


{"id":1706,"date":"2017-07-18T16:24:32","date_gmt":"2017-07-18T14:24:32","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/?p=1706"},"modified":"2017-07-18T16:24:32","modified_gmt":"2017-07-18T14:24:32","slug":"un-couteau-dans-la-plaie","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/un-couteau-dans-la-plaie\/","title":{"rendered":"Un couteau dans la plaie"},"content":{"rendered":"<div id=\"wysiwyg\">\n<div class=\"ajaxbloc ajax-id-wysiwyg bind-ajaxReload\" data-ajax-env=\"LSeQutKwDbEQqzta3tF5G3lnKsz1qP4cYN3yq1rPVwkzTQIihI4vrwOHSNUDqnh5n8dNYC+yEznrQW8bKyDroFnoe1W\/1RtBUp+GW5L4bO5\/sqmejxzlavZJtbk7VT94Oe0hns9FKlkPnV3LWbSwjwyVSbWxHnnyds2pFYdni77YGg8iZ8fMNXdW0s5UEMyFRZxuBmKcRPU=\" data-origin=\".\/?exec=article&amp;id_article=531\" aria-live=\"polite\" aria-atomic=\"true\">\n<div class=\"champ contenu_chapo\">\n<div class=\"chapo\" dir=\"ltr\">\nQuelle gageure\u00a0! Un jeune metteur en sc\u00e8ne et sa compagnie tentent de greffer une veine horrifique, habituellement cantonn\u00e9e dans les f\u00eates foraines, au corps d\u2019une esth\u00e9tique recherch\u00e9e et d\u2019une fable kafka\u00efenne. Prodige, la cr\u00e9ature tient debout et vaut le coup d\u2019oeil&#8230;\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"champ contenu_texte\">\n<div class=\"texte\" dir=\"ltr\">\n<span class=\"spip_document_517 spip_documents spip_documents_center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/insense-scenes.net\/local\/cache-vignettes\/L500xH200\/le-chien-la-nuit-et-le-couteau-munstrum-theatre-0b374.jpg?1527601981\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"200\" \/><\/span><br \/>\nD\u00e8s l\u2019installation du public dans une patinoire mu\u00e9e en salle de repr\u00e9sentation et d\u00e8s les premiers moments du spectacle, l\u2019ambiance peut rappeler certaines pi\u00e8ces de Jo\u00ebl Pommerat (<i>La R\u00e9unification des deux Cor\u00e9es<\/i>\u00a0par exemple)\u00a0: deux gradins qui se font face et m\u00e9nagent un espace sc\u00e9nique propice au d\u00e9fil\u00e9 des acteurs, absence de d\u00e9cor autre que la suggestion des lumi\u00e8res, de la fum\u00e9e ou de quelques accessoires (chaises, lit superpos\u00e9, grille de caniveau&#8230;), encha\u00eenement de s\u00e9quences qui flirtent avec le fantastique, diffusion de quelques morceaux de musique (<i>To Bring You My Love<\/i>de PJ Harvey&#8230;), r\u00e9f\u00e9rence aux films de David Lynch&#8230;<br \/>\nCependant, la pi\u00e8ce du dramaturge allemand et le type de jeu d\u00e9ploy\u00e9 par les acteurs (Lionel Lingelser, Fran\u00e7ois Praud et Sophie Botte \u2013 en alternance avec Victoire du Bois) n\u2019ont rien \u00e0 voir avec l\u2019univers de Pommerat. Apr\u00e8s avoir mang\u00e9 des moules en plein mois d\u2019ao\u00fbt, M.\u00a0(initiale de Mayenburg qui s\u2019inspire aussi de Kafka et de Fritz Lang) se retrouve plong\u00e9 dans un monde cauchemardesque o\u00f9 il croise des personnages \u00e9tranges\u00a0: un vagabond avec son chien, deux jumelles, un policier, une avocate, un prisonnier, une infirmi\u00e8re, un chirurgien, un loup&#8230; Tout n\u2019est que sable, d\u00e9sorientation, communication rompue, b\u00eates errantes, absurdit\u00e9, violence sourde&#8230; Des situations en apparence famili\u00e8res se d\u00e9traquent soudainement. Notre antih\u00e9ros est transi par un ahurissement et une h\u00e9b\u00e9tude profonde. Il manque de se faire d\u00e9vorer \u00e0 plusieurs reprises. Lui-m\u00eame prend pour habitude de planter un couteau comme par accident dans ces gens qui semblent lui vouloir du mal\u00a0: des cannibales par amour et m\u00e9lancolie, ou tout simplement par n\u00e9cessit\u00e9 de se mettre quelque chose sous la dent. Les acteurs ont la t\u00eate recouverte d\u2019un masque inspir\u00e9 de la\u00a0<i>commedia dell\u2019arte<\/i>mais qui leur donne une apparence plus d\u00e9rangeante que drolatique\u00a0: d\u00e9shumanis\u00e9s, hommes ou femmes, leur cr\u00e2ne est radicalement nu. Les gestes sont toujours trop appuy\u00e9s\u00a0: M.\u00a0a bien raison de se m\u00e9fier, mais peut-\u00eatre que les intentions \u00e9taient pacifiques, voire caressantes. Impossible apparemment dans ce monde de bouger son corps, ses bras, ses mains autrement. On ne parle pas \u00e0 l\u2019autre, on gueule, on hurle, on postillonne. Le sang gicle abondamment \u2013 de la peinture orange\u00a0! Les corps sont en sueurs, haletants.<br \/>\nC\u2019est en assumant cette veine grand-guignolesque et horrifique, alli\u00e9e \u00e0 une esth\u00e9tique sc\u00e9nique situ\u00e9e\u00a0<i>a priori<\/i>\u00a0aux antipodes, que le spectacle tient. La compagnie de Louis Arene porte bien son nom\u00a0: Munstrum Th\u00e9\u00e2tre. Le jeune metteur en sc\u00e8ne se lance \u00e0 corps perdu avec ses comparses dans un th\u00e9\u00e2tre t\u00e9ratologique. Nouvel avatar du Docteur Moreau, il teste des accouplements monstrueux qui peuvent susciter un questionnement sinc\u00e8re et une bizarrerie inqui\u00e9tante.\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"nettoyeur\"><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quelle gageure\u00a0! Un jeune metteur en sc\u00e8ne et sa compagnie tentent de greffer une veine horrifique, habituellement cantonn\u00e9e dans les f\u00eates foraines, au corps d\u2019une esth\u00e9tique recherch\u00e9e et d\u2019une fable kafka\u00efenne. Prodige, la cr\u00e9ature tient debout et vaut le coup d\u2019oeil&#8230; D\u00e8s l\u2019installation du public dans une patinoire mu\u00e9e en salle de repr\u00e9sentation et d\u00e8s les premiers moments du spectacle, l\u2019ambiance peut rappeler certaines pi\u00e8ces de Jo\u00ebl Pommerat (La R\u00e9unification des deux Cor\u00e9es\u00a0par exemple)\u00a0: deux gradins qui se font face<\/p>\n","protected":false},"author":35,"featured_media":0,"menu_order":0,"template":"","categorie_article":[27],"class_list":["post-1706","article","type-article","status-publish","hentry","categorie_article-critique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article\/1706","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article"}],"about":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/types\/article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/users\/35"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1706"}],"wp:term":[{"taxonomy":"categorie_article","embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/categorie_article?post=1706"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}