


{"id":1687,"date":"2017-07-19T16:19:37","date_gmt":"2017-07-19T14:19:37","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/?p=1687"},"modified":"2017-07-19T16:19:37","modified_gmt":"2017-07-19T14:19:37","slug":"20-novembre-une-histoire-pour-qui","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/20-novembre-une-histoire-pour-qui\/","title":{"rendered":"20 Novembre : une histoire pour qui"},"content":{"rendered":"<div id=\"wysiwyg\">\n<div class=\"ajaxbloc ajax-id-wysiwyg bind-ajaxReload\" data-ajax-env=\"LSeWvpKwDXEQizsUdcZ5G2HdqARqnVX9WTVqmt3Iikkoa6jqUJGIyJsdbOgqqW2f0TUW0\/byTWgGaC8tllyd9ZA7HfLth9qsHpMnuXcPpcbDcKE3SmHCpr\/\/rh3ScAdPVFW4r10FJhdkkHwYEYRm0LVj+Hn4+6nm+SXLAqkO7wybV\/vA2fjuce9QxdITQKE+RHPBiJjUAQ==\" data-origin=\".\/?exec=article&amp;id_article=542\" aria-live=\"polite\" aria-atomic=\"true\">\n<div class=\"champ contenu_chapo\">\n<div class=\"chapo\" dir=\"ltr\">\n<strong>Lena Paugam met en sc\u00e8ne\u00a0<i>20 novembre<\/i>\u00a0de Lars Nor\u00e9n. Cela se joue dans le Festival off d\u2019Avignon 2017 \u00e0 la Manufacture. Un projet initialement pr\u00e9vu pour le milieu scolaire qui voudrait \u00ab\u00a0ouvrir un d\u00e9bat\u00a0\u00bb. Entre provocation et volont\u00e9 de pens\u00e9e critique, il n\u2019est pas s\u00fbr que ce soit l\u2019ordre \u00e9tabli qui en sorte vainqueur.<\/strong>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"champ contenu_texte\">\n<div class=\"texte\" dir=\"ltr\">\n<span class=\"spip_document_548 spip_documents spip_documents_center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/insense-scenes.net\/local\/cache-vignettes\/L343xH348\/lena-paugam_copie-ec488.jpg?1527601968\" alt=\"\" width=\"343\" height=\"348\" \/><\/span><br \/>\n<i>20 novembre<\/i>\u00a0mis en sc\u00e8ne par Lena Paugam fonctionne sur une sorte de dramaturgie de prise d\u2019otage. La peur probable des victimes du tueur est transpos\u00e9e sur l\u2019acte sc\u00e9nique. Le public est assis dans une salle de classe r\u00e9elle, l\u2019acteur jouant le tueur tourne autour et s\u2019adresse au public, lui demande, de temps en temps, de r\u00e9pondre \u00e0 des questions. Apr\u00e8s que la salle a r\u00e9pondu, sans le savoir, plus ou moins \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9, par un oui \u00e0 la guerre totale, ou, comme dit le camarade, pour simplement \u00ab\u00a0jouer le jeu\u00a0\u00bb, il y r\u00e8gne la peur de dire des conneries ou des atrocit\u00e9s. L\u2019arbitraire du choix des victimes met en alerte la salle. Que vais-je dire, que vais-je faire s\u2019il me demande quelque chose\u00a0?<br \/>\nLe spectacle s\u2019est cr\u00e9\u00e9 en immersion dans un lyc\u00e9e \u00e0 St-Brieuc et a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u pour \u00eatre jou\u00e9 dans les \u00e9coles notamment. Lena Paugam voudrait \u00ab\u00a0proposer l\u2019ouverture d\u2019un d\u00e9bat avec les spectateurs\u00a0\u00bb sur les th\u00e8mes abord\u00e9es dans la pi\u00e8ce de Lars Nor\u00e9n.<br \/>\nSurgit alors la question\u00a0: quelle politique du spectateur se trouve derri\u00e8re un proc\u00e9d\u00e9 de cette sort\u00a0? La mise en sc\u00e8ne se voudrait-elle une sorte de provocation pour que les spectatrices et spectateurs r\u00e9agissent et tentent de probl\u00e9matiser quelque chose\u00a0? Que nous sommes des moutons, que nous ne r\u00e9fl\u00e9chissons pas par nous-m\u00eame puisque la majorit\u00e9 de la salle dit oui \u00e0 la guerre totale\u00a0? Ce serait inverser r\u00e9alit\u00e9 et th\u00e9\u00e2tre. D\u2019ailleurs la preuve\u00a0: le public n\u2019est pas dupe, car quand il s\u2019agit de chantonner avec l\u2019acteur\u00a0<i>l\u2019hymne \u00e0 la joie<\/i>\u00a0pour soutenir sa barbarie, personne n\u2019ouvre plus la bouche. Le \u00ab\u00a0vous \u00eates tous responsable de ce monde de merde\u00a0\u00bb est ici transpos\u00e9 en obligeant le spectateur \u00e0 \u00eatre complice en tenant, par exemple, la cam\u00e9ra. Certain.e.s refusent, mais que d\u2019autres le font ne rel\u00e8ve que de la situation th\u00e9\u00e2trale. Peut-\u00eatre cette mise en sc\u00e8ne se voudrait alors une sorte d\u2019\u00e9ducation de spectateur qui l\u2019invite \u00e0 ne plus se satisfaire d\u2019\u00e9couter des histoires, d\u2019\u00e9couter des gens qui parlent devant lui, d\u2019abolir cette situation th\u00e9\u00e2trale qui s\u00e9pare la sc\u00e8ne de la salle\u2026 d\u00e8s lors, cependant,\u00a0<i>20 novembre<\/i>\u00a0n\u2019aura plus lieu. Il suffirait de se lever.<br \/>\nCe serait encore le mieux qui pourrait arriver. La barbarie de l\u2019acte de S\u00e9bastian Bosse et son discours pseudo-r\u00e9volutionnaire, une accusation de ce monde o\u00f9 le sentiment d\u2019absurdit\u00e9, de non-sens, o\u00f9 le sentiment que les formes de vie majoritaires ne peuvent nous proposer ni une bonne vie, ni une belle vie, o\u00f9 ces sentiments sont probablement largement partag\u00e9s, sa barbarie et son simplisme, dis-je, deviennent un argument pour les mod\u00e9r\u00e9s de l\u2019ordre \u00e9tabli. Une extr\u00eame droite, pubertaire, invalide tout projet de fonder autrement, de mani\u00e8re radicale, la vie et ce monde, m\u00eame si c\u2019est \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 du spectre politique. \u00c7a, c\u2019est connu. Ceci se v\u00e9rifie \u00e0 un petit mot\u00a0: \u00ab\u00a0anarchie\u00a0\u00bb, qui devient ici une dystopie o\u00f9 chacun.e se d\u00e9fend avec une arme et tue quand il veut, quand il peut. Que le projet de l\u2019anarchie n\u2019a rien \u00e0 voir avec cela est inutile de dire. Que ce projet politique prend \u00e0 nouveau une baffle avec Le 20 novembre est probablement une probl\u00e9matique peu th\u00e9matis\u00e9e. Ainsi se risque Le 20 novembre en voulant provoquer une pens\u00e9e critique, paradoxalement, \u00e0 soutenir les causes de la barbarie de cet adolescent exclu, c\u2019est-\u00e0-dire la normativit\u00e9 de notre soci\u00e9t\u00e9 et la violence de celle-ci.<br \/>\n\u00c0 la fin se l\u00e8ve une musique, quelques notes en majeur, peut-\u00eatre, comme pour clore en disant que ce n\u2019\u00e9tait qu\u2019une histoire. That\u2019s it.<\/p>\n<blockquote class=\"spip\"><p>\u00ab\u00a0otage n.\u00a0m. ostage 1080, aussi \u00ab\u00a0logement, demeure\u00a0\u00bb\u00a0; de oste \u00ab\u00a0h\u00f4te\u00a0\u00bb, les otages \u00e9tant d\u2019abord log\u00e9s chez le souverain\u00a0\u00bb (Petit Robert 2005)<\/p><\/blockquote>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"nettoyeur\"><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lena Paugam met en sc\u00e8ne\u00a020 novembre\u00a0de Lars Nor\u00e9n. Cela se joue dans le Festival off d\u2019Avignon 2017 \u00e0 la Manufacture. Un projet initialement pr\u00e9vu pour le milieu scolaire qui voudrait \u00ab\u00a0ouvrir un d\u00e9bat\u00a0\u00bb. Entre provocation et volont\u00e9 de pens\u00e9e critique, il n\u2019est pas s\u00fbr que ce soit l\u2019ordre \u00e9tabli qui en sorte vainqueur. 20 novembre\u00a0mis en sc\u00e8ne par Lena Paugam fonctionne sur une sorte de dramaturgie de prise d\u2019otage. 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