


{"id":1661,"date":"2017-07-21T16:11:38","date_gmt":"2017-07-21T14:11:38","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/?p=1661"},"modified":"2017-07-21T16:11:38","modified_gmt":"2017-07-21T14:11:38","slug":"the-great-tamer-un-monde-a-rever","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/the-great-tamer-un-monde-a-rever\/","title":{"rendered":"The Great Tamer, un monde \u00e0 r\u00eaver"},"content":{"rendered":"<div id=\"wysiwyg\">\n<div class=\"ajaxbloc ajax-id-wysiwyg bind-ajaxReload\" data-ajax-env=\"LSeWvtKgDXEQ+zVumgkJang+Wxbqi3SQAAHPTqjqqgCJnRFQRphQqDwqYbIwtSQgpR2MsTAemJozPDwAI+gd9JK7nvEZEkg7jpElpj0zx84O2lTMTXnCJj9\/oTwScAd\/pFS4r6EGJhdnkA4AEYSq0dnnVQ4X89F6eLKgHKCtKFFsZA8iZ0HON3dWuv7RTfvXeYT7E8SCw\/c=\" data-origin=\".\/?exec=article&amp;id_article=556\" aria-live=\"polite\" aria-atomic=\"true\">\n<div class=\"champ contenu_chapo\">\n<div class=\"chapo\" dir=\"ltr\">\nSi on pouvait seulement r\u00eaver\u00a0: pens\u00e9es fragment\u00e9es autour du spectacle de Dimitris Papioannou,\u00a0<i>The Great Tamer<\/i>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"champ contenu_texte\">\n<div class=\"texte\" dir=\"ltr\">\n<span class=\"spip_document_570 spip_documents spip_documents_center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/insense-scenes.net\/local\/cache-vignettes\/L500xH334\/arton556-39d38.jpg?1527601956\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"334\" \/><\/span><br \/>\nSur le chemin du retour de\u00a0<i>The Great Tamer<\/i>\u00a0de Dimitris Papaioannou, on se dit qu\u2019il ne faudrait pas \u00e9crire. Parce que les mots ne peuvent pas rendre compte de la beaut\u00e9 fragile de ce monde \u00e0 r\u00eaver qu\u2019il nous offre et nous fait partager pendant presque deux heures. Parce que tenter de circonscrire par les mots une \u00e9motion esth\u00e9tique est une entreprise perdue d\u2019avance.<\/p>\n<blockquote class=\"spip\"><p>La po\u00e9sie r\u00e9side dans les choses insignifiantes ou d\u00e9risoires, comme lorsqu\u2019on regarde un enfant jouer avec un caillou, une brindille.<\/p><\/blockquote>\n<p>Reprendre les mots du chor\u00e9graphe grec pour ne pas y substituer les siens, plus maladroits sans doute, encore troubl\u00e9s par la surprise et le plaisir de sentir se m\u00ealer en soi des imaginaires esth\u00e9tiques lointains appartenant \u00e0 l\u2019histoire de l\u2019art et une po\u00e9sie du quotidien. Ne pas \u00e9crire, ou du moins ne pas chercher \u00e0 organiser selon des logiques syntaxiques, analytiques ou litt\u00e9raires ces corps et ces regards des dix interpr\u00e8tes du chor\u00e9graphe grec. En particulier le regard de cet homme qui se tient allong\u00e9 sur le plateau alors que nous entrons dans la salle et contemple l\u2019absence de nuage dans les cintres. Lorsqu\u2019il se l\u00e8ve et prend place dans les deux chaussures noires fix\u00e9es \u00e0 l\u2019avant, c\u2019est vers nous qu\u2019il pose un regard tranquille, esquissant parfois un sourire. Quelques instants plus tard, alors que le spectacle commence, son corps nu sera tour \u00e0 tour recouvert d\u2019un voile mortuaire et r\u00e9v\u00e9l\u00e9 par le souffle d\u2019un panneau qu\u2019on laisse retomber au sol. N\u2019en rien dire de plus.<br \/>\nIl faudrait ne pas \u00e9crire pour ne pas rattacher chacune des images et chacun des instants \u00e0 des r\u00e9f\u00e9rences pr\u00e9cises, pour leur laisser la libert\u00e9 de ne pas \u00eatre dompt\u00e9s et de fl\u00e2ner encore dans l\u2019imagination du spectateur. En cherchant comment ne pas \u00e9crire, les images reviennent pourtant, dans le d\u00e9sordre et tissent entre elles des \u00e9chos, des reflets d\u00e9formants plut\u00f4t que des liens logiques \u2013 fa\u00e7on de rejouer ces actions d\u2019excavations qui structurent le spectacle sur notre propre m\u00e9moire de spectatrice.<br \/>\nCes images d\u00e9form\u00e9es, ce sont celles d\u2019un monde o\u00f9 les corps se d\u00e9font, s\u2019assemblent, s\u2019autopsient avant d\u2019\u00eatre servis pour un d\u00eener improvis\u00e9, sont enterr\u00e9s puis excori\u00e9s du sol par des cosmonautes. O\u00f9 les corps sont des statues grecques que l\u2019on fait avancer avec des souffles, des statues que l\u2019on brise en les prenant dans ses bras pour lib\u00e9rer un adolescent qui, dans son jogging trop grand, nous remercie alors d\u2019une poign\u00e9e de main et s\u2019en va tranquille. Un monde o\u00f9 des racines poussent aux semelles de chaussures qu\u2019il faudra alors planter dans des grands pots. Un monde o\u00f9 pour planter un champ de bl\u00e9, on envoie telles des fl\u00e8ches des \u00e9pis qui se figent dans le sol recouvrant le corps d\u2019un homme nu, \u00e9pis que l\u2019on ramasse ensuite avec patience et que l\u2019on d\u00e9pose en gerbe dans un pot. Un monde encore o\u00f9 la nudit\u00e9 se d\u00e9fait encore de lambeaux de peau pour nourrir ceux qui se tiennent \u00e0 genoux autour d\u2019elle. Un monde o\u00f9 \u00e0 la vitalit\u00e9 de ces corps de danseurs \u00e9quilibristes, o\u00f9 \u00e0 la beaut\u00e9 des reflets de l\u2019eau sur la jeunesse d\u2019un corps fait \u00e9cho un squelette sorti du sol qui viendra, sous l\u2019action de la gravit\u00e9, compl\u00e9ter une vanit\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e au seuil du plateau.<br \/>\nD\u00e9poser alors sa propre vanit\u00e9 d\u2019\u00e9criture et s\u2019arr\u00eater l\u00e0.\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"nettoyeur\"><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Si on pouvait seulement r\u00eaver\u00a0: pens\u00e9es fragment\u00e9es autour du spectacle de Dimitris Papioannou,\u00a0The Great Tamer Sur le chemin du retour de\u00a0The Great Tamer\u00a0de Dimitris Papaioannou, on se dit qu\u2019il ne faudrait pas \u00e9crire. 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