


{"id":3132,"date":"2019-07-14T16:54:01","date_gmt":"2019-07-14T14:54:01","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/?p=3132"},"modified":"2019-07-14T16:54:01","modified_gmt":"2019-07-14T14:54:01","slug":"rage-sublime-hymne-au-desespoir","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/rage-sublime-hymne-au-desespoir\/","title":{"rendered":"Rage\u2026 sublime hymne au d\u00e9sespoir."},"content":{"rendered":"<p style=\"line-height: 115%; text-align: center;\"><strong>Au CDC les Hivernales,<\/strong><\/p>\n<p style=\"line-height: 115%; text-align: center;\"><strong>le chor\u00e9graphe taiwanais Po Cheng Tsai pr\u00e9sente <i>Rage.<\/i><\/strong><\/p>\n<p style=\"line-height: 115%; text-align: center;\"><strong><\/strong><\/p>\n<p style=\"line-height: 115%; text-align: center;\">\u00a0<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-3139\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/GetFileAttachment-1-600x400.jpg\" alt=\"\" width=\"530\" height=\"353\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; line-height: 115%;\">Au CDC les Hivernales, le jeune chor\u00e9graphe taiwanais Po Cheng Tsai pr\u00e9sente <i>Rage<\/i>, Ikari dans l\u2019original. Une performance chor\u00e9graphique de 45 minutes inspir\u00e9e du roman \u00e9ponyme de l\u2019\u00e9crivain japonais Yoshida Shuichi, roman adapt\u00e9 \u00e9galement au cin\u00e9ma par Sang-il Lee (magnifique et musique g\u00e9niale de Ryuichi Sakamoto). Quelque chose d\u2019incroyablement \u00e9mouvant et puissant o\u00f9 les larmes traversent le corps du spectateur et gonflent son c\u0153ur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; line-height: 115%;\">Dipl\u00f4m\u00e9 en arts de l\u2019universit\u00e9 de Tapei en 2009, Po Cheng Tsai n\u2019a que 31 ans et d\u00e9j\u00e0 devant lui une \u00e9ternit\u00e9 ou infini talent. Lorsqu\u2019il fonde la compagnie B. DANCE, il y promeut un langage esth\u00e9tique qu\u2019il m\u00e9tisse empruntant aux arts martiaux, \u00e0 la danse traditionnelle et contemporaine. Depuis, il a parcouru l\u2019Europe et le monde et a offert aux publics diff\u00e9rentes formes chor\u00e9graphiques au point que le magazine <i>Tanz<\/i> allemand, en 2018, l\u2019a d\u00e9sign\u00e9 comme la r\u00e9v\u00e9lation de l\u2019ann\u00e9e. Il pr\u00e9pare actuellement Innermost, qu\u2019il commencera \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter d\u2019ici \u00e0 une dizaine de jours \u00e0 Taiwan.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; line-height: 115%;\">Qu\u2019est-ce que l\u2019abandon\u00a0? Qu\u2019est-ce que l\u2019ent\u00eatement\u00a0? quelles formes peuvent prendre les traits du d\u00e9sarroi et de l\u2019amour perdu\u00a0? Quelles couleurs peuvent bien avoir la r\u00e9sistance du corps \u00e0 l\u2019\u00e9preuve du rejet\u00a0? Y a-t-il un mouvement au monde qui dirait la tristesse et que l\u2019art permettrait de saisir \u00e0 l\u2019endroit de son essence\u00a0? Peut-on survivre \u00e0 l\u2019amour d\u00e9funt\u00a0? Peut-on marcher encore, essayer au moins\u00a0? Y a-t-il un trait chor\u00e9graphique pour le soutien d\u2019\u00e2mes perdue\u00a0? Comment faire sentir la chute d\u2019un corps auquel plus personne ne tient\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; line-height: 115%;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3134 aligncenter\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/P1040076-600x400.jpg\" alt=\"\" width=\"536\" height=\"357\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; line-height: 115%;\">Il n\u2019est pas une r\u00e9ponse et sans doute plusieurs, mais les interpr\u00e8tes de <i>Rage<\/i>, sous la direction de Po Cheng Tsai, touchent d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre \u00e0 cette constellation de questions humaines. D\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre, dis-je, et entrain\u00e9 par le silence et quelques mouvements profonds de musique baroque, le spectateur que je suis aura du mal \u00e0 tenir ses larmes. Au corps inerte et bris\u00e9 de la danseuse \u00e0 la premi\u00e8re sc\u00e8ne qui sera aussi l\u2019image de la derni\u00e8re sc\u00e8ne, <i>Rage<\/i> se regarde comme un compte \u00e0 rebours explicatif, po\u00e9tique, esth\u00e9tique de la premi\u00e8re image. Et les 45 minutes qui servent \u00e0 \u00e9clairer le corps mort figurent une \u00e9pop\u00e9e d\u00e9sastr\u00e9e, une vie lynch\u00e9e par un amour qui ne tient plus et auquel on s\u2019accroche comme \u00e0 la vie. Et je ne sais pourquoi, mais \u00e0 ce moment-l\u00e0 du temps, je per\u00e7ois \u00e0 l\u2019endroit des huit interpr\u00e8tes qui dansent comme l\u2019expression de ce qu\u2019est, pour un corps autant que pour un esprit, une d\u00e9pression. Alors au plateau, comme dans un int\u00e9rieur qui se vide de tout espoir, quelque chose appara\u00eet du <i>Soleil noir<\/i> qu\u2019a \u00e9crit Kristeva. Quelque chose o\u00f9 la mort voisine avec le mouvement tel que la peint Duchamp dans ces anagrammes. Ils sont Un, ils sont un ballet de solidarit\u00e9 et d\u2019amiti\u00e9\u00a0; \u00e0 moins que ce UN ne porte que l\u2019amour, ses formes cliv\u00e9es et schizo\u00efdes finissantes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; line-height: 115%;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3142 aligncenter\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/GetFileAttachment-1-1-600x553.jpg\" alt=\"\" width=\"525\" height=\"484\" \/>C\u2019est juste impressionnant de puissance rayonnante, d\u2019\u00e9clats de beaut\u00e9. Et si de multiples images pouvaient dire ce qui fit trembler la salle, peut-\u00eatre que le moment de l\u2019homme qui, ses mains assembl\u00e9es comme un coin, feint de frapper une poitrine, nous indique que c\u2019est le c\u0153ur qui est atteint. Le sien, le n\u00f4tre, dans une fusion qui \u00e9branle les sens.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au CDC les Hivernales, le chor\u00e9graphe taiwanais Po Cheng Tsai pr\u00e9sente Rage. \u00a0 &nbsp; Au CDC les Hivernales, le jeune chor\u00e9graphe taiwanais Po Cheng Tsai pr\u00e9sente Rage, Ikari dans l\u2019original. Une performance chor\u00e9graphique de 45 minutes inspir\u00e9e du roman \u00e9ponyme de l\u2019\u00e9crivain japonais Yoshida Shuichi, roman adapt\u00e9 \u00e9galement au cin\u00e9ma par Sang-il Lee (magnifique et musique g\u00e9niale de Ryuichi Sakamoto). Quelque chose d\u2019incroyablement \u00e9mouvant et puissant o\u00f9 les larmes traversent le corps du spectateur et gonflent son c\u0153ur. 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