


{"id":485,"date":"2014-07-21T17:00:00","date_gmt":"2014-07-21T15:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=485"},"modified":"2014-07-21T17:00:00","modified_gmt":"2014-07-21T15:00:00","slug":"i-am-je-qui-ca","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/i-am-je-qui-ca\/","title":{"rendered":"I AM\u2026 \u201cJE QUI \u00c7A ?\u201d"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"><i>I AM<\/i>, spectacle de <a href=\"http:\/\/www.festival-avignon.com\/fr\/artiste\/2014\/lemi-ponifasio\">Lemi Ponifasio<\/a>, Festival d&rsquo;Avignon 2014<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-483\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/arton8.jpg\" width=\"920\" height=\"613\" \/><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-484\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/iam.jpg\" alt=\"iam.jpg\" align=\"center\" width=\"920\" height=\"510\" \/><\/p>\n<hr \/>\n<p><em> <strong>I am\u2026 Deux mots simples pour exprimer ou revendiquer une existence. C\u2019est vraisemblablement ce qu\u2019exprime Lemi Ponifasio, metteur en sc\u00e8ne de Nouvelle Z\u00e9lande, \u00e0 travers le titre de ce spectacle qui demeure myst\u00e9rieux, \u00e9voque la premi\u00e8re guerre mondiale comme fondation, s\u2019inqui\u00e8te de la pratique th\u00e9\u00e2trale, doute de l\u2019humanit\u00e9, esp\u00e8re la Terre promise (rien n\u2019est invent\u00e9, tout est dans le programme)\u2026 G\u00e9n\u00e9alogie d\u2019une \u0153uvre (pour le moins complexe) o\u00f9 Artaud, M\u00fcller et Macahon sont consid\u00e9r\u00e9s comme des amis. Je ne sais trop ce qu\u2019en dirait les deux premiers !<\/strong> <\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p>Un homme au garde-\u00e0-vous pendant que retentit l\u2019hymne national fran\u00e7ais la marseillaise. Un vieil homme habill\u00e9 d\u2019une vareuse. Puis un autre, plus vigoureux, plus jeune, sur fond noir inclin\u00e9\u2026 un homme en costume qui parle. Et alors que la parole s\u2019emballe au cours de cette s\u00e9quence longue, il semble que cette parole se m\u00e9tamorphose en chant ou en pri\u00e8re. L\u2019ind\u00e9cision n\u2019obscurcit gu\u00e8re qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une incantation, de toutes les mani\u00e8res. Sortent alors des formes humaines, peut-\u00eatre des esprits appel\u00e9s par ce \u201cchant\u201d. Ils poussent des \u201ccercueils noirs\u201d, \u00e0 la cha\u00eene.<br \/>\nC\u2019est \u00e9nigmatique, et la sc\u00e8ne se regarde comme un il\u00f4t ind\u00e9pendant o\u00f9 les s\u00e9quences iront se multipliant. L\u00e0, une chor\u00e9graphie d\u2019un homme qui se bat avec des interpr\u00e8tes qu\u2019il va chercher un \u00e0 un\u2026 impression d\u2019une \u00e9preuve de titan. L\u00e0, un homme, le dos en arri\u00e8re, souffle \u00e0 distance sur une rang\u00e9e de danseurs allong\u00e9s. Il les fait vibrer par quelques forces insolites, les bouscules d\u2019un souffle puissant. L\u00e0, une femme au cr\u00e2ne ras\u00e9, en longue robe blanche, par\u00e9e d\u2019un fusil et de fleurs blanches qui sont jet\u00e9s \u00e0 ses pieds re\u00e7oit les crachats de tout un groupe \u00e0 tour de r\u00f4le. L\u00e0, un muezzin aux accents lyriques, au sommet du mur de la cour, adresse \u00e0 la ville une pri\u00e8re qui, en arabe, chante que Dieu est grand. L\u00e0, un mur d\u2019eau, un d\u00e9luge vid\u00e9o, s\u2019abat sur le mur d\u2019enceinte de la cour\u2026 l\u00e0, la femme au cr\u00e2ne ras\u00e9 dit un fragment du Hamlet Machine d\u2019Heiner Muller (le passage o\u00f9 l\u2019assassin saillit Lady anne la femme de l\u2019assassin\u00e9. Entre temps, une femme au yeux \u00e9carquill\u00e9s, aux mains tremblantes et arpentant tout le front de sc\u00e8ne aura fr\u00f4ler une transe qu\u2019on imagine rituelle. S\u2019adressant peut-\u00eatre \u00e0 la salle dans une sorte d\u2019invitation ou d\u2019invective\u2026<br \/>\nL\u00e0, enfin, comme clou\u00e9 sur le mur qui s\u2019est inclin\u00e9, un danseur figure le Christ. Pris de convulsions apr\u00e8s que l\u2019homme au garde-\u00e0-vous lui aura lanc\u00e9 des \u0153ufs qui, jamais, ne l\u2019atteindront. Comme prot\u00e9g\u00e9 d\u2019un manteau invisible, ou d\u2019une main puissante, en quelque sorte\u2026<br \/>\nDe tout cela, on ne peut que saisir que quelques bribes ou quelques sensations. Sentir quelques allusions quand elles sont fortement revendiqu\u00e9es. L\u2019exp\u00e9rience elle-m\u00eame semble interdite puisque les seules issues, au-del\u00e0 d\u2019une performance esth\u00e9tique, sont les traces du religieux qui viennent sans cesse hanter ce spectacle. La lecture du programme le revendique si fort\u2026 et les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 Colin Mccahon soutiennent ce sentiment, lui qui, \u00e0 travers son \u0153uvre, cherche \u201cla r\u00e9demption, la v\u00e9rit\u00e9, la lumi\u00e8re, Dieu\u201d. Et soulignant, on comprend assez difficilement les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 Heiner M\u00fcller et au Pour en finir avec le Jugement de Dieu\u2026 d\u2019Artaud. Iam\u2026 What ? who ? Why ?<br \/>\n\u201cJe qui \u00e7a ?\u201d disait Muller.<br \/>\nDehors, un jongleur de feu, sur une musique tzigane, montre toute sa technique. C\u2019est cette image l\u00e0 que j\u2019ai en t\u00eate\u2026 en m&rsquo;\u00e9loignant\u2026. L\u2019artiste, ce technicien.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I AM, spectacle de Lemi Ponifasio, Festival d&rsquo;Avignon 2014 I am\u2026 Deux mots simples pour exprimer ou revendiquer une existence. C\u2019est vraisemblablement ce qu\u2019exprime Lemi Ponifasio, metteur en sc\u00e8ne de Nouvelle Z\u00e9lande, \u00e0 travers le titre de ce spectacle qui demeure myst\u00e9rieux, \u00e9voque la premi\u00e8re guerre mondiale comme fondation, s\u2019inqui\u00e8te de la pratique th\u00e9\u00e2trale, doute de l\u2019humanit\u00e9, esp\u00e8re la Terre promise (rien n\u2019est invent\u00e9, tout est dans le programme)\u2026 G\u00e9n\u00e9alogie d\u2019une \u0153uvre (pour le moins complexe) o\u00f9 Artaud, M\u00fcller et<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":483,"menu_order":0,"template":"","categorie_article":[27],"class_list":["post-485","article","type-article","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","categorie_article-critique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article\/485","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article"}],"about":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/types\/article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media\/483"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=485"}],"wp:term":[{"taxonomy":"categorie_article","embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/categorie_article?post=485"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}