


{"id":1825,"date":"2018-07-12T07:17:44","date_gmt":"2018-07-12T05:17:44","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/?p=1825"},"modified":"2018-07-12T07:17:44","modified_gmt":"2018-07-12T05:17:44","slug":"forum-des-ecritures-dramatiques-europeennes-premiere-a-avignon","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/forum-des-ecritures-dramatiques-europeennes-premiere-a-avignon\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Forum des \u00e9critures dramatiques europ\u00e9ennes \u00bb\u2026 Premi\u00e8re \u00e0 Avignon"},"content":{"rendered":"<div id=\"chapo\">\n<strong>Par Yannick Butel. Du 7 au 8 Juillet, au Gymnase du Lyc\u00e9e Saint-Joseph, \u00e0 l\u2019initiative de l\u2019universit\u00e9 Paris Nanterre, du Th\u00e9\u00e2tre National de Strasbourg, de l\u2019ESACT de Li\u00e8ge, du RITCS de Bruxelles et maintenant le festival d\u2019Avignon auquel il a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9 de s\u2019associer, s\u2019est tenu le \u00ab\u00a0Forum des nouvelles \u00e9critures dramatiques europ\u00e9ennes\u00a0\u00bb consacr\u00e9 \u00e0 Zinnie Harris, Jaona Craveiro, Pier Lorenzo Pisano, Beniamin M Bukowski, Tomislav Zajec, Carly Wijs, Michael Bijnens, Tyrfingur Tyrfingsson, Lola Blaasco et Bonn Park\u2026 Un temps de rencontres, de lectures faites par les \u00e9l\u00e8ves du Groupe 44 du TNS, ceux de Nanterre, de l\u2019ESACT et du RITCS, d\u2019\u00e9changes avec les auteurs et les traducteurs. \u00c0 suivre sur forumdesnouvellesecrituresdramatiques.fr<\/strong>\n<\/div>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-1827\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/P1030870-600x400.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"400\" \/><br \/>\n&nbsp;<br \/>\n<strong>Le 7 juillet<\/strong><br \/>\n<br class=\"autobr\" \/>Temps o\u00f9, \u00e0 l\u2019ouverture de ce forum, Stanislas Norday, Chritiant Biet et Olivier Py ont pu pr\u00e9senter l\u2019int\u00e9r\u00eat qu\u2019il y avait \u00e0 ce que la culture et l\u2019art prennent le relai d\u2019une Europe politique en panne d\u2019imaginaire et d\u2019imagination (cf. ses balbutiements devant une crise humanitaire que l\u2019on s\u2019ent\u00eate \u00e0 appeler \u00ab\u00a0crise des migrants\u00a0\u00bb) , voire KO quant \u00e0 la construction d\u2019une Europe d\u00e8s lors qu\u2019elle n\u2019est pas simplement l\u2019enjeu d\u2019ajustements financiers, budg\u00e9taires et de r\u00e8glements aussi idiots que l\u2019\u00e9tiquetage, \u00e0 la vente des poissons, de leurs noms latins. Sur la Cannebi\u00e8re de Marseille, on se souviendra longtemps des proc\u00e8s-verbaux qui ont \u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9reusement distribu\u00e9s pour cette \u00ab\u00a0faute\u00a0\u00bb et cette entorse \u00e0 la r\u00e9glementation europ\u00e9enne.<br \/>\n<br class=\"autobr\" \/>Mais revenons \u00e0 l\u2019\u00e9pisode du 7, au matin, o\u00f9 vers 11H15, quittant la salle, Olivier Py lancera au public \u00ab\u00a0pourvu que les belges gagnent\u00a0!\u00a0\u00bb. Sortie pour le moins curieuse et finalement idiote du directeur du festival d\u2019Avignon qui, cinq minutes avant, parlait d\u2019un esprit europ\u00e9en. Sortie maladroite qui renvoie, alors qu\u2019il tente une private joke, \u00e0 l\u2019esprit des \u00e9tats nations, o\u00f9 il devient (on a du mal \u00e0 le croire) un supporter. C\u2019est-\u00e0-dire, un attach\u00e9 aux identit\u00e9s nationales et tout ce que cela induit. \u00ab\u00a0Pourvu que les belges gagnent\u00a0!\u00a0\u00bb aurait pu \u00eatre la phrase du jour\u2026 dans un autre contexte, au zinc d\u2019un bar des sports o\u00f9, il est vrai, l\u2019esprit y est parfois plus mordant. Tenez, \u00e0 titre d\u2019exemple sarcastique, \u00ab\u00a0Griezmann, on le voit plus dans les pubs que sur le terrain\u00a0\u00bb.<br \/>\nBref, \u00ab\u00a0Pourvu que les belges gagnent\u00a0\u00bb ne rentrera pas dans les annales des br\u00e8ves de comptoir. Et son auteur, n\u2019en doutons pas, aura peut-\u00eatre \u00e9mis l\u00e0, seulement une inqui\u00e9tude qui portait sur la concurrence que le foot, populaire par essence, fait au th\u00e9\u00e2tre populaire (\u00e0 30 euros la place, \u00ab\u00a0on ne joue pas toujours \u00e0 guichet ferm\u00e9 dans les salles du In). Inqui\u00e9tude de circonstances tant le tragique, le drame, l\u2019\u00e9motion, le public assembl\u00e9e et en communion des stades pourraient faire des envieux du c\u00f4t\u00e9 de la sc\u00e8ne dramatique. Car, et n\u2019en doutons pas, le mondial de foot Russe redistribue la donne au plan des spectateurs qui pr\u00e9f\u00e9reront parfois le petit \u00e9cran et son temps r\u00e9el, aux vid\u00e9os qui envahissent parfois inutilement les espaces de fiction. N\u2019en doutons pas, et l\u2019on peut s\u2019en d\u00e9soler ou s\u2019en servir pour s\u2019interroger, mais le Foot et le Th\u00e9\u00e2tre, qui partagent en partie le public, posent la question de la r\u00e9partition des publics et, c\u2019est l\u2019enjeu induit, les raisons qui font qu\u2019\u2019ils iront ici ou l\u00e0, sur un canap\u00e9 ou dans un fauteuil.<br \/>\nSur le plateau o\u00f9 prennent place les \u00e9l\u00e8ves-lecteurs, seront donc lus quelques fragments des textes des auteurs. Mise en voix, plus que mise en sc\u00e8ne d\u2019une trentaine de minutes o\u00f9, soudainement, dans le rythme, dans l\u2019accentuation, dans le phras\u00e9, dans l\u2019intonation\u2026 passent les quelques ann\u00e9es de formation. Debout, au pupitre et devant les feuilles des textes qu\u2019ils ont \u00e0 \u00ab\u00a0faire entendre\u00a0\u00bb, ces jeunes acteurs et actrices se livrent ainsi \u00e0 un exercice difficile puisque d\u00e9pouill\u00e9 du corps, du geste, de tous les ornements du th\u00e9\u00e2tre, ils sont le seul canal qui permet de rencontrer les textes des auteurs. Dans la foul\u00e9e, ils prendront aussi la parole sur cette exp\u00e9rience, sur leur rapport \u00e0 ces textes dramatiques, \u00e0 la mani\u00e8re de le \u00ab\u00a0donner\u00a0\u00bb \u00e0 haute voix. Lire, on le sait, c\u2019est interpr\u00e9ter d\u00e9j\u00e0. Et Christian Biet, en oreille attentive, les relancera sur ces diff\u00e9rents aspects. N\u2019oubliant personne, les mettant en relation avec l\u2019auteur qui est \u00e0 leur c\u00f4t\u00e9 et le traducteur\/traductrice qui les accompagnent dans cet \u00e9change.<br \/>\n<br class=\"autobr\" \/>Ce 7 juillet, c\u2019est donc ainsi que s\u2019est install\u00e9 un \u00e9change avec Zinnie Harris, autour de son texte\u00a0<i>Comment retenir sa respiration.<\/i><br \/>\n&nbsp;<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-1829\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/P1030874-600x400.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"400\" \/><br \/>\n<strong>Souvenirs souvenirs\u2026<\/strong><br \/>\n<br class=\"autobr\" \/>C\u2019\u00e9tait en mai 2003, au Panta th\u00e9\u00e2tre qui inventait un petit festival caennais, sur les \u00e9critures contemporaines qu\u2019il d\u00e9fendait depuis toujours. \u00c7a s\u2019appelait \u00ab\u00a0\u00e9crire et mettre en sc\u00e8ne\u00a0\u00bb, et c\u2019\u00e9tait con\u00e7u en partenariat avec la Maison Antoine Vitez. C\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre la premi\u00e8re \u00e9dition, je ne me souviens plus, mais c\u2019est l\u00e0 que j\u2019ai entendu parler, pour la premi\u00e8re fois de Zinnie Harris. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, Guy Delamotte et V\u00e9ro Dahuron avaient adapt\u00e9 \u00e0 la sc\u00e8ne le texte\u00a0<i>Plus loin que loin<\/i>, traduit Blandine P\u00e9lissier et Dominique Hollier, de cette auteure de langue anglaise. Critique, j\u2019ai retrouv\u00e9 \u00e0 maintes reprises l\u2019article que j\u2019avais alors \u00e9crit cit\u00e9 par les diff\u00e9rents dossiers de presse et autres compagnies qui ont programm\u00e9 ce texte. Extrait (je me cite)\u00a0: \u00ab\u00a0Tristan da Cuhna une \u00eele perdue au milieu de l\u2019Atlantique, \u00e0 mi-chemin entre le Cap et la pointe d\u2019Am\u00e9rique du Sud. D\u00e9sol\u00e9e, battue par les vents, elle abrite une poign\u00e9e d\u2019hommes dont le seul contact avec l\u2019ext\u00e9rieur est le bateau qui accoste tous les six mois pour les ravitailler.<br class=\"autobr\" \/>Lorsque les \u00eeliens se trouvent, malgr\u00e9 eux, confront\u00e9s au monde du D\u2019hors, ce sont tous leurs rep\u00e8res qui volent en \u00e9clats. L\u2019\u00e9ruption volcanique qui les oblige \u00e0 quitter l\u2019\u00eele provoquera une catharsis propice \u00e0 un nouveau d\u00e9part.<br class=\"autobr\" \/>Ce texte est proche de l\u2019ellipse, travaill\u00e9 comme des volutes de verre qui manifestent fragilit\u00e9 et puissance. L\u2019\u00e9criture oscille entre la r\u00e9p\u00e9tition et un patois impossible \u00e0 identifier, entre une langue na\u00efve, simple. Une langue qui, s\u2019\u00e9tant soustraite au mode artificiel de la parole, dit l\u2019essentiel dans une syntaxe ramass\u00e9e, borgne et clairvoyante, rugueuse et innocente. Alors quand s\u2019ouvre Plus loin que loin, sur le tempo d\u2019un orgue fun\u00e8bre, apparaissent des silhouettes sales et mal habill\u00e9es qui se tiennent sur des bancs. Figures libres d\u2019insulaires greff\u00e9es au roc d\u2019une \u00eele comme Prom\u00e9th\u00e9e encha\u00een\u00e9, leur espace est d\u2019abord celui d\u2019une rencontre, d\u2019un retour, puis d\u2019un d\u00e9part. Tout est ici hostile. \u00c0 commencer par les croyances dans les \u0153ufs de pingouin qui portent malheur. Tout est myst\u00e8re comme la forme du lac vue par Bill. \u00c0 quoi s\u2019ajoutera l\u2019arriv\u00e9e de Hansen, l\u2019industriel venu implant\u00e9 une usine que l\u2019\u00eele finira par rejeter. Et autour de cette histoire dont on voit \u00e0 peine le dessein d\u00e9finitif, la maladresse des rapports humains est une ode \u00e0 l\u2019humanit\u00e9 des simples. Et dans ce trou du cul du monde, des \u00e2mes bourrues rappellent ce que veut dire \u00ab\u00a0se parler\u00a0\u00bb.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00c0 l\u2019universit\u00e9, au TNS comme Stan le rappellera, les auteurs dramatiques contemporains europ\u00e9ens sont r\u00e9guli\u00e8rement l\u2019objet d\u2019\u00e9tudes. Entendons-l\u00e0, l\u2019objet d\u2019un int\u00e9r\u00eat, d\u2019une recherche, de travaux d\u2019\u00e9criture et de pratiques. Et ce parce que peut-\u00eatre que seuls ces lieux d\u2019\u00e9tudes peuvent encore se permettre de prendre le temps de la d\u00e9couverte, de l\u2019inconnu, d\u2019un patrimoine dramatique plus \u00e9tendu que les seuls classiques qui attirent trop souvent le public parce qu\u2019on leur sert. Monter S\u00e9n\u00e9que, Sophocle\u2026 nos \u00ab\u00a0contemporains\u00a0\u00bb ne suffit pas\/plus \u00e0 construire demain. L\u2019Europe d\u2019aujourd\u2019hui et de demain\u2026<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-1828\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/P1030872-600x400.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"400\" \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Yannick Butel. 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