


{"id":3024,"date":"2019-07-11T09:03:49","date_gmt":"2019-07-11T07:03:49","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/?p=3024"},"modified":"2019-07-11T09:03:49","modified_gmt":"2019-07-11T07:03:49","slug":"morgane-poulette-star-sur-roc","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/morgane-poulette-star-sur-roc\/","title":{"rendered":"Morgane Poulette&#8230;Star sur Roc"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><strong>Morgane Poulette, mise en sc\u00e8ne Anne Monfort<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Ch\u00e2teau de Saint-Chamand. <\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3025 aligncenter\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/48100_1_news-600x400.jpg\" alt=\"\" width=\"503\" height=\"335\" \/><br \/>\nC\u2019est au Ch\u00e2teau de Saint-Chamand, \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur des murs d\u2019Avignon, que la metteure en sc\u00e8ne Anne Monfort pr\u00e9sente <em>Morgane Poulette<\/em> interpr\u00e9t\u00e9 par la com\u00e9dienne Pearl Manifold, seule en sc\u00e8ne, ou <em>a priori <\/em>seule, puisqu\u2019en sus du chaos int\u00e9rieur dont elle est l&rsquo;objet, on entendra la voix de Jean-Baptiste Verquin (cet acteur rare, un temps, peyretien).<br \/>\nDe <em>Le Camp des malheureux<\/em> et de <em>La Londonienne<\/em>, deux textes de Thibault Feyner, Anne Monfort extrait <em>Morgane Poulette<\/em>, un monologue o\u00f9 l\u2019on plonge, pendant un peu plus d\u2019une heure, dans la vie trouble de Morgane Poulette, chanteuse junkie qui s\u2019\u00e9voque, parle de Thomas Bernet, et de leur vie dans un Londre underground. Au vrai, pas une histoire (chronologique, localis\u00e9e, organis\u00e9e\u2026), mais plut\u00f4t des histoires, presque labyrinthiques, faites d\u2019une succession de micro-r\u00e9cits, empil\u00e9s, stratifi\u00e9s, pris dans le d\u00e9dale d\u2019une \u00e9criture qui souligne les plis des mondes de la nuit, ou les mondes de l\u2019envers. De ces mondes o\u00f9 l\u2019on se perd, o\u00f9 l\u2019on erre, \u00e9clair\u00e9s par les lumi\u00e8res artificielles et autres n\u00e9ons \u00e9lectriques qui donnent \u00e0 ce qui est v\u00e9cu, toujours, une couleur inattendue, r\u00e9currente, et donc fade ou pr\u00e9visible. L\u00e0, o\u00f9 la pression mentale serait insupportable. L\u00e0 o\u00f9 le flux de sang qui frappe les tempes vous inscrivent dans un monde techno. Morgane Poulette en est l\u2019une des stars, ou disons l\u2019une des \u00e9toiles ou queue de com\u00e8te, qui traverse cet univers. Sorte d\u2019archiviste des vies nocturnes, de biblioth\u00e9caire pr\u00e9pos\u00e9e au catalogage des \u00ab\u00a0fant\u00f4mes\u00a0\u00bb ou de m\u00e9moire des nuits sans lune, de livres ouverts\u2026 Morgane Poulette est une h\u00e9ro\u00efne, presque kolt\u00e9sienne, une solitude dans le coton \u00e0 l\u2019esprit dans le coltard.<br \/>\nAu plateau Pearl Manifold, dispos\u00e9e comme une ondine rimbaldienne dans un carr\u00e9 d\u2019eau et r\u00e9fugi\u00e9e sur un monticule moussu, semble prisonni\u00e8re d\u2019une \u00eele, ou r\u00e9fugi\u00e9e en transit. \u00c0 moins qu\u2019elle ne soit sous surveillance, prise dans le halo jaune d\u2019un rayon lumineux qui la maintient, tel un insecte, au contact d\u2019une menace ou d\u2019un danger. Elle est la voix. Et dans ce monde bor\u00e9al o\u00f9 l&rsquo;onde de l&rsquo;eau chatoie dans le grill, elle n\u2019a d\u2019autre choix que de parler comme si elle tentait de faire entendre la naufrag\u00e9e qu\u2019elle est. Pearl Manifold joue alors, du point qu\u2019elle occupe, sans jamais r\u00e9ellement le quitter, \u00e0 trouver le moyen de s\u2019ouvrir des horizons en arpentant Londres et ses lieux mythiques (concerts, bars, notamment). Au-del\u00e0 d\u2019un texte qu\u2019elle fait entendre sans qu\u2019on puisse r\u00e9ellement identifier de quoi il retourne, la voix qui raconte s\u2019entend comme celle d\u2019un guide touristique du dark Londres, comme il y a un dark net, mais cela sans jamais tomber dans le grave. Morgane est vivante, et sa voix proche finalement d&rsquo;un chant, donne \u00e0 \u00e9couter les ivresses nocturnes.<br \/>\nIl y a bien s\u00fbr, la performance de la com\u00e9dienne qui pendant plus d\u2019une heure, sans aucune h\u00e9sitation, d\u00e9veloppe une parole logorrh\u00e9ique. Il y a surtout une pr\u00e9sence qui passe par une gymnastique qui la tient \u00e0 la limite de l\u2019inertie. La regardant, dans son petit blouson noir et son jean serr\u00e9, on pense \u00e0 une rock star, \u00e0 moins que sa blondeur n\u2019en fasse une Alice londonienne. \u00a0Mais, et c\u2019est Benedetto qui nous le souffle, il n\u2019est de th\u00e9\u00e2tre que celui qui passe par \u00ab\u00a0le blouson noir\u00a0\u00bb. Et cette fable urbaine en joue.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Morgane Poulette, mise en sc\u00e8ne Anne Monfort Ch\u00e2teau de Saint-Chamand. C\u2019est au Ch\u00e2teau de Saint-Chamand, \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur des murs d\u2019Avignon, que la metteure en sc\u00e8ne Anne Monfort pr\u00e9sente Morgane Poulette interpr\u00e9t\u00e9 par la com\u00e9dienne Pearl Manifold, seule en sc\u00e8ne, ou a priori seule, puisqu\u2019en sus du chaos int\u00e9rieur dont elle est l&rsquo;objet, on entendra la voix de Jean-Baptiste Verquin (cet acteur rare, un temps, peyretien). 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