


{"id":1657,"date":"2017-07-22T16:10:28","date_gmt":"2017-07-22T14:10:28","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/?p=1657"},"modified":"2017-07-22T16:10:28","modified_gmt":"2017-07-22T14:10:28","slug":"bildraum-la-chambre-du-regard","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/bildraum-la-chambre-du-regard\/","title":{"rendered":"Bildraum : la chambre du regard"},"content":{"rendered":"<div id=\"wysiwyg\">\n<div class=\"ajaxbloc ajax-id-wysiwyg bind-ajaxReload\" data-ajax-env=\"LSeWvtKgDXEQ+zXua7x5G9kDMeQ9u7QWc0Kmonz9yCFQTAKSyxeD3fVLq2DFJZ\/6jYGSVBIe0yke6UCpUgH\/uUMeGfjvXqyx3IXGe7pJM3wgBp7CN1Jiuv0wYzpV3fmTw6D\/d18eEHuDkLnbCAX5wjUQM4CVkbnfe5uU67P31zNksN49wtXPtXdOHp\/g+pg2nniKH8SCw\/c=\" data-origin=\".\/?exec=article&amp;id_article=557\" aria-live=\"polite\" aria-atomic=\"true\">\n<div class=\"champ contenu_chapo\">\n<div class=\"chapo\" dir=\"ltr\">\nLa photographe Charlotte Bouckaert et l\u2019architecte Steve Salembier nous entra\u00eenent dans une d\u00e9ambulation visuelle o\u00f9 chaque regard nous fait avancer d\u2019un pas dans un univers d\u2019une simplicit\u00e9 po\u00e9tique et curieuse.\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"champ contenu_texte\">\n<div class=\"texte\" dir=\"ltr\">\n&nbsp;<br \/>\n\u00ab\u00a0Techniciens de l\u2019imaginaire\u00a0\u00bb\u00a0: c\u2019est par cette expression que se d\u00e9finissent la photographe Charlotte Bouckaert et l\u2019architecte Steve Salembier, fondateurs de l\u2019Atelier Bildraum. Ayant tous deux quitt\u00e9 leur pratique pour se consacrer \u00e0 la cr\u00e9ation artistique, leur duo propose \u00e0 la sc\u00e8ne une visite de maquettes d\u2019architecte par le regard de la photographe dont les prises de vues se projettent unes \u00e0 unes sur un \u00e9cran situ\u00e9 au fond du plateau. En associant sons et images, ils autorisent le spectateur \u00e0 une r\u00eaverie \u00e0 partir de ces lieux miniatures dont on d\u00e9couvre peu \u00e0 peu les angles cach\u00e9s pour finir sur la vision d\u2019espaces ouverts et d\u00e9vast\u00e9s.<br \/>\nQuelques rep\u00e8res avant de d\u00e9buter\u00a0: l\u2019Atelier Bildraum est artiste associ\u00e9 chez LOD Muziektheater, une maison de production situ\u00e9e \u00e0 Gand (Belgique) qui, depuis 25 ans, se veut un v\u00e9ritable foyer de cr\u00e9ation pour l\u2019op\u00e9ra et le th\u00e9\u00e2tre musical et offre aux artistes un espace commun de cr\u00e9ation, un soutien et un accompagnement des projets sur le long terme. Parmi ces artistes, on retrouve quelques uns des grands noms de la cr\u00e9ation belge contemporaine\u00a0: Josse de Pauw, Dominique Pauwels, Kris Defoort, Guy Cassiers.. la liste est longue. Les deux artistes de l\u2019Atelier Bildraum pr\u00e9sentent \u00e0 la Patinoire de la Manufacture un travail minutieux et pr\u00e9cis reposant sur une installation astucieuse qui rejoue le travail de composition architectural et photographique et les entrem\u00eale pour construire une narration imaginaire.<br \/>\nSur le plateau sont dispos\u00e9s quelques socles sur lesquels reposent des maquettes inachev\u00e9es, petites bo\u00eetes blanches comme abandonn\u00e9es et dispers\u00e9es dans l\u2019espace vide. Un homme entre dans l\u2019obscurit\u00e9 et d\u00e9pose, avec un soin et un calme pr\u00e9cis, des petits accessoires blancs, un gradin miniature et un toit. La photographe appara\u00eet alors depuis le fond de la sc\u00e8ne et s\u2019agenouille pr\u00e8s de l\u2019ensemble. La photo qu\u2019elle prend se projette sur l\u2019\u00e9cran face aux spectateurs et d\u00e9bute une fl\u00e2nerie \u00e9trange dans ce lieu vid\u00e9 de toute pr\u00e9sence humaine visible. Pendant un peu moins d\u2019une heure, on se balade ainsi dans les recoins des diff\u00e9rentes maquettes, parfois au son d\u2019une musique compos\u00e9e par Steve Salembier et interpr\u00e9t\u00e9e \u00e0 la guitare \u00e9lectrique en direct, parfois avec des bruitages sonores qui comblent l\u2019absence de discours. Les deux artistes nous entra\u00eenent pas \u00e0 pas dans une maison d\u2019un blanc aseptis\u00e9 o\u00f9 semble se tenir un d\u00eener et o\u00f9 l\u2019ivresse l\u2019emporte rapidement, offrant des visions de plus en plus flout\u00e9es.<br \/>\nC\u2019est ainsi au spectateur de reconstituer une narration \u00e0 partir de ces regards de Charlotte Bouckaert dont on voit le reflet sur l\u2019\u00e9cran et \u00e0 partir aussi de ces sons que l\u2019on regrette parfois d\u2019\u00eatre trop illustratifs. Si le son ouvre l\u2019imaginaire, il le ferme \u00e9galement d\u00e8s lors qu\u2019il rencontre une image\u00a0: un bruit de pas accompagne la photo d\u2019un escalier, difficile de r\u00eaver \u00e0 autre chose qu\u2019une personne grimpant des marches. Reste que si certains moments proposent un cadre ferm\u00e9 \u00e0 l\u2019imaginaire du spectateur du fait de ces bruitages, les deux artistes ont l\u2019intelligence de faire surgir au fil de cette visite quelques \u00e9l\u00e9ments qui r\u00e9injectent du fantastique ou du moins qui intriguent et \u00e9chappent \u00e0 toute explication sonore. Et c\u2019est \u00e0 cet endroit que leur travail parvient \u00e0 dramatiser le regard photographique, en ce qu\u2019il fait partager ce que Cartier Bresson nommait l\u2019instant d\u00e9cisif\u00a0: celui o\u00f9 l\u2019on appuie sur le d\u00e9clencheur pour r\u00e9aliser la prise de vue. Tout au long de cette performance installation, le spectateur peut observer les gestes concentr\u00e9s de la photographe et, pendant quelques secondes, imaginer en lui-m\u00eame l\u2019apparence de la photo \u00e0 venir \u2013 image avec laquelle la photo projet\u00e9e fera toujours un \u00e9cart, or c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment dans cet espace invisible entre la photo telle qu\u2019elle avait \u00e9t\u00e9 fantasm\u00e9e par le spectateur et celle que le regard de Charlotte Bouckaert nous renvoie que se situe un espace de libert\u00e9.<br \/>\nOn croise ainsi au fil des photos une chambre mortuaire ou un bureau, un grenier que l\u2019on vide en un battement de paupi\u00e8re de tous ces meubles ou encore une piscine dans l\u2019eau de laquelle on plonge la t\u00eate. \u00c0 la f\u00eate aux invit\u00e9s soustraits \u00e0 notre regard succ\u00e8de un d\u00e9ferlement de balles de ping-pong puis de pierres qui d\u00e9truisent en une temp\u00eate \u00e9trange l\u2019ensemble de la maison. L\u2019architecte et la photographe nous font alors quitter ce lieu d\u00e9vast\u00e9 pour aller se perdre dans des espaces ouverts tout aussi abandonn\u00e9s, dans des reliefs fait de terre ou de sel. On se prend alors \u00e0 r\u00eaver de d\u00e9ambuler dans ces images gris\u00e9es aux contrastes parfaitement travaill\u00e9s tandis que la m\u00e9lodie r\u00e9p\u00e9titive et lancinante reprend \u00e0 la guitare. Le temps de ce spectacle, les deux artistes \u00e9mergents nous auront ainsi balad\u00e9 au fil de leurs regards et de leurs constructions miniatures et fait d\u00e9couvrir une po\u00e9sie que l\u2019on sera curieuse de poursuivre avec eux.\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"nettoyeur\"><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La photographe Charlotte Bouckaert et l\u2019architecte Steve Salembier nous entra\u00eenent dans une d\u00e9ambulation visuelle o\u00f9 chaque regard nous fait avancer d\u2019un pas dans un univers d\u2019une simplicit\u00e9 po\u00e9tique et curieuse. &nbsp; \u00ab\u00a0Techniciens de l\u2019imaginaire\u00a0\u00bb\u00a0: c\u2019est par cette expression que se d\u00e9finissent la photographe Charlotte Bouckaert et l\u2019architecte Steve Salembier, fondateurs de l\u2019Atelier Bildraum. 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