


{"id":1728,"date":"2017-07-14T16:31:52","date_gmt":"2017-07-14T14:31:52","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/?p=1728"},"modified":"2017-07-14T16:31:52","modified_gmt":"2017-07-14T14:31:52","slug":"des-sujets-a-vif-des-etranges-sujets","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/des-sujets-a-vif-des-etranges-sujets\/","title":{"rendered":"Des sujets \u00e0 vif, des \u00ab \u00e9tranges \u00bb sujets"},"content":{"rendered":"<div id=\"wysiwyg\">\n<div class=\"ajaxbloc ajax-id-wysiwyg bind-ajaxReload\" data-ajax-env=\"LSeWvpKwDXEQiztU6MJ1oQQrvNczeR2XcATDSHbt7AiEclVFKZeiacy5E\/IcP7XhpVFbT\/pFvH1QaFJYye72rnUsL4Xft6yN2JheAptYN7vI6FpWnBTia\/vbxqJ03ekTnYR6HMr2SvM6kN8vIrIPOYRz\/rv3+6m2fZsUZLPr11Bs0CYsQj1OKNc1iI5UEM6FRZyoDjETQfY=\" data-origin=\".\/?exec=article&amp;id_article=520\" aria-live=\"polite\" aria-atomic=\"true\">\n<div class=\"champ contenu_chapo\">\n<div class=\"chapo\" dir=\"ltr\">\nLe format du\u00a0<i>Sujets \u00e0 Vif<\/i>\u00a0se pr\u00e9sente actuellement comme le lieu le plus favorable \u00e0 des exp\u00e9rimentations dans le Festival d\u2019Avignon. Au contraire de presque la totalit\u00e9 du Festival o\u00f9 il y a forc\u00e9ment (plus ou moins) un rapport d\u2019 \u00ab\u00a0\u0153uvre-patrimoine\u00a0\u00bb et de respect sacr\u00e9 au \u00ab\u00a0texte\u00a0\u00bb, dans le\u00a0<i>Sujets<\/i>\u00a0le but principal est la rencontre entre diff\u00e9rentes disciplines artistiques. \u00c0 travers des petites formes d\u2019une demi-heure environ, les cr\u00e9ateurs, toujours en duo, doivent composer une proposition performative pour le tr\u00e8s beau jardin du Lyc\u00e9e Saint-Joseph.\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"champ contenu_texte\">\n<div class=\"texte\" dir=\"ltr\">\n<span class=\"spip_document_485 spip_documents spip_documents_center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/insense-scenes.net\/local\/cache-vignettes\/L500xH283\/arton520-2-dfebd.jpg?1527601991\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"283\" \/><\/span><br \/>\nLa question que se posent les artistes quand ils int\u00e8grent le\u00a0<i>Sujets \u00e0 Vif<\/i>\u00a0est toujours la m\u00eame\u00a0: comment occuper esth\u00e9tiquement (et de fa\u00e7on int\u00e9ressante) ce jardin exub\u00e9rant\u00a0? Peut-\u00eatre qu\u2019il ne s\u2019agit pas exactement de faire quelque chose de tellement surprenant et grand pour attirer l\u2019attention du spectateur tout le temps, mais plut\u00f4t de dialoguer avec le beau paysage (la fa\u00e7ade + le jardin) en profitant de ses nombreuses possibilit\u00e9s.<br \/>\nLa proposition appel\u00e9e\u00a0<i>Ez\u00e9chiel et les bruits de l\u2019ombre<\/i>\u00a0de Koffi Kwahul\u00e9 et Michel Risse participait elle d\u2019une de ces rencontres pittoresques, voire inattendues\u2026 D\u00e8s le commencement, il y a des bruits subtils tels que des sifflets et des sons de la nature qui se propagent dans l\u2019espace. On ne peut pas identifier d\u2019o\u00f9 ils viennent exactement. Ensuite, un homme blanc de cheveu gris, en tenue \u00e9l\u00e9gante blanche, vient sur le plateau pour chercher quelque chose ou quelqu\u2019un. Il profite de cette action de \u00ab\u00a0chercher\u00a0\u00bb pour jouer avec la sonorit\u00e9 du jardin, notamment les fen\u00eatres de la fa\u00e7ade, le sol, les plantes. Un autre homme en maillot de football vient \u00e9galement sur le plateau. C\u2019est un grand black qui manifeste un air pas content du tout. Tous les deux cherchent sans cesse quelqu\u2019un, notamment Ez\u00e9chiel, leur enfant qui se cache quelque part dans la maison. Simultan\u00e9ment \u00e0 cette recherche, les deux hommes entreprennent aussi un jeu entre eux \u00e0 partir de sons du jardin et des objets qui se trouvent dans leur valise. Cette rencontre pittoresque, parfois comique, repose sur un jeu de croisement (des personnes) entre un univers sonore et un monde spatiale. Ainsi, peut-\u00eatre que l\u2019enfant Ez\u00e9chiel est juste une note musicale rare qui se cache dans l\u2019espace\u2026 Peut-\u00eatre que ces deux hommes sont finalement deux mani\u00e8res de vibrer autrement, deux instruments musicaux accord\u00e9s et mutualis\u00e9s qui cherchent une fr\u00e9quence rare\u2026\u00a0<i>Ez\u00e9chiel et les bruits de l\u2019ombre<\/i>\u00a0c\u2019est en fait les bruits d\u2019une \u00e9clipse solaire rare.<br \/>\nPar contre, avec\u00a0<i>Incidence 1327<\/i>, Ga\u00eblle Bourges et Gwendoline Robin ne profitent pas du tout du jardin du Lyc\u00e9e Saint-Joseph. Elles ram\u00e8nent sans arr\u00eat sur le plateau des nombreux objets tels qu\u2019un escalier, des appareils pour faire bouillir de l\u2019eau, des glaci\u00e8res, des plaques en verre, des verres, etc. Elles affichent un visage d\u2019ennui. Elles s\u2019y d\u00e9placent. Elles mettent en pratique le grand effet sp\u00e9cial \u00e0 savoir faire de la vapeur \u00e0 partir de la glace et de l\u2019eau bouillante. Il y a une voix enregistr\u00e9e qui raconte un texte po\u00e9tique \u00ab\u00a0contemporain\u00a0\u00bb. Elles continuent \u00e0 ramener des objets sur le plateau. Une des performeuses monte l\u2019escalier. L\u2019autre regarde l\u2019eau bouillir. Elles insistent lourdement sur l\u2019effet \u00ab\u00a0sp\u00e9cial\u00a0\u00bb qu\u2019elles ont mis au point\u00a0: de faire de la vapeur \u00e0 partir de la glace et de l\u2019eau bouillante. La voix enregistr\u00e9e raconte toujours un r\u00e9cit inint\u00e9ressant. Les performeuses continuent d\u2019afficher un visage d\u2019ennui. Le temps passe. Il ne se passe rien. Rien. Rien du tout. Le jardin nous semble plus expressif que leurs visages. Peut-\u00eatre que la proposition \u00e9tait de travailler l\u2019ennui du quotidien, la r\u00e9p\u00e9tition de tous les jours\u2026 Mais du coup c\u2019\u00e9tait juste une non-exp\u00e9rience esth\u00e9tique, une demi-heure perdu, du temps perdu.<br \/>\nDans\u00a0<i>La m\u00eame chose<\/i>\u00a0de Joachim Latarjet et Nikolaus, on voit la rencontre puissante d\u2019un musicien et d\u2019un artiste de cirque lesquels profitent du jardin autrement. Il n\u2019y a pas exactement une narration ou un fil conducteur clair. Il s\u2019agit plut\u00f4t de petites propositions o\u00f9 les habilit\u00e9s corporelles et parfois comiques de Nikolaus dialoguent avec la capacit\u00e9 d\u2019\u00e9coute et de mise en improvisation musicale de Joachim. Tous les deux sont toujours dans un rapport sensible d\u2019\u00e9coute et r\u00e9ponse, d\u2019avenir et devenir, d\u2019\u00e9quilibre et d\u00e9s\u00e9quilibre, soit entre eux-m\u00eames soit entre eux et le jardin. Par exemple, le moment o\u00f9 Nikolaus s\u2019essaie \u00e0 un \u00e9quilibre sur une chaise un peu cass\u00e9e (laquelle se trouve sur une table \u00e9galement pourrie), alors que l\u2019on peut contempler les belles plantes suspendues sur la fa\u00e7ade. Leurs propositions ainsi \u00ab\u00a0encadr\u00e9es\u00a0\u00bb ressemblent \u00e0 de petits tableaux vivants. La m\u00eame chose est la mise en \u0153uvre d\u2019une fr\u00e9quence musicale rare amalgam\u00e9e au geste physique, un geste d\u2019exp\u00e9rimentation radicale car l\u2019espace est le corps, et le corps est une possibilit\u00e9 de rencontre, la rencontre est un geste qui ne veut plus \u00eatre solitaire.<br \/>\nChez\u00a0<i>Le rire pare-balles<\/i>, Julien Mabiala Bissila et Ad\u00e8ll Nod\u00e9-Langlois proposent une soir\u00e9e-b\u00e9n\u00e9fice pour l\u2019organisme humanitaire africain nomm\u00e9 CFRAD. Ad\u00e8ll en clown qui s\u2019appelle Antigone (avec sa perruque noire et sa robe blanche tel que la protagoniste du spectacle homonyme du Festival)\u00a0; Julien comme Rom\u00e9o, avec sa perruque black-power et en tenue \u00ab\u00a0cool\u00a0\u00bb. Pendant la \u00ab\u00a0soir\u00e9e\u00a0\u00bb, tous les deux, comme deux bouffons contemporains, entreprennent un essai afin de sensibiliser les gens et qu\u2019ils contribuent financi\u00e8rement au projet. \u00c0 travers un texte d\u2019humeur acide, critique et intelligent, Antigone se mit \u00e0 chanter, \u00e0 jouer de la guitare, \u00e0 danser, \u00e0 s\u00e9duire les gens toujours tr\u00e8s maladroitement, tandis que Rom\u00e9o essaie d\u2019animer le public comme un ma\u00eetre de c\u00e9r\u00e9monie pittoresque. Il y a un moment, par exemple, o\u00f9 il parle de Paris, \u00ab\u00a0Paris a vol\u00e9 le \u00ab\u00a0A\u00a0\u00bb de l\u2019Afrique et celle-ci est devenue un pays \u00e0Fric sans \u00ab\u00a0A\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb. Il y a autre moment o\u00f9 ils rev\u00eatent des t-shirts o\u00f9 l\u2019on peut lire des phrases comme \u00ab\u00a0Sauvez le Cfrad\u00a0\u00bb. Le rire du public devient parfois un rire d\u2019embarras, car on identifie chez les grands m\u00e9dia et chez certains figures publiques ce comportement de \u00ab\u00a0charit\u00e9 chr\u00e9tienne m\u00e9diatis\u00e9e\u00a0\u00bb. La pauvret\u00e9 des uns devient le motif de richesse des autres\u2026 Julien et Ad\u00e8ll vont jusqu\u2019aux derni\u00e8res cons\u00e9quences dans leur proposition, ce qui fait qu\u2019on ne peut plus rire de certains moments (au moment par exemple o\u00f9 Antigone met une sorte de rembourrage sur ses fesses, et elle et Rom\u00e9o dansent comme des \u00ab\u00a0africains\u00a0\u00bb st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9s selon la perspective coloniale). On ne peut plus rire de \u00e7a. Le malaise s\u2019installe donc petit \u00e0 petit et la soir\u00e9e arrive \u00e0 sa fin. Et les deux bouffons nous ont montr\u00e9s pendant la \u00ab\u00a0soir\u00e9e-b\u00e9n\u00e9fice\u00a0\u00bb, encadr\u00e9e par le beau jardin d\u2019architecture n\u00e9oclassique, la m\u00e9diocrit\u00e9 de notre temps, le rire comme d\u00e9nonciation.\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"nettoyeur\"><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le format du\u00a0Sujets \u00e0 Vif\u00a0se pr\u00e9sente actuellement comme le lieu le plus favorable \u00e0 des exp\u00e9rimentations dans le Festival d\u2019Avignon. Au contraire de presque la totalit\u00e9 du Festival o\u00f9 il y a forc\u00e9ment (plus ou moins) un rapport d\u2019 \u00ab\u00a0\u0153uvre-patrimoine\u00a0\u00bb et de respect sacr\u00e9 au \u00ab\u00a0texte\u00a0\u00bb, dans le\u00a0Sujets\u00a0le but principal est la rencontre entre diff\u00e9rentes disciplines artistiques. \u00c0 travers des petites formes d\u2019une demi-heure environ, les cr\u00e9ateurs, toujours en duo, doivent composer une proposition performative pour le tr\u00e8s beau jardin<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"menu_order":0,"template":"","categorie_article":[27],"class_list":["post-1728","article","type-article","status-publish","hentry","categorie_article-critique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article\/1728","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article"}],"about":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/types\/article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1728"}],"wp:term":[{"taxonomy":"categorie_article","embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/categorie_article?post=1728"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}