


{"id":1923,"date":"2018-07-18T23:03:05","date_gmt":"2018-07-18T21:03:05","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/?p=1923"},"modified":"2018-07-18T23:03:05","modified_gmt":"2018-07-18T21:03:05","slug":"une-saison-en-enfer-chatelain-lanachorete","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/une-saison-en-enfer-chatelain-lanachorete\/","title":{"rendered":"Une Saison en Enfer, Ch\u00e2telain l\u2019anachor\u00e8te"},"content":{"rendered":"<div id=\"contenu\">\n<div class=\"auteur\"><a class=\"lienAuteur\" title=\"Envoyer un maiaral \u00e0 Yannick Butel\" href=\"http:\/\/insense-scenes.net\/spip.php?auteur2\">Yannick Butel<\/a>\u00a0&#8211; 18 juillet 2018<\/div>\n<hr \/>\n<div id=\"chapo\"><small><\/small><center><small><i>Une saison en enfer<\/i>\u00a0d\u2019Arthur Rimbaud,<br \/>\nmis en sc\u00e8ne Ulysse Di Gregorio, interpr\u00e9t\u00e9 par Jean-Quentin Chatelain,<br \/>\nTh\u00e9\u00e2tre des Halles, Avignon Off 2018. Par Yannick Butel<br \/>\n<\/small><\/center><\/p>\n<hr class=\"spip\" \/>\nEn lieu et place de la Chapelle au Th\u00e9\u00e2tre des Halles \u00e0 Avignon, Ulysse Di Gregorio met en sc\u00e8ne Jean-Quentin Ch\u00e2telain dans\u00a0<i>Une Saison en Enfer<\/i>\u00a0de Rimbaud. Dans une sc\u00e9nographie \u00e9pur\u00e9e et tenant \u00e0 quelques lumi\u00e8res c\u00e9lestes de Benjamin Gabri\u00e9, L\u2019Acteur immense et libre qu\u2019est Ch\u00e2telain y est seul. Et cette b\u00eate, cet animal sc\u00e9nique, qui est l\u2019un des plus grands acteurs de notre temps, aux prises avec Rimbaud, le fait appara\u00eetre \u00e0 son c\u00f4t\u00e9, au fil d\u2019une raison \u00e9corch\u00e9e, convoqu\u00e9e et sans concession. Quelque chose du foudroiement artaudien. Incroyable.\n<\/div>\n<hr \/>\n<p><center><span class=\"spip_document_759 spip_documents spip_documents_center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/insense-scenes.net\/local\/cache-vignettes\/L446xH531\/spectacle_21750-3-282ba.jpg?1531924968\" alt=\"\" width=\"446\" height=\"531\" \/><\/span><\/center><strong>Lire pour soi\u2026<\/strong><br \/>\n\u00c7a ne sert de rien de tenter l\u2019explication d\u2019<i>Une Saison en Enfer<\/i>\u00a0de Rimbaud. \u00c7a ne servirait \u00e0 rien d\u2019aller chercher les commentaires, les plus pr\u00e9cieux, les plus habiles, les plus pr\u00e9cis\u2026 \u00e7a ne servirait \u00e0 rien d\u2019\u00e9couter L\u00e9o Ferr\u00e9. Non rien, et il faut parfois faire violence \u00e0 la raison. De Ferr\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9face d\u2019Aragon, rien ne pourra remplacer le moment de la lecture que l\u2019on fait pour soi. Ce temps curieux o\u00f9, en silence ou \u00e0 haute voix, s\u2019entendre lire\/dire Rimbaud suffit pour savoir que l\u2019on est devant le massif, l\u2019imp\u00e9n\u00e9trable, l\u2019irracontable et parfois l\u2019inexprimable. \u00c7a ne servirait \u00e0 rien de rappeler les premiers vers, si l\u2019on devait s\u2019inscrire dans le geste ex\u00e9g\u00e9tique.<\/p>\n<blockquote class=\"spip\"><p>\u00ab\u00a0Un soir, j\u2019ai assis la Beaut\u00e9 sur mes genoux. &#8211; Et je l\u2019ai trouv\u00e9e am\u00e8re. Et je l\u2019ai injuri\u00e9e. Je me suis arm\u00e9 contre la justice. Je me suis enfui. \u00d4 sorci\u00e8res, \u00f4 mis\u00e8re, \u00f4 haine, c\u2019est \u00e0 vous que mon tr\u00e9sor a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9 [\u2026] Je parvins \u00e0 faire s\u2019\u00e9vanouir dans mon esprit toute l\u2019esp\u00e9rance humaine. Sur toute joie pour l\u2019\u00e9trangler j\u2019ai fait le bond sourd de la b\u00eate f\u00e9roce [\u2026] j\u2019ai vu l\u2019enfer des femmes la\u0300-bas\u00a0; &#8211; et il me sera loisible de posse\u0301der la ve\u0301rite\u0301 dans une a\u0302me et un corps.\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Qu\u2019est-ce qui pourrait bien venir en plus dans le commentaire\u00a0? Comment vivre autrement le commentaire que sous sa forme aride, sauf \u00e0 s\u2019appeler Maurice Blanchot qui est peut-\u00eatre l\u2019un des seuls \u00e0 trouver dans une autre \u00e9criture un \u00e9cho rare.<br \/>\nQui, coupant la parole \u00e0 la parole couch\u00e9e et \u00e0 l\u2019imaginaire, pourrait pr\u00e9tendre offrir le sens en communion. Je dirai en p\u00e2ture. Alors, il faut se r\u00e9signer, lire, faire l\u2019exp\u00e9rience de la lecture, s\u2019ent\u00eater \u00e0 trouver dans la voix ce que la ligne porte en elle, et qu\u2019elle d\u00e9ploie. Lire seulement les premiers vers, \u00eatre humble et trouver le temps de les sentir en soi, respirer, donner le rythme de la respiration, au risque de l\u2019\u00e9touffement parce que rien, ici, ne peut se dire comme ailleurs. Et faisant cette exp\u00e9rience du lecteur, savoir oublier la r\u00e9citation scolaire, ce moment de contr\u00f4le qui s\u2019exer\u00e7ait via l\u2019\u00e9l\u00e8ve sur la libert\u00e9 qu\u2019est l\u2019espace du po\u00e8me. Cette autre langue qu\u2019est le po\u00e8me n\u2019a d\u2019autre but que de nous apprendre \u00e0 parler et de nous \u00e9manciper du langage clos.<br \/>\nAlors lire, oui, la premi\u00e8re phrase pour la sentir s\u2019insinuer dans les articulations du genou. Sentir le poids de la beaut\u00e9 dans l\u2019articulation, et les ravages qu\u2019elle fait sur le cartilage. Sentir \u00e0 cet endroit -l\u00e0 du cartilage que la beaut\u00e9 est un poids quel que soit l\u2019\u00e2ge. Voil\u00e0, peut-\u00eatre sentir une douleur \u00e0 l\u2019endroit du genou qui hantera le nocturne et s\u2019\u00e9prouvait d\u00e9j\u00e0 dans le monde diurne. Se souvenir de la beaut\u00e9 et \u00e9prouver qu\u2019elle e\u00fbt maintes formes, plusieurs visages. Qu\u2019elle fut une m\u00e8che de cheveu, peut-\u00eatre un caillou d\u2019\u00c9thiopie, ou un galet ramass\u00e9 sur la plage quand sculpt\u00e9 par l\u2019eau et l\u2019air marin, le caillou nous rappelle un souvenir. Comprendre que la beaut\u00e9 est extase, bien plus souvent \u00e0 l\u2019endroit de notre regard sur tout et partout, que dans la chose regard\u00e9e qui n\u2019est nulle part. Tout le long de ces sensations, comprendre qu\u2019assis nous voyageons et que notre m\u00e9moire est travers\u00e9e par ce monde d\u2019illusions o\u00f9 la beaut\u00e9 est apparue. Rejeter loin, apr\u00e8s un long silence le \u00ab\u00a0Et\u00a0\u00bb de coordination afin de faire entendre \u00ab\u00a0l\u2019am\u00e8re\u00a0\u00bb. Travailler \u00e7a qui ressemble \u00e0 un adjectif et leur rebaptiser \u00ab\u00a0abjectif\u00a0\u00bb. Demeurer assis avec l\u2019abjection qu\u2019est toute beaut\u00e9 promise \u00e0 la disparition et au spectral. Bien entendre que \u00ab\u00a0je l\u2019ai\u00a0\u00bb renvoie \u00e0 quelque chose de froid, et imm\u00e9diatement saisir que la beaut\u00e9 est morte. Voil\u00e0, commencer \u00e0 s\u2019entretenir, assis, avec la mort. Et ne pas h\u00e9siter alors \u00e0 r\u00e9sister \u00e0 la proximit\u00e9 de \u00e7a qui est dans le genou, dans le cartilage. S\u2019 \u00ab\u00a0armer\u00a0\u00bb contre l\u2019am\u00e8re, et d\u2019un clin d\u2019\u0153il deviner que l\u2019anagramme est presque pr\u00e9sent. Prendre peur, sans doute \u00e0 l\u2019id\u00e9e que les mots s\u2019embo\u00eetent et commencer ainsi \u00e0 h\u00e9siter dans la lecture \u00e0 haute voix. Faire en sorte d\u2019entendre dans la voix l\u2019inqui\u00e9tude que l\u2019on \u00e9prouvera en avan\u00e7ant dans les mots qui peuplent la ligne. Mais imperturbablement, continuer car, et on le sait, la po\u00e9sie est accueillante. Elle est bras ouvert et l\u2019enjambement a les cuisses \u00e9cart\u00e9es. Il n\u2019est point ici de mots qui ne recouvrent l\u2019esprit \u00e9rotique de celui qui lit. La voix \u00e7a se construit, on n\u2019en h\u00e9rite pas. Alors continuez\u2026 et s\u2019avouer que tout ne parle pas \u00e0 l\u2019oreille, mais que de temps \u00e0 autres, un mot, un mot d\u00e9funt, un mot choisi vibre au tympan. Alors m\u00e2chant les \u00ab\u00a0\u00d4\u00a0\u00bb se dire qu\u2019il faut hisser la voix sur les hauteurs, l\u00e0 o\u00f9 dans les nues invisibles gitent les sorci\u00e8res. Et les apercevant, continuer \u00e0 grimper pour passer au-dessus de la \u00ab\u00a0mis\u00e8re\u00a0\u00bb afin de mesurer, de la position de surplomb, l\u2019\u00e9tendue de son p\u00e9rim\u00e8tre. \u00d4, mais elle recouvre tout. Et trouver le son de la \u00ab\u00a0mis\u00e8re\u00a0\u00bb dans l\u2019accentuation de l\u2019\u00e9tonnement. Et l\u2019exp\u00e9rience faite de cette \u00e9tendue qui fragilise mon corps vacillant parce que je me suis cogn\u00e9 \u00e0 une v\u00e9rit\u00e9 intense, savoir que le dernier \u00d4 n\u2019a rien \u00e0 voir avec la hauteur, mais qu\u2019il est tout entier compris dans une pens\u00e9e int\u00e9rieure. Quitter alors le topographique et donner \u00e0 la voix le son de son origine. \u00ab\u00a0\u00d4 haine\u00a0\u00bb se dira en r\u00e9tr\u00e9cissant le larynx. Alors la salive sera comme aval\u00e9e douloureusement et on l\u2019entendra qui passe dans la gorge.<br \/>\nPeut-\u00eatre avoir envie de s\u2019arr\u00eater apr\u00e8s cette premi\u00e8re exp\u00e9rience. Se dire que \u00e7a suffit d\u2019avoir senti \u00e7a qui est le po\u00e8me quand on le lit pour soi\u2026<br \/>\n<strong>\u00c9couter Ch\u00e2telain<\/strong><br \/>\nEt un jour rencontrer Jean-Quentin Ch\u00e2telain, Le lecteur, comme il y a Le livre chez Mallarm\u00e9. Savoir, depuis longtemps d\u00e9j\u00e0, que Lui, c\u2019est Le Lecteur, L\u2019Acteur. L\u2019avoir senti un soir qu\u2019il \u00e9tait Fritz Zorn et que\u00a0<i>Mars<\/i>\u00a0n\u2019avait plus de myst\u00e8re pour sa m\u00e2choire. L\u2019avoir suivi presque 30 ans durant\u2026 l\u2019avoir vu dans les\u00a0<i>Odes maritimes<\/i>\u00a0de R\u00e9gy sans pouvoir commencer \u00e0 \u00e9crire une seule ligne sur l\u2019instant chamanique o\u00f9 Ch\u00e2telain \u00e9tait sur les m\u00eames rives que Pessoa. Loin du monde et tellement proche de l\u2019humanit\u00e9. \u00catre rest\u00e9 plusieurs heures durant, sur un banc, devant le th\u00e9\u00e2tre de la Madeleine, apr\u00e8s\u00a0<i>Fin de Partie<\/i>, alors qu\u2019il jouait avec Serge Merlin. \u00catre rest\u00e9 l\u00e0, sans sentir le froid, avec l\u2019image de son corps balancier pendulaire de Clov. Ce mouvement inferno qu\u2019il avait trouv\u00e9 on ne sait o\u00f9 dans sa caboche caboss\u00e9e. Et l\u00e0, apr\u00e8s qu\u2019il a Bourlingu\u00e9 l\u2019\u00e9t\u00e9 dernier en Avignon avec Cendrars, aller \u00e0 la rencontre de Ch\u00e2telain qui est en enfer l\u2019acteur qui br\u00fble les planches. L\u2019\u00e9couter lui, parler le Rimbaud\u00a0: une langue \u00e0 part enti\u00e8re, que d\u2019aucuns essaient d\u2019apprendre, mais que peut-\u00eatre seul lui sait parce qu\u2019il est, \u00e0 l\u2019endroit de la nef de pierre calcaire du th\u00e9\u00e2tre des Halles, un fr\u00e8re maudit, un po\u00e8te comme l\u2019est l\u2019acteur qui le dit, une ombre surgissante.<br \/>\nL\u00e0, au milieu d\u2019un cercle de feu mort, un crat\u00e8re gris, Jean-Quentin Ch\u00e2telain se tient debout, \u00e0 un souffle vibrant du premier rang muet. Camp\u00e9 sur ses jambes dans une tunique de Sultan, on aper\u00e7oit ses pieds nus, enracin\u00e9 dans le b\u00e9ton qui le tient en \u00e9quilibre. Son corps, \u00e0 l\u2019exception de ses pieds et de ses mains tendues vers les forces telluriques, est pris de mouvements circulaires, de vacillements dangereux comme soumis \u00e0 la houle des grands fonds de l\u2019esprit. Il bouge comme une algue marine, et son visage se plisse de quelques sensations \u00e0 l\u2019audition des mots qu\u2019il dit. Ch\u00e2telain est immense \u00e0 cet endroit calcaire qui le tient enserrer. Et la terre pourrait trembler, on le sent, s\u2019il d\u00e9cidait de lui imprimer la force int\u00e9rieure qui le met en mouvement. Ch\u00e2telain va alors tout dire, tout faire sentir de cette Saison en enfer. Sa voix miaule, arrache inopin\u00e9ment une voyelle d\u2019un mot qui survit \u00e0 l\u2019amputation et s\u2019entend encore plus. Sa voix est une arche qui abrite tous les mots de notre animalit\u00e9 et il les respire avec la lenteur et la f\u00e9rocit\u00e9 de celui qui sait qu\u2019il est l\u00e0 le dompteur d\u2019une langue sauvage. Alors, il joute et la grimace et la moue viennent se m\u00ealer \u00e0 la syntaxe. Il charrie en chaque accent quelque chose d\u2019une exp\u00e9rience lointaine qui revient \u00e0 la surface de l\u2019\u00e9piderme faciale et du son qui dessine ses yeux, sa bouche, l\u2019inclinaison de sa nuque. C\u2019est un sport que de parler le Rimbaud qu\u2019il tient \u00e0 sa merci sur ce ring pierreux. C\u2019est une gymnastique que ce temps d\u00e9volu \u00e0 retenir la violence que porte\u00a0<i>Une Saison en Enfer<\/i>. Et pas un muscle de ce visage pris dans le champ de force du po\u00e8me n\u2019est \u00e9pargn\u00e9 par la puissance \u00e9l\u00e9giaque et \u00e9pique. Ch\u00e2telain, et son torse o\u00f9 ruisselle la sueur, parfois apais\u00e9, tient les mots en respect. Ses l\u00e8vres les goutent, il s\u2019en d\u00e9lecte parfois d\u2019une mani\u00e8re presque Barbare et semble observer un rite orgiaque. Il les maltraite, les coupe, les ralentit, les d\u00e9sorganise en refusant un rythme qui les mettrait dans l\u2019ombre de la raison. Ici, tout au contraire, il s\u2019agit de contrefaire le bien parl\u00e9 qui porte en lui le bien pensant.<br \/>\nCh\u00e2telain, lui, est \u00e0 l\u2019envers de ce monde, l\u00e0 o\u00f9 les mots sont d\u00e9nonc\u00e9s comme les porteurs du carnaval et du cirque qu\u2019est la vie ordonn\u00e9e. Ch\u00e2telain le sait, il est \u00e0 l\u2019endroit de la nef comme une corne de brume qui alerte ceux qui voudront bien \u00e9couter. Il tutoie les dieux, raille les institutions que sont devenus l\u2019amour et la religion, moque l\u2019ordre linguistique et esth\u00e9tique. L\u2019acteur Ch\u00e2telain, comme Nietzsche l\u2019\u00e9crirait, n\u2019est ici pas un porteur, mais bien un danseur qui fait venir la pens\u00e9e.<br \/>\nC\u2019est juste incroyable, Ch\u00e2telain.<br \/>\n<iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/dNNpghhUuTE\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\" data-mce-fragment=\"1\"><\/iframe>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Yannick Butel\u00a0&#8211; 18 juillet 2018 Une saison en enfer\u00a0d\u2019Arthur Rimbaud, mis en sc\u00e8ne Ulysse Di Gregorio, interpr\u00e9t\u00e9 par Jean-Quentin Chatelain, Th\u00e9\u00e2tre des Halles, Avignon Off 2018. Par Yannick Butel En lieu et place de la Chapelle au Th\u00e9\u00e2tre des Halles \u00e0 Avignon, Ulysse Di Gregorio met en sc\u00e8ne Jean-Quentin Ch\u00e2telain dans\u00a0Une Saison en Enfer\u00a0de Rimbaud. 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