


{"id":1955,"date":"2018-07-20T23:13:11","date_gmt":"2018-07-20T21:13:11","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/?p=1955"},"modified":"2018-07-20T23:13:11","modified_gmt":"2018-07-20T21:13:11","slug":"deux-fils-rouges-collection-lambert","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/deux-fils-rouges-collection-lambert\/","title":{"rendered":"Deux fils rouges collection Lambert"},"content":{"rendered":"<div id=\"contenu\">\n<div class=\"auteur\"><a class=\"lienAuteur\" title=\"Envoyer un maiaral \u00e0 J\u00e9r\u00e9mie Majorel\" href=\"http:\/\/insense-scenes.net\/spip.php?auteur38\">J\u00e9r\u00e9mie Majorel<\/a>\u00a0&#8211; 20 juillet 2018<\/div>\n<hr \/>\n<div id=\"chapo\">\nRetour sur une installation solitaire de Claude L\u00e9v\u00eaque et une performance de Cindy Van Acker en lien avec des photographies de Christian Lutz\u00a0: deux fils rouges propos\u00e9s dans ce mus\u00e9e d\u2019art contemporain en Avignon.\n<\/div>\n<hr \/>\n<p><strong>Claude L\u00e9v\u00eaque,\u00a0<i>J\u2019ai r\u00eav\u00e9 d\u2019un autre monde<\/i>, 2001<\/strong><br \/>\nLa collection Lambert pr\u00e9sente pendant le Festival pas moins de trois expositions irr\u00e9prochables\u00a0: Ellsworth Kelly, Claire Tabouret et Christian Lutz. Sur\u00a0<i>Les Veilleurs\/ L\u2019Errante<\/i>\u00a0de Claire Tabouret, qui signe l\u2019affiche du Festival cette ann\u00e9e, je ne peux que renvoyer au texte d\u2019Arnaud Ma\u00efsetti post\u00e9 sur\u00a0<i>L\u2019Insens\u00e9<\/i>, suivre avec lui le parcours sensible qu\u2019il propose face \u00e0 ces \u00ab\u00a0visages [qui] nous d\u00e9visagent\u00a0\u00bb.<br class=\"autobr\" \/>C\u2019est une \u0153uvre de la collection permanente qui m\u2019a vraiment seule saisi et que je voudrais \u00e9voquer ici. Elle se trouve dans les combles du mus\u00e9e d\u2019art contemporain, tout en haut, au dernier \u00e9tage. Elle occupe la totalit\u00e9 de l\u2019espace. Il s\u2019agit d\u2019une installation de Claude L\u00e9v\u00eaque. Trois mat\u00e9riaux y sont agenc\u00e9s\u00a0: \u00ab\u00a0n\u00e9on, bande sonore, fum\u00e9e\u00a0\u00bb.<br \/>\n<span class=\"spip_document_786 spip_documents spip_documents_center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/insense-scenes.net\/local\/cache-vignettes\/L600xH1065\/claude_leveque_2-f3124.jpg?1532095776\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"1065\" \/><\/span><br \/>\nQuand j\u2019ai p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 dans la salle il n\u2019y avait personne d\u2019autre. La surveillante de mus\u00e9e, comme on dit, \u00e9tait rest\u00e9e \u00e0 l\u2019entr\u00e9e. Je suis pass\u00e9 dans un autre monde en ouvrant la porte\u00a0: de la lumi\u00e8re \u00e9clatante r\u00e9fract\u00e9e par la blancheur immacul\u00e9e de l\u2019escalier et des murs du mus\u00e9e \u00e0 une atmosph\u00e8re rougeoyante et embrum\u00e9e, dans une salle avec des arches sous lesquelles il faut se baisser pour pouvoir circuler.\u00a0<br class=\"autobr\" \/>Sous ces arches serpente un n\u00e9on filiforme, tr\u00e8s mince, un fil rouge, qui semble indiquer un chemin, un mince filet de lave qui s\u2019\u00e9coule, dont la source et l\u2019aboutissement restent incertains. Encore sous le coup de la performance de Jean-Quentin Ch\u00e2telain dans\u00a0<i>Une Saison en enfer<\/i>\u00a0au Th\u00e9\u00e2tre des Halles vue le matin m\u00eame, quelque chose de chtonien, de dantesque, d\u2019infernal, se continuait l\u00e0.\u00a0<br class=\"autobr\" \/>Pourtant, au sentiment d\u2019inqui\u00e9tude diffuse qu\u2019on pourrait \u00e9prouver enferm\u00e9 seul dans cette salle, absorb\u00e9 par cette installation immersive, gagn\u00e9 par le grondement sourd d\u2019enceintes dispos\u00e9es au sol, auquel s\u2019ajoute le gr\u00e9sillement du n\u00e9on, dans un silence de paroles humaines, a succ\u00e9d\u00e9 un sentiment d\u2019apaisement, un d\u00e9sir de s\u2019appesantir, de s\u2019attarder, de ne plus courir d\u2019un tableau \u00e0 un autre comme c\u2019est le cas dans les autres \u00e9tages, de s\u2019impr\u00e9gner, d\u2019appr\u00e9cier aussi le minimalisme de trois \u00e9l\u00e9ments qui, plac\u00e9s en correspondance de cette fa\u00e7on, suffisent \u00e0 produire un autre monde, un outre-monde.<br class=\"autobr\" \/>Et de d\u00e9couvrir\u00a0<i>in fine<\/i>\u00a0ce qui me retenait l\u00e0\u00a0: la lumi\u00e8re rouge du n\u00e9on qui se refl\u00e8te sur les lattes du plancher, reflet qui \u00e9pouse comme son ombre le fil rouge mais qui en liqu\u00e9fie la perfection, feu follet qui serait le quatri\u00e8me mat\u00e9riau fant\u00f4me de l\u2019installation.<br \/>\n<strong><i>Knusa\/ Insert Coins<\/i>\u00a0de Cindy Van Acker et Christian Lutz<\/strong><br \/>\nDans le cadre des Hivernales du CDCN d\u2019Avignon avait lieu une performance de Cindy Van Acker dans une salle du mus\u00e9e, au sous-sol, qui expose des photographies prises par Christian Lutz \u00e0 Las Vegas entre 2011 et 2014.<br \/>\n<span class=\"spip_document_784 spip_documents spip_documents_center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/insense-scenes.net\/local\/cache-vignettes\/L570xH461\/30432-9b05a.jpg?1532095776\" alt=\"\" width=\"570\" height=\"461\" \/><\/span><br \/>\n<span class=\"spip_document_783 spip_documents spip_documents_center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/insense-scenes.net\/local\/cache-vignettes\/L631xH509\/tete_insertcoins_403a1046-80cdb.jpg?1532095776\" alt=\"\" width=\"631\" height=\"509\" \/><\/span><br \/>\nOn nous laisse un moment seuls dans la salle pour regarder ces photographies. Prenons-en deux embl\u00e9matiques de l\u2019ensemble. L\u2019opposition qui les structure saute aux yeux. Il y a quelque chose de quasi d\u00e9monstratif. Pour reprendre la distinction de Barthes dans\u00a0<i>La Chambre claire<\/i>, le\u00a0<i>studium<\/i>\u00a0de ces clich\u00e9s, leurs antith\u00e8ses structurantes, ne permet pas de\u00a0<i>punctum<\/i>, cette attention errante au d\u00e9tail qui point et me point, perce et transperce le regardeur. Tout au plus peut-on pr\u00eater davantage attention \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-plan qui se dessine derri\u00e8re ces oppositions mises en vedette\u00a0: un chaos baroque de lumi\u00e8res, de mat\u00e9riaux, de formes.\u00a0<br class=\"autobr\" \/>La salle rectangulaire, la puret\u00e9 blanche des murs, l\u2019\u00e9clairage clinique, le choix d\u2019exposer ces \u0153uvres par le biais d\u2019\u00e9crans plasma, la climatisation, tout concourait \u00e0 produire un sentiment d\u2019aseptisation.<br \/>\n<span class=\"spip_document_785 spip_documents spip_documents_center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/insense-scenes.net\/local\/cache-vignettes\/L650xH468\/6nywxhya-20e14.jpg?1532095776\" alt=\"\" width=\"650\" height=\"468\" \/><\/span><br \/>\nUne musique \u00e9lectro tonitruante de Mika Vainio brise violemment le silence. Cindy Van Acker vient introduire son corps, sa sueur, son souffle, ses mouvements, elle d\u00e9range \u00e0 sa fa\u00e7on la puret\u00e9 extr\u00eame de la galerie d\u2019art. Mais la chor\u00e9graphe n\u2019a fait \u00e0 mes yeux qu\u2019\u00e9pouser la radicalit\u00e9 martiale contenue dans les photographies expos\u00e9es autour d\u2019elle, dans sa tenue noire de femme-ninja, le visage souvent cach\u00e9 par sa chevelure, s\u00e9v\u00e8re lorsqu\u2019il nous est furtivement r\u00e9v\u00e9l\u00e9, danse redondante donc, plut\u00f4t que de tenter d\u2019extraire de ces photographies leur\u00a0<i>punctum<\/i>, l\u2019\u00e9motion qui d\u00e9rangerait leur ordonnancement didactique.<\/p>\n<hr \/>\n<\/div>\n<div id=\"lateral\"><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J\u00e9r\u00e9mie Majorel\u00a0&#8211; 20 juillet 2018 Retour sur une installation solitaire de Claude L\u00e9v\u00eaque et une performance de Cindy Van Acker en lien avec des photographies de Christian Lutz\u00a0: deux fils rouges propos\u00e9s dans ce mus\u00e9e d\u2019art contemporain en Avignon. Claude L\u00e9v\u00eaque,\u00a0J\u2019ai r\u00eav\u00e9 d\u2019un autre monde, 2001 La collection Lambert pr\u00e9sente pendant le Festival pas moins de trois expositions irr\u00e9prochables\u00a0: Ellsworth Kelly, Claire Tabouret et Christian Lutz. Sur\u00a0Les Veilleurs\/ L\u2019Errante\u00a0de Claire Tabouret, qui signe l\u2019affiche du Festival cette ann\u00e9e, je ne<\/p>\n","protected":false},"author":35,"featured_media":1956,"menu_order":0,"template":"","categorie_article":[27],"class_list":["post-1955","article","type-article","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","categorie_article-critique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article\/1955","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article"}],"about":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/types\/article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/users\/35"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1956"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1955"}],"wp:term":[{"taxonomy":"categorie_article","embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/categorie_article?post=1955"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}