


{"id":3399,"date":"2019-07-21T18:25:42","date_gmt":"2019-07-21T16:25:42","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/?p=3399"},"modified":"2019-07-21T18:25:42","modified_gmt":"2019-07-21T16:25:42","slug":"ma-colombine-omar-porras-seuls-en-scene-aux-mondes","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/ma-colombine-omar-porras-seuls-en-scene-aux-mondes\/","title":{"rendered":"Ma colombine\u2026 Omar Porras seul(S) en sc\u00e8ne aux mondes"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><strong>Ma Colombine, texte de Fabrice Melquiot, mise en sc\u00e8ne d&rsquo;Omar Porras <\/strong><strong>Au Gilgamesch.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-3400\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Ma-Colombine-4-\u00a9-Ariane-Catton-Balabeau.jpg\" alt=\"\" width=\"360\" height=\"343\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">De la rencontre de l\u2019auteur Fabrice Melquiot et du com\u00e9dien colombien qu\u2019est Omar Porras est apparu <em>Ma Colombine<\/em>, un texte de Melquiot et une mise en sc\u00e8ne sign\u00e9e par ce grand com\u00e9dien \u00e0 l\u2019univers ind\u00e9finissable qu\u2019est Porras que l\u2019on retrouve au plateau. Soit une pi\u00e8ce ou un solo d\u2019un peu plus d\u2019une heure que l\u2019on pourrait confondre avec un voyage onirique et ubuesque. L\u00e0, \u00e0 l\u2019endroit d\u2019un th\u00e9\u00e2tre des id\u00e9es, des pens\u00e9es, des imaginaires.<\/p>\n<p>En fond de sc\u00e8ne, dans un coin de la salle 2 du Gilgamesh, il y a une lune qui parle et que Porras appelle Madame la Lune. Dans son ombre, et qui commence \u00e0 dessiner une diagonale, il y a un arbre magique, sans feuilles, il s\u2019allume de lucioles de couleurs. Et au bout de ces deux points, dans le prolongement de cette ligne oblique, il y a un amas de rochers sur lequel Porras viendra parfois se reposer ou s\u2019\u00e9chouer. Et c\u2019est dans ce d\u00e9cor, augment\u00e9 parfois de la pr\u00e9cipitation de quelques poudres fantastiques, que Oumar Tutak Hijo de chibcha Vuelo de condor Suvan y Ven raconte sa vie ou son \u00e9pop\u00e9e qui l\u2019a conduit de la Colombie \u00e0 Paris, des bancs de l\u2019\u00e9cole o\u00f9 il r\u00eavait aux planches du th\u00e9\u00e2tre o\u00f9 il donne \u00e0 penser au public qui l\u2019\u00e9coute avec l\u2019attention des enfants \u00e0 qui on raconterait une histoire fantastique.<br \/>\nM\u00ealant les langues espagnoles, \u00e0 une gouaille de clown espi\u00e8gle\u00a0; construisant un monde de chim\u00e8res o\u00f9 sur le dos de son fr\u00e8re perchiste, d\u2019un \u00e9lan et d\u2019un seul bond, il passe de Bogota \u00e0 Paris\u00a0; se d\u00e9tournant de l\u2019arm\u00e9e qu\u2019il aurait fr\u00e9quent\u00e9 pour rire avant de devenir Clown\u00a0; discutant avec Friedrich Nietzsche alors qu\u2019il feuillette les pages de <em>La Naissance de la trag\u00e9die<\/em>\u00a0; \u00e9migr\u00e9 latino qui f\u00eate et re-f\u00eate le bonheur d\u2019\u00eatre\u00a0; \u00a0etc. etc. Porras est un homme-orchestre dont les instruments s\u2019appellent imagination, balourdise, mine de farceur, po\u00e9sie, r\u00eaverie, tendresse, tristesse inattendue, joie d\u2019exil\u00e9, plaisantin avec le public\u2026 Homme-orchestre qui unit toute ces qualit\u00e9s en une seule\u00a0: l\u2019acteur-po\u00e8te, le Zarathoustra danseur, l\u2019homme des arts et de Pachamama. Un po\u00e8te, dis-je, qui a trouv\u00e9 un abris au th\u00e9\u00e2tre qui est le lieu de toutes ces vies fantasques, r\u00eav\u00e9es, imagin\u00e9es\u2026 L\u00e0, o\u00f9, \u00e0 la mani\u00e8re de Borg\u00e8s, il n\u2019est plus aucune limite \u00e0 l\u2019imagination de la raison qui enfle et enfle de r\u00e9cits fantasmagoriques.<br \/>\nEt tout au long de <em>Ma colombine<\/em>, il y a cette phrase qui r\u00e9sonne \u00ab\u00a0le monde n\u2019est pas pr\u00eat pour la naissance d\u2019un clown\u00a0\u00bb\u2026 Phrase qu\u2019Omar Porras r\u00e9p\u00e8te \u00e0 Madame la Lune, la confidente de ses secrets, lui qui s\u2019amuse avec le public et, au final, alors qu\u2019un portable sonne et qu\u2019il s\u2019agit du sien, apprend la mort de sa grande s\u0153ur. Moment o\u00f9 le clown qui fait rire, stoppe d\u2019une parole nette, tous les rires pour faire place \u00e0 un silence de plomb. Instant o\u00f9 l\u2019accomplissement de son art est total. O\u00f9 le rire et le grave reviennent s\u2019embrasser comme au tout d\u00e9but, alors qu\u2019il parle de l\u2019Am\u00e9rique du Sud, on songe en l\u2019\u00e9coutant <em>Aux Veines ouvertes d\u2019Am\u00e9rique latine<\/em> d\u2019Edouardo Galeano qu\u2019il ne nommera pas, mais qui nous rappelle l\u2019un des holocaustes les plus sanglants de notre histoire contemporaine.<br \/>\nCe n\u2019est pas seulement un num\u00e9ro que livre Porras et ce n\u2019est pas qu\u2019un dr\u00f4le de pistolet. C\u2019est aussi un chroniqueur de son temps. Po\u00e8te et chroniqueur, chroniqueur po\u00e8te\u2026 C\u2019est Porras.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ma Colombine, texte de Fabrice Melquiot, mise en sc\u00e8ne d&rsquo;Omar Porras Au Gilgamesch. 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