


{"id":1914,"date":"2018-07-18T22:58:55","date_gmt":"2018-07-18T20:58:55","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/?p=1914"},"modified":"2018-07-18T22:58:55","modified_gmt":"2018-07-18T20:58:55","slug":"dun-fantome-lautre-la-reprise-de-milo-rau","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/dun-fantome-lautre-la-reprise-de-milo-rau\/","title":{"rendered":"D\u2019un fant\u00f4me l\u2019autre\u00a0:\u00a0La Reprise\u00a0de Milo Rau"},"content":{"rendered":"<div id=\"contenu\">\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-2161 aligncenter\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/180708_rdl_5143-1-600x400.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"400\" \/><\/p>\n<hr \/>\n<div id=\"chapo\">\n<strong>La Reprise. Histoire(s) du th\u00e9\u00e2tre (I)<\/strong><em><strong>\u00a0de Milo Rau se pr\u00e9sente comme une \u00e9tude sc\u00e9nique qui rejoue le meurtre homophobe d\u2019un jeune homme dans la ville de Li\u00e8ge. Plus qu\u2019une simple reconstitution venant satisfaire les pulsions voyeuristes des spectateurs, la cr\u00e9ation du metteur en sc\u00e8ne suisse interroge la puissance politique et affective des images th\u00e9\u00e2trales et de leur construction.<\/strong><\/em>\n<\/div>\n<hr \/>\n<p><span class=\"spip_document_740 spip_documents spip_documents_center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/insense-scenes.net\/local\/cache-vignettes\/L650xH974\/reprise_3-88f18.jpg?1531907045\" alt=\"\" width=\"650\" height=\"974\" \/><\/span><br \/>\nUn souffle, pour commencer. Celui de Johan Leysen que capte son micro avant qu\u2019il ne prononce ses premiers mots. Se tenant face au public, il \u00e9nonce les quelques questions m\u00e9tath\u00e9\u00e2trales qui ouvrent l\u2019<i>Histoire(s) du th\u00e9\u00e2tre (I)<\/i>\u00a0de Milo Rau\u00a0: \u00ab\u00a0Comment faire son entr\u00e9e en sc\u00e8ne\u00a0?\u00a0\u00c0 quel moment devient-on le personnage\u00a0? Etc.\u00a0\u00bb Le public, d\u00e9j\u00e0, rit d\u2019une complicit\u00e9 aussi ais\u00e9ment construite. Comme s\u2019il suffisait de d\u00e9signer la repr\u00e9sentation pour qu\u2019elle existe.<br \/>\nUn souffle vol\u00e9, pour finir. Celui de Tom Adjibi que couvre la voix d\u2019un enregistrement de\u00a0<i>Cold song<\/i>\u00a0de Purcell. Autour de lui, celui qui quelques minutes plus t\u00f4t \u00e9tait son meurtrier fait danser son l\u00e8ve-charge de cariste tandis que les l\u00e8vres du jeune acteur formulent silencieusement \u00ab\u00a0let me freeze to death\u00a0\u00bb. Fin d\u2019une repr\u00e9sentation plac\u00e9e sous le signe de la reprise, une fin qui sera doubl\u00e9e, voire tripl\u00e9e par une pendaison interrompue et un salut annonc\u00e9 comme sixi\u00e8me acte de la trag\u00e9die, selon les mots de la po\u00e8te Wislawa Szymborska.<br \/>\nDeux hommes, deux fant\u00f4mes. Le premier a 67 ans, les cheveux blancs et est acteur professionnel avec une longue carri\u00e8re derri\u00e8re lui. Le second a la vingtaine, les cheveux noirs cr\u00e9pus et a interpr\u00e9t\u00e9 un docteur dans un film des fr\u00e8res Dardenne. L\u2019un s\u2019amuse au d\u00e9but du spectacle \u00e0 rejouer pour le public une apparition du spectre d\u2019Hamlet sur un plateau empli \u00e0 sa demande d\u2019une fum\u00e9e \u00e9paisse que creuse une lumi\u00e8re lat\u00e9rale. Spectre de l\u2019histoire th\u00e9\u00e2trale que d\u2019aucuns peut reconvoquer \u00e0 loisir pour savourer les sonorit\u00e9s shakespeariennes. L\u2019autre vient d\u2019\u00eatre battu \u00e0 mort par trois hommes d\u2019une banalit\u00e9 monstrueuse et laiss\u00e9 nu au bord de la route, sous une pluie glac\u00e9e \u2013 mort de froid, comme le suppliait le chanteur de Purcell. Spectre d\u2019un fait divers r\u00e9el que ses proches ne parviennent pas \u00e0 faire r\u00e9appara\u00eetre tant la mort de ce jeune homme de Li\u00e8ge semble absurde et irr\u00e9elle. D\u2019un fant\u00f4me \u00e0 l\u2019autre, c\u2019est l\u2019histoire du th\u00e9\u00e2tre que joue (et l\u2019on se privera, ici, des jeux de mots que le spectacle appelle pourtant de re-pr\u00e9sentation\/re-prise\/re-jouer) le metteur en sc\u00e8ne belge que la critique encense, \u00e0 raison sans doute. Sa derni\u00e8re cr\u00e9ation, La Reprise, est une histoire du th\u00e9\u00e2tre en six chapitres qui s\u2019appue sur \u00ab\u00a0quelque chose d\u2019objectif\u00a0\u00bb\u00a0: le meurtre d\u2019Ihsane Jarfi \u00e0 Li\u00e8ge en 2012. On pourrait inverser la formule\u00a0: une histoire de la r\u00e9alit\u00e9 qui s\u2019appuie sur \u00ab\u00a0quelque chose d\u2019objectif\u00a0\u00bb, la m\u00e9canique th\u00e9\u00e2trale ou la construction de l\u2019illusion.<br \/>\nSur la structure et le d\u00e9roulement de\u00a0<i>La Reprise. Histoire(s) du th\u00e9\u00e2tre (I)<\/i>, d\u2019autres insens\u00e9s ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit avec soin et justesse, tout comme sur les pr\u00e9ceptes du th\u00e9\u00e2tre de Milo Rau, metteur en sc\u00e8ne suisse qui prend la direction du Th\u00e9\u00e2tre de Gand en Belgique pour la saison 2018-2019. Les quelques lignes qui suivent ne r\u00e9p\u00e8teront pas ces mots qui se suffisent \u00e0 eux seuls et s\u2019attacheront plut\u00f4t \u00e0 d\u00e9rouler un d\u00e9tail, un motif\u00a0: celui du spectre, visible et\/ou invisible. D\u2019un fant\u00f4me l\u2019autre, donc, ou d\u2019une hantise du visuel.<br \/>\n<span class=\"spip_document_769 spip_documents spip_documents_center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/insense-scenes.net\/local\/cache-vignettes\/L409xH613\/milo_casting-82727.jpg?1532006015\" alt=\"\" width=\"409\" height=\"613\" \/><\/span><br \/>\n<strong>Danser avec les fant\u00f4mes<\/strong><br \/>\nPour qui va r\u00e9guli\u00e8rement au th\u00e9\u00e2tre, l\u2019invasion des \u00e9crans sur la sc\u00e8ne est une r\u00e9alit\u00e9 qui ne surprend plus. L\u2019enjeu n\u2019est plus de savoir si la vid\u00e9o sera ou non pr\u00e9sente mais si oui ou non son usage sera justifi\u00e9\u00a0; voire int\u00e9ressant. Des performances filmiques de Cyril Teste aux tournages en direct de Katie Mitchell, le regard du spectateur est d\u00e9sormais habitu\u00e9 \u00e0 passer d\u2019un m\u00e9dium \u00e0 l\u2019autre, quitte \u00e0 se retrouver parfois avec des douleurs s\u00e9v\u00e8res dans la nuque \u00e0 force de rester les yeux braqu\u00e9s sur l\u2019\u00e9cran central. Pas de risque d\u2019une telle souffrance avec Milo Rau\u00a0: l\u2019\u00e9cran est tout aussi central mais son usage participe \u00e0 la construction d\u2019une dramaturgie spectrale qui prend soin de toujours interroger ce regard pos\u00e9 sur sa surface, qu\u2019il s\u2019agisse de celui du spectateur ou de l\u2019acteur. Ainsi du casting qui sert de pr\u00e9lude \u00e0 la reconstitution en cinq actes ou chapitres du meurtre d\u2019Ishane Jarfi\u00a0: les trois acteurs amateurs, Suzy Cocco, Tom Adjibi et S\u00e9bastien Foucault prennent place \u00e0 tour de r\u00f4le sur une chaise plac\u00e9e exactement sous l\u2019\u00e9cran, face \u00e0 une cam\u00e9ra pos\u00e9e sur pieds. A cour, assis derri\u00e8re une table recouverte de feuilles blanches, les trois acteurs professionnels leur demande de parler de leur parcours th\u00e9\u00e2tral et de l\u2019endroit jusqu\u2019o\u00f9 ils seraient pr\u00eats \u00e0 aller sur un plateau\u00a0: donner un coup, embrasser, pleurer, se mettre nu(e). Au-del\u00e0 de la dimension m\u00e9tath\u00e9\u00e2trale de cette premi\u00e8re s\u00e9quence, le jeu de regard qu\u2019elle met en place englobe le spectateur et le positionne \u00e0 un endroit singulier. Le gros plan sur les visages des acteurs auditionn\u00e9s permet de saisir dans les yeux qu\u2019ils dirigent vers nous le moindre tressaillement, le plus infime changement d\u2019expression, de scruter dans les traits du visages et dans ses d\u00e9formations la possibilit\u00e9 d\u2019une pr\u00e9sence sur le plateau pour le jeu th\u00e9\u00e2tral \u00e0 venir. Alors que ces auditionn\u00e9s se soumettent au regard des examinateurs qui leur posent des questions, la pr\u00e9sence de la cam\u00e9ra face \u00e0 eux et dans l\u2019axe du public fait que ce sont finalement les yeux des spectateurs qui les observent le plus attentivement. Fa\u00e7on pour le metteur en sc\u00e8ne de d\u00e9doubler ce premier regard scrutateur, ce choix premier des \u00e9l\u00e9ments susceptibles de construire au mieux la fiction \u00e0 venir. C\u2019est donc sous ce double regard, de c\u00f4t\u00e9 et de face, que les trois amateurs font la d\u00e9monstration de leurs talents et faiblesses. L\u2019une n\u2019arrive pas \u00e0 pleurer, l\u2019autre joue toujours des m\u00e9chants et le dernier est polyglotte, ou du moins en donne-t-il l\u2019illusion en imitant les sonorit\u00e9s que notre imaginaire d\u2019occidental attache au danois par exemple. Par ce casting d\u00e9j\u00e0, Milo Rau d\u00e9tourne l\u2019usage de la vid\u00e9o et fait de cet \u00e9cran le lieu o\u00f9 se croisent les regards, fictionnels et r\u00e9els, fantasm\u00e9s et fabriqu\u00e9s.<br \/>\n<span class=\"spip_document_770 spip_documents spip_documents_center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/insense-scenes.net\/local\/cache-vignettes\/L650xH434\/milo_fete-7f339.jpg?1532006015\" alt=\"\" width=\"650\" height=\"434\" \/><\/span><br \/>\nCe que ce pr\u00e9lude cast\u00e9 laisse aussi entrevoir, c\u2019est le l\u00e9ger d\u00e9calage entre les mouvements film\u00e9s et ceux r\u00e9alis\u00e9s sur le plateau. Deux temporalit\u00e9s\u00a0: celle de l\u2019\u00e9cran, spectrale, que l\u2019on pourrait r\u00e9p\u00e9ter \u00e0 l\u2019envie puisqu\u2019elle est enregistr\u00e9e et celle des corps en chair et en os, qui reproduisent les gestes film\u00e9s sans parvenir \u00e0 en \u00eatre la copie parfaite. Ainsi de la sc\u00e8ne d\u2019une sc\u00e8ne entre les deux jeunes amoureux au milieu de la bo\u00eete de nuit. Sur le plateau, ils sont isol\u00e9s \u00e0 jardin, accoud\u00e9s \u00e0 un piano. Leurs visages sont pr\u00e8s l\u2019un de l\u2019autre, ils se murmurent des choses \u00e0 l\u2019oreille, le sourire aux l\u00e8vres. Sc\u00e8ne d\u2019une intimit\u00e9 surprise dont les spectateurs n\u2019entendent pas les secrets. Sur l\u2019\u00e9cran, la sc\u00e8ne est toute autre\u00a0: l\u2019intimit\u00e9 amoureuse est toujours l\u00e0, mais elle se d\u00e9roule au milieu d\u2019une bo\u00eete de nuit qu\u2019emplissent des corps qui dansent. Spectacle \u00e9trange de voir les acteurs sur le plateau s\u2019entrechoquer avec ces fant\u00f4mes dansants qui n\u2019apparaissent qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9cran mais qui font quand m\u00eame d\u00e9vier leur pas et leurs regards. Milo Rau multiplie les sc\u00e8nes de ce type et l\u2019\u00e9cart qu\u2019il rend visible entre les images vid\u00e9o et les corps sur la sc\u00e8ne d\u00e9signe la m\u00e9canique d\u2019une construction de l\u2019illusion. Mais au-del\u00e0 de ce seul geste de monstration, le d\u00e9calage entre ces deux r\u00e9gimes d\u2019image d\u00e9construit la logique m\u00eame de la reprise et r\u00e9v\u00e8le, dans l\u2019\u00e9cart de ces deux sc\u00e8nes, celle qui nous reste invisible\u00a0: la r\u00e9alit\u00e9.<br \/>\n<span class=\"spip_document_743 spip_documents spip_documents_center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/insense-scenes.net\/local\/cache-vignettes\/L650xH974\/reprise_5-ce13b.jpg?1531907045\" alt=\"\" width=\"650\" height=\"974\" \/><\/span><br \/>\n<strong>L\u2019empathie de la terreur<\/strong><br \/>\nUne telle dramaturgie du visuel et de la fabrique de l\u2019image th\u00e9\u00e2trale (\u00e0 comprendre non comme la composition de tableaux mais comme celle de corps en jeu) souligne ainsi l\u2019\u00e9cart irr\u00e9ductible entre la r\u00e9alit\u00e9 et sa reprise. Et toute la repr\u00e9sentation s\u2019efforcera, pr\u00e9cis\u00e9ment, de r\u00e9duire cet \u00e9cart en allant jusqu\u2019\u00e0 reconstituer dans les moindres d\u00e9tails la sc\u00e8ne du meurtre (chapitre 4, anatomie du crime). Reste qu\u2019en offrant au spectateur la possibilit\u00e9 de saisir le moindre d\u00e9tail, en satisfaisant son d\u00e9sir de tout voir et de tout savoir, Milo Rau rappelle que la r\u00e9alit\u00e9 se situe ailleurs et \u00e9chappe toujours \u00e0 la reprise. Lorsque la Polo grise entre sur le plateau, pouss\u00e9e par les acteurs qui se mettent \u00e0 rejouer le meurtre, la vid\u00e9o s\u2019interrompt. La mise \u00e0 distance n\u2019a plus besoin de l\u2019\u00e9cran, ou plut\u00f4t elle n\u2019est plus facilit\u00e9e par l\u2019\u00e9cran\u00a0: c\u2019est d\u00e9sormais au spectateur de l\u2019effectuer. Confront\u00e9 \u00e0 la violence de la sc\u00e8ne qui se d\u00e9roule, imperturbablement, devant lui, il est susceptible d\u2019\u00eatre choqu\u00e9 par une telle attention au d\u00e9tail dans la reproduction des gestes meurtriers\u00a0: les coups s\u2019encha\u00eenent, le temps est long. C\u2019est qu\u2019il faut d\u2019abord s\u2019\u00e9loigner de la ville et rouler avec ce corps meurtri qui murmure des pri\u00e8res en arabe dans le coffre. Et puis sortir ce corps, lui accorder une derni\u00e8re salve de coups, le d\u00e9shabiller, lui pisser dessus. Un des meurtriers attend dans la voiture. Une fois le corps nu plac\u00e9 dans la position d\u00e9crite par les rapports de police, il sort et vomit. La sc\u00e8ne est au plus pr\u00e8s d\u2019une reconstitution fid\u00e8le, insupportable. Et pourtant, le spectateur n\u2019oublie jamais qu\u2019il fait face \u00e0 une sc\u00e8ne th\u00e9\u00e2trale\u00a0: le geste d\u2019\u00e9cartement qu\u2019op\u00e9rait la vid\u00e9o peut \u00eatre effectu\u00e9 par son seul regard de spectateur. De fait, si la violence devient pour certains insupportable, il suffit de se cacher les yeux. Se priver d\u2019image serait donc aussi simple que cela.<br \/>\nMais d\u2019autres images sont plus difficiles \u00e0 effacer, ce sont celles, pr\u00e9cis\u00e9ment, que l\u2019on ne peut montrer. Les images qui naissent dans l\u2019esprit de la m\u00e8re d\u2019Ishane lorsque son fils ne r\u00e9pond pas au t\u00e9l\u00e9phone et qu\u2019elle s\u2019inqui\u00e8te qu\u2019il ne soit pas venu lui souhaiter son anniversaire ou celle d\u2019un torse \u00e9cras\u00e9 qui hante l\u2019amant d\u2019Ishane et dont il n\u2019arrive pas \u00e0 se d\u00e9barrasser. Ces images d\u2019horreur, le spectateur ne peut que les deviner et c\u2019est \u00e0 cet endroit que se situe l\u2019insupportabilit\u00e9 de la violence, dans ce que l\u2019on ne peut partager. L\u2019amant d\u2019Ishane parle d\u2019une empathie de la terreur. Peut-\u00eatre que c\u2019est cela que d\u00e9signent les m\u00e9caniques de reprise du spectacle de Milo Rau\u00a0: fr\u00f4ler la douleur de l\u2019autre sans jamais pouvoir la partager, sauf comme un ressouvenir. Dans La Reprise, Kierkegaard estime que \u00ab\u00a0le ressouvenir a ce grand avantage de commencer par la perte\u00a0; c\u2019est pourquoi il est s\u00fbr, n\u2019ayant rien \u00e0 perdre.\u00a0\u00bb<br \/>\nLe spectateur de<i>\u00a0La Reprise. Histoire(s) du th\u00e9\u00e2tre (I)<\/i>\u00a0de Milo Rau fait l\u2019exp\u00e9rience de cette perte premi\u00e8re, celle de spectres qui refusent de revenir le hanter. Reste alors le th\u00e9\u00e2tre, pour convoquer d\u2019autres fant\u00f4mes plus dociles.<br class=\"autobr\" \/><span class=\"spip_document_771 spip_documents spip_documents_center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/insense-scenes.net\/local\/cache-vignettes\/L650xH434\/milo_danse-a3383.jpg?1532006015\" alt=\"\" width=\"650\" height=\"434\" \/><\/span>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Reprise. Histoire(s) du th\u00e9\u00e2tre (I)\u00a0de Milo Rau se pr\u00e9sente comme une \u00e9tude sc\u00e9nique qui rejoue le meurtre homophobe d\u2019un jeune homme dans la ville de Li\u00e8ge. Plus qu\u2019une simple reconstitution venant satisfaire les pulsions voyeuristes des spectateurs, la cr\u00e9ation du metteur en sc\u00e8ne suisse interroge la puissance politique et affective des images th\u00e9\u00e2trales et de leur construction. Un souffle, pour commencer. 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