


{"id":2750,"date":"2019-02-07T15:42:56","date_gmt":"2019-02-07T14:42:56","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/?p=2750"},"modified":"2019-02-07T15:42:56","modified_gmt":"2019-02-07T14:42:56","slug":"debris-dimages-rodanski-lavaudant","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/debris-dimages-rodanski-lavaudant\/","title":{"rendered":"D\u00e9bris d&rsquo;images : Rodanski-Lavaudant"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><em>Le Rosaire des volupt\u00e9s \u00e9pineuses<\/em> de Stanislas Rodanski<br \/>\npar Georges Lavaudant, C\u00e9lestins (Lyon), 6-16 f\u00e9vrier 2019<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-2778 aligncenter\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/rosaire1-600x320.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"320\" \/><br \/>\nLavaudant nous fait d\u00e9couvrir la langue d\u2019un po\u00e8te lyonnais, surr\u00e9aliste \u00e0 corps perdu, adepte de stup\u00e9fiants et de pseudonymes en tous genres, mort intern\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 54 ans en 1981. Il lui offre l&rsquo;\u00e9crin d&rsquo;une image sc\u00e9nique qui serait comme la rencontre sur un plateau de dissection entre le barman de l\u2019h\u00f4tel Overlook du <em>Shining<\/em> de Kubrick et la Veronika Voss du film \u00e9ponyme de Fassbinder. Les com\u00e9diens \u2012 Fr\u00e9d\u00e9ric Borie, \u00c9lodie Buisson, Clovis Fouin Agoutin, Fr\u00e9d\u00e9ric Roudier et Thomas Trigeaud \u2012 se font les passeurs de cette langue, des \u00ab spectr\u2019acteurs \u00bb pour reprendre le titre d\u2019une \u0153uvre de Rodanski.<br \/>\nL\u2019image n\u2019est install\u00e9e, projet\u00e9e, qu\u2019au lieu m\u00eame de sa ruine. L&rsquo;image th\u00e9\u00e2trale, photographique et cin\u00e9matographique tombe ici en d\u00e9bris, se fait le tombeau d\u2019une parole po\u00e9tique elle-m\u00eame en voie de d\u00e9litement, qui passe toute illustration qui tenterait d\u2019en arr\u00eater le cours, d\u2019en capter le soleil noir. Dans ses m\u00e9andres, Lavaudant m\u00e9nage des moments narratifs, \u00e0 teneur autobiographique (la d\u00e9portation du jeune Rodanski dans un camp de travail \u00e0 Mannheim par exemple), qui alternent avec l\u2019eau dormante des r\u00eaves et de brusques remous fantasmatiques, aux r\u00e9sonances sadiennes. Le cocktail servi est l\u00e9t(h)al. \u00ab Il ne reste plus qu\u2019\u00e0 s\u2019abandonner \u00e0 une \u00e9coute flottante et r\u00eaveuse, et laisser les mots se d\u00e9poser sur vos paupi\u00e8res comme des flocons silencieux \u00bb, invite Lavaudant, sensiblement impr\u00e9gn\u00e9 par l\u2019idiome de Rodanski.<br \/>\nMais les d\u00e9bris de corps-poup\u00e9es, d\u2019images fun\u00e8bres et de textes classiques (du Bossuet, du Racine&#8230;) ou devenus classiques (un zeste de Genet) ont encore de beaux restes. Ils sont galvanis\u00e9s \u00e7\u00e0 et l\u00e0 par un rictus, un soubresaut, un spasme, autant de preuves de vie, et surtout par un humour qui met \u00e0 distance<em> in extremis<\/em> les clich\u00e9s, les l\u00e9gendes (Lancelot, la Dame du Lac), l\u2019imagerie d\u00e9cadente, le film noir (deux gangsters).<br \/>\nC\u2019est un spectacle qui flirte avec le surann\u00e9 cher \u00e0 Baudelaire, un peu comme on d\u00e9couvrirait une bo\u00eete d\u2019un autre temps, contenant des souvenirs poussi\u00e9reux mais encore hant\u00e9s par les passions qui les ont suscit\u00e9s. La fin abrupte de ce spectacle d&rsquo;1h15 me laisse un beau regret : ne pas avoir \u00e9t\u00e9 embaum\u00e9 davantage par cette langue \u00e9trange, qui n\u2019est certes pas un rem\u00e8de \u00e0 la m\u00e9lancolie, mais sa quintessence.<br \/>\n\u00ab Comme des roses de papier cr\u00eape au cr\u00e9puscule vont avec les mille feux du lam\u00e9 d\u2019une coiffure, je vais avec le spectre d\u2019une \u00e9ternelle aurore, dans les couloirs du monument cendreux aux lampes froides. \u00bb<br \/>\n&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Rosaire des volupt\u00e9s \u00e9pineuses de Stanislas Rodanski par Georges Lavaudant, C\u00e9lestins (Lyon), 6-16 f\u00e9vrier 2019 Lavaudant nous fait d\u00e9couvrir la langue d\u2019un po\u00e8te lyonnais, surr\u00e9aliste \u00e0 corps perdu, adepte de stup\u00e9fiants et de pseudonymes en tous genres, mort intern\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 54 ans en 1981. Il lui offre l&rsquo;\u00e9crin d&rsquo;une image sc\u00e9nique qui serait comme la rencontre sur un plateau de dissection entre le barman de l\u2019h\u00f4tel Overlook du Shining de Kubrick et la Veronika Voss du film<\/p>\n","protected":false},"author":35,"featured_media":2751,"menu_order":0,"template":"","categorie_article":[27],"class_list":["post-2750","article","type-article","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","categorie_article-critique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article\/2750","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article"}],"about":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/types\/article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/users\/35"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2751"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2750"}],"wp:term":[{"taxonomy":"categorie_article","embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/categorie_article?post=2750"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}