


{"id":1726,"date":"2017-07-15T16:31:25","date_gmt":"2017-07-15T14:31:25","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/?p=1726"},"modified":"2017-07-15T16:31:25","modified_gmt":"2017-07-15T14:31:25","slug":"revue-rouge-au-coeur-du-reel-lamitie","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/revue-rouge-au-coeur-du-reel-lamitie\/","title":{"rendered":"Revue Rouge, au c\u0153ur du r\u00e9el : l\u2019amiti\u00e9"},"content":{"rendered":"<div id=\"wysiwyg\">\n<div class=\"ajaxbloc ajax-id-wysiwyg bind-ajaxReload\" data-ajax-env=\"LSesutKwDbEQqzvyytF4G3k7TYIbaf3e3XnAXitd0ym4LhdV6H6E6P975R5rfaVkqUDfrCmAmMwNQHI1iAm8ds8RHgRptQ1CHpepe43zz7vlI+LyrecPPR06p4fi61JhjcwrOg3SKbJxD7tW4pqa8bI0Kou0bhtRKS7niwO+QDk6OdmGWzcwqJkntyUeIVzUyQvyWShy\" data-origin=\".\/?exec=article&amp;id_article=521\" aria-live=\"polite\" aria-atomic=\"true\">\n<div class=\"champ contenu_chapo\">\n<div class=\"chapo\" dir=\"ltr\">\nAvec\u00a0<i>Revue rouge<\/i>, titre d\u2019un spectacle qui s\u2019inscrit dans l\u2019histoire d\u2019une couleur et donne ses couleurs \u00e0 l\u2019Histoire, le metteur en sc\u00e8ne Eric Lacascade fait chanter \u00e0 Nora Krief les chants r\u00e9volutionnaires d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui. Un peu plus d\u2019une heure o\u00f9 l\u2019on peut entendre d\u2019ici et de l\u00e0, des Am\u00e9riques du Sud \u00e0 l\u2019Europe, sur un rythme punk, hard, jazz (superbe quator compos\u00e9 de Fred Fresson (piano), Adrian Adeline (batterie), Philippe Floris et Antonin Fresson (guitare)), la persistance d\u2019une pens\u00e9e en r\u00e9volte. Ou un tour de chant qui rappelle que, si \u00ab\u00a0l\u2019homme est un animal politique\u00a0\u00bb selon Aristote, Miguel Abensour pr\u00e9cise \u00e0 raison que \u00ab\u00a0l\u2019homme est un animal utopique\u00a0\u00bb (Magnifique essai publi\u00e9 chez Sens&amp;Tonka). A voir, \u00e0 \u00e9couter au 11 Gilgamesh Belleville jusqu\u2019au 27 juillet.\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"champ contenu_texte\">\n<div class=\"texte\" dir=\"ltr\">\n<span class=\"spip_document_483 spip_documents spip_documents_center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/insense-scenes.net\/local\/cache-vignettes\/L446xH531\/spectacle_20901-d5e3e.jpg?1527601989\" alt=\"\" width=\"446\" height=\"531\" \/><\/span><br \/>\n<strong>Des mots, des couleurs, des chants<\/strong><br \/>\nL\u2019insoumission, la r\u00e9volte, la lutte\u2026 sont des mots, et aussi des couleurs. Le Noir, le Rouge parmi les plus intenses et les plus marqu\u00e9es sont pour le premier la couleur \u00ab\u00a0en berne sur l\u2019espoir\u00a0\u00bb des anars comme l\u2019\u00e9crirait L\u00e9o Ferr\u00e9. Le Rouge appartient lui aux communistes, aux spartakistes, aux communards. Deux couleurs que partagent les peuples de la terre enti\u00e8re, et qui forment une internationale des opprim\u00e9s, des bannis, des gueux et plus g\u00e9n\u00e9ralement ceux qui sont \u00ab\u00a0contre\u00a0\u00bb, et qui s\u2019opposent \u00e0 l\u2019indignit\u00e9, \u00e0 l\u2019exploitation, \u00e0 l\u2019asservissement, \u00e0 l\u2019injustice, \u00e0 la violence qu\u2019exercent les Etats de droit et ses soutiers la religion comme la r\u00e9pression polici\u00e8re et judiciaire\u2026 Couleurs du soubresaut violent des peuples qui ne se satisfont plus de l\u2019ordre \u00e9tabli reposant sur les raisons de l\u2019Etat&#8230; Couleurs de l\u2019Utopie qui n\u2019est pas, comme d\u2019aucuns la commenteraient \u00e9ternellement, la couleur des r\u00eaveurs\u00a0; mais bien plut\u00f4t la persistance dans le champ politique d\u2019une parole utopique qui est une alternative \u00e0 la langue du pouvoir, une ouverture vers l\u2019infini et l\u2019humain plut\u00f4t que le fini et l\u2019ordre.<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"br-auto\" title=\"Retour ligne automatique\" src=\"http:\/\/insense-scenes.net\/local\/cache-vignettes\/L10xH10\/br-auto-10-8beb9.png?1527587285\" alt=\"Retour ligne automatique\" width=\"10\" height=\"10\" \/><br class=\"autobr\" \/>Aux mots et aux couleurs, dans l\u2019instant de leur r\u00e9sonnance dans l\u2019espace public, de leur brandissement sur les barricades, dans les livres aussi comme dans l\u2019art, sont alors apparus pour les soutenir et les accompagner, les prolonger et les lier, des chants que l\u2019on appelle \u00ab\u00a0r\u00e9volutionnaires\u00a0\u00bb qui sont autant d\u2019accents choraux de l\u2019amour de l\u2019humanit\u00e9, au premier rang duquel il y a l\u2019amour de l\u2019amiti\u00e9.<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"br-auto\" title=\"Retour ligne automatique\" src=\"http:\/\/insense-scenes.net\/local\/cache-vignettes\/L10xH10\/br-auto-10-8beb9.png?1527587285\" alt=\"Retour ligne automatique\" width=\"10\" height=\"10\" \/><br class=\"autobr\" \/>Car, et n\u2019en doutons pas, le rouge et le noir sont les couleurs d\u2019un amour, un amour inalt\u00e9rable, un amour insatiable pour l\u2019amiti\u00e9, les autres comme avenir de soi, la solidarit\u00e9\u2026 Et ce que font entendre les chants entonn\u00e9s, les odes rebelles qui portent en elles les stigmates de la plainte, le g\u00e8ne de la souffrance et celui de la violence constructive qui ne se satisfait jamais des modes de compensation, c\u2019est avant tout la vibration douloureuse de ce qui est amput\u00e9, l\u2019onde douloureuse de ce qui est absent, le cri terrible de ce qui est enlev\u00e9, et l\u2019esp\u00e9rance de la reconqu\u00eate d\u2019un horizon d\u00e9gag\u00e9. Ainsi le chant choral est-il le chant du corps social meurtri, de l\u2019individu condamn\u00e9 aux vexations, soumis toujours \u00e0 la servitude et \u00e0 l\u2019exploitation.<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"br-auto\" title=\"Retour ligne automatique\" src=\"http:\/\/insense-scenes.net\/local\/cache-vignettes\/L10xH10\/br-auto-10-8beb9.png?1527587285\" alt=\"Retour ligne automatique\" width=\"10\" height=\"10\" \/><br class=\"autobr\" \/>Ainsi \u00e0 \u00e9couter Nora Krief et les musiciens qui lui donnent la r\u00e9plique en sons hauts et forts, on peut les entendre comme les porte-voix d\u2019une internationale du soul\u00e8vement, \u00e0 travers El pueblo unido jamas sera vencido, le Die Solidarit\u00e4t et le Front des travailleurs de Brecht et Eisler, le Makhnovtchina, la gr\u00e8ve des m\u00e8res de Month\u00e9us\u2026 c\u2019est un flot de paroles, un oc\u00e9an d\u2019appels \u00e0 la lutte, \u00e0 la solidarit\u00e9, \u00e0 la r\u00e9bellion, \u00e0 l\u2019insurrection\u2026 qui se r\u00e9pand dans l\u2019espace sc\u00e9nique et l\u2019ou\u00efe des spectateurs.<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"br-auto\" title=\"Retour ligne automatique\" src=\"http:\/\/insense-scenes.net\/local\/cache-vignettes\/L10xH10\/br-auto-10-8beb9.png?1527587285\" alt=\"Retour ligne automatique\" width=\"10\" height=\"10\" \/><br class=\"autobr\" \/>Sur sc\u00e8ne, alors qu\u2019un bandeau rouge sert de support \u00e0 des images, et \u00e0 accueillir les surtitres, l\u2019Histoire, du XIX\u00e8me \u00e0 nos jours, des manifestations sous et contre Pinochet aux Pussy Riot qui s\u2019opposent \u00e0 Poutine, se fait entendre et voir puisque le bandeau est \u00e9galement une banderole. Et d\u2019ajouter que si la r\u00e9volte est r\u00e9currente \u00e0 chaque air entonn\u00e9, c\u2019est \u00e9galement le commentaire sur l\u2019actualit\u00e9 politique qui est pr\u00e9sent\u00e9. Actualit\u00e9 de l\u2019injustice, de l\u2019autoritarisme, de la corruption des pouvoirs\u2026 qui semblent en d\u00e9finitive l\u2019universel structurant des soci\u00e9t\u00e9s \u00e0 travers l\u2019Histoire.<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"br-auto\" title=\"Retour ligne automatique\" src=\"http:\/\/insense-scenes.net\/local\/cache-vignettes\/L10xH10\/br-auto-10-8beb9.png?1527587285\" alt=\"Retour ligne automatique\" width=\"10\" height=\"10\" \/><br class=\"autobr\" \/>Et tout au long de ces chants scand\u00e9s, jou\u00e9s, martel\u00e9s\u2026 naissent chez l\u2019auditeur, peut-\u00eatre, des images. Celles des sans-terre qu\u2019a photographi\u00e9 Salgado, celles des peintures du peuple mexicain de David Alfaro Siqueiros, les photographies d\u2019Albert Renger-Patzsch, les dessins d\u2019Otto Dix, Max Beckmann et de Georg Grosz\u2026 Car le Rouge et le Noir, qui sont un chant, des mots, une couleur, sont \u00e9galement tout un pan de l\u2019art pictural et des arts photographiques. Photos et images qui semblent contrarier le vers de Ferr\u00e9 \u00ab\u00a0Y\u2019en a pas un sur cent et pourtant ils existent\u00a0\u00bb. A moins qu\u2019\u00e0 travers ces images, c\u2019est davantage l\u2019intensit\u00e9 qu\u2019une question de \u00ab\u00a0comptabilit\u00e9\u00a0\u00bb qui soit \u00e0 l\u2019\u0153uvre.<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"br-auto\" title=\"Retour ligne automatique\" src=\"http:\/\/insense-scenes.net\/local\/cache-vignettes\/L10xH10\/br-auto-10-8beb9.png?1527587285\" alt=\"Retour ligne automatique\" width=\"10\" height=\"10\" \/><br class=\"autobr\" \/>Dehors la rue est tranquille. Eric Lacascade, lui, du Ballatum \u00e0 l\u2019\u00e9cole du TNB, des Bas-fonds de Gorki \u00e0 Revue Rouge, regarde alentour et comme il me dit, \u00ab\u00a0n\u2019imagine pas que son th\u00e9\u00e2tre puisse \u00eatre \u00e9tranger au r\u00e9el\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0R\u00e9el\u00a0\u00bb, mot sur lequel il revient dans l\u2019essai qu\u2019il vient de publier chez Actes Sud\u00a0<i>Au c\u0153ur du r\u00e9el<\/i>.<\/p>\n<hr class=\"spip\" \/>\n<blockquote class=\"spip\"><p><small>Miguel Abensour,\u00a0<i>L\u2019homme est un animal utopique<\/i>, Sens&amp;tonka, 2013.<\/small><br \/>\n<small><\/small><\/p><\/blockquote>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"nettoyeur\"><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec\u00a0Revue rouge, titre d\u2019un spectacle qui s\u2019inscrit dans l\u2019histoire d\u2019une couleur et donne ses couleurs \u00e0 l\u2019Histoire, le metteur en sc\u00e8ne Eric Lacascade fait chanter \u00e0 Nora Krief les chants r\u00e9volutionnaires d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui. 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