


{"id":3976,"date":"2019-11-25T14:02:00","date_gmt":"2019-11-25T13:02:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/?p=3976"},"modified":"2019-11-25T14:02:00","modified_gmt":"2019-11-25T13:02:00","slug":"bajazet-artaud-castorf-jai-appris-hier","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/bajazet-artaud-castorf-jai-appris-hier\/","title":{"rendered":"Bajazet, Artaud, Castorf\u2026 \u00ab j\u2019ai appris hier \u00bb."},"content":{"rendered":"<p><center><em>Bajazet en consid\u00e9rant le Th\u00e9\u00e2tre et la peste<\/em><br \/>\nMise en sc\u00e8ne de Franck Castorf.<\/center><small><\/small><\/p>\n<hr \/>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3998 aligncenter\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/Capture-d\u00e9cran-2019-11-25-18.52.56-600x375.png\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"375\" \/><br \/>\n&nbsp;<br \/>\n\u00ab\u00a0Au risque de g\u00e2ter la po\u00e9sie de la chose\u00a0\u00bb, faire de l\u2019exercice critique le lieu du d\u00e9tail. Avec <em>Bajazet en consid\u00e9rant le Th\u00e9\u00e2tre et la peste<\/em>, Franck Castorf livre, plut\u00f4t qu\u2019une pi\u00e8ce donn\u00e9e, une \u0153uvre mouvement\u00e9e, en associant, entre autres, Racine et Artaud. Ou quand la langue harmonieuse et fluide de l\u2019un fait l\u2019\u00e9preuve de la percussion et des chocs sonores de l\u2019autre, et installe Jeanne Balibar (Roxane), Jean-Damien Barbin (Bajazet), Claire Sermonne (Atalide), Adama Diop (Osmin) et Mounir Margoum (Acomat) dans le corps d\u2019une \u00ab\u00a0entre langue\u00a0\u00bb. Seul topos, au vrai, du ph\u00e9nom\u00e8ne et du travail th\u00e9\u00e2tral.<br \/>\n<strong>Anecdote de Hall et d\u00e9tails de salle\u2026 <\/strong><br \/>\nC\u2019est \u00e0 l\u2019entracte qu\u2019\u00e0 l\u2019image d\u2019une vol\u00e9e d\u2019\u00e9tourneaux \u00e9tourdis, une multitude de spectateurs prendra la poudre d\u2019escampette. Et les \u00e9couter, fuyants, frustr\u00e9s d\u2019un divertissement patrimonial, un chef d\u2019\u0153uvre mis en p\u00e9ril, (un <em>Bajazet<\/em> racinien qui ne souffrirait de rien) se plaindre, tout impr\u00e9gn\u00e9 d\u2019un XVII\u00e8me d\u00e9\u00e7u, ou d\u2019un auteur majuscule d\u00e9funt, en rimant. Je cite\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est Racine que l\u2019on assassine\u00a0\u00bb.<br \/>\nEt l\u2019envie (plaisir malin) de faire \u00e9cho \u00e0 ce qui, n\u2019en doutons pas, \u00e9tait le trait d\u2019esprit d\u2019un commer\u00e7ant soucieux d\u2019amuser ses dames (qu\u2019il tenait en main). Ergo, poursuivre et leur donner le change\u00a0: \u00ab\u00a0Et alors c\u2019est le spectateur qui se meurt, lequel s\u2019assoupit bien souvent au parterre, et ne m\u00e9rite pas d\u2019autre place que celle qui l\u2019attend au cimeti\u00e8re\u00a0\u00bb.<br \/>\nVers bancal, tout aussi con \u2013 pr\u00e9c\u00e9dons la meute \u2013 que l\u2019esprit de bois qui nous vaut d\u2019avoir ou\u00ef le \u00ab\u00a0trait\u00a0\u00bb du Monsieur qui fuyait la grande salle du GTP, parce que le spectacle de la <em>Bajazet<\/em> de Castorf ne lui rappelait pas son cours \u00e9l\u00e9mentaire sur le vers, la musique et le jeu racinien. \u00c0 moins, que moins savant et donc plus ignorant, le \u00ab\u00a0philistin\u00a0\u00bb (nom donn\u00e9 par Abirached \u00e0 ces \u00ab\u00a0voisins\u00a0\u00bb (non donn\u00e9 par Althusser) que sont les spectateurs) se soit soudainement senti trahi par un abonnement qui lui promettait, en \u00e9change d\u2019une poign\u00e9e d\u2019euros, une contrepartie divertissante. Il faudrait relire Craig qui fait la critique pertinente du \u00ab\u00a0client\u00a0\u00bb du th\u00e9\u00e2tre p\u00e9rissable (autre nom pour d\u00e9signer un th\u00e9\u00e2tre sans int\u00e9r\u00eat). Relire la \u00ab\u00a0citadelle assi\u00e9g\u00e9e\u00a0\u00bb du Bernard (qui dort d\u00e9finitivement) pour mesurer combien le spectateur est futile quand le th\u00e9\u00e2tre esp\u00e8re, pour lui, une condition autre et peut-\u00eatre une \u00e9l\u00e9vation m\u00eame. Mais voil\u00e0, bien souvent, nos amis acteurs initient des \u00e2nes qui ne sont, rappelons-nous le bestiaire nietzsch\u00e9en, que des porteurs. Petits porteurs, de petites valeurs\u2026 paresseux crasses pour qui l\u2019effort est une d\u00e9pense dont ils font l\u2019\u00e9conomie et qui les a mis \u00e0 l\u2019endroit de sp\u00e9culer ce que serait le th\u00e9\u00e2tre. Pardon, \u00ab\u00a0ce qu\u2019il doit \u00eatre\u00a0\u00bb (formule imp\u00e9rative masquant mal son rapport \u00e0 l\u2019essentialisme born\u00e9).<br \/>\nSur le fauteuil \u00e0 ma droite, ma voisine qui sifflotait, nostalgique, l\u2019air de rien \u00ab\u00a0quand il me prend dans ses bras\u00a0\u00bb jusqu\u2019au tout d\u00e9but de la repr\u00e9sentation a fini par s\u2019endormir (j\u2019aurais aim\u00e9 qu\u2019une ts\u00e9ts\u00e9 somnif\u00e8re pique d\u2019embl\u00e9e la rombi\u00e8re chantonnante). Impossible de me souvenir si c\u2019est avant ou apr\u00e8s que Roxane allume sa premi\u00e8re clope. Elle d\u00e9campera \u00e0 la mi-temps. Au rang de derri\u00e8re, une p\u00e9ronnelle n\u2019en finit pas de bourdonner dans l\u2019oreille de \u00ab\u00a0son\u00a0\u00bb homme qui subit et consent (matant les nibards de Roxane Balibar), n\u2019hypoth\u00e9quant par-l\u00e0, on le soup\u00e7onne, aucune des g\u00e2teries dont s\u2019amuserait Blanche Gardin. Finirai par faire sentir \u00e0 la madame l\u2019agacement qui me gagne en lui intimant un\u00a0\u00ab\u00a0chuuuut\u00a0\u00bb prolong\u00e9, me d\u00e9solidarisant du m\u00e2le qui fron\u00e7a le sourcil en ma direction en pensant, sans doute, \u00e0 la \u00ab\u00a0tuutuurluutuutte\u00a0\u00bb s\u2019\u00e9loignant. Au rang de devant, et c\u2019est beau, deux trentenaires se tiennent avec rigueur, l\u2019oreille en alerte dans un rapport hypnotique. Elles n\u2019en perdent pas une miette, silencieuses d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre des presque quatre heures, les mots d\u2019Artaud, qui lardent <em>Bajazet<\/em> revu et corrig\u00e9 par le ma\u00eetre allemand (et qui endiablent le regard et le corps de ce grand acteur qu\u2019est Barbin), prennent vraisemblablement racine en leurs nerfs et annoncent la naissance d\u2019une \u00e9motion qui explosera au final.<br \/>\nCar c\u2019est au final, apr\u00e8s que la salle se sera vid\u00e9e partiellement de quelques mauvais coucheurs rentr\u00e9s \u00e0 l\u2019heure, que les spectateurs int\u00e9ress\u00e9s qui se sont rapproch\u00e9s du plateau profitant des si\u00e8ges vid\u00e9s, tel le carr\u00e9 que formerait une vieille garde, d\u2019avant-garde, d\u00e9fendant le th\u00e9\u00e2tre souverain ( et donc la vie), manifesteront \u00e0 cinq interpr\u00e8tes\u00a0: Jeanne Balibar, Jean-Damien Barbin, Claire Sermonne, Adama Diop, Mounir Margoum, ainsi qu\u2019au vid\u00e9aste Andreas Deinert, leur affection, leur remerciement, leur vibration, leur adh\u00e9sion et leur admiration. Que s\u2019\u00e9tait-il donc pass\u00e9 alors pour qu\u2019une \u00e9motion, si vive, fasse au terme de Bajazet son apparition\u00a0?<br \/>\n<strong>Bajazet <em>en consid\u00e9rant Le th\u00e9\u00e2tre et la peste<\/em><\/strong><br \/>\n\u00c0 l\u2019\u00e9vidence, Castorf est \u00e0 son affaire et aura travaill\u00e9 chacun des d\u00e9tails qu\u2019il convoque pour ce <em>Bajazet en consid\u00e9rant le th\u00e9\u00e2tre et la peste<\/em>. Lecteur, peut-\u00eatre aussi, de Lucien Goldmann et de son \u0153uvre majeure <em>Le Dieu cach\u00e9<\/em>, il s\u2019introduit chez Racine sans oublier Pascal et ses <em>Pens\u00e9es<\/em>, puisque l\u2019un et l\u2019autre, avertis des penchants de leur si\u00e8cle, auront eu \u00e0 c\u0153ur de traiter une condition tragique qui tient \u00e0 la pr\u00e9sence\/absence de dieu, donnant \u00e0 l\u2019Homme une libert\u00e9 relative qu\u2019organise la volont\u00e9 du Prince\u00a0: ici le Sultan Amurat. C\u2019est donc dans ce contexte que <em>Bajazet<\/em> peut \u00eatre lu comme une pi\u00e8ce o\u00f9 les d\u00e9m\u00eal\u00e9s amoureux et politiques produisent d\u2019abord un d\u00e9r\u00e8glement avant qu\u2019elle tende vers un compromis, ou quand le choix d\u00e9licat et interdit conduit finalement les partis instruments du pouvoir \u00e0 envisager la solution p\u00e9renne du retour d\u2019un ordre garanti. \u00c0 l\u2019issue de la trag\u00e9die (qui \u00e0 l\u2019\u00e9poque et par la suite fut mal accueillie), <em>Bajazet<\/em> aura inventori\u00e9 les passes dialectiques entre Roxane, Bajazet, Atalide qui, au motif de l\u2019amour et de toutes ses variations contrari\u00e9es, finissent par subir le diktat ou la loi du Sultan, et donc la \u00ab\u00a0h\u00e2che qu\u2019est la raison\u00a0\u00bb.<br \/>\nBajazet en mourra, lui qui, simple pion d\u2019une situation o\u00f9 jouent les dames Roxane et Atalide, est <em>in fine<\/em> sacrifi\u00e9. En cinq actes, comme en cinq coups sur un \u00e9chiquier, \u00e0 l\u2019ombre de la ma\u00eetrise dialectique \u00e0 l\u2019\u0153uvre prise entre rationalisme et empirisme, <em>Bajazet<\/em> serait ainsi la trag\u00e9die o\u00f9 le temps humain met en repr\u00e9sentation comment la chose politique qu\u2019est la pratique du pouvoir ne se satisfait pas du pat, mais n\u2019a d\u2019aspiration que pour le mat. \u00ab\u00a0Mat\u00a0\u00bb qui sonne comme le retour du tragique.<br \/>\nLecteur, Castorf l\u2019aura \u00e9t\u00e9 encore quand, auteur d\u2019un savant montage sauvage, il convoque Artaud\u00a0: \u00a0<em>Pour en finir avec le jugement de dieu<\/em>, <em>le th\u00e9\u00e2tre de S\u00e9raphin<\/em>, <em>lettres de\u2026, Notes pour un th\u00e9\u00e2tre<\/em>\u2026 etc. le tout revendiqu\u00e9 dans le titre <em>Bajazet en consid\u00e9rant le Th\u00e9\u00e2tre et la peste<\/em>. Geste moins transgressif chez Castorf que geste pens\u00e9 comme point d\u2019appui d\u2019o\u00f9 lire le Racine (qui n\u2019est presque qu\u2019une \u00e9tape puisqu\u2019ici il entend parler du th\u00e9\u00e2tre).<br \/>\nCastorf, en \u00ab\u00a0anarchiste couronn\u00e9\u00a0\u00bb, donnant ainsi \u00e0 entendre Artaud, le grand acteur, le penseur d\u2019un th\u00e9\u00e2tre de la vie, l\u2019ali\u00e9n\u00e9 au vrai expos\u00e9 \u00e0 \u00ab\u00a0un soleil \u00e9trange, une lumi\u00e8re d\u2019une intensit\u00e9 anormale\u00a0\u00bb qui marquent les traits de son visage d\u2019une ombre qui le tient en lisi\u00e8re de la folie, torturent son corps tout entier, et inqui\u00e8tent la syntaxe, le bon usage comme la langue, au point d\u2019en r\u00e9v\u00e9ler la signifiance d\u00e9funte que vient concurrencer une parole d\u00e9figur\u00e9e. Artaud, le passionn\u00e9 d\u2019Histoires anciennes et lointaines \u00e0 travers lesquelles il puise la mati\u00e8re d\u2019entre les langues\u00a0: ce point sources des origines o\u00f9 le souffle et l\u2019esprit ne sont plus ext\u00e9rieurs \u00e0 l\u2019Homme, mais tiennent \u00e0 sa t\u00eate. Une vie durant, Artaud n\u2019aura de cesse de le r\u00e9introduire, de le hurler, de le dire, de le dessiner, de l\u2019\u00e9crire\u00a0et de l\u2019exp\u00e9rimenter \u00e0 l\u2019endroit de \u00ab\u00a0l\u2019athl\u00e8te affectif\u00a0\u00bb qu\u2019il entra\u00eene. Expression chez Artaud qui nomme l\u2019acteur en formation, en d\u00e9formation, en transformation\u00a0; \u00ab\u00a0athl\u00e8te affectif\u00a0\u00bb qui habite la r\u00e9gion du th\u00e9\u00e2tre\u00a0: cette cime faite sc\u00e8ne dont Artaud travaille \u00e0 ce qu\u2019elle s\u2019\u00e9carte enfin du miroir et du reflet auquel on l\u2019astreint. Lire Artaud, et Castorf le pressent, n\u2019est pas autre chose que faire l\u2019exp\u00e9rience de la naissance d\u2019une crise qui va, telle une d\u00e9flagration (\u00ab\u00a0conflagration\u00a0\u00bb dit Artaud), toucher la langue, le corps, la repr\u00e9sentation et toutes les petites affaires rassurantes qui organisent le p\u00e9rim\u00e8tre de l\u2019ignorante connaissance o\u00f9 se complait la soci\u00e9t\u00e9. Lui, Artaud, d\u00e9clare ainsi la guerre \u2013 sa guerre. Je cite\u00a0: \u00ab\u00a0La salet\u00e9 que j\u2019accuse\u2026 le mot que je cherche depuis 50 ans\u2026 J\u2019ai donc \u00e0 dire \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 qu\u2019elle est une pute et une pute salement arm\u00e9e\u00a0\u00bb. Et l\u2019arme de la pute n\u2019est autre que dieu et ses demi-sels que sont ses serviteurs, domestiques, savants, pr\u00eatres, m\u00e9decins, gogos, juges, succubes\u2026 tous porteurs de phallus\u00a0: l\u2019appendice qui r\u00e8gle les rapports de la soci\u00e9t\u00e9\u2026 des \u00ab\u00a0singes\u00a0\u00bb, comme le dit le conf\u00e9rencier du Vieux Colombier, le 13 janvier 1947.<br \/>\n\u00ab\u00a0Soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb et petite soci\u00e9t\u00e9 du spectacle (doit-on ajouter) o\u00f9 quand faire du th\u00e9\u00e2tre reviendrait \u00e0 entretenir et \u00e0 faire somnoler ce qui m\u00e9rite d\u2019\u00eatre tourment\u00e9. Crois\u00e9 d\u00e9froqu\u00e9, supplici\u00e9 du \u00ab\u00a0Golgotha\u00a0\u00bb, Artaud \u00ab\u00a0le crucifi\u00e9, le poignard\u00e9, l\u2019empoisonn\u00e9, l\u2019endormi \u00e0 l\u2019\u00e9lectricit\u00e9\u00a0\u00bb comme il se nomme, et nous le rappelle, vocif\u00e8re donc que \u00ab\u00a0la vie est truqu\u00e9e\u00a0\u00bb et que les lucifers s\u2019ils ont des trognes de charogne ont aussi des minois d\u2019anges criminels.<br \/>\nAlors, et c\u2019est bien avant que Deleuze ne pense les \u00ab\u00a0lignes de fuite\u00a0\u00bb, soudainement Artaud pr\u00e9tend au \u00ab\u00a0Devenir\u00a0\u00bb\u2026 et de le lire\u00a0: \u00ab\u00a0dieu ne devient que ce que l\u2019on en fait\u00a0\u00bb\u2026 comme Castorf pourrait dire et lui reprendre, \u00ab\u00a0Bajazet ne devient que ce que l\u2019on en fait\u00a0\u00bb\u2026 \u00e9nonc\u00e9 m\u00e9tonymique qui contient celui du devenir du th\u00e9\u00e2tre.<br \/>\nSoit, dans la langue d\u2019Artaud lorsqu\u2019il \u00e9crit sur \u00ab\u00a0l\u2019acteur et son double\u00a0\u00bb (qui pr\u00e9c\u00e8de <em>le Th\u00e9\u00e2tre de S\u00e9raphin<\/em>) au tome IV des \u0153uvres compl\u00e8tes, le texte <em>En finir avec les chefs-d\u2019oeuvre<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0Une des raisons de l\u2019atmosph\u00e8re asphyxiante, dans laquelle nous vivons sans \u00e9chapp\u00e9e possible [\u2026] est dans ce respect de ce qui est \u00e9crit, formul\u00e9 ou peint, et qui a pris forme, comme si toute expression n\u2019\u00e9tait pas enfin \u00e0 bout, et n\u2019\u00e9tait pas arriv\u00e9e au point o\u00f9 il faut que les choses cr\u00e8vent pour repartir et recommencer. On doit en finir avec cette id\u00e9e des chefs-d\u2019\u0153uvre r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 une soi-disant \u00e9lite, et que la foule ne comprend pas, et se dire qu\u2019il n\u2019y a pas dans l\u2019esprit de quartier r\u00e9serv\u00e9\u00a0\u00bb.<br \/>\nEt de sentir, d\u00e8s lors, que l\u2019un des points de raccordement entre Artaud et Racine, peut-\u00eatre pour Castorf, serait alors ce dieu spectral qui, chez le second est pr\u00e9sent\/absent\u00a0et agit les personnages\u00a0; quand le premier en d\u00e9nonce les manigances dans les m\u00e9canismes terrrestres. Mani\u00e8re, en quelque sorte, de faire expliquer par Artaud le monde de contraintes qui s\u2019exerce sur les esprits de Bajazet, Roxane, Atalide\u2026 Mani\u00e8re encore, au motif d\u2019Artaud, chez Castorf, de souligner les supplices qu\u2019endurent les corps des personnages raciniens qui, sous la plume de leur g\u00e9niteur, ne semblent qu\u2019\u00eatre des voix, des poign\u00e9es de mots eux-m\u00eames asservis \u00e0 la tyrannie d\u2019un alexandrin. Convoquant Artaud, ce que Castorf donne \u00e0 voir de Bajazet, ce sont des corps qui se tordent. Aussi, entendre la parole moins d\u00e9r\u00e8gl\u00e9e qu\u2019\u00e9ruptive d\u2019Artaud et simultan\u00e9ment la langue m\u00e9tr\u00e9e de Racine, c\u2019\u00e9tait pour le moins faire l\u2019exp\u00e9rience d\u2019un engrossement\u00a0; moins le viol d\u2019un classique, qu\u2019un co\u00eft linguistique qui esquisserait chez Castorf l\u2019essai du corps d\u2019une langue pure.<br \/>\n<strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-3978 aligncenter\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/les-theatres-c-mathilda-olmi-bajazetfrank-castorfphotos-de-reupeutition007c-mathilda-olmijpg-600x400.jpg\" alt=\"\" width=\"480\" height=\"320\" \/><\/strong><br \/>\n<strong>Aucune autre question que <em>Qu\u2019est-ce que le travail th\u00e9\u00e2tral\u00a0?<\/em><\/strong><br \/>\nAinsi, au milieu de ce qui pourrait s\u2019apparenter \u00e0 une surface foraine avec ses attractions insolites, ses baraques de jeux et d\u2019illusions\u00a0; \u00e0 m\u00eame un plateau qui aurait m\u00e9rit\u00e9 d\u2019\u00eatre aussi vaste que celui du parc des expositions d\u2019Avignon (souvenir m\u00e9morable du <em>Die Kabale\u2026 <\/em>du m\u00eame Castorf)\u00a0; \u00e0 mi-chemin entre campement sauvage, qui m\u00eale une cage m\u00e9tallique r\u00e9serv\u00e9e aux h\u00e9r\u00e9tiques et autres familiers de la magie noire, une tente orientale \u00e9trangement proche du haut carc\u00e9ral d\u2019une burka, un trompe l\u2019\u0153il \u00e9norme en forme de sultan qui cache une arri\u00e8re cuisine\u2026 une enseigne fluo rouge, \u00e0 l\u2019identique de l\u2019enseigne d\u2019un claque, qui indique Babylone 0-24, se jouera <em>Bajazet<\/em> et autre chose.<br \/>\nCar c\u2019est dans ce d\u00e9cor en forme de r\u00e9bus (\u00e0 moins qu\u2019il ne s\u2019agisse d\u2019un camp \u00e0 l\u2019architecture arbitraire mis sous surveillance comme le souligne le regard scintillant du sultan) qu\u2019autre chose, ou quelque chose d\u2019<em>a priori <\/em>\u00e9nigmatique, se d\u00e9veloppe sous une forme chaotique que l\u2019\u00e9cran, plac\u00e9 \u00e0 l\u2019avant-sc\u00e8ne, ne cessera de relayer et d\u2019augmenter. De <em>Bajazet<\/em>, chez Castorf, il ne cessera d\u2019\u00eatre question puisqu\u2019il y avait l\u00e0 un mat\u00e9riau propre \u00e0 entretenir un questionnement \u00e0 partir d\u2019une temporalit\u00e9 et d\u2019une spatialit\u00e9, d\u00e9doubl\u00e9s, juxtapos\u00e9s et imbriqu\u00e9s o\u00f9 l\u2019interpr\u00e8te, pour autant qu\u2019il est au service du vers, n\u2019en sera jamais le valet. Quelque chose donc se jouait l\u00e0, devant le spectateur, qui l\u2019invitait \u00e0 saisir ce qu\u2019est le travail de l\u2019acteur d\u00e8s lors que le th\u00e9\u00e2tre n\u2019est plus un espace de r\u00e9p\u00e9tition, mais la parenth\u00e8se temporelle et gymnique qui fait entendre \u00ab\u00a0le souvenir d\u2019un langage dont le th\u00e9\u00e2tre a perdu le secret\u00a0\u00bb. Le temps de la repr\u00e9sentation serait ainsi celui de la pr\u00e9sentation. Temps artaudien et racinien confondus o\u00f9 chacun des interpr\u00e8tes, s\u2019ex\u00e9cutant dans l\u2019alexandrin, donnerait \u00e0 entendre une autre respiration d\u00e8s lors qu\u2019il \u00e9tait pris dans le r\u00e2le phonique d\u2019Artaud : \u00ab\u00a0Entre le personnage qui s\u2019agite en moi quand, acteur, j\u2019avance sur une sc\u00e8ne et celui que je suis quand j\u2019avance dans la r\u00e9alit\u00e9, il y a une diff\u00e9rence de degr\u00e9 certes, mais au profit de la r\u00e9alit\u00e9 th\u00e9\u00e2trale [\u2026] Quand je vis je ne me sens pas vivre. Mais quand je joue c\u2019est l\u00e0 que je me sens exister. Qu\u2019est-ce qui m\u2019emp\u00eacherait de croire au r\u00eave du th\u00e9\u00e2tre quand je crois au r\u00eave de la r\u00e9alit\u00e9 ? Quand je r\u00eave je fais quelque chose et au th\u00e9\u00e2tre je fais quelque chose [\u2026] C\u2019est assez d\u2019une magie hasardeuse, d\u2019une po\u00e9sie qui n\u2019a plus la science pour l\u2019\u00e9tayer [\u2026] C\u2019est en cultivant son \u00e9motion dans son corps que l\u2019acteur en recharge la densit\u00e9 volta\u00efque [\u2026] Et je veux avec l\u2019hi\u00e9roglyphe d\u2019un souffle retrouver une id\u00e9e du th\u00e9\u00e2tre sacr\u00e9\u00a0[\u2026] Pour d\u00e9peindre le cri que j\u2019ai r\u00eav\u00e9, pour le d\u00e9peindre avec les paroles vives, avec les mots appropri\u00e9s, et pour, bouche \u00e0 bouche et souffle \u00e0 souffle, faire passer non dans l\u2019oreille, mais dans la poitrine du spectateur \u00bb.<br \/>\nEt alors voir na\u00eetre \u00e0 m\u00eame la sc\u00e8ne \u2013 cette \u00ab\u00a0catapulte\u00a0\u00bb prise d\u2019un balancement impr\u00e9visible entre 1672 et 1936, entre Paris et Mexico \u2013 un ensemble d\u2019images et de sons, ou \u00ab\u00a0des cris de r\u00e9volte\u00a0\u00bb, qui forme les projectiles n\u00e9vrotiques, po\u00e9tiques et \u00e9rotiques\u2026 lesquels viennent \u00e9lectriser et percuter la conscience de l\u2019\u00eatre-spectateur.<br \/>\nSentir poindre ainsi, dans la diction du vers racinien, la pr\u00e9sence du souffle-cri artaudien qui le chauffe \u00e0 blanc, le porte \u00e0 un point de fusion l\u00e0 o\u00f9 sons et corps, \u00e0 nouveau r\u00e9unis, forment un \u00e9trange amalgame qui viendrait \u00e0 bout du fictif th\u00e9\u00e2tral pour faire appara\u00eetre la peau du r\u00e9el au th\u00e9\u00e2tre. Effet de r\u00e9el renforc\u00e9 par le travail du vid\u00e9aste Andreas Deinert qui capture, en temps r\u00e9el, le mouvement d\u2019\u00e9tats troubles o\u00f9 Castorf introduit du double qui conduit le plateau \u00e0 figurer non un reflet, mais une myriade d\u2019\u00e9clats et de fragments. Sc\u00e8ne kal\u00e9idoscopique o\u00f9 signes raciniens et s\u00e8mes artaudiens se m\u00e9langent, se r\u00e9pondent, se t\u00e9lescopent non de fa\u00e7on arbitraire, mais toujours g\u00e9mellaire d\u00e9veloppant un lien \u00e0 la schize qui n\u2019est qu\u2019une unit\u00e9 d\u00e9compos\u00e9e, recompos\u00e9e via la pr\u00e9sence des miroirs sur sc\u00e8ne et l\u2019image vid\u00e9o.<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-4001 aligncenter\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/Capture-d\u00e9cran-2019-11-25-18.56.01-600x375.png\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"375\" \/><br \/>\nVoir, dans le visage de Barbin\/Bajazet mis au supplice d\u2019un choix impossible, celui d\u2019Artaud et de ses autoportraits d\u00e9figur\u00e9s et moisis, cherchant \u00e0 faire une peau au \u00ab\u00a0moi si\u00a0\u00bb dont le po\u00e8te s\u2019est senti amput\u00e9. Regarder son maquillage comme des coups de fusain et des coups de sang. Voir dans la perruque blonde qui habille la nudit\u00e9 de Roxane\/Balibar apr\u00e8s qu\u2019elle a d\u00e9voil\u00e9 son amour, la silhouette de Colette Gibert Thomas, l\u2019une des trois \u00ab\u00a0filles de c\u0153ur\u00a0\u00bb d\u2019Artaud, promise elle aussi \u00e0 l\u2019asile psychiatrique. La voir encore en catwoman orientale ou le latex noir formerait pour ainsi dire un autre voile. Voir dans le rimmel qui coule sur la peau les larmes d\u2019Atalide\/ Sermonne. Regarder la paille qui tra\u00eene sur les planches comme un clin d\u2019\u0153il \u00e0 \u00ab\u00a0La lettre aux recteurs des universit\u00e9s d\u2019Europe\u00a0\u00bb o\u00f9 Artaud \u00e9crivait\u00a0: \u00ab\u00a0Les rayons spirituels pourrissent comme de la paille\u00a0\u00bb. Ne plus s\u2019\u00e9tonner de la nudit\u00e9 qui gagne, de la peau qui est film\u00e9e parce qu\u2019elle appelle la pr\u00e9sence de \u00ab\u00a0l\u2019armature d\u2019os\u00a0\u00bb artaudien. Ne pas s\u2019\u00e9tonner non plus de ces dizaines de clopes qui hantent les sc\u00e8nes qui se suivent puisqu\u2019elles sont l\u2019un des outils des \u00ab\u00a0Lettres sorts \u00bb qui, chez Artaud, cr\u00e8vent ses dessins brul\u00e9s. Clin d\u2019\u0153il que l\u2019on retrouvera quand Mounir Margoum crame une Une de journal macronis\u00e9e, carbonis\u00e9e, alors qu\u2019il semble en pause dans l\u2019arri\u00e8re-cuisine. Jusqu\u2019au bout de viande, jusqu\u2019\u00e0 la soupe, jusqu\u2019aux costumes ajour\u00e9s vaguement orientaux, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9criture verticale de \u00ab\u00a0Babylone\u00a0\u00bb \u2013 un trait fluo sur sc\u00e8ne \u2013 qui rappelle les cahiers de traits et les marges des \u00e9crits de l\u2019intern\u00e9 de Rodez, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019image des acteurs d\u00e9fonc\u00e9s au haschich\u2026 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019usage de la cage moyen\u00e2geuse, qu\u2019occupent les personnages raciniens prisonniers du Sultan, qui figure aussi la m\u00e9thode psychiatrique et l\u2019internement r\u00e9el d\u2019Artaud\u2026. Jusqu\u2019\u00e0 ce que, finalement, Acomat et Osmin se transforment, ou se r\u00e9v\u00e8lent eux aussi \u00ab\u00a0m\u00e9decins\u00a0\u00bb, et torturent \u00e0 l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 Artaud\/Bajazet\/Babin\u00a0; et comprendre ou faire l\u2019exp\u00e9rience th\u00e9\u00e2trale de la puissante douleur quand \u00e0 chaque \u00e9lectrochoc la lumi\u00e8re faiblissait au plateau\u2026<br \/>\nRien chez Castorf n\u2019aura autant exig\u00e9 l\u2019\u00e9veil. Et peu importe que le <em>Bajazet<\/em> de Racine n\u2019ait pas \u00e9t\u00e9 l\u00e0 en son entier. Peu importe si \u00ab\u00a0le compte n\u2019y \u00e9tait pas\u00a0\u00bb puisque cela n\u2019aurait satisfait que les n\u00e9gociants en pieds et les amateurs de sc\u00e8nes.<br \/>\nEt Castorf, quatre heures plus tard, de prendre la porte du th\u00e9\u00e2tre par un pied de nez qu\u2019on apparenterait \u00e0 un bras d\u2019honneur, puisqu\u2019\u00e0 la derni\u00e8re image, sur un \u00e9cran proche d\u2019une image documentaire, file un hors-bord. \u00ab\u00a0Hors bords\u00a0\u00bb qui r\u00e9sonne, silencieusement \u00e0 l\u2019image, comme une m\u00e9taphore et un apprentissage o\u00f9 s\u2019en prendre au th\u00e9\u00e2tre, \u00e0 cette chose vivante qu\u2019est le th\u00e9\u00e2tre, c\u2019est forc\u00e9ment d\u00e9fier toutes les limites. Ne plus avoir \u00ab\u00a0peur\u00a0\u00bb en quelque sorte. De cette peur qui est la racine de tous les petits fascismes et autres pratiques politiques qu\u2019Artaud n\u2019aura eu de cesse de nommer. Tout ce \u00ab\u00a0caca\u00a0\u00bb\u2026 Castorf, en briscard du th\u00e9\u00e2tre, l\u2019aura fait sentir et il y avait, Genet ne s\u2019y serait pas tromp\u00e9 quand il esp\u00e9rait du th\u00e9\u00e2tre, un plaisir certain \u00e0 l\u2019humer.<br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=C3lMGhWFo-A\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=C3lMGhWFo-A<\/a><\/p>\n<p>A \u00e9couter\u2026<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=OO-pI6LxSqM\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=OO-pI6LxSqM<\/a><br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=NMTKCES1vPk\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=NMTKCES1vPk<\/a><br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=AP58wrsRsu8\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=AP58wrsRsu8<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bajazet en consid\u00e9rant le Th\u00e9\u00e2tre et la peste Mise en sc\u00e8ne de Franck Castorf. &nbsp; \u00ab\u00a0Au risque de g\u00e2ter la po\u00e9sie de la chose\u00a0\u00bb, faire de l\u2019exercice critique le lieu du d\u00e9tail. Avec Bajazet en consid\u00e9rant le Th\u00e9\u00e2tre et la peste, Franck Castorf livre, plut\u00f4t qu\u2019une pi\u00e8ce donn\u00e9e, une \u0153uvre mouvement\u00e9e, en associant, entre autres, Racine et Artaud. Ou quand la langue harmonieuse et fluide de l\u2019un fait l\u2019\u00e9preuve de la percussion et des chocs sonores de l\u2019autre, et installe<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":3863,"menu_order":0,"template":"","categorie_article":[27],"class_list":["post-3976","article","type-article","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","categorie_article-critique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article\/3976","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article"}],"about":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/types\/article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3863"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3976"}],"wp:term":[{"taxonomy":"categorie_article","embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/categorie_article?post=3976"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}