


{"id":4140,"date":"2020-07-16T16:42:21","date_gmt":"2020-07-16T14:42:21","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/?p=4140"},"modified":"2022-09-25T17:31:44","modified_gmt":"2022-09-25T15:31:44","slug":"ile-nest-pas-la","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/ile-nest-pas-la\/","title":{"rendered":"\u00cele n&rsquo;est pas l\u00e0"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019Insens\u00e9 n\u2019est pas directement le motif de notre communaut\u00e9. L\u2019Insens\u00e9 n\u2019est pas une forme all\u00e9gorique d\u2019elle-m\u00eame, que ce soit sous ses aspects mat\u00e9riels (demandes de subventions, etc.) ou immat\u00e9riels (un manifeste de plus). Notre communaut\u00e9 passe avant tout par un Dehors qui se diss\u00e9mine, le plus souvent, en spectacles singuliers \u2012 blocs provisoires de dur\u00e9e, de lieu, de perceptions, d\u2019affects&nbsp;: Yannick et moi au premier rang dans une petite chapelle reconvertie pour juillet en th\u00e9\u00e2tre, regardant, \u00e9coutant, \u00e0 quelques m\u00e8tres Jean-Quentin Ch\u00e2telain \u00e9ructer Rimbaud en enfer. Le duo duel passe par un tiers enchanteur lui-m\u00eame travers\u00e9 par une ligne de fuite. Ou encore, Yannick et moi, plut\u00f4t en fond de salle cette fois, salle minuscule, regardant, \u00e9coutant, le nomade Jean-Louis Hourdin exhumer de sa valise des alli\u00e9s substantiels (Hugo, Beckett, Brecht, Music\u2026). Ou encore, Yannick, Malte, Chlo\u00e9 et moi sur un radeau au Mans, pour une \u00e9criture \u00e0 huit mains dont chaque paire interpr\u00e8te \u00e0 sa fa\u00e7on une m\u00eame partition infixable, suivie par la cabane d\u2019\u00e9dition po\u00e9tique de russes aphones, puis d\u2019un repas-quand-il-y-en-a-pour-vingt-il-y-en-a-pour-trente-trois, Tanguy mettant la main aux p\u00e2tes, accueillant toutes les esp\u00e8ces en voie de disparition. Ou encore, croiser et recroiser Arnaud dans ses excursus en solitaire, avec sa tablette de scribe, sur le champ de bataille de l\u2019imaginaire. Ou encore, s\u2019\u00e9couter, discuter, \u00e0 l\u2019occasion de deux colloques m\u00e9morables sur la fonction critique initi\u00e9s par des insens\u00e9s, entre escargot, barricade et ha\u00efku.<br \/>\nLa maison lou\u00e9e en Avignon n\u2019est pas La D\u00e9viation. Il n\u2019y a pas de r\u00e8gles monacales auxquelles s\u2019auto-plier collectivement, fussent r\u00e8gles libres et exemplairement \u00e0 l\u2019\u00e9cart des logiques n\u00e9o-lib\u00e9rales, fussent r\u00e8gles autorisant leur propre d\u00e9r\u00e9gulation dionysiaque. Dans la maison lou\u00e9e en Avignon, chacun laisse \u00e0 la porte ses r\u00e8gles habituelles (collectif d\u2019artistes, famille plus ou moins compos\u00e9e, couple, c\u00e9libat, travail plus ou moins fonctionnaris\u00e9, vie parisienne, marseillaise, lyonnaise, que sais-je encore). Dans la maison lou\u00e9e en Avignon, on refait communaut\u00e9 comme on refait le monde, entre utopie et sel laiss\u00e9 par les vagues. On bricole. Malte plante sa tente dans le jardin. On croise des gens de passage, une nuit, quelques jours, quelques ann\u00e9es, amis de La D\u00e9viation, \u00e9tudiants libanais, Evelise&#8230; Les clefs passent de main en main sans se perdre. Des gueuletons s\u2019improvisent. Les provisions sont approvisionn\u00e9es. Des nuits deviennent blanches, ros\u00e9es. Pas besoin d\u2019organigramme. Yannick est l\u00e0 d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre&nbsp;; les autres insens\u00e9s, une semaine, ou par intermittences, temps d\u00e9rob\u00e9 au temps. On se retrouve \u00e0 l\u2019ap\u00e9ro du off, on \u00e9crit \u00e0 une m\u00eame table jusqu\u2019\u00e0 pas d\u2019heure ou aux quatre coins du microcosme avignonnais, et au fil de l\u2019eau (vive, morte) pendant l\u2019ann\u00e9e. On pourrait transplanter cette maison ailleurs. Mais il y a la question du chiasme entre temps et espace. Ce mois de juillet 2020 s\u2019est transform\u00e9 pour certains en mois suppl\u00e9mentaire de travail, \u00e0 concilier avec des conjonctures singuli\u00e8res&nbsp;: ce f\u00fbt la rencontre amoureuse pour moi. Elle occupe l\u2019espace d\u2019une \u00eele que je tiens \u00e0 pr\u00e9server. Ce n\u2019est pas une excuse, mais le constat que mon \u00e9nergie limit\u00e9e passe \u00e0 cet endroit-l\u00e0. Je n\u2019arriverai pas \u00e0 me livrer plus avant, faire mon introspection, critiquer la critique, ma critique, moi. Impossible de me passer d\u2019un dehors esth\u00e9tique, amical, politique, m\u00e9taphysique, insondable. L\u2019\u00eele n\u2019exclut pas l\u2019archipel. Les textes post\u00e9s sur le site \u2012 en premier et dernier ressort la v\u00e9ritable maison des insens\u00e9s \u2012 sont le bain r\u00e9v\u00e9lateur de cet archipel. La bande reviendra par le th\u00e9\u00e2tre quand le th\u00e9\u00e2tre reviendra par la bande.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autocritique<\/p>\n","protected":false},"author":35,"featured_media":4141,"menu_order":0,"template":"","categorie_article":[27],"class_list":["post-4140","article","type-article","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","categorie_article-critique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article\/4140","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article"}],"about":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/types\/article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/users\/35"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4141"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4140"}],"wp:term":[{"taxonomy":"categorie_article","embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/categorie_article?post=4140"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}