


{"id":1716,"date":"2017-07-17T16:28:19","date_gmt":"2017-07-17T14:28:19","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/?p=1716"},"modified":"2017-07-17T16:28:19","modified_gmt":"2017-07-17T14:28:19","slug":"je-te-sopro-shshshshshaaaalinguapoetica","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/je-te-sopro-shshshshshaaaalinguapoetica\/","title":{"rendered":"Je te Sopro shshshshshaaaalinguapo\u00e9tica"},"content":{"rendered":"<p><strong><\/strong><\/p>\n<div id=\"wysiwyg\">\n<div class=\"ajaxbloc ajax-id-wysiwyg bind-ajaxReload\" data-ajax-env=\"LSeWvtKgDXEQ+zXuPY2451BS5JsqjWyIRbmgjsohV4mzYwNweIg3Nx7zSS4DNtnNrbhPUhzgB+bho0So3Rv7gHnoOJW\/tXYYV6nuHoFIszUcKnNtiIniyPoNS8dJD+GCwqD+d18eEDuLkLlYCAH5QjYYDY6Vkbnff5uW67LXd3\/o8rxZLcvBOLYvx\/1JDjuyzkGKE8SCw\/c=\" data-origin=\".\/?exec=article&amp;id_article=526\" aria-live=\"polite\" aria-atomic=\"true\">\n<div class=\"champ contenu_chapo\">\n<div class=\"chapo\" dir=\"ltr\">\n&#8230;boniteza, leveza, fluidez&#8230;\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"champ contenu_texte\">\n<div class=\"texte\" dir=\"ltr\">\n<span class=\"spip_document_494 spip_documents spip_documents_center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/insense-scenes.net\/local\/cache-vignettes\/L500xH334\/170705_rdl_0807-c20dd.jpg?1527601985\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"334\" \/><\/span><br \/>\n(<i>SMS envoy\u00e9 \u00e0 une amie<\/i>\u00a0: Je t\u2019\u00e9cris juste pour te dire que je viens de voir\u00a0<i>Sopro<\/i>\u2026 C\u2019est beau, c\u2019est po\u00e9tique, c\u2019est simple, c\u2019est des langues portugaises, c\u2019est une ode \u00e0 la mer, au mouvement de la vie, aux vents de Pessoa, \u00e0 la musicalit\u00e9 du quotidien\u2026 En plus, les mouvements phon\u00e9tiques comme \u00ab\u00a0shshshsh\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0\u00e3\u00e3\u00e3\u00e3o\u00a0\u00bb m\u2019appartiennent de telle fa\u00e7on que je me rends compte de la puissance produite dans mon corps quand j\u2019entends les sons pas articul\u00e9s de ma langue maternelle sur le plateau d\u2019un festival en France.\u00a0<i>Sopro<\/i>\u00a0a une sorte de m\u00e9lancolie m\u00eal\u00e9e \u00e0 une nostalgie, \u00e0 un espoir, mais celui-ci n\u2019est pas du tout quelque chose de mensonger, romantique, ali\u00e9n\u00e9&#8230; C\u2019est plut\u00f4t un espoir \u00e9ph\u00e9m\u00e8re qui souffle \u00e0 chaque doigt de nos pieds vers la temp\u00eate\u2026)<\/p>\n<blockquote class=\"spip\"><p>\u00ab\u00a0Je m\u2019irrite du bonheur de tous ces gens qui ne savent pas qu\u2019ils sont malheureux. Leur vie humaine est remplie de faits qui constitueraient une s\u00e9rie de tourments sans fin pour une sensibilit\u00e9 v\u00e9ritable. Mais comme leur vraie vie est purement v\u00e9g\u00e9tative, ce qu\u2019ils subissent passe sur leur t\u00eate sans toucher leur \u00e2me, et leur existence, en fin de compte, ne peut \u00eatre compar\u00e9e qu\u2019\u00e0 celle d\u2019un homme afflig\u00e9 d\u2019une rage de dents, mais h\u00e9ritier aussi d\u2019une grosse fortune &#8211; cette authentique fortune de vivre sans m\u00eame s\u2019en apercevoir [\u2026].\u00a0\u00bb<br \/>\n<center>Fernando Pessoa,\u00a0<i>Le livre de l\u2019intranquilit\u00e9<\/i>,\u00a0<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"br-manuel\" title=\"Retour ligne manuel\" src=\"http:\/\/insense-scenes.net\/local\/cache-vignettes\/L10xH10\/br-manuel-10-418b3.png?1527601950\" alt=\"Retour ligne manuel\" width=\"10\" height=\"10\" \/><br \/>\ntraduction en fran\u00e7ais de Fran\u00e7oise Laye<\/center><\/p><\/blockquote>\n<p>Comme certains spectacles du Festival d\u2019Avignon 2017 comme\u00a0<i>La Princesse Maleine<\/i>\u00a0(voir\u00a0<a href=\"http:\/\/insense-scenes.net\/spip.php?article515\">la critique en ligne\u00a0<i>Maleine\u00a0: la princesse aux cils blancs<\/i>, de Yannick Butel<\/a>),\u00a0<i>Sopro<\/i>\u00a0cherche \u00e0 trouver d\u2019autres fa\u00e7ons de raconter une histoire apparemment simple. C\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 travers la mise en jeu de la langue po\u00e9tique, de la phon\u00e9tique des mots et de la musicalit\u00e9 de l\u2019expression, Tiago Rodrigues met en question les nombreuses strates, \u00e9paisses, des points de contact entre l\u2019art et la vie&#8230; De cette fa\u00e7on, le spectacle n\u2019est pas \u00ab\u00a0spectaculaire\u00a0\u00bb (dans le sens de grand, d\u2019artificialit\u00e9, d\u2019esth\u00e9tisation), il n\u2019est pas non plus une \u00ab\u00a0r\u00e9alit\u00e9 hypocrite\u00a0\u00bb (tel qu\u2019on peut l\u2019identifier pour certaines propositions plut\u00f4t documentaires o\u00f9 les cr\u00e9ateurs prennent les t\u00e9moignages traumatiques d\u2019autrui pour mettre en sc\u00e8ne une histoire qui ne leur appartient pas du tout\u2026).<br \/>\n\u00c0 premi\u00e8re vue, on pourrait prendre\u00a0<i>Sopro<\/i>\u00a0par une histoire d\u2019amour au th\u00e9\u00e2tre ou pour un grand hommage \u00e0 quelqu\u2019un. Quelqu\u2019un qui serait aim\u00e9 inconditionnellement et dont son m\u00e9tier est en train de dispara\u00eetre. Rodrigues pourrait avoir fait de cette id\u00e9e centrale une sorte de nostalgie pauvre, il pourrait avoir mis sur sc\u00e8ne la souffleuse Cristina Vidal debout devant le spectateur \u00e0 raconter en forme de r\u00e9citation des histoires de coulisses. N\u00e9anmoins, tel quel Pessoa (qui savait profiter de la puissance po\u00e9tique du quotidien), le metteur en sc\u00e8ne-dramaturge a su transformer les t\u00e9moignages d\u2019une m\u00e9moire vive de l\u2019art th\u00e9\u00e2tral dans un texte sensible et existentiel. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, son enjeu principal rel\u00e8ve de la construction d\u2019un espace po\u00e9tique et physique commun, partageable par tous. Comment partageons-nous tout de cet air\u00a0? c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab\u00a0nous\u00a0\u00bb en tant que cr\u00e9ateurs, techniciens, spectateurs, gardiens, producteurs, agents de propet\u00e9, etc.\u00a0? Il ne s\u2019agit pas d\u2019un rapport de \u00ab\u00a0politique citoyen\u00a0\u00bb de vi\u00e9s de \u00ab\u00a0communaut\u00e9\u00a0\u00bb, mais il s\u2019agit plut\u00f4t d\u2019une mise en question existentielle qui part de la compr\u00e9hension qu\u2019on a tous le m\u00eame but et la m\u00eame importance pour faire exister un langage po\u00e9tique dans un tel espace physique\u2026 Comme le souffle Cristina, cet air est plein de petites histoires de chacun de nous\u2026 Et tout cela passe par cette mati\u00e8re apparemment invisible, intouchable, mais qu\u2019on peut sentir et ressentir tout de m\u00eame. C\u2019est de cette fa\u00e7on que Cristina pense son m\u00e9tier, un m\u00e9tier qui lui a appris \u00e0 \u00eatre toujours \u00e0 l\u2019ombre, cach\u00e9e, discr\u00e8te. Elle ne veut pas de reconnaissance. Elle ne veut pas non plus de grands hommages. Comme son m\u00e9tier, Cristina pr\u00e9f\u00e8re rester dans l\u2019ombre de la vie, apparemment invisible, mais toujours dans un \u00e9tat d\u2019action et d\u2019engagement pour faire vivre quelque chose qui d\u00e9passe sa vie.<br \/>\nTiago Rodrigues nous souffle la pr\u00e9sence de Cristina. Et c\u2019est cet air, c\u2019est cette mati\u00e8re \u00ab\u00a0sopro\u00a0\u00bb qui permet \u00e0 sa mise en sc\u00e8ne de devenir si fluide. Il ne nous crie rien. Il nous murmure\u2026 Ainsi ses com\u00e9diens sont tous tellement forts, complices entre eux, tous \u00e0 m\u00eame de s\u2019\u00eatre appropri\u00e9s la proposition de Rodrigues, qu\u2019il sont d\u2019une sinc\u00e9rit\u00e9 rare\u2026 Et ils traversent et vont ainsi d\u2019une situation \u00e0 une autre comme des \u00ab\u00a0petits plis\u00a0\u00bb, afin de jouer \u00e0 la fois la narration des souvenirs po\u00e9tiques de la souffleuse, le r\u00f4le de certains personnages de\u00a0<i>Trois S\u0153urs<\/i>\u00a0et\u00a0<i>Antigone<\/i>\u00a0par exemple. Et d\u2019ajouter que c\u2019est leur propre situation en tant que com\u00e9diens qui est jou\u00e9 et se joue \u00e0 travers ce spectacle-l\u00e0\u2026Tout cela forme une grande masse dramaturgique qui traverse le r\u00e9el et la fiction sans que cela soit revendiqu\u00e9, ni nomm\u00e9. D\u00e8s lors, ce n\u2019est plus important d\u2019essayer d\u2019\u00e9tablir la diff\u00e9rence entre ce qui est r\u00e9el et ce qui est fiction\u2026 Et Cristina est toujours l\u00e0, en soufflant le texte aux com\u00e9diens, lesquels nous soufflent l\u2019enjeu du plaisir de partager le m\u00eame air. Sim (oui dans ma langue), le \u00ab\u00a0sopro\u00a0\u00bb souffl\u00e9 au Clo\u00eetre des Carmes \u00e9tait d\u2019une douceur intense, peut-\u00eatre de celle que seule peut faire sentir la langue portugaise\u2026 \u00e0 ceux qui parlent les langues portugaises ou ceux proches de Pessoa qui peuvent entendre le souffle de Lisbonne, des saudades&#8230; avoir l\u2019oreille est ici plus important que d\u2019avoir des yeux.\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"nettoyeur\"><\/div>\n<p><strong><span class=\"icone s24 verticale right ajax preload article-edit-24\"><a class=\"ajax preload bind-ajax\" title=\"Modifier cet article\" href=\"http:\/\/insense-scenes.net\/ecrire\/?exec=article_edit&amp;id_article=526\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/insense-scenes.net\/prive\/themes\/spip\/images\/article-edit-24.png\" alt=\"Modifier cet article\" width=\"24\" height=\"24\" \/><\/a><\/span><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8230;boniteza, leveza, fluidez&#8230; (SMS envoy\u00e9 \u00e0 une amie\u00a0: Je t\u2019\u00e9cris juste pour te dire que je viens de voir\u00a0Sopro\u2026 C\u2019est beau, c\u2019est po\u00e9tique, c\u2019est simple, c\u2019est des langues portugaises, c\u2019est une ode \u00e0 la mer, au mouvement de la vie, aux vents de Pessoa, \u00e0 la musicalit\u00e9 du quotidien\u2026 En plus, les mouvements phon\u00e9tiques comme \u00ab\u00a0shshshsh\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0\u00e3\u00e3\u00e3\u00e3o\u00a0\u00bb m\u2019appartiennent de telle fa\u00e7on que je me rends compte de la puissance produite dans mon corps quand j\u2019entends les sons pas articul\u00e9s<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"menu_order":0,"template":"","categorie_article":[27],"class_list":["post-1716","article","type-article","status-publish","hentry","categorie_article-critique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article\/1716","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article"}],"about":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/types\/article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1716"}],"wp:term":[{"taxonomy":"categorie_article","embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/categorie_article?post=1716"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}