


{"id":4746,"date":"2021-09-20T14:36:06","date_gmt":"2021-09-20T12:36:06","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/?p=4746"},"modified":"2022-09-19T18:41:52","modified_gmt":"2022-09-19T16:41:52","slug":"usiner-loeuvrier-litteraire-sur-scene","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/usiner-loeuvrier-litteraire-sur-scene\/","title":{"rendered":"UsINER&#8230; l\u2019oeuvrier litt\u00e9raire sur sc\u00e8ne"},"content":{"rendered":"\n<p>Le 5 novembre prochain, Julien Gourdin pr\u00e9sentera <strong><em>Us<\/em><\/strong><em>INER<\/em>. Une pi\u00e8ce performative pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 l&rsquo;amphith\u00e9\u00e2tre de la Verri\u00e8re, \u00e0 Aix-en-Provence. Deux s\u00e9ances (16H00 et 19H30) sont pr\u00e9vues, entrecoup\u00e9es d\u2019une rencontre avec le public. Premier projet personnel du com\u00e9dien qui est soutenu et accueilli par la Ville d\u2019Aix. Moment d\u2019importance pour lui qui en parle comme d\u2019une \u00ab&nbsp;premi\u00e8re marche&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La bifurcation\u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En solo comme \u00e0 l\u2019occasion de <em>Le Petit Poucet et l\u2019ogre<\/em> au Bois de l\u2019Aune o\u00f9 il est un homme-orchestre jouant et interpr\u00e9tant tous les personnages du conte de Charles Perrault&nbsp;; lecteur d\u2019Albert Cohen et notamment de <em>O vous, fr\u00e8res humains<\/em> aux c\u00f4t\u00e9s d\u2019Henriette Pertus dans un travail musical&nbsp;; metteur en sc\u00e8ne et auteur de <em>La folie comme \u00e9tat de la m\u00e9tamorphose<\/em>&nbsp;; com\u00e9dien rejoignant Angie Pict pour la cr\u00e9ation du texte de Martin Crimp <em>Le reste vous le connaissez par la cin\u00e9ma<\/em>\u2026 Julien Gourdin hante \u2013 tout autant qu\u2019il est hant\u00e9&nbsp;\u2013 la sc\u00e8ne. Ing\u00e9nieur d\u00e9froqu\u00e9, il choisit donc de se former au travail de com\u00e9dien \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 d\u2019aucuns auraient privil\u00e9gi\u00e9 le confort de l\u2019emploi. Le geste est radical, et la vie de pr\u00e9caire qu\u2019il ambitionne est la seule qui le met \u00e0 l\u2019endroit de l\u2019imagination cr\u00e9atrice et des rencontres avec le milieu du th\u00e9\u00e2tre, ses collectifs, ses personnalit\u00e9s, et des amis qui l\u2019accompagneront, comme Eric Schlaeflin, com\u00e9dien comme lui.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Je n\u2019avais pas le choix. J\u2019avais fait l\u2019exp\u00e9rience du travail \u00e0 l\u2019\u00e9cole d\u2019ing\u00e9nieur. Diff\u00e9rents stages\u2026 m\u2019\u00e9tais retrouv\u00e9 post\u00e9 en 3X8. Je ne crache sur rien, mais \u00e0 Montbard, en Bourgogne, chez Valti, dans une usine de m\u00e9tallo du groupe Vallourec, ma t\u00e2che \u00e9tait de contr\u00f4ler des tubes m\u00e9talliques. J\u2019apprenais le travail \u00e0 la cha\u00eene\u2026 ou je faisais l\u2019apprentissage d\u2019\u00eatre encha\u00een\u00e9 \u00e0 un travail. Y songeant, j\u2019avais \u00e0 l\u2019\u00e9poque \u00e9valu\u00e9 qu\u2019en 3X8, subissant les d\u00e9calages horaires, je faisais Paris\/San-Francisco sans bouger de ma cabine de contr\u00f4le. Sacr\u00e9 <em>Jet lag<\/em> en d\u00e9finitive.&nbsp;\u00bb confiera-t-il songeur.<\/p>\n\n\n\n<p>De ces ann\u00e9es-l\u00e0, Julien Gourdin qui reconna\u00eet de ne pas avoir de culture militante, conserve les souvenirs des ouvriers qui travaillaient avec lui. Dans les plis de la m\u00e9moire, des trognes et des gueules \u00ab&nbsp;cass\u00e9es&nbsp;\u00bb, des gestes d\u2019attention, des formes de travail collectif et de travail en \u00e9quipe\u2026 mais aussi des bruits, des sons, des odeurs de m\u00e9tal en fusion qui se m\u00e9langeaient \u00e0 la gamelle le temps d\u2019un repas pris sur le pouce. \u00ab&nbsp;C\u2019\u00e9tait une exp\u00e9rience, mais j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 que \u00e7a ne serait pas une vie, ma vie&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s lors, Julien Gourdin se prend une carte d\u2019\u00e9tudiant apr\u00e8s que son dossier a \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9 en Arts de la sc\u00e8ne, \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Provence. Retour sur les \u00ab&nbsp;bancs de l\u2019\u00e9cole&nbsp;\u00bb, mais surtout nouvel apprentissage que celui du plateau et des ateliers de jeu. Et puis immersion dans un milieu th\u00e9\u00e2tral o\u00f9 de la D\u00e9viation \u00e0 la compagnie Ornicar, Julien Gourdin, plus qu\u2019un spectateur, devient un interlocuteur de ceux qui \u00ab&nbsp;jouent&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"366\" height=\"206\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/242411903_860295381290688_8145891571891010538_n-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-4759\"\/><figcaption><strong><em>autoportrait pixelis\u00e9<\/em><\/strong><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong>Usiner<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Je con\u00e7ois ce travail comme relevant d\u2019un geste performatif et ceux qui m\u2019accompagnent&nbsp;: Samuel Martinez&nbsp;(musicien et touche-\u00e0-tout sur les espaces sonores), ainsi que Nao Tanaka (cr\u00e9ateur de dispositifs num\u00e9rique et vid\u00e9o, programmateur TAO (th\u00e9\u00e2tre assist\u00e9 par ordinateur)), sont essentiels dans ce projet. En fait, je pense performatif, mais le mot induit un tel champ que je pourrais dire que je suis juste un com\u00e9dien en sc\u00e8ne soutenu par deux camarades qui interviennent tels des plasticiens\/cr\u00e9ateurs du son et de l\u2019image&nbsp;\u00bb confie Julien Gourdin. Quant au projet en lui-m\u00eame, si l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019usine ne lui pas \u00e9trang\u00e8re, sa naissance est \u00e9galement li\u00e9e \u00e0 une rencontre avec un auteur Joseph Ponthus, n\u00e9 Baptiste Cornet, disparu \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 43 ans, et notamment son livre <em>A la ligne<\/em>. Un auteur, \u00e9ducateur sp\u00e9cialis\u00e9, r\u00e9colteur de paroles anonymes, qui aura par la suite exerc\u00e9 diff\u00e9rents m\u00e9tiers jusqu\u2019\u00e0 celui, en Bretagne, d\u2019ouvriers sur une cha\u00eene qui voit passer les poissons, frais et pan\u00e9s. Type qui aura tout l\u00e2ch\u00e9 pour suivre par amour une bretonne, et qui au dernier emploi, apr\u00e8s l\u2019int\u00e9rim et autres joies li\u00e9es \u00e0 la flexibilit\u00e9 de l\u2019emploi, finit dans un abattoir.<\/p>\n\n\n\n<p><em>A la ligne<\/em>, titre du journal de bord qu\u2019il a tenu pendant des mois, t\u00e9moigne d\u2019impressions, de sentiments, de pens\u00e9es, de m\u00e9ditations sur cette exp\u00e9rience ouvri\u00e8re qui fera de lui un \u00ab&nbsp;oeuvrier&nbsp;litt\u00e9raire&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Vie dense et pas confortable que la sienne et dont il t\u00e9moigne dans le documentaire <em>Les Damn\u00e9s, des ouvriers en abattoir<\/em>, d&rsquo;Anne-Sophie Reinhardt, en 2020.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;C\u2019est un journal de bord sensible que Ponthus \u00e9crit. Ni \u00e9tude sociologique, ni trait\u00e9 politique\u2026 C\u2019est un lettr\u00e9 et ce qui m\u2019a interpel\u00e9, entre autres, c\u2019est un mode de r\u00e9cit o\u00f9 la ponctuation est absente\u2026 A partir de l\u00e0, j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 d\u2019en faire une forme th\u00e9\u00e2trale, un montage de mots qui se pr\u00e9sente sous la forme de plusieurs tableaux qui ob\u00e9issent \u00e0 une dramaturgie sonore, et visuelle. Pour ce travail, on a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 des gens, on a fait des entretiens de diff\u00e9rentes personnes. On en restitue les voix et c\u2019est quelque chose qui nous importait de cr\u00e9er les conditions d\u2019une \u00e9coute&nbsp;\u00bb explique Julien Gourdin qui confie que lui et ses compagnons sont encore dans l\u2019exploration de l\u2019esth\u00e9tique de ce travail.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Ce dont on est certain, c\u2019est qu\u2019ils nous importent, avec Usiner, de mettre en perspective un rapport \u00e0 l\u2019Histoire, ses m\u00e9tamorphoses et ses tournants. Et d\u2019une certaine mani\u00e8re, si j\u2019avais \u00e0 d\u00e9finir ce que nous sentons et ressentons, c\u2019est sans doute l\u2019id\u00e9e que nous vivons une esth\u00e9tique du pixel. Un monde d\u2019images a pris le pas sur le reste\u2026 \u00e7a, \u00e7a sera pr\u00e9sent. Il y a tout un travail de construction \u00e0 partir d\u2019un dispositif connect\u00e9 qui soulignera le mouvement, l\u2019image, le son\u2026 pixelis\u00e9&nbsp;\u00bb dit Julien, presque embarrass\u00e9 de parler d\u2019un travail en cours d\u2019\u00e9laboration.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Ce que je sais, c\u2019est qu\u2019\u00e0 travers <em>Usiner<\/em>, on parle de quelque chose qui a \u00e0 voir avec, peut-\u00eatre, un mythe ou une l\u00e9gende, aujourd\u2019hui\u2026 le nommer n\u2019est pas facile mais on pourrait dire qu\u2019on se pose la question du vivre-ensemble&nbsp;\u00bb conclut-il. Et s\u2019\u00e9loignant pour un train, on songe qu\u2019il y a bien l\u00e0 un enjeu d\u2019actualit\u00e9 de nos \u00ab&nbsp;temps modernes&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"256\" height=\"197\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/images-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4749\"\/><figcaption><em><strong>Par amour, devenir oeuvrier.<\/strong><\/em><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 5 novembre prochain, Julien Gourdin pr\u00e9sentera UsINER. Une pi\u00e8ce performative pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 l&rsquo;amphith\u00e9\u00e2tre de la Verri\u00e8re, \u00e0 Aix-en-Provence. Deux s\u00e9ances (16H00 et 19H30) sont pr\u00e9vues, entrecoup\u00e9es d\u2019une rencontre avec le public. Premier projet personnel du com\u00e9dien qui est soutenu et accueilli par la Ville d\u2019Aix. 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La bifurcation\u2026 En solo comme \u00e0 l\u2019occasion de Le Petit Poucet et l\u2019ogre au Bois de l\u2019Aune o\u00f9 il est un homme-orchestre jouant<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":4754,"menu_order":0,"template":"","categorie_article":[27],"class_list":["post-4746","article","type-article","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","categorie_article-critique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article\/4746","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article"}],"about":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/types\/article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4754"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4746"}],"wp:term":[{"taxonomy":"categorie_article","embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/categorie_article?post=4746"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}