\u00e9e dans le cadre du colloque <em>La critique, un art de la rencontre<\/em>. Ce texte sera \u00e9galement publi\u00e9 sur <a href=\"www.agoracriticateatral.com.br\">AgoraCritica<\/a>\n<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-1324\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/arton469.jpg\" width=\"616\" height=\"613\" \/><\/p>\n<p>Au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es, sous le gouvernement du Parti des Travailleurs\/ Partido dos Trabalhadores, PT (2003 \u2013 2016), le Br\u00e9sil a connu la mise en oeuvre de politiques publiques de \u00ab\u00a0discrimation positive\u00a0\u00bb, d\u2019initiatives en faveur des populations d\u00e9munies et \u00e0 engager une lutte contre la mis\u00e8re. Cette politique s\u2019est traduite par l\u2019\u00e9l\u00e8vation des taux de scolarisation, \u00e0 quoi s\u2019est ajout\u00e9e la cr\u00e9ation de conditions afin que les pauvres, noirs et indig\u00e8nes, puissent acc\u00e9der \u00e0 l\u2019\u00e9cole.<br \/>\nDilma Rousseff (PT), pr\u00e9sidente \u00e9lue avec 55,7 millions de votes en 2014, a \u00e9t\u00e9 destitu\u00e9e du pouvoir en raison d\u2019un coup d\u2019\u00c9tat parlementaire \u00e0 la fin du mois d\u2019ao\u00fbt 2016. Les politiques qui ont soutenu son processus <em>d\u2019impeachment<\/em> sont les m\u00eames qui d\u00e9fendent le projet de loi d\u2019externalisation de la force de travail, dont les principales cons\u00e9quences sont la flexibilisation et la pr\u00e9carisation des droits des travailleurs.<br \/>\nIl existe beaucoup de monde pour croire que le r\u00e9el objectif de ce \u00ab\u00a0coup d\u2019Etat\u00a0\u00bb \u00e9tait de transf\u00e9rer Petrobr\u00e1s (entreprise p\u00e9troli\u00e8re de l&rsquo;\u00c9tat br\u00e9silien) vers un capital priv\u00e9, et de lib\u00e9rer l\u2019exploitation des gisements p\u00e9trolif\u00e8res (dits pr\u00e9-sel) aux grandes puissances mondiales. De fait, un d\u00e9put\u00e9 br\u00e9silien a d\u00e9j\u00e0 d\u00e9pos\u00e9 un projet de loi pour ouvrir la possibilit\u00e9 d\u2019exploitation du \u00ab\u00a0pr\u00e9-sel\u00a0\u00bb par des multinationales sans avoir l\u2019obligation de passer par la Petrobr\u00e1s.<br \/>\nIl y a d\u2019autres personnes qui ne savent plus qui croire.<br \/>\nL\u2019intervention artistique <em>R\u00e9plique<\/em>, de la br\u00e9silienne Evelise Mendes reprenait ces \u00ab\u00a0motifs de l\u2019histoire du Br\u00e9sil\u00a0\u00bb. Pr\u00e9sent\u00e9e dans le cadre du colloque international<em> La critique, un art de la rencontre<\/em> (du 2 au 4 novembre 2016) \u00e0 Marseille, <em>R\u00e9plique<\/em> \u00e9tait une mani\u00e8re de d\u00e9noncer la situation actuelle du Br\u00e9sil qui vient de se soumettre aux int\u00e9r\u00eats internationaux.<br \/>\nLibrement inspir\u00e9e de l\u2019oeuvre d\u2019Eduardo Galeano (1940-2015)\u00a0<em>Les Veines ouvertes<\/em> de l\u2019Am\u00e9rique latine\u00a0(1971), la performance d\u2019Evelise Mendes travaillait cette question des effets du colonialisme jusqu\u2019\u00e0 aujourd&rsquo;hui. Jou\u00e9e pendant les communications des universitaires qui exposaient leur pens\u00e9e, c\u2019\u00e9tait une mani\u00e8re de rapprocher esth\u00e9tique et politique, de rappeler l\u2019actualit\u00e9 de cet essai qui est toujours \u00e9clairant aujourd\u2019hui.<br \/>\nAu moment de rentrer dans la salle du \u00ab\u00a0petit th\u00e9\u00e2tre\u00a0\u00bb du Th\u00e9\u00e2tre National de la Cri\u00e9e, le public a ainsi pu d\u00e9couvrir une femme inerte (Evelise Mendes), au pied de la table o\u00f9 les universitaires prenaient la parole. Sous la grande table des communications, aux pieds des intervenants \u2013 des hommes blancs europ\u00e9ens \u2013, une partie de son corps \u00e9tait recouvert par le tissu rouge du meuble. Sa t\u00eate, pench\u00e9e d\u2019un c\u00f4t\u00e9. Dans sa main gauche, une langue de b\u0153uf.<br \/>\nL\u2019intervention artistique \u00e9tait fortement symbolique. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 de cette figure, il y avait un autel rempli d\u2019images de j\u00e9suites, de penseurs classiques europ\u00e9ens, et de colonisateurs de l\u2019Am\u00e9rique du Sud \u2013 puisque le Br\u00e9sil \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 habit\u00e9 par les indiens ; il faut toujours se souvenir que Pedro Alvares Cabral ne l\u2019a pas d\u00e9couvert, mais il l\u2019a envahi. Sur l\u2019autel, il y avait aussi du sucre (un des symboles de l\u2019exploitation br\u00e9silienne) et des bougies.<br \/>\n\u00ab\u00a0Soign\u00e9e\u00a0\u00bb par la performeuse Isabelle Lorenzi, Mendes s\u2019est maintenue par terre pendant longtemps. Jusqu\u2019au moment o\u00f9 l\u2019autre performeuse (la danseuse Anais Poulet), comme un spectre triste, est venue sur le plateau ex\u00e9cuter une partition chor\u00e9graphique dans l\u2019ombre, loin de la table des communications.<br \/>\nEnsuite, Mendes s\u2019est lev\u00e9e, puis a retourn\u00e9 les objets \u00e0 l\u2019envers, \u00e0 180\u00b0, sur l\u2019autel. Acte qui cherchait \u00e0 inverser la place de l\u2019Am\u00e9rique latine : r\u00e9f\u00e9rence directe \u00e0 l\u2019artiste uruguayen Joaquin Torres Garcia (1874 -1949). En 1941, ce dernier a cr\u00e9\u00e9 son oeuvre la plus c\u00e9l\u00e8bre, l\u2019Am\u00e9rique invers\u00e9e.<br \/>\n<quote>\u00ab\u00a0J&rsquo;ai dit \u00c9cole du\u00a0Sud\u00a0car en v\u00e9rit\u00e9 notre Sud\u00a0est le Nord. Notre Sud ne se d\u00e9termine pas par opposition au Nord.\u00a0C\u2019est pourquoi maintenant nous mettons la carte \u00e0 l\u2019envers, et donc nous avons d\u00e9j\u00e0 une id\u00e9e juste de notre position et non comme le reste du monde veut nous voir. La pointe de l\u2019Am\u00e9rique, d\u00e8s lors, tout en se prolongeant, marque instamment le Sud, notre Nord.\u00a0\u00bb<br \/>\nJoaqu\u00edn Torres Garc\u00eda.<\/quote><br \/>\nAu d\u00e9but, la pr\u00e9sence de ce corps-l\u00e0 (celui de Evelise Mendes) par terre a d\u00e9clench\u00e9 une r\u00e9action d\u2019\u00e9tranget\u00e9 chez le public, un d\u00e9rangement, avant de finalement \u00eatre invisible, car les paroles des intervenants ne feront aucune mention de la performance. Symptomatique.<br \/>\nLa cr\u00e9ation tr\u00e8s organique et physique d\u2019Evelise Mendes a r\u00e9ussi \u00e0 trouver sa place parmi les discours, et cela rendait son travail puissant\u00a0: elle, femme, m\u00e9tisse, et br\u00e9silienne, artiste, de 29 ans, n\u00e9e \u00e0 Porto Alegre (Rio grande do Sul) o\u00f9 elle a travaill\u00e9 avec les groupes de th\u00e9\u00e2tre Povo da Rua et Pindaibanos pendant quelques ann\u00e9es. \u00c0 l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale du Rio Grande do Sul, \u00e0 Porto Alegre, elle a poursuivi une Licence et un Master en arts de la sc\u00e8ne qui r\u00e9fl\u00e9chissait sur le th\u00e9\u00e2tre de rue comme moyen de contestation politique dans le contexte contemporain. Actuellement, elle s\u2019est install\u00e9e \u00e0 Marseille o\u00f9 elle pr\u00e9pare un Doctorat sur le th\u00e8me de l&rsquo;anthropophagisation de l\u2019espace urbain\u00a0: <em>caract\u00e8re transgressif et enjeu du d\u00e9sordre dans les mises en sc\u00e8ne de rue<\/em>, sous la direction des professeurs Yannick Butel (AMU) et Marta Isaacsson (UFRGS). C\u2019est la premi\u00e8re co-tutelle de th\u00e8se entre les deux universit\u00e9s, et il faut y voir un symbole de rapprochement, et peut-\u00eatre une mani\u00e8re de rapprocher Sud et Nord.<br \/>\n<em>R\u00e9plique<\/em> peut \u00eatre aussi compris \u00e0 travers la question de l\u2019espace o\u00f9 elle a lieu. C\u2019est-\u00e0-dire que cette question de l\u2019espace est r\u00e9currente dans le travail et la trajectoire de Mendes. Il lui permet de cr\u00e9er un nouveau spectacle, et \u00e0 chaque fois l\u2019espace agit en tant que discours. La mise en sc\u00e8ne, chez Evelise Mendes, est toujours articul\u00e9e \u00e0 l\u2019espace et c\u2019est l\u2019espace qui est le liant de toute l\u2019action th\u00e9\u00e2trale. Par cons\u00e9quent, l\u2019intervention artistique \u00e9tait impr\u00e9gn\u00e9e par la repr\u00e9sentation de l\u2019espace\u00a0du colloque\u00a0: un lieu de savoir.<br \/>\nMais <em>R\u00e9plique<\/em> d\u2019Evelise Mendes, dans le rapport organique et physique qu\u2019elle entretient \u00e0 l\u2019espace, c\u2019\u00e9tait principalement un instant o\u00f9 les temps s\u2019amalgamaient. Temps du pass\u00e9 o\u00f9 la cohorte des morts de la colonisation venait hanter la sc\u00e8ne \u00e0 la marge des paroles des intervenants, temps de l\u2019immobilisme o\u00f9 le pass\u00e9 colonial vient se figer \u00e0 l\u2019endroit du temps pr\u00e9sent\u2026 Mani\u00e8re de faire de R\u00e9plique une image actuelle o\u00f9 le pass\u00e9 revient dans le pr\u00e9sent. Fa\u00e7on de pr\u00e9tendre que l\u2019actualit\u00e9 oublieuse, qui ne cesse de revendiquer son rapport \u00e0 la m\u00e9moire, trouvait une forme esth\u00e9tique et plastique. En regardant R\u00e9plique, il \u00e9tait difficile d\u2019ignorer que le pass\u00e9 colonial est et a \u00e9t\u00e9 ce qui nourrit le pr\u00e9sent. Dans le corps inerte de Mendes, vivante, il y avait ainsi, convoqu\u00e9s, ind\u00e9passables, pr\u00e9sents, les morts d\u2019hier. Ceux que Galeano, dans son Essai terrible et factuel, n\u2019a de cesse de ramener \u00e0 la vue des lecteurs. R\u00e9plique de Mendes \u00e9tait ainsi une sorte de mausol\u00e9e vivant \u00e0 la m\u00e9moire des victimes d\u2019une extermination, d\u2019une Shoah ignor\u00e9e. D\u2019un geste chor\u00e9graphique et th\u00e9\u00e2tral humble, presque invisible dans son silence, Evelise Mendes, Ana\u00efs Poulet, Isabelle Lorenzi (trois artistes de la sc\u00e8ne marseillaise) faisaient exister une histoire qui est un pr\u00e9sent.<br \/>\n<em> <strong>Pour une pens\u00e9e d\u00e9coloniale<\/strong>  <\/em><br \/>\nCe travail-l\u00e0 est courageux, C\u2019est encore une fois une mani\u00e8re d\u2019opposer une r\u00e9sistance au mouvement de domination \u00e9trang\u00e8re. \u00c0 travers l\u2019exploitation \u00e9conomique, mais aussi la domination culturelle, puisque l\u2019imaginaire des domin\u00e9s est habit\u00e9 par l\u2019id\u00e9e que la culture \u00e9trang\u00e8re est un mod\u00e8le universel.<br \/>\n<quote>\u00ab\u00a0Aujourd\u2019hui le discours officiel nous dit de croire \u00e0 la libert\u00e9 du commerce (m\u00eame si elle n\u2019existe pas), d\u2019honorer la dette (m\u00eame si elle est d\u00e9shonorante), d\u2019attirer les investissements (m\u00eame s\u2019ils sont indignes), et d\u2019entrer dans le monde (m\u00eame si c\u2019est par la porte de service).\u00a0\u00bb<br \/>\nEduardo Galeano.<\/quote><br \/>\nLes cons\u00e9quences de la colonisation sont incontestables partout dans le monde. Au Br\u00e9sil, parce que le pays a re\u00e7u des millions d\u2019esclaves africains, l\u2019effet de la colonisation se voit \u00e0 travers la difficile insertion du peuple noir sur le march\u00e9 de travail, par exemple. En Europe, les immigrants eux, des anciennes colonies, arrivent \u00e0 la recherche de la s\u00e9curit\u00e9 et de l\u2019emploi. D\u2019\u00e9vidence, le colonialisme se maintient aujourd\u2019hui, mais son nom est devenu plus imposant : imp\u00e9rialisme ou n\u00e9ocolonialisme.  Ce que l\u2019artiste Mendes nous proposait avec <em>R\u00e9plique<\/em> nous renvoyait \u00e0 notre compr\u00e9hension de la d\u00e9colonisation qui passe avant tout par l\u2019affirmation du corps. Un corps politique sur la sc\u00e8ne, un corps de femme m\u00e9tisse qui repr\u00e9sentait les milliers de corps viol\u00e9s et mutil\u00e9s de leurs droits.<br \/>\nSans doute cette cr\u00e9ation, <em>R\u00e9plique<\/em>, a-t-elle difficilement touch\u00e9 les spectateurs europ\u00e9ens. Le dialogue ne se faisant que douloureusement parce que les symboles \u00e9chappent \u00e0 ce public. Mais de cela, nous pouvons tirer une conclusion, c\u2019est que l\u2019Histoire n\u2019est pas neutre. L\u2019Histoire est \u00e9crite par une race, un genre, une religion, une classe sociale. C\u2019est un r\u00e9cit compos\u00e9 par les dominateurs qui le constituent comme un discours de v\u00e9rit\u00e9. <em>R\u00e9plique<\/em>, performance muette, chor\u00e9graphique, soulignait en d\u00e9finitive ce qu\u2019on oublie toujours\u2026 \u00c9crire l\u2019Histoire rel\u00e8ve d\u2019un choix. Mendes a fait le choix d\u2019une autre narration, d\u2019autres symboles\u2026 et l\u2019existence de cette performance prouve que c\u2019est possible.<\/p>\n<hr \/>\n<p><big><center><strong>E se fosse o inverso?<\/strong><\/center><\/big><br \/>\nNos \u00faltimos anos, com o governo do Partido dos Trabalhadores &#8211; PT (2003 \u2013 2016), o Brasil experimentou avan\u00e7os nas pol\u00edticas afirmativas, aumentou a escolaridade no Pa\u00eds, fez progressos no combate \u00e0 mis\u00e9ria e proporcionou que negros, ind\u00edgenas e pobres pudessem entrar na universidade.<br \/>\nNo final de agosto passado, a presidenta eleita em 2014 com 55,7 milh\u00f5es de votos, Dilma Rousseff (PT), sofreu um golpe de estado parlamentar. Os defensores do impeachment s\u00e3o os mesmos que defendem o Projeto de Lei da terceiriza\u00e7\u00e3o, o qual prop\u00f5e precariza\u00e7\u00e3o dos direitos trabalhistas.<br \/>\nMuitos acreditam que o golpe foi orquestrado para que fosse poss\u00edvel vender a Petrobras (majoritariamente uma empresa estatal) e liberar o pr\u00e9-sal para a explora\u00e7\u00e3o das grandes pot\u00eancias. Inclusive j\u00e1 h\u00e1 um projeto na C\u00e2mara dos Deputados para ser votado, que abre possibilidades de multinacionais explorarem o pr\u00e9-sal brasileiro, sem a participa\u00e7\u00e3o da Petrobras.<br \/>\n<em> <strong>E outros, ainda, nem sabem mais no que acreditar.<\/strong> <\/em><br \/>\nA interven\u00e7\u00e3o art\u00edstica R\u00e9plique da brasileira Evelise Mendes, apresentada no contexto do col\u00f3quio La critique, un art de la reencontre (de 2 a 4 de novembro de 2016, em Marselha \u2013 Fran\u00e7a), retoma tais temas da hist\u00f3ria do Brasil. De certa forma, denuncia o momento atual do Pa\u00eds, o qual se rende aos interesses internacionais.<br \/>\nLivremente inspirada no livro As Veias Abertas da Am\u00e9rica Latina (1971), de Eduardo Galeano (1940-2015), a referida performance trabalha essa quest\u00e3o dos efeitos do colonialismo nos dias atuais. Ela foi apresentada durante as comunica\u00e7\u00f5es dos universit\u00e1rios ali presentes, sendo assim uma maneira de aproximar est\u00e9tica e pol\u00edtica \u2013 al\u00e9m de nos fazer lembrar que o livro segue atual, infelizmente.<br \/>\nAo entrar na sala do \u201cpetit th\u00e9\u00e2tre\u201d do Teatro Nacional la Cri\u00e9e, local onde o col\u00f3quio estava acontecendo, o p\u00fablico se deparava com uma mulher inerte (Evelise Mendes), embaixo da mesa onde os universit\u00e1rios expunham suas comunica\u00e7\u00f5es.  Com o ventre coberto pela toalha que vermelha que cobria o m\u00f3vel, aos p\u00e9s dos palestrantes \u2013 homens brancos e europeus \u2013, sua cabe\u00e7a se encontrava tombada para um lado. Em sua m\u00e3o esquerda, uma l\u00edngua de boi.<br \/>\nA interven\u00e7\u00e3o era carregada de simbolismo. Ao seu lado estava um altar com imagens de jesu\u00edtas, de pensadores cl\u00e1ssicos europeus, e de colonizadores da Am\u00e9rica do Sul &#8211; sempre \u00e9 bom lembrar que Pedro Alvares Cabral n\u00e3o descobriu o Brasil, ele o invadiu, pois povos ind\u00edgenas habitavam o local. Tamb\u00e9m havia no altar a\u00e7\u00facar (um dos s\u00edmbolos da explora\u00e7\u00e3o brasileira) e velas.<br \/>\nSendo \u201camparada\u201d pela performer Isabelle Lorenzi, Mendes se manteve na mesma posi\u00e7\u00e3o deitada, est\u00e1tica, durante bastante tempo. Ao mesmo tempo, a outra performer (a bailarina Anais Poulet), como um espectro triste, realizava uma partitura coreogr\u00e1fica na penumbra, um tanto distante do local onde se desenrolavam as falas dos participantes.<br \/>\nDepois de algum tempo, Mendes levanta-se e faz um movimento de virar de ponta-cabe\u00e7a as imagens que ali estavam. Um ato que busca inverter o lugar da Am\u00e9rica Latina, fazendo refer\u00eancia direta ao artista uruguaio Joaquin Torres Garcia (1874 -1949) que, em 1941, realizou sua obra mais famosa A Am\u00e9rica invertida.<br \/>\n<quote>\u00ab\u00a0Tenho dito Escola do Sul porque, na realidade, nosso norte \u00e9 o Sul. N\u00e3o deve haver norte, para n\u00f3s, sen\u00e3o por oposi\u00e7\u00e3o ao nosso Sul. Por isso agora colocamos o mapa ao contr\u00e1rio, e ent\u00e3o j\u00e1 temos uma justa ideia de nossa posi\u00e7\u00e3o, e n\u00e3o como querem no resto do mundo. A ponta da Am\u00e9rica, desde j\u00e1, prolongando-se, aponta insistentemente para o Sul, nosso norte.\u201d<br \/>\nJoaqu\u00edn Torres Garc\u00eda. <\/quote><br \/>\nA presen\u00e7a daquele corpo no ch\u00e3o provocava na plateia uma rea\u00e7\u00e3o de estranhamento, que logo dava lugar ao inc\u00f4modo e, por fim, \u00e0 invisibilidade. As falas dos palestrantes seguiam sem fazer qualquer men\u00e7\u00e3o \u00e0 interven\u00e7\u00e3o. Sintom\u00e1tico.<br \/>\nA cria\u00e7\u00e3o bastante org\u00e2nica e f\u00edsica de Evelise Mendes conseguiu encontrar seu lugar em meio aos discursos, o que tornou mais potente seu trabalho: ela \u00e9 mulher, mesti\u00e7a e brasileira. A artista, de 29 anos, \u00e9 natural de Porto Alegre (RS), cidade onde ela trabalhou por alguns anos nos grupos teatrais Povo da Rua e Pindaibanos, e desenvolveu a gradua\u00e7\u00e3o e mestrado em artes c\u00eanicas na UFRGS\u00a0buscando pensar o teatro de rua como uma ferramenta de contesta\u00e7\u00e3o pol\u00edtica no contexto da contemporaneidade. Atualmente, em Marselha, ela desenvolve sua pesquisa de doutorado a respeito do tema Anthropophagisation de l\u2019espace urbain\u00a0: caract\u00e8re transgressif et enjeu du d\u00e9sordre dans les mises en sc\u00e8ne de rue, sob a orienta\u00e7\u00e3o dos professores Yannick Butel (AMU) e Marta Isaacsson (UFRGS). Como primeira cotutela de tese em Artes C\u00eanicas entre as duas universidades, \u00e9 preciso ver tal ato art\u00edstico como um s\u00edmbolo de aproxima\u00e7\u00e3o entre ambas as partes \u2013 talvez tamb\u00e9m uma aproxima\u00e7\u00e3o entre o Sul e o Norte.<br \/>\nR\u00e9plique tamb\u00e9m pode ser avaliada pela \u00f3tica espacial em que aconteceu. O espa\u00e7o, tema recorrente nos trabalhos da atriz Mendes, permite que ela crie um novo espet\u00e1culo a cada apresenta\u00e7\u00e3o. E, a cada apresenta\u00e7\u00e3o, o espa\u00e7o atua como discurso do espet\u00e1culo, permitindo que a carga sem\u00e2ntica do local esteja entre as lacunas da encena\u00e7\u00e3o. Portanto, boa parte da interven\u00e7\u00e3o est\u00e1 contaminada pelo que o espa\u00e7o representa: no caso do col\u00f3quio, um espa\u00e7o de saber.<br \/>\nDevido a sua liga\u00e7\u00e3o org\u00e2nica e f\u00edsica com o espa\u00e7o, R\u00e9plique foi sobretudo um instante atrav\u00e9s do qual os tempos se fundiram: alus\u00e3o ao tempo passado, onde uma prociss\u00e3o de mortos da coloniza\u00e7\u00e3o subiu ao palco para vagar \u00e0 margem das comunica\u00e7\u00f5es te\u00f3ricas; alus\u00e3o a um tempo paralisado, no qual o passado colonial veio se condensar ao tempo presente&#8230; De forma est\u00e9tica e pl\u00e1stica, como uma imagem em fluxo temporal, R\u00e9plique reivindica uma mem\u00f3ria que a m\u00eddia insiste em esquecer. Ao ver sua interven\u00e7\u00e3o art\u00edstica, tornou-se dif\u00edcil de ignorar o passado colonial \u2013 e de como ele ainda alimenta o presente. No corpo est\u00e1tico e vivo de Mendes, os mortos de ontem (narrados por Galeano de maneira contundente no seu Veias Abertas) estavam convocados, presentes, indomin\u00e1veis, como uma esp\u00e9cie de mausol\u00e9u vivo em mem\u00f3ria \u00e0s v\u00edtimas de um genoc\u00eddio, de um holocausto ignorado. Com um gesto coreogr\u00e1fico e teatral reservado, quase invis\u00edvel no seu sil\u00eancio, Evelise Mendes, Anais Poulet e Isabelle Lorenzi (tr\u00eas artistas da cena marselhesa) fizeram existir uma hist\u00f3ria que ainda est\u00e1 presente.<br \/>\n<em> <strong>Por um pensamento descolonial<\/strong><br \/>\n <\/em><br \/>\nO trabalho \u00e9 corajoso, na medida em que busca fazer resist\u00eancia frente ao movimento de domina\u00e7\u00e3o estrangeira que se d\u00e1 n\u00e3o apenas pela explora\u00e7\u00e3o econ\u00f4mica, mas pela domina\u00e7\u00e3o cultural, que incide pelo povoamento do imagin\u00e1rio dos dominados, que passam a acreditar que a cultura estrangeira \u00e9 um modelo universal.<br \/>\n<quote> \u201cSegundo a voz de quem manda, os pa\u00edses do sul do mundo devem acreditar na liberdade de com\u00e9rcio (embora n\u00e3o exista), em honrar a d\u00edvida (embora seja desonrosa), em atrair investimentos (embora sejam indignos) e em entrar no mundo (embora pela porta de servi\u00e7o).\u201d<br \/>\nEduardo Galeano.<\/quote><br \/>\nNo mundo s\u00e3o ineg\u00e1veis os rastros dessa coloniza\u00e7\u00e3o. No Brasil, que recebeu milh\u00f5es de africanos escravizados, o reflexo pode ser visto, por exemplo, na dif\u00edcil inser\u00e7\u00e3o do negro no mercado de trabalho. Na Europa, chegam imigrantes de pa\u00edses que foram suas col\u00f4nias e que fogem em busca de seguran\u00e7a e emprego. O colonialismo segue, mudou apenas de nome, ganhou um mais pomposo: imperialismo ou neocolonialismo.  O que a atriz prop\u00f5e vai ao encontro da descoloniza\u00e7\u00e3o que passa primeiramente pela afirma\u00e7\u00e3o do corpo. Um corpo pol\u00edtico que est\u00e1 em cena, de mulher mesti\u00e7a, e que representa os milhares de corpos que foram violentados e mutilados nos seus direitos.<br \/>\nSem d\u00favida, trabalhos como R\u00e9plique pouco dialogam com espectadores europeus, j\u00e1 que maioria n\u00e3o identifica o que est\u00e1 por tr\u00e1s dos s\u00edmbolos, nos fazendo lembrar que a hist\u00f3ria n\u00e3o \u00e9 neutra: ela tem ra\u00e7a, g\u00eanero, religi\u00e3o e classe social. Ela \u00e9 contada pelos dominadores e de forma perversa \u00e9 reproduzida como verdade indiscut\u00edvel pelos dominados. Mas R\u00e9plique, performance sem fala, coreogr\u00e1fica, est\u00e1 ali para salientar o que n\u00e3o podemos esquecer&#8230; Escrever Hist\u00f3ria depende de escolhas. Mendes escolheu outro tipo de narra\u00e7\u00e3o, outros s\u00edmbolos, mostrando assim que outras narrativas s\u00e3o poss\u00edveis.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Premier partenariat entre les sites Insens\u00e9 et Agora: critique \u00e0 propos de l\u2019intervention artistique R\u00e9plique d\u2019Evelise Mendes, pr\u00e9sent\u00e9e dans le cadre du colloque La critique, un art de la rencontre. Ce texte sera \u00e9galement publi\u00e9 sur AgoraCritica Au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es, sous le gouvernement du Parti des Travailleurs\/ Partido dos Trabalhadores, PT (2003 \u2013 2016), le Br\u00e9sil a connu la mise en oeuvre de politiques publiques de \u00ab\u00a0discrimation positive\u00a0\u00bb, d\u2019initiatives en faveur des populations d\u00e9munies et \u00e0 engager une<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1324,"menu_order":0,"template":"","categorie_article":[27],"class_list":["post-1325","article","type-article","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","categorie_article-critique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article\/1325","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article"}],"about":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/types\/article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1324"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1325"}],"wp:term":[{"taxonomy":"categorie_article","embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/categorie_article?post=1325"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}