


{"id":1585,"date":"2017-07-07T19:44:40","date_gmt":"2017-07-07T17:44:40","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=1585"},"modified":"2017-07-07T19:44:40","modified_gmt":"2017-07-07T17:44:40","slug":"antigone-a-lombre-du-mont-fuji","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/antigone-a-lombre-du-mont-fuji\/","title":{"rendered":"Antigone \u00e0 l\u2019ombre du Mont Fuji"},"content":{"rendered":"<p><em><strong>Du po\u00e8me de Sophocle Antigone, Satoshi Miyagi fait un coffret sonore et visuel plastiquement, sc\u00e9nographiquement, choralement, presque parfait. \u00ab\u00a0Beau\u00a0\u00bb, trop beau et \u00e9l\u00e9gant si ces adjectifs servent encore \u00e0 d\u00e9signer ce qui se donne au regard sans susciter d\u2019autres d\u00e9paysements plus critiques.<\/strong><\/em><br \/>\n&nbsp;<br \/>\nD\u2019Antigones\u2026<br \/>\n\u00ab\u00a0A propos d\u2019Antigone tout est dit et l\u2019on vient trop tard. Aussi ne me risquerai-je pas \u00e0 une interpr\u00e9tation d\u2019ensemble de la trag\u00e9die\u00a0: il m\u2019importe de ne pas rouvrir les d\u00e9bats, illustres autant que balis\u00e9s, qui, depuis Hegel et H\u00f6lderlin au moins, se sont consacr\u00e9s \u00e0 cerner l\u2019enjeu de pens\u00e9e \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans le conflit d\u2019Antigone et de Cr\u00e9on\u2026\u00a0\u00bb \u00e9crit Nicole Loraux dans La Main d\u2019Antigone. Avant de conclure, apr\u00e8s avoir longuement comment\u00e9 un fait de langue qui a \u00e0 voir avec le droit, avec la dik\u00e9 et la r\u00e9currence du Soi et du M\u00eame, \u00ab\u00a0Antigone ou ce qu\u2019il advient lorsque le pathos du m\u00eame se mue en pathologie\u00a0: c\u2019est cette histoire que, dans la travers\u00e9e des figures du auto-, la trag\u00e9die raconte, entre grammaire et droit, faisant jouer l\u2019un sur l\u2019autre et jouant des deux\u00a0\u00bb.\u2028Du destin tragique d\u2019Antigone rejeton incestueux de Jocaste et \u0152dipe\u00a0; du fratricide entre Et\u00e9ocle et Polynice (ses fr\u00e8res)\u00a0; de l\u2019ascendance d\u2019Antigone sur Ism\u00e8ne (sa s\u0153ur)\u00a0; de la parole avertie de Tir\u00e9sias\u00a0; de l\u2019arbitrage de Cr\u00e9on qui refuse la s\u00e9pulture \u00e0 Polynice et se tient sur \u00ab\u00a0le tranchant du sort\u00a0\u00bb\u00a0; du suicide d\u2019Antigone et d\u2019H\u00e9mon fils de Cr\u00e9on contestant la parole de son p\u00e8re-roi qui, par son autorit\u00e9, installe le chaos entre le monde des vivants et des morts en retenant Polynice mort parmi les vivants\u00a0; de la r\u00e9clusion d\u2019Antigone condamn\u00e9e \u00e0 \u00eatre enferm\u00e9e alors que Cr\u00e9on avait \u00e9mis, devant le peuple, une loi tenant \u00e0 une sentence de mort pour celui qui contrarierait ses ordres\u2026 gageons que les lecteurs contemporains auront un avis de lecteur\/spectateur sur cette fable \u00e9crite par Sophocle.<br \/>\nMais, assur\u00e9ment sensible au motif de cette trag\u00e9die, o\u00f9 est mis en d\u00e9bat, repris par le jeu dialectique, le clivage entre un geste humain singulier et la loi qui vaut pour la communaut\u00e9, le lecteur\/spectateur sera interpell\u00e9 par ce seul aspect oubliant les diff\u00e9rentes strates de ce tragique destin. D\u2019un coup, alors, c\u2019est la complexit\u00e9 du po\u00e8me dramatique de Sophocle qui sera appauvri, r\u00e9duite \u00e0 vrai dire \u00e0 la contemplation et l\u2019\u00e9coute d\u2019un choix intenable, impossible (en cela tragique) entre, d\u2019une part la langue juridique et politique, et d\u2019autre part la langue quotidienne de ceux qui ne d\u00e9fendent que leur id\u00e9e. Soit la mise en place d\u2019un th\u00e9\u00e2tre o\u00f9 le Soi s\u2019affronte au Nous. Comment \u00e9chapper \u00e0 cela, \u00e0 la fascination de la fable, de l\u2019intrigue\u00a0? Comment se d\u00e9faire de ces h\u00e9ros du V\u00e8me si\u00e8cle grec. H\u00e9ros qui, \u00e0 la diff\u00e9rence de l\u2019\u00e9pop\u00e9e, ne sont plus des mod\u00e8les, mais seulement devenus des probl\u00e8mes.\u2028Comment ignorer qu\u2019Antigone qu\u00eate la mort, agit en connaissance de cause, cherche les \u00ab\u00a0emmerdes\u00a0\u00bb dirait-on aujourd\u2019hui\u00a0: \u00ab\u00a0Cr\u00e9on\u00a0: Connaissais-tu la d\u00e9fense que j\u2019avais fait proclamer\u00a0? Antigone\u00a0:\u00a0Oui, je la connaissais\u00a0: pouvais-je l\u2019ignorer\u00a0? Elle \u00e9tait des plus claires.\u00a0\u00bb.<br \/>\nR\u00e9pliques qui passeraient presque inaper\u00e7ues, si elle ne soulevait en d\u00e9finitive l\u2019un des enjeux majeurs que soulignera Jacques Lacan.<br \/>\nAh, relire Lacan, peut-\u00eatre, notamment l\u2019entendre parler d\u2019Antigone, lors de son s\u00e9minaire de l\u2019ann\u00e9e 1959-1960, dont il fait le mod\u00e8le de la \u00ab\u00a0v\u00e9rit\u00e9 du d\u00e9sir\u00a0\u00bb, du \u00ab\u00a0d\u00e9sir pur\u00a0\u00bb comme \u00ab\u00a0pur d\u00e9sir de mort\u00a0\u00bb. Avant d\u2019ajouter que \u00ab\u00a0La seule chose dont on puisse \u00eatre coupable, au moins dans la perspective analytique, c\u2019est d\u2019avoir c\u00e9d\u00e9 sur son d\u00e9sir.\u00a0\u00bb. Au point qu\u2019il souligne que le destin d\u2019Antigone est de repr\u00e9senter le \u00ab\u00a0point absolu\u00a0\u00bb du d\u00e9sir comme but id\u00e9al de \u00ab\u00a0ne c\u00e9der sur rien\u00a0\u00bb.<br \/>\nA moins, comme Julia Kristeva le fait dans Antigone, la limite et l\u2019horizon (texte d\u2019ao\u00fbt 2008, publi\u00e9 dans L\u2019infini, n\u00b0115, en 2011), de revenir \u00e0 la na\u00efvet\u00e9 d\u2019une question \u00ab\u00a0Qui \u00eates-vous, Antigone\u00a0? Un enfant (pais, n\u00e9ais), une fille (kor\u00ea), un rejeton (genn\u00eamo)\u00a0d\u2019\u0152dipe, une fianc\u00e9 (nymph\u00ea), une vierge (parthenos), ainsi nomm\u00e9e seulement \u00e0 l\u2019\u00e9tat de cadavre d\u00e9sir\u00e9 par H\u00e9mon, votre cousin, le fils de votre ennemi Cr\u00e9on\u00a0?\u00a0\u00bb\u2026 Et de poursuivre (pardonnez-vous de couper)\u00a0: \u00ab\u00a0la magistrale solitude d\u2019Antigone atteint un sommet\u00a0lorsque\u00a0son auto-analyse de la cohabitation avec la pulsion de mort se revendique rebelle, non seulement\u00a0\u00e0 l\u2019esprit politique (de Cr\u00e9on), mais aussi\u00a0\u00e0 celui des dieux eux-m\u00eames. Lacan avait raison\u00a0: ce n\u2019est pas \u00e0 Cr\u00e9on\u00a0qu\u2019Antigone ne reconna\u00eet pas le droit de se reconna\u00eetre dans Zeus\u00a0; c\u2019est\u00a0elle-m\u00eame\u00a0qui se d\u00e9solidarise et de Zeus (\u00ab\u00a0Car nullement Zeus\u00a0\u00e9tait celui qui a proclam\u00e9 ces choses \u00e0 moi\u00a0\u00bb, v. 450), et de la\u00a0Dik\u00e8\u00a0des dieux. Sa\u00a0d\u00e9liaison\u00a0ne rel\u00e8ve pas de leurs \u00ab\u00a0lois\u00a0\u00bb puisque celles-ci \u00ab\u00a0ne sont pas des lois \u00e9crites\u00a0\u00bb, mais une sorte de trace sans repr\u00e9sentation qu\u2019un humain ne puisse transgresser. Moins ou plus que la\u00a0dik\u00e8\u00a0des dieux,\u00a0il s\u2019agirait seulement\u00a0d\u2019un horizon\u00a0(oros) qu\u2019Antigone s\u2019autorise \u00e0 viser jusqu\u2019\u00e0 se l\u2019approprier dans le rayonnement de son identit\u00e9 souveraine. [\u2026]<br \/>\nLisons ainsi son d\u00e9bat avec Cr\u00e9on sur la\u00a0Dik\u00e8\u00a0:\u00a0seule dans l\u2019aperception de cette onde porteuse de la pulsion de vie qu\u2019est la pulsion de mort, Antigone se tient dans cette doublure aveuglante, illisible, des lois que seraient les lois non-\u00e9crites des dieux\u00a0: l\u00e0 o\u00f9 \u00e7a ne prescrit ni n\u2019interdit, mais \u00e7a se sent, \u00e7a s\u2019\u00e9prouve, \u00e7a se vit et \u00e7a se meurt. A la limite de la folie, peut s\u2019ouvrir l\u2019horizon de la souverainet\u00e9 psychique.<br \/>\nEt d\u2019ajouter que l\u2019on pourrait ainsi multiplier les plis de la lecture d\u2019Antigone, mais, et parce que le t\u00eate \u00e0 t\u00eate que nous avons avec ce texte nous impose de le souligner, il nous faut juste dire, simplement, qu\u2019Antigone n\u2019est peut-\u00eatre rien moins que l\u2019un des po\u00e8mes de Sophocle o\u00f9 \u00e0 nouveau est mis en \u0153uvre (th\u00e9matis\u00e9 donc) un dialogue.\u2028C\u2019est-\u00e0-dire, et pr\u00e9cisons-le, que le discours qu\u2019oppose Antigone \u00e0 Cr\u00e9on, est un discours simplement humain, d\u00e9li\u00e9 de toutes forces ext\u00e9rieures et \u00e9trang\u00e8res. Soit une parole d\u2019Homme ou, disons, une parole qui ne tiendrait qu\u2019\u00e0 l\u2019Homme, quand Cr\u00e9on, lui, est le d\u00e9positaire d\u2019une parole fragilis\u00e9e qui l\u2019exc\u00e8de, qu\u2019il s\u2019agisse du discours rapport\u00e9 des dieux ou du discours politique lequel r\u00e9fl\u00e9chit, m\u00eame imparfaitement, l\u2019ordre divin.<br \/>\nEn cela, et c\u2019est l\u2019un des int\u00e9r\u00eats d\u2019Antigone, la d\u00e9sob\u00e9issance d\u2019Antigone est d\u2019abord et avant toute chose, la condition n\u00e9cessaire pour faire exister un dialogue. Antigone parlant, c\u2019est le dialogue qui appara\u00eet, qui est expos\u00e9. C\u2019est la parole de l\u2019Homme qui parle par lui-m\u00eame qui trouve \u00e0 se manifester \u00e0 un moment de l\u2019histoire grecque o\u00f9, justement, \u00e0 la marge du discours politique, de la logique, de l\u2019\u00e9thique\u2026 le discours \u00e9pidictique (parler par soi-m\u00eame) risque de perdre en audibilit\u00e9, en pr\u00e9sence, en existence. Soit, en d\u00e9finitive, une pi\u00e8ce qui rappelle et probl\u00e9matise le rapport que l\u2019individu entretient \u00e0 la communaut\u00e9, le rapport que la parole singuli\u00e8re entretient \u00e0 la parole partag\u00e9e de la communaut\u00e9. Une pi\u00e8ce qui pose, in fine, la seule question qui demeure d\u2019actualit\u00e9\u00a0:\u00a0y a-t-il une place pour le dialogue dans l\u2019espace politis\u00e9 qui s\u2019incarne comme la parole de tous et de toutes\u00a0?<br \/>\nA la question de Kristeva \u00ab\u00a0qui \u00eates-vous Antigone\u00a0?\u00a0\u00bb, peut-\u00eatre est-il alors possible d\u2019esquisser une r\u00e9ponse o\u00f9 l\u2019on pourrait dire\u00a0: \u00ab\u00a0je suis la voix des sans voix, la voix des d\u00e9laiss\u00e9s, la voix des gens de peu\u2026 je suis la voix qui veut faire entendre ce que je suis dans le grand discours du Nous qui mutile de toutes les singularit\u00e9s\u00a0\u00bb. Ou quand Antigone, enfin, rappellerait que la repr\u00e9sentativit\u00e9 du politique n\u2019induit pas la pr\u00e9sence de l\u2019\u00eatre singulier.<br \/>\nAntigone au soleil levant de Satoshi Miyagi<br \/>\nDe l\u2019Antigone de Satoshi Miyagi, des 29 interpr\u00e8tes qui peuplent le plateau de la cour d\u2019Honneur du Palais des Papes, de l\u2019\u00e9tendue d\u2019eau qui masque ce m\u00eame plateau et sur lequel prend place un ensemble de percussions qui donnent leur rythme aux protagonistes du po\u00e8me de Sophocle \u2026 des images cisel\u00e9es par la lumi\u00e8re, du geste chor\u00e9graphique ralenti, processionnel, \u00e9nigmatique, du monde nippon imp\u00e9rieusement spectral o\u00f9 les \u00e9toffes l\u00e9g\u00e8res et blanches viennent \u00e0 la rencontre du regard, des rochers dispos\u00e9s sur la sc\u00e8ne qui pourraient repr\u00e9senter Bouddha et ses disciples, de l\u2019\u00e9sot\u00e9risme qui vient \u00e0 na\u00eetre des paroles scand\u00e9es, des chants psalmodi\u00e9s, des ombres qui se d\u00e9tachent sur les murs de l\u2019enceinte de la cour\u2026 de ce monde iconographique traditionnel et sonore, tourn\u00e9 vers une modernit\u00e9 d\u00e9licate, le spectateur saisit qu\u2019il \u00e9tait invit\u00e9 \u00e0 parcourir des mondes int\u00e9rieurs qui affleurent dans les formes expos\u00e9es.<br \/>\nD\u2019Antigone, Satoshi Miyagi entreprend de raconter l\u2019histoire ou la fable, tout en r\u00e9duisant ou coupant dans le texte de Sophocle. Privil\u00e9giant de mettre en avant, peut-\u00eatre, le suicide d\u2019Antigone et d\u2019H\u00e9mon\u00a0; faisant entendre dans de longues s\u00e9quences parl\u00e9es le duel spirituel qui oppose les premiers \u00e0 Cr\u00e9on. Faire entendre, dis-je, autant que faire voir un monde d\u2019ombres, de presque marionnettes surexpos\u00e9es. Faire entendre moins une plainte, qu\u2019une r\u00e9volte sans issue et par-l\u00e0, concevant la sc\u00e8ne comme le lieu de celle-ci en jouant sur les rythmes qui alternent et en rendent les soubresauts. Antigone, d\u00e8s lors, s\u2019apparente \u00e0 une pi\u00e8ce chor\u00e9graphique et chant\u00e9e o\u00f9 le d\u00e9r\u00e8glement passe par l\u2019eau qui se trouble, le d\u00e9s\u00e9quilibre des ch\u0153urs et autres formes chorales qui accompagnent les protagonistes. Antigone, Cr\u00e9on, H\u00e9mon\u2026 se trouvent ainsi multipli\u00e9s, polymorphiques\u2026 au point que parfois le lieu de l\u2019\u00e9nonciation dispara\u00eet pour ne faire entendre que la voix ou les voix qui reprennent \u00e0 l\u2019unisson les paroles. C\u2019est l\u00e0, vraisemblablement, la marque de Satoshi Miyagi que de dissoudre les \u00ab\u00a0caract\u00e8res\u00a0\u00bb et ainsi d\u2019augmenter la force de percussion de la parole qui vient d\u2019ailleurs, du collectif et non de la seule \u00ab\u00a0bouche qui touche\u00a0\u00bb pour reprendre l\u2019expression \u00e0 Nancy et Lacoue-Labarthe.<br \/>\nEt tout cela, en sus de la sc\u00e8ne d\u2019ouverture qui est un r\u00e9sum\u00e9 d\u2019Antigone en fran\u00e7ais donn\u00e9 par des interpr\u00e8tes mi clown, mi pantomime qui sert de captatio benevolae\u2026 ou d\u2019une figure de vierge presque immobile pos\u00e9e sur un rocher tout le long du spectacle\u2026 donne \u00e0 voir un travail esth\u00e9tis\u00e9, parfaitement et plastiquement expos\u00e9.\u2028Reste, en d\u00e9finitive, l\u2019enjeu de tout cela\u2026 Et peut-\u00eatre le regret que Miyagi ne livre pas une lecture dramaturgique d\u2019Antigone o\u00f9 l\u2019on distinguerait ce que ce mythe lui raconte en propre, au-del\u00e0 de la belle image qu\u2019il fabrique et livre. Regret donc qu\u2019il n\u2019ait pas \u00e9t\u00e9 plus loin dans le rapport anthropophagique (au sens d\u2019Andrade) qu\u2019il d\u00e9crit dans le programme afin que le syncr\u00e9tisme qu\u2019il revendique ne soit de fait plus visible encore, plus pa\u00efen m\u00ealant art de l\u2019acteur, croyances et mouvements spirituels\u2026<br \/>\nAnthropophagie qui conduirait \u00e0 une mise en sc\u00e8ne s\u2019\u00e9cartant de l\u2019esth\u00e9tique nipponne trop reconnaissable.<br \/>\nAu final, la cour aura observ\u00e9 ce travail pr\u00e9cieux et aura en m\u00e9moire les petites lanternes \u00e9clair\u00e9es qui glissent sur l\u2019eau \u00e0 la fin d\u2019Antigone. Lumi\u00e8res de deuil qui s\u2019associaient au son du chant de cristal des verres qui \u00e9taient d\u00e8s le d\u00e9but audibles et qui referment la marche d\u2019Antigone. Effet luciole, en quelque sorte, o\u00f9 Antigone apparaissante c\u2019est aussi son anagramme qui la menace et surgit ( soit \u00ab\u00a0n\u00e9gation\u00a0\u00bb comme le rappellent les camarades de l\u2019insens\u00e9).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Du po\u00e8me de Sophocle Antigone, Satoshi Miyagi fait un coffret sonore et visuel plastiquement, sc\u00e9nographiquement, choralement, presque parfait. \u00ab\u00a0Beau\u00a0\u00bb, trop beau et \u00e9l\u00e9gant si ces adjectifs servent encore \u00e0 d\u00e9signer ce qui se donne au regard sans susciter d\u2019autres d\u00e9paysements plus critiques. &nbsp; D\u2019Antigones\u2026 \u00ab\u00a0A propos d\u2019Antigone tout est dit et l\u2019on vient trop tard. Aussi ne me risquerai-je pas \u00e0 une interpr\u00e9tation d\u2019ensemble de la trag\u00e9die\u00a0: il m\u2019importe de ne pas rouvrir les d\u00e9bats, illustres autant que balis\u00e9s, qui,<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"menu_order":0,"template":"","categorie_article":[27],"class_list":["post-1585","article","type-article","status-publish","hentry","categorie_article-critique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article\/1585","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article"}],"about":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/types\/article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1585"}],"wp:term":[{"taxonomy":"categorie_article","embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/categorie_article?post=1585"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}