


{"id":1641,"date":"2017-07-25T16:05:05","date_gmt":"2017-07-25T14:05:05","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/?p=1641"},"modified":"2017-07-25T16:05:05","modified_gmt":"2017-07-25T14:05:05","slug":"kalakuta-republik-you-always-need-a-poet","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/kalakuta-republik-you-always-need-a-poet\/","title":{"rendered":"Kalakuta Republik, you always need a poet"},"content":{"rendered":"<p>Au festival de Marseille, au Mucem, les spectateurs pouvaient d\u00e9couvrir Serge Coulibaly, chor\u00e9graphe du Burkina Faso, avec Kalakuta Republik. Un chor\u00e9graphe qui, apr\u00e8s \u00eatre pass\u00e9 chez Alain Platel et Sidi Larbi Cherkaoui, trouve sa place dans le cadre du Festival d\u2019Avignon, au Clo\u00eetre des C\u00e9lestins. Moment rythm\u00e9, sensuel, violent\u2026 et politique puisque la chor\u00e9graphie rend hommage \u00e0 Fela Kuti. Visible sur la sc\u00e8ne europ\u00e9enne tout au long de l\u2019ann\u00e9e 2017-2018.<br \/>\nVOIR EN LIGNE : Afro Beat Music<br \/>\nRetour ligne automatique<br \/>\n\u00a9 Christophe Raynaud de Lage<br \/>\nLe programme qui pr\u00e9sente Kalakuta Republik et fait entendre la parole de Serge Coulibaly y revient sans cesse : c\u2019est un geste politique. Il s\u2019agit de penser la pratique artistique, et ici l\u2019art chor\u00e9graphique, comme un engagement politique. Une mani\u00e8re de riposter aux autocraties et aux d\u00e9ficits de d\u00e9mocratie qui font l\u2019histoire de certains Etats o\u00f9 le peuple est spoli\u00e9 de sa repr\u00e9sentativit\u00e9 et subit, \u00e9conomiquement, les divers processus de corruption int\u00e9rieure (petits arrangements internes aux familles et aux clans) et externe (ing\u00e9rence des pays \u00e9trangers \u00e0 grand coup de pot de vin et de dessous de table). D\u00e9faillance du syst\u00e8me politique, comme au Burkina Faso ou le Nigeria (cit\u00e9s dans le programme), qui produit une mis\u00e8re et une injustice lesquels privent la jeunesse de tout horizon, de tout d\u00e9veloppement, et engendre des r\u00e9voltes l\u00e9gitimes. Kalakuta r\u00e9publik ou le nom d\u2019un bastion qui r\u00e9siste \u00e0 cet \u00e9tat de fait se regardera et s\u2019\u00e9coutera donc comme un manifeste politico-artistique, \u00e0 l\u2019endroit pr\u00e9cis\u00e9ment d\u2019un art qui ne se d\u00e9part plus de cette fonction ou qui est par nature politique. Geste qui a conduit Serge Coulibaly \u00e0 ouvrir son propre lieu dans sa ville natale Bobo Dioulasso. Lieu nomm\u00e9 Ankata. Traduisez \u00ab Allons-y \u00bb et qui sonne comme un appel \u00e0 la r\u00e9volte, \u00e0 l\u2019engagement, \u00e0 sortir de la torpeur.<br \/>\nKalakuta RepublikRetour ligne automatique<br \/>\nEst avant tout inspir\u00e9 de la vie de Fela Kuti, chanteur et saxophoniste de Jazz nigerian, porte parole de la contre-culture en Afrique de l\u2019Ouest, inventeur de l\u2019afrobeat (croisement des \u00e9l\u00e9ments afro-am\u00e9ricains du funk, de la soul, du jazz et de la musique traditionnelle africaine). Et c\u2019est par ailleurs le fondateur de la R\u00e9publique de Kalakuta, \u00e0 lagos, qui s\u2019oppose \u00e0 la dictature et \u00e0 la corruption. Insoumis au comportement impr\u00e9visible, Fela Kuti s\u2019est illustr\u00e9 par ses mariages, en une seule soir\u00e9e : 26 Queen comme il les nommera. Mais c\u2019est surtout un opposant farouche qui d\u00e9fend la libert\u00e9 et l\u2019autonomie de son peuple contre les multinationales comme aussi le pouvoir et la junte militaire. Plusieurs fois emprisonn\u00e9 et tortur\u00e9, comme lors de la sortie de son album antimilitariste Zombie, sa propri\u00e9t\u00e9 (Kalakuta Republik) est r\u00e9guli\u00e8rement visit\u00e9e par la police et les agents de s\u00e9curit\u00e9. Il est \u00e0 l\u2019image de Sandra Smith (militante des Black Panthers qu\u2019il a rencontr\u00e9) et de Malcom X. Dans son combat, il en vient \u00e0 fonder le lieu mythique de Le Shrine (le tombeau). Boite de nuit autant que club artistique o\u00f9 la musique et la danse sont l\u2019\u00e9quivalent du discours politique.<br \/>\nDans le clo\u00eetre des c\u00e9lestins, la formation de danseurs et danseuses de Coulibaly s\u2019organise sur des rythmes de funk, de soul et de Jazz. Le mouvement peut \u00eatre heurt\u00e9, appuy\u00e9, gymnique et acrobatique, digne de la performance d\u2019athl\u00e8te\u2026 et il est toujours l\u2019expression de quelque chose qui est sans nom, mais qui exige l\u2019endurance. Sur les visages, puis au second tableau, sur le corps, des marques de peintures jaune, bleu, rouge\u2026 comme autant de rappels des stigmates color\u00e9s qu\u2019arborait Fela Kuti. H\u00e9matomes ou peintures rituels, il est n\u00e9cessaire de conserver l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 afin que la danse, rituelle ou contemporaine puisse se constituer comme un acte de r\u00e9sistance sensuel, violent, langoureux. Danse qui ne fait pas oublier mais qui appelle les images vid\u00e9o de ville et populations, projet\u00e9es sur le mur. Sur le Saxo qui est l\u2019instrument dominant de ces performances chor\u00e9graphi\u00e9es, on regarde et on \u00e9coute\u2026 Retour ligne automatique<br \/>\n\u00ab \u00bb<br \/>\nKalakuta Republik &#8211; Serge Aim\u00e9 Coulibaly from Sara Vanderieck on Vimeo.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au festival de Marseille, au Mucem, les spectateurs pouvaient d\u00e9couvrir Serge Coulibaly, chor\u00e9graphe du Burkina Faso, avec Kalakuta Republik. Un chor\u00e9graphe qui, apr\u00e8s \u00eatre pass\u00e9 chez Alain Platel et Sidi Larbi Cherkaoui, trouve sa place dans le cadre du Festival d\u2019Avignon, au Clo\u00eetre des C\u00e9lestins. Moment rythm\u00e9, sensuel, violent\u2026 et politique puisque la chor\u00e9graphie rend hommage \u00e0 Fela Kuti. Visible sur la sc\u00e8ne europ\u00e9enne tout au long de l\u2019ann\u00e9e 2017-2018. VOIR EN LIGNE : Afro Beat Music Retour ligne automatique<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":1771,"menu_order":0,"template":"","categorie_article":[27],"class_list":["post-1641","article","type-article","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","categorie_article-critique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article\/1641","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article"}],"about":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/types\/article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1771"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1641"}],"wp:term":[{"taxonomy":"categorie_article","embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/categorie_article?post=1641"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}