


{"id":1667,"date":"2017-07-21T16:13:32","date_gmt":"2017-07-21T14:13:32","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/?p=1667"},"modified":"2017-07-21T16:13:32","modified_gmt":"2017-07-21T14:13:32","slug":"grensgeval-ou-le-chemin-de-croix-du-regard","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/grensgeval-ou-le-chemin-de-croix-du-regard\/","title":{"rendered":"Grensgeval ou le chemin de croix du regard"},"content":{"rendered":"<div id=\"wysiwyg\">\n<div class=\"ajaxbloc ajax-id-wysiwyg bind-ajaxReload\" data-ajax-env=\"LSesutKwDbEQqzviTlIj\/UT73BFgmX2uMurq384kxUPNpH0PCXAf1jL5mKwWy5JZFoHuPOj2WEvkSNuhHMr53MHgOZW\/tX7oV6vevbC+brzJ9zpYvRTia\/vbhG5JD6CCXmz1rDfHJiv0kRXYCAX5wjUYM4CVkbmfe80vCpVfye2QXzipuKPLOLRPx31IDjeyzkEyIIi\/xfU=\" data-origin=\".\/?exec=article&amp;id_article=553\" aria-live=\"polite\" aria-atomic=\"true\">\n<div class=\"champ contenu_chapo\">\n<div class=\"chapo\" dir=\"ltr\">\nEn trois tableaux, le metteur en sc\u00e8ne flamand Guy Cassiers et la chor\u00e9graphe Maud Le Pladec proposent un spectacle qui rejoue l\u2019impossibilit\u00e9 pour l\u2019Europe d\u2019accueillir le regard et la parole des r\u00e9fugi\u00e9s.\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"champ contenu_texte\">\n<div class=\"texte\" dir=\"ltr\">\n<span class=\"spip_document_563 spip_documents spip_documents_center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/insense-scenes.net\/local\/cache-vignettes\/L500xH222\/170717_rdl_0393-2-a9340.jpg?1527601959\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"222\" \/><\/span><br \/>\nDans la pratique catholique, le chemin de croix est un acte d\u00e9votionnel priv\u00e9 ou communautaire qui consiste \u00e0 revivre, par le regard pos\u00e9 sur les tableaux, la passion du Christ. Un des enjeux principaux de l\u2019histoire de la peinture fut d\u00e8s lors d\u2019interroger et de dramatiser ce regard pos\u00e9 sur le divin pour susciter tant\u00f4t de la piti\u00e9, de la terreur ou pour favoriser une lisibilit\u00e9 en usant de diff\u00e9rents types de perspective.\u00a0<i>Grensgeval (Borderline)<\/i>\u00a0de Guy Cassiers rejoue en trois stations cette dramatisation du regard vers le divin et interroge de ce fait notre propre regard pos\u00e9 ou d\u00e9tourn\u00e9 de ces migrants innombrables dont les m\u00e9dias capturent l\u2019image. \u00c0 partir du texte d\u2019Elfriede Jelinek,\u00a0<i>Les Suppliants<\/i>\u00a0(Arche, 2013) et en collaboration avec la chor\u00e9graphe Maud Le Pladec, il propose un spectacle court (1h15) qui entra\u00eene le spectateur sur un v\u00e9ritable chemin de croix du regard.<br \/>\nLe premier temps est celui d\u2019une perspective invers\u00e9e o\u00f9 les quatre acteurs de Guy Cassiers, seuls \u00e0 avoir la parole, posent des regards d\u00e9multipli\u00e9s par des effets de superposition d\u2019image sur les danseurs rejouant au centre du plateau la d\u00e9rive d\u2019un bateau de migrants. Le spectacle d\u00e9bute ainsi avec une voix qui chante doucement sail away tandis que Katelijne Damen, Abke Harin, Han Kerckhoffs et Lukas Smolders entrent en tenue n\u00e9glig\u00e9e sur le plateau et s\u2019installent autour d\u2019une table plac\u00e9e \u00e0 jardin, chacun pr\u00e9sentant \u00e0 l\u2019autre son profil et faisant face \u00e0 une petite cam\u00e9ra et un \u00e9cran. \u00c0 l\u2019autre bout du plateau, quinze danseurs entrent un \u00e0 un dans l\u2019espace central du plateau et s\u2019y allongent, pla\u00e7ant sur leur dos de longues poutres comme les lattes d\u2019un navire qu\u2019on aurait d\u00e9membr\u00e9. Tandis que les voix sonoris\u00e9es des acteurs se font entendre, apparaissent sur la toile tendue du fond les visages d\u00e9doubl\u00e9s de chacun des acteurs en gros plan. Sous le regard de ces visages en noir et blanc devenus monumentaux, les danseurs bougent doucement et jouent avec l\u2019\u00e9quilibre instable de ces lourdes poutres, de ces croix qu\u2019ils doivent porter. Le premier tableau propos\u00e9 par Guy Cassiers met ainsi en sc\u00e8ne ces regards que l\u2019\u00e9cran multiple et confond par la superposition des visages des quatre acteurs. Regards divins vers ces corps qui peinent \u00e0 atteindre l\u2019\u00e9quilibre et dont les mouvements lents luttent avec pr\u00e9caution contre la houle d\u2019une mer froide et noire. Les mots de Jelinek tant\u00f4t d\u00e9crivent ce qui se tient sous ces regards tant\u00f4t s\u2019adressent \u00e0 eux, tant\u00f4t parlent \u00e0 leur place. Ces migrants au dos courb\u00e9s n\u2019ont pas encore acquis de singularit\u00e9, ils ne sont qu\u2019une masse mouvante anonyme dans l\u2019obscurit\u00e9 que les regards comme la parole \u00e9crasent.\u00a0<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"br-auto\" title=\"Retour ligne automatique\" src=\"http:\/\/insense-scenes.net\/local\/cache-vignettes\/L10xH10\/br-auto-10-8beb9.png?1527587285\" alt=\"Retour ligne automatique\" width=\"10\" height=\"10\" \/><br class=\"autobr\" \/>L\u2019offrande d\u2019une jeune fille, de v\u00eatements, et les voil\u00e0 qui se redressent peu \u00e0 peu et s\u2019amassent en un coin du plateau. Seule une des actrices, Kateljine Damen, s\u2019approche d\u2019eux pour les observer. Aucun \u00e9change de regard possible encore, aucune parole de ces migrants qui touchent enfin la terre ferme et se mettent soudain \u00e0 danser en des mouvements brusques, ramass\u00e9s et que rythme le son de leur v\u00eatements et de leur respiration saccad\u00e9e. Leurs premiers mots seront donc ceux d\u2019un souffle haletant qui lutte pour trouver une dignit\u00e9 sous le poids des regards divins et de ceux des spectateurs, forc\u00e9s de faire des allers-retours entre les surtitres \u00e9crasants \u2013 le texte est dense et ininterrompu, on doit parfois s\u2019en d\u00e9faire pour mieux voir \u2013, ces acteurs plac\u00e9s au bord et ces corps rampants. Une dignit\u00e9 des corps migrants qui peine \u00e0 s\u2019imposer dans cette premi\u00e8re partie tant les \u00e9crasent ces visages en gros plans et cette excessive parole qui m\u00eale les adresses\u00a0: vous\/nous\/ils d\u00e9j\u00e0 s\u2019entrem\u00ealent de sorte que l\u2019on ne sait plus qui parle \u00e0 qui, qui parle au nom de qui et de qui. Face \u00e0 un tel surplomb du regard, le spectateur se retrouve confront\u00e9 \u00e0 sa propre position de surplomb, lui qui est bien assis de face et qui observe ces corps pr\u00e9sent\u00e9s comme des objets esth\u00e9tiques \u00e0 contempler et \u00e0 d\u00e9tailler avec effort en d\u00e9pit des couches de v\u00eatements qui les recouvrent.<br \/>\nL\u2019\u00e9cran qui servait de toile de fond se l\u00e8ve alors pour d\u00e9couvrir, lentement et sous le regard des seuls acteurs \u2013 les danseurs fixent toujours un point fixe et invisible devant eux, un point de fuite situ\u00e9 non pas derri\u00e8re les spectateurs mais de c\u00f4t\u00e9 de sorte que l\u2019on ne croise pas leurs regards \u2013, une multitude d\u2019\u00e9crans enchev\u00eatr\u00e9s les uns dans les autres. Ce sera le deuxi\u00e8me temps de ce spectacle, celui de l\u2019agonie. D\u2019une perspective invers\u00e9e mettant en sc\u00e8ne l\u2019\u00e9crasement du regard divin, Cassiers passe alors \u00e0 une multiplication des directions du regard, \u00e0 tel point que l\u2019on s\u2019y perd. Cherchant \u00e0 rejouer ce \u00ab\u00a0trop-plein d\u2019images et d\u2019informations\u00a0\u00bb qui caract\u00e9rise la soci\u00e9t\u00e9 contemporaine, le metteur en sc\u00e8ne multiplie les points de vue sans jamais en choisir aucun. Plus de visages surplombants \u2013 un des acteurs d\u00e9barrasse tranquillement le mat\u00e9riel vid\u00e9o utilis\u00e9 dans la premi\u00e8re partie tandis que le \u00ab\u00a0spectacle\u00a0\u00bb se d\u00e9roule pr\u00e8s de lui, comme si cela ne le concernait plus \u2013, des corps qui, enfin, se m\u00ealent\u00a0: acteurs et danseurs se croisent, s\u2019agglutinent parfois comme lorsque Kateljine Damen se tient face au public, \u00e0 l\u2019avant-sc\u00e8ne, et que les corps des migrants s\u2019entassent \u00e0 ses pieds, tels des corps agonisants, suppliants, puis des cadavres encore anim\u00e9s de quelques spasmes. Et pourtant, elle reste droite.<br \/>\nQue pensez alors de cette image, que penser de ce coup de pied donn\u00e9 \u00e0 un des corps par Abke Haring, la seconde actrice qui les rejoint\u00a0? Comment recevoir, surtout, cette esth\u00e9tisation d\u2019une agonie au premier plan tandis qu\u2019\u00e0 l\u2019arri\u00e8re les \u00e9crans diffusent ces images qui tournent en boucle depuis le d\u00e9but de cette \u00ab\u00a0crise migratoire\u00a0\u00bb sans que jamais un visage ou un corps \u2013 un individu en d\u00e9finitive \u2013 puisse \u00eatre distingu\u00e9 ou reconnu\u00a0? Les danseurs se rel\u00e8vent et entament une danse d\u00e9brid\u00e9e sur une musique \u00e9lectronique de bo\u00eete de nuit, comme s\u2019il s\u2019agissait de se d\u00e9cha\u00eener soudain, de r\u00e9affirmer la capacit\u00e9 \u00e0 se mouvoir de ces corps auparavant rampants. Tout en dansant, certains sortent leurs t\u00e9l\u00e9phones et se prennent en photo. Opposition entre les images anonymes des m\u00e9dias et ces t\u00e9l\u00e9phones qui contiennent des vies enti\u00e8res, seuls t\u00e9moins des personnes quitt\u00e9es, perdues, tu\u00e9es. \u00ab\u00a0Attention, la dignit\u00e9 humaine arrive, la voil\u00e0\u00a0!, vite, prenez-l\u00e0 en photo avant qu\u2019elle ne disparaisse\u00a0!\u00a0\u00bb dit le texte de Jelinek. Mais que fixent ces image et ces photos prises autant par les migrants et r\u00e9fugi\u00e9s que par les occidentaux, journalistes ou passants\u00a0? Prendre vite la photo de ce corps d\u2019enfant mort sur la berge au risque qu\u2019un autre, \u00e0 l\u2019agonie, meurt entre temps. Les corps des danseurs et des acteurs se m\u00ealent sans pour autant se confondre, les acteurs dansent, eux-aussi, mais sans se d\u00e9faire d\u2019une d\u00e9synchronisation qui les maintient \u00e0 l\u2019\u00e9cart de ces corps de migrants. Puissance d\u2019un regard soudain, qu\u2019une des danseuse adresse tout en dansant sur place \u00e0 Kateljine Damen tandis que celle-ci les observe avec une curiosit\u00e9 quasi touristique. Peut-\u00eatre le d\u00e9but, l\u00e0, d\u2019une dignit\u00e9.<br \/>\nDignit\u00e9 des r\u00e9fugi\u00e9s obscurcie donc, qui plut\u00f4t que de s\u2019imposer et d\u2019\u00eatre brandie de fa\u00e7on militante par la mise en sc\u00e8ne de Guy Cassiers, est \u00e0 chercher dans ce qui est rendu invisible et mis sous silence. Alors que les acteurs d\u00e9tiennent seuls la parole, les l\u00e8vres des migrants assis face \u00e0 nous bougent de fa\u00e7on imperceptible. Exercice de ventriloquie collective et silencieuse\u00a0: ces voix des acteurs sont doubl\u00e9es par celles que les r\u00e9fugi\u00e9s ne font pas entendre, celles que la surabondance d\u2019image rend inaudibles, celles que les occidentaux refusent d\u2019entendre. Un \u00e0 un, les danseurs tournent le dos jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019un seul, encore, double du mouvement de ses l\u00e8vres la parole d\u2019un des acteurs. On pense alors \u00e0 ces r\u00e9cits que les passeurs construisent pour les r\u00e9fugi\u00e9s que l\u2019administration europ\u00e9enne \u00e9coutera alors, cherchant \u00e0 d\u00e9celer une v\u00e9rit\u00e9 sous la fiction, d\u00e9sirant surtout une v\u00e9rit\u00e9 qui convienne, qui soit acceptable et recevable.<\/p>\n<blockquote class=\"spip\"><p>Nous serions pr\u00eats \u00e0 raconter avec prudence, comme il convient aux \u00e9trangers, que nous avons fui sans que nos mains ne se tachent de sang, nous serions fin pr\u00eats \u00e0 le raconter \u00e0 tout un chacun, nul besoin que ce soit un suppl\u00e9ant, nous le ferions, parole d\u2019honneur, nous le raconterions \u00e0 tout le monde, nous le raconterions \u00e0 tous ceux qui voudraient bien l\u2019entendre, mais personne ne le veut<\/p><\/blockquote>\n<p>L\u2019agonie est ainsi celle des corps aussi bien que de la parole individuelle, celle qui lutte avec ses contradictions, ses changements d\u2019opinion et de points de vue \u00ab\u00a0m\u00eame en parlant des autres dans un d\u00e9sir d\u2019entraide, nous ne voyons que nous-m\u00eames dans le miroir\u00a0\u00bb dit Cassiers dans l\u2019entretien du programme. Et c\u2019est face \u00e0 ce paradoxe, \u00e0 cette impossibilit\u00e9 pour les occidentaux de sortir de l\u2019auto-centrisme que le metteur en sc\u00e8ne cherche \u00e0 placer le spectateur en le plongeant dans une surabondance d\u2019images telle que notre regard \u00e9choue \u00e0 saisir les individualit\u00e9s et les d\u00e9tails. Les \u00e9crans du fond s\u2019\u00e9teignent et le silence se fait tandis que des murs s\u2019\u00e9l\u00e8vent lentement tout autour du plateau. Ce sera le troisi\u00e8me tableau\u00a0: la mise au tombeau.<br \/>\nUne comptine r\u00e9sonne tandis que tous sont au sol et qu\u2019une lumi\u00e8re rasante \u00e9claire les morceaux de chair qui se d\u00e9coupent parmi les v\u00eatements. Une comptine qui offre un cercueil orn\u00e9 d\u2019un nounours \u00e0 un enfant comme seule r\u00e9ponse aux suppliants. Qui supplier alors\u00a0? Les regards sont tourn\u00e9s cette fois vers les cintres, comme vers une divinit\u00e9 qui se tiendrait au-dessus de leur t\u00eate dans ce plateau devenu \u00e9glise. Le mur \u00e0 jardin laisse passer dans un entreb\u00e2illement un filet de lumi\u00e8re, vers lequel les danseurs portent alors l\u2019un d\u2019entre eux. Espoir d\u2019une sortie de l\u2019obscurit\u00e9 anonyme qui est imm\u00e9diatement fig\u00e9 en une image qu\u2019aucune photo ne viendra conserver.<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"br-auto\" title=\"Retour ligne automatique\" src=\"http:\/\/insense-scenes.net\/local\/cache-vignettes\/L10xH10\/br-auto-10-8beb9.png?1527587285\" alt=\"Retour ligne automatique\" width=\"10\" height=\"10\" \/><br class=\"autobr\" \/>La mise au tombeau prend fin alors que tous, acteurs et danseurs se retrouvent enfin debout en une ligne qui fait face au spectateur et le d\u00e9fie du regard. La lumi\u00e8re d\u00e9coupe leur corps au niveau de la nuque, telle une d\u00e9capitation collective. En une derni\u00e8re image, c\u2019est ainsi vers nous que se portent les regards des suppliants. Les dieux aux visages surplombants ont c\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019obscurit\u00e9 d\u2019un ciel qui donne des cercueils comme seule r\u00e9ponse de sorte qu\u2019il faut trouver un autre point de fuite pour le regard, d\u2019autres personnes \u00e0 qui adresser des pri\u00e8res. Et le spectateur de se sentir soudain pris, lui aussi, face \u00e0 l\u2019impossibilit\u00e9 de soutenir ces regards trop silencieux des danseurs et de contempler, plut\u00f4t la beaut\u00e9 de l\u2019image construite par Cassiers. Peu \u00e0 peu, les corps s\u2019effondrent sur le sol, en silence toujours tandis que les acteurs continuent \u00e0 parler en lieu et place des r\u00e9fugi\u00e9s et font entendre leur disparition sous le poids des images et des discours occidentaux.<\/p>\n<blockquote class=\"spip\"><p>nous voulions juste regarder, oui, et l\u2019avenir nous le voyons d\u00e9j\u00e0, oui, celui-l\u00e0, l\u00e0-bas, dans une solitude encore plus obscure, dites-nous au nom de quoi devons-nous encore supplier et surtout, pourquoi\u00a0? Et qui\u00a0? Que nous soit rendue une juste sentence, c\u2019est ce pour quoi nous prions, que soit exauc\u00e9e ma pri\u00e8re d\u2019une escorte libre, d\u2019un destin vainqueur, d\u2019un meilleur destin, mais \u00e7a n\u2019arrivera pas. \u00c7a n\u2019arrivera pas. \u00c7a n\u2019existe pas. Nous ne sommes m\u00eame pas l\u00e0. Nous sommes venus, mais nous ne sommes pas l\u00e0.<\/p><\/blockquote>\n<p><span class=\"spip_document_564 spip_documents spip_documents_center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/insense-scenes.net\/local\/cache-vignettes\/L500xH333\/170717_rdl_0467-3-3b72d.jpg?1527601959\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" \/><\/span>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"nettoyeur\"><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En trois tableaux, le metteur en sc\u00e8ne flamand Guy Cassiers et la chor\u00e9graphe Maud Le Pladec proposent un spectacle qui rejoue l\u2019impossibilit\u00e9 pour l\u2019Europe d\u2019accueillir le regard et la parole des r\u00e9fugi\u00e9s. Dans la pratique catholique, le chemin de croix est un acte d\u00e9votionnel priv\u00e9 ou communautaire qui consiste \u00e0 revivre, par le regard pos\u00e9 sur les tableaux, la passion du Christ. 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