


{"id":1854,"date":"2018-07-12T22:25:57","date_gmt":"2018-07-12T20:25:57","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/?p=1854"},"modified":"2018-07-12T22:25:57","modified_gmt":"2018-07-12T20:25:57","slug":"grito-pelao-ventre-mou-ou-ventre-plein","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/grito-pelao-ventre-mou-ou-ventre-plein\/","title":{"rendered":"Grito Pelao\u2026 ventre mou ou ventre plein\u00a0?"},"content":{"rendered":"<div id=\"contenu\">\n<div class=\"auteur\"><a class=\"lienAuteur\" title=\"Envoyer un maiaral \u00e0 Yannick Butel\" href=\"http:\/\/insense-scenes.net\/spip.php?auteur2\">Yannick Butel<\/a>\u00a0&#8211; 12 juillet 2018<\/div>\n<hr \/>\n<div id=\"chapo\"><center><small><i>Grito Pelao<\/i>, Flamenco de Rocio Molina,<br \/>\nfestival d\u2019Avignon In 2018<\/small><\/center><\/p>\n<hr class=\"spip\" \/>\n21h50, mardi 10 juillet, cour du Lyc\u00e9e Saint Joseph, une clameur s\u2019\u00e9l\u00e8ve dans la ville. Et, avec quelques secondes de retard, une partie du public qui a pris place dans ce lieu du In, lui r\u00e9pond en \u00e9cho. La France est en finale de la coupe du monde et vient d\u2019avoir raison des Belges. Olivier Py doit \u00eatre d\u00e9sol\u00e9, lui qui avait ponctu\u00e9 l\u2019ouverture du forum des \u00e9critures dramatiques contemporaines europ\u00e9ennes par un \u00ab\u00a0pourvu que les belges gagnent\u00a0\u00bb, \u00e9cho un peu pauvre et bien loin du souci qu\u2019en avait Camille Desmoulins. Les minutes qui suivront et une partie de la nuit, ce sera un concert de klaxon et de liesse indescriptible. Quelque chose d\u2019impr\u00e9visible qui semble marquer que le bonheur est l\u00e0, et, aussi, un truc assez violent pour le pi\u00e9ton-festivalier qui, vers minuit, doit franchir les boulevards, alors qu\u2019il quitte la cour du Lyc\u00e9e Saint-Joseph apr\u00e8s qu\u2019il a assist\u00e9 \u00e0 Grito Pelao (traduisez \u00ab\u00a0le cri \u00e9corch\u00e9\u00a0\u00bb) de Rocio Molina. Pi\u00e8ce de flamenco d\u2019un peu moins de deux heures qui avait commenc\u00e9 \u00e0 22H15 (au lieu de 22H00). Au th\u00e9\u00e2tre, les arr\u00eats de jeu, aussi paradoxal que cela pourra para\u00eetre, c\u2019est avant que \u00e7a ne commence, quand on a du mal \u00e0 remplir la salle et que l\u2019on fait rentrer les \u00ab\u00a0sans-billets\u00a0\u00bb, les \u00ab\u00a0spectateurs-rempla\u00e7ants\u00a0\u00bb\u2026\n<\/div>\n<hr \/>\n<p><span class=\"spip_document_664 spip_documents spip_documents_center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/insense-scenes.net\/local\/cache-vignettes\/L650xH366\/p1030898-941f4.jpg?1531431683\" alt=\"\" width=\"650\" height=\"366\" \/><\/span><br \/>\n<strong>No more Football than\u00a0<i>Fiesta<\/i><\/strong><br \/>\nD\u00e9pit\u00e9 Py doit l\u2019\u00eatre, lui qui esp\u00e9rait que les Belges gagnent. D\u00e9pit\u00e9 oui, car dans l\u2019esprit du Directeur du Festival, il doit y avoir le souci du son. Le son des klaxons et des hurlements fr\u00e9n\u00e9tiques qui viendront, le 15 juillet prochain, jour de la finale France-Croatie, parasiter les murmures, les dialogues, les monologues, les paroles et autres formes sonores, musicales, des plateaux ouverts \u00e0 la nuit, sous les \u00e9toiles. Le d\u00e9pit de Py tiendrait donc, non pas comme nous l\u2019\u00e9crivions, \u00e0 un \u00e9moi identitaire soutenant le \u00ab\u00a0Belge\u00a0\u00bb (cf. critique sur le forum des \u00e9critures \u00e0 lire sur l\u2019insens\u00e9), mais bien \u00e0 la conscience d\u2019un directeur affranchi des contraintes techniques qui soutiennent l\u2019accomplissement de l\u2019acte th\u00e9\u00e2tral. Sauf \u00e0 beugler comme dans\u00a0<i>Thyeste<\/i>\u00a0plant\u00e9 dans la cour d\u2019Honneur (son et lumi\u00e8re, fric et bastringue sc\u00e9nographique), de fait, et par exemple la d\u00e9licatesse du geste de Raimund Hoghe, aux Clo\u00eetres des C\u00e9lestins, avec\u00a0<i>36 avenue Georges Mandel<\/i>\u00a0(hommage \u00e0 Maria Casares) devrait souffrir. Et d\u2019imaginer le Directeur du festival soutenir maintenant la Croatie afin que le bruit de la nuit ne soit r\u00e9serv\u00e9 qu\u2019\u00e0 la voix de la Diva.<br \/>\nParadoxe d\u2019un festival de Th\u00e9\u00e2tre Populaire qui a forc\u00e9ment besoin de voir dispara\u00eetre son adjectif afin qu\u2019il persiste dans l\u2019imaginaire (sauf \u00e0 \u00e9valuer le tarifaire).<br \/>\nAh\u00a0! Ce peuple dont tous se sente solidaire (de Macron le \u00ab\u00a0monarc\u00a0\u00bb en passant par M\u00e9lenchon l\u2019oligarque) et qui n\u2019en finit pas d\u2019inqui\u00e9ter l\u2019Histoire qui, sans lui, serait tellement bien huil\u00e9e.<br \/>\nMais bref, si\u00a0<i>Fiesta<\/i>\u00a0d\u2019Israel Galvan, au milieu de la cour d\u2019Honneur dans l\u2019\u00e9dition pr\u00e9c\u00e9dente, n\u2019avait pas convaincu ceux qui \u00e9taient adeptes d\u2019un Flamenco de l\u2019endurance\u00a0; si Galvan avait propos\u00e9 des fragments d\u2019excellence plut\u00f4t qu\u2019un Flamenco s\u2019inscrivant dans la dur\u00e9e\u00a0; alors la pr\u00e9sence de Rocio Molina, dans la cour du Lyc\u00e9e Saint-Joseph, semblait venir compenser la frustration du spectateur de l\u2019an dernier (du moins s\u2019il s\u2019agissait du m\u00eame). Magnifique attention que d\u2019assouvir ainsi les go\u00fbts du spectateur, ses attentes, ses besoins de Flamenco complet\u2026 En finir avec le souvenir de Fiesta, en finir avec la clameur du footeux trop populaire, et prier ou esp\u00e9rer que \u00e7a ira avec Molina\u2026<br \/>\n<span class=\"spip_document_665 spip_documents spip_documents_center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/insense-scenes.net\/local\/cache-vignettes\/L650xH366\/p1030899-20902.jpg?1531431684\" alt=\"\" width=\"650\" height=\"366\" \/><\/span><br \/>\n<strong>Quand le Phallus se retira\u2026 enfin<\/strong><br \/>\nAux premiers pas, \u00e0 l\u2019instant o\u00f9 la cour du lyc\u00e9e Saint-Joseph se d\u00e9voile \u00e0 la vue de celui qui va gagner les trav\u00e9es m\u00e9talliques, le plateau et la sc\u00e8ne surexpos\u00e9s sont fascinants. Un blanc intense y est entretenu et le sable fin qui borde le planch\u00e9 qui entoure une fontaine immobile lib\u00e8re un sentiment d\u2019\u00e9ternit\u00e9, de temporalit\u00e9 absente pens\u00e9s par le dramaturge de la lumi\u00e8re Carlos Marquerie. Jusqu\u2019aux trois petites chaises et \u00e0 la tablette sur\u00e9lev\u00e9e en fond de sc\u00e8ne, tout semble s\u2019accorder avec ce blanc absolu dont Kandinsky \u00e9crivait qu\u2019il excluait la raison, et permettait peut-\u00eatre l\u2019\u00e9v\u00e9nement de la spiritualit\u00e9. Et d\u2019\u00e9voquer un trouble, propre au spectateur qui se trouve l\u00e0, \u00e0 cet endroit en attente de ses interpr\u00e8tes, ce qui rel\u00e8ve d\u2019une exp\u00e9rience sensible puissante. Plus tard, une, puis deux, puis trois femmes appara\u00eetront qui gagneront leur place au plateau. Les rejoindront les musiciens qui prendront place discr\u00e8tement sur le c\u00f4t\u00e9. La sc\u00e8ne appartiendra presque exclusivement \u00e0 ces trois femmes.<br \/>\n\u00c0 la m\u00e8re Lola Cruz, \u00e0 la fille la danseuse Rocio Molina Cruz, \u00e0 l\u2019amie la chanteuse Silvia Perez Cruz. Trois femmes ou trois ventres de Venus figure de la fertilit\u00e9, d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui. Trois ventres, l\u2019un abim\u00e9 sans doute par l\u2019\u00e2ge et la maternit\u00e9 qui ne se donnera jamais \u00e0 la vue. Il a v\u00e9cu, est l\u00e0, et sous le v\u00eatement qu\u2019il ne quittera pas, \u00e0 lui seul il raconte l\u2019histoire de toutes les femmes qui, de petite fille jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle devienne femme, portent en elle, d\u00e8s la naissance, cette virtualit\u00e9 qu\u2019est la vie d\u2019un autre \u00e0 cr\u00e9er. L\u2019Histoire de la perp\u00e9tuation de l\u2019humanit\u00e9 est \u00e0 cet endroit, mais si longtemps il a fallu accueillir un sexe intrus pour que se r\u00e9alise celle-ci, aujourd\u2019hui et alors que Goethe y pensait en \u00e9crivant\u00a0<i>Faust<\/i>\u00a0et l\u2019\u00e9pisode de l\u2019Homonculus, la technique aura permis de distinguer cette histoire, d\u2019une autre nomm\u00e9e sexualit\u00e9. Ce ventre-l\u00e0, finalement, je le regarderai comme un point arch\u00e9ologique. Un ventre qui induisait, par-del\u00e0 la maternit\u00e9, un ensemble de relations p\u00e9riph\u00e9riques, de formes de pouvoirs, de conservatisme moraux, d\u2019enjeux soci\u00e9taux, une histoire de la sexualit\u00e9 au prisme de la soci\u00e9t\u00e9 et de l\u2019esprit des hommes. Quelque chose d\u2019un ordre que la po\u00e9sie de Mallarm\u00e9 rapporte avec justesse\u00a0: \u00ab\u00a0Alerte, gaillard et dispo\u00a0!\/Je sais que pr\u00e8s de toi je bande\/ Vertement, et je n\u2019appr\u00e9hende\/ Aucun malheur, sinon de voir,\/ Entre mes cuisses engourdies\/Ma pine flasque et molle choir\u00a0!&#8230;\u00a0\u00bb. Quelque chose que fait trembler d\u2019\u00e9motion Apollinaire\u00a0: \u00ab\u00a0Con large comme un estuaire\/ O\u00f9 meurt mon amoureux reflux\/ Tu as la saveur poissonni\u00e8re l\u2019odeur de la bite et du cul\/ La fra\u00eeche odeur trouduculi\u00e8re\/ Femme \u00f4 vagin in\u00e9puisable\/ Dont le souvenir fait bander\/ Tes nichons distribuent la manne\/ Tes cuisses quelle volupt\u00e9\/ m\u00eame tes menstrues sanglantes\/ Sont une liqueur violente\/ La rose-th\u00e9 de ton pr\u00e9puce\/ Aupr\u00e8s de moi s\u2019\u00e9panouit\/ On dirait d\u2019un vieux boyard russe\/ Le chibre sanguin et bouffi\/ Lorsqu\u2019au plus fort de la partouse\/ Ma bouche \u00e0 ton n\u0153ud fait ventouse\u00a0\u00bb .<br \/>\nEt de voir ce premier ventre comme le contrepoint des deux autres qui, la technique aidant, semblent avoir \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9s du poids des soci\u00e9t\u00e9s phallistiques, de la friction et de la p\u00e9n\u00e9tration, etc. Ventres fermes, lisses, f\u00e9conds\u2026 exhib\u00e9s sur la sc\u00e8ne o\u00f9 la rondeur avoue aussi la r\u00e9volution. Ventre de Rocio en gestation, aux seins alourdis par ce qui pousse \u00e0 l\u2019endroit du creux d\u2019elle, et ventre de Silvia qui dix ans plut\u00f4t a eu sa filles Lola et a gard\u00e9 sur les hanches ce qui, pour venir au monde, exige du corps une \u00e9lasticit\u00e9, une plasticit\u00e9. Ventres de femme de la maturit\u00e9 comme on le dit d\u2019un fruit lequel, d\u2019ailleurs, est \u00e9voqu\u00e9 pour rythmer les mois d\u2019une grossesse. Rocio a ainsi le \u00ab\u00a0ventre de la poire\u00a0\u00bb\u2026Ventre f\u00e9cond\u00e9 in vitro que celui de Rocio et qui portant l\u2019enfant, pour autant n\u2019a jamais eu \u00e0 souffrir le poids d\u2019un g\u00e9niteur entre ses cuisses, sentir le souffle court du co-cr\u00e9ateur, ses assauts physiques\u2026<br \/>\nGrita Pelao, pour autant que la sc\u00e8ne pourra se colorer d\u2019un onirisme lyrique, d\u2019un geste chor\u00e9graphi\u00e9 et chant\u00e9, ne perdra jamais de vue cette histoire-l\u00e0, celle des ventres et de l\u2019exp\u00e9rience qu\u2019ils vivent. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019est l\u2019impulso qui nourrit le geste de cr\u00e9ation de Rocio Molina.<br \/>\n<span class=\"spip_document_666 spip_documents spip_documents_center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/insense-scenes.net\/local\/cache-vignettes\/L650xH366\/p1030900-ce0a8.jpg?1531431684\" alt=\"\" width=\"650\" height=\"366\" \/><\/span><br \/>\n<strong>Impulso\u2026 et le pouls filant\u2026<\/strong><br \/>\nL\u2019image, disons le visuel, pr\u00e9cisons encore\u2026 tout ce qui rel\u00e8vera de l\u2019optique restera inalt\u00e9rablement structur\u00e9, rigoureux en chaque variation de couleurs qui s\u2019\u00e9tendent sur l\u2019ensemble des murs et du plateau. Sc\u00e9nographiquement\u00a0<i>Grito Pelao<\/i>\u00a0demeurera puissant dans son rapport \u00e0 l\u2019impact visuel. Les rouges bross\u00e9s, les bleus froids, les marbrures sur fond noir\u2026 rien de la couleur ne s\u2019\u00e9cartera de la pr\u00e9cision qui confine \u00e0 un art pictural. Et si tant est que l\u2019on puisse, dans l\u2019\u00e9coute, dompter les sons sauvages qui parviennent \u00e0 l\u2019ou\u00efe, le pas claquant, caressant, percutant de Rocio Molino, pris isol\u00e9ment, nous ouvre \u00e0 une m\u00e9taphysique du pied. Celle qui nous conduit \u00e0 nous rappeler que le pied est l\u2019articulation complexe qui a donn\u00e9 \u00e0 l\u2019homme sa stature, et dans son prolongement, son rapport c\u00e9r\u00e9bral au monde. \u00c9couter les pieds de Rocio, c\u2019\u00e9tait en d\u00e9finitive faire l\u2019\u00e9preuve d\u2019une c\u00e9r\u00e9bralit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u0153uvre et peut-\u00eatre le \u00ab\u00a0duende\u00a0\u00bb (les d\u00e9mons int\u00e9rieurs) qui nous accompagnent et donnent au corps ses formes esquives, ses rapports percussifs et languissants, sa plasticit\u00e9 ondulante et vibrante\u2026<br \/>\nDe la m\u00eame mani\u00e8re, arriver \u00e0 saisir la voix de Silvia Perez Cruz, n\u2019\u00e9couter que la langue espagnole sans se pr\u00e9occuper d\u2019un ailleurs (les sous-titres sont d\u00e9cid\u00e9ment des briseurs de po\u00e9tique), c\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre parvenir \u00e0 entendre l\u2019accent de la romance qui organisait le chant, en faisait une caresse&#8230; Le canto Jondo qui dit la peine et la douleur dans leur expression sonore soutenue par les rascado (accords brusques) de la guitare qui l\u2019accompagnait. \u00c0 la mani\u00e8re de Lorca, que chante aussi Silvia Perez Cruz, on saisissait que si la vie passe par les larmes, le th\u00e9\u00e2tre se doit d\u2019en \u00eatre travers\u00e9 aussi (cf. Klaus Mickael Gruber).<br \/>\nMais voil\u00e0, alors que le Flamenco m\u00e9riterait un \u00e9quilibre entre voix et corps, entre musique et son du corps, il y eut seulement \u00e0 cet endroit, pour Grito, comme une sorte de concurrence. Laquelle a eu pour effet d\u2019annuler toute compl\u00e9mentarit\u00e9. Un peu comme si, l\u2019une et l\u2019autre, s\u2019inscrivaient dans une surench\u00e8re d\u2019exposition de leur excellence singuli\u00e8re, au point que celle-ci disparaissait.<br \/>\nL\u00e0, fut, trop souvent, le premier \u00e9cueil.<br \/>\nLe second, mais peut-\u00eatre qu\u2019il ne tient qu\u2019\u00e0 l\u2019\u0153il d\u2019un \u00ab\u00a0critique homme\u00a0\u00bb, c\u2019est que cette histoire de ventre para\u00eetra parfois bien narcissique, un brin trop biographique, et finalement peut-\u00eatre trop \u00e9gocentrique\u2026 Quelque chose d\u2019insupportable qui s\u2019incarne dans l\u2019image finale o\u00f9 sur le mur, en fond de sc\u00e8ne, est projet\u00e9 l\u2019int\u00e9rieur du ventre de Rocio\u00a0: \u00e9chographie, image grise fluide et son&#8230;<br \/>\nParall\u00e8lement, la voix de Silvia Perez Cruz, qui fait \u00e9cho \u00e0 ces histoires de ventre solitaires\/solidaires, font regretter celle qui chante Gallo Rojo, que les mouvements des Indign\u00e9s espagnols et les furtifs de Nuit debout lui empruntaient.<br \/>\nEt de sentir quelque chose qui serait absent dans tout cela. Quelque chose de commun, alors qu\u2019elles privatisent leur rapport au ventre. Et soudain, repenser \u00e0 la\u00a0<i>M\u00e8re courage<\/i>\u00a0de Brecht. Entendre Anna Fierling effacer l\u2019id\u00e9e de p\u00e8re et d\u00e9fendre ses enfants jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle les perde. Repenser la maternit\u00e9 comme l\u2019Histoire. Et chemin faisant, se frayant un passage entre les voitures et les drapeaux tricolores se souvenir du dramaturge allemand Heiner M\u00fcller\u00a0: \u00ab\u00a0On devrait coudre les femmes, un monde sans m\u00e8res. Nous pourrions nous massacrer tranquillement les uns les autres, et avec quelque espoir, quand la vie nous devient trop longue ou la gorge trop serr\u00e9e pour nos cris\u00a0\u00bb. Basta la trag\u00e9die.<br \/>\n<span class=\"spip_document_667 spip_documents spip_documents_center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/insense-scenes.net\/local\/cache-vignettes\/L650xH366\/p1030901-67d68.jpg?1531431685\" alt=\"\" width=\"650\" height=\"366\" \/><\/span>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Yannick Butel\u00a0&#8211; 12 juillet 2018 Grito Pelao, Flamenco de Rocio Molina, festival d\u2019Avignon In 2018 21h50, mardi 10 juillet, cour du Lyc\u00e9e Saint Joseph, une clameur s\u2019\u00e9l\u00e8ve dans la ville. Et, avec quelques secondes de retard, une partie du public qui a pris place dans ce lieu du In, lui r\u00e9pond en \u00e9cho. La France est en finale de la coupe du monde et vient d\u2019avoir raison des Belges. 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