


{"id":3381,"date":"2019-07-21T09:37:51","date_gmt":"2019-07-21T07:37:51","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/?p=3381"},"modified":"2019-07-21T09:37:51","modified_gmt":"2019-07-21T07:37:51","slug":"im-woman-why-not","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/im-woman-why-not\/","title":{"rendered":"I\u2019m woman\u2026 why not !"},"content":{"rendered":"<p style=\"margin: 0cm 0cm 0.0001pt; text-align: center;\"><strong>I&rsquo;m woman, avec Ana Daud<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Archipel Th\u00e9\u00e2tre, festival d&rsquo;Avignon.<\/strong><\/p>\n<p style=\"margin: 0cm; margin-bottom: .0001pt; text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3382 aligncenter\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/P1040121-600x450.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"450\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0cm; margin-bottom: .0001pt; text-align: justify;\">Avec <i>I\u2019m Woman<\/i>, pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 l\u2019Archipel th\u00e9\u00e2tre, Ana Daud, crini\u00e8re blonde et \u00ab\u00a0roul\u00e9e comme un mannequin\u00a0\u00bb, plus performeuse que com\u00e9dienne, en collaboration avec Dmitry Akrish, se livre. \u00ab\u00a0Se livre\u00a0\u00bb, au sens propre et figur\u00e9, l\u00e0 o\u00f9 le th\u00e9\u00e2tre documentaire est sans habillage, l\u00e0 o\u00f9 les limites entre l\u2019autofiction et l\u2019autobiographie sont d\u00e9pass\u00e9es. Trash, sinc\u00e8re, peut-\u00eatre parfois maladroit (un brin de pathos en trop), mais produisant une sorte de chaos esth\u00e9tico-po\u00e9tique qui met certains\/certaines spectateurs dans les cordes.<\/p>\n<p style=\"margin: 0cm; margin-bottom: .0001pt; text-align: justify;\">La corde, c\u2019est le premier \u00e9l\u00e9ment sc\u00e9nique visible. Corde de pendu qu\u2019Ana Daud regarde avec les yeux de l\u2019envie d\u2019en finir. C\u2019est la premi\u00e8re image et c\u2019est la cl\u00e9 de Sol de cette partition qui va conduire le public \u00e0 d\u00e9couvrir les affres d\u2019une vie. Une putain de vie, hard, cruelle, faite d\u2019espoirs et de d\u00e9sirs d\u00e9molis et enterr\u00e9s. Ce qu\u2019Ana Daud pr\u00e9sente au plateau n\u2019est rien moins que ce qu\u2019elle a endur\u00e9. Phrase qui ponctue la fin de cette performance crue, donn\u00e9e avec les tripes, pr\u00e9sent\u00e9 sans enrobage, \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un po\u00e8me de Baudelaire qui, dans <i>Le Chien et le flacon<\/i>, rappelle que le lecteur pr\u00e9f\u00e8re les papiers cadeaux qui enrobe le contenu.<\/p>\n<p style=\"margin: 0cm; margin-bottom: .0001pt; text-align: justify;\">Chez Daud, la vie qui ne lui a pas fait de cadeau, sera restitu\u00e9e sans fard. Genre vie vomie qui soul\u00e8ve le c\u0153ur.<\/p>\n<p style=\"margin: 0cm; margin-bottom: .0001pt; text-align: justify;\">De la mort du p\u00e8re alcoolo, \u00e0 la m\u00e8re d\u00e9pressive shoot\u00e9e \u00e0 la chimie\u00a0; du job de mannequin promis \u00e0 l\u2019escort girl qui apprend \u00e0 survivre \u00e0 la baise glauque\u00a0; de l\u2019enfant avort\u00e9 attrap\u00e9 par hasard \u00e0 celui que l\u2019on mettra au monde avec d\u00e9sir\u2026 Daud raconte l\u2019\u00e9pop\u00e9e des filles anonymes. Tableaux d\u00e9vast\u00e9s que ces vies-l\u00e0 qui sont l\u00e9gions et qu\u2019elles restituent.<\/p>\n<p style=\"margin: 0cm; margin-bottom: .0001pt; text-align: justify;\">C\u2019est violent \u00e0 entendre comme lorsqu\u2019une voix off raconte un IVG par le menu. C\u2019est cru \u00e0 regarder quand l\u2019accouchement projet\u00e9 met en avant un nouveau-n\u00e9 qui arrive en sang par le col o\u00f9 l\u2019on est tous pass\u00e9. Dur encore quand Daud proc\u00e8de \u00e0 l\u2019examen de ce qu\u2019est une femme aux yeux des hommes. Ou de ce qu\u2019est un homme aux yeux d\u2019une femme. Et c\u2019est na\u00efvement po\u00e9tique quand est projet\u00e9 une enqu\u00eate de trottoir o\u00f9 les hommes r\u00e9pondent \u00e0 la question \u00ab\u00a0c\u2019est quoi une femme pour vous\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"margin: 0cm; margin-bottom: .0001pt; text-align: justify;\">Depuis longtemps, le th\u00e9\u00e2tre documentaire ne se r\u00e9alise qu\u2019en respectant la r\u00e8gle d\u2019un dispositif o\u00f9 s\u2019amalgament r\u00e9alit\u00e9 et fiction, images \u00ab\u00a0vraies\u00a0\u00bb et images esth\u00e9tis\u00e9es. Dans <i>I\u2019m woman<\/i>, les spectateurs ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9partis en deux groupes. Celui des femmes \u00e0 droite, et celui des hommes \u00e0 gauche. Daud, elle, s\u2019adressera \u00e0 ces deux groupes en fonction de ce qui est \u00e0 dire ou \u00e0 d\u00e9voiler. Invitera une femme du public au plateau pour en faire sa fille. Offrira aux hommes un quartier d\u2019orange. Et s\u2019il est un geste identifiable dans ce travail rugueux, c\u2019est celui de l\u2019adresse. Car c\u2019est une parole adress\u00e9e, ce sont des images adress\u00e9es qui composent <i>I\u2019m woman<\/i> qu\u2019il faut traduire\u00a0: \u00ab\u00a0Je suis femme\u00a0\u00bb. Titre qui n\u2019en fait pas un objet, mais une condition. \u00c0 l\u2019exception de petits \u00e9carts path\u00e9tiques, Daud ne joue pas. Elle est ce qu\u2019elle est, brute, tendre, douce et am\u00e8re, pleine d\u2019une fureur et d\u2019un amour qu\u2019elle aimerait trouver enfin. Sur le plateau, f\u00e9line, elle tourne comme en cage. C\u2019est politiquement incorrect et \u00e7a fait du bien. C\u2019est parfois caricatural, mais \u00e7a fait du bien. Et de la regarder pour ce qu\u2019elle est\u00a0: un \u00e9lectron libre. La porte-parole d\u2019un texte bio d\u00e9rangeant qui me rappelle la fin du Hedda Gabler d\u2019Ibsen \u00ab\u00a0\u00e7a ne se fait pas\u00a0\u00bb. Et pourtant, une vie c\u2019est aussi \u00e7a, ou quand le destin frappe fort, dur.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I&rsquo;m woman, avec Ana Daud Archipel Th\u00e9\u00e2tre, festival d&rsquo;Avignon. &nbsp; Avec I\u2019m Woman, pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 l\u2019Archipel th\u00e9\u00e2tre, Ana Daud, crini\u00e8re blonde et \u00ab\u00a0roul\u00e9e comme un mannequin\u00a0\u00bb, plus performeuse que com\u00e9dienne, en collaboration avec Dmitry Akrish, se livre. \u00ab\u00a0Se livre\u00a0\u00bb, au sens propre et figur\u00e9, l\u00e0 o\u00f9 le th\u00e9\u00e2tre documentaire est sans habillage, l\u00e0 o\u00f9 les limites entre l\u2019autofiction et l\u2019autobiographie sont d\u00e9pass\u00e9es. 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