


{"id":4865,"date":"2021-11-02T15:36:08","date_gmt":"2021-11-02T14:36:08","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/?p=4865"},"modified":"2021-11-02T15:36:08","modified_gmt":"2021-11-02T14:36:08","slug":"bros-de-r-castellucci-loeuf-et-les-poulets","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/bros-de-r-castellucci-loeuf-et-les-poulets\/","title":{"rendered":"Bros, de R. Castellucci | L\u2019\u0153uf et les poulets"},"content":{"rendered":"\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><small><em>Bros<\/em><br \/>Conception et mise en sc\u00e8ne Romeo Castellucci<br \/>Th\u00e9\u00e2tre des Salins, Martigues<br \/>le 27 octobre 2021<\/small><\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/arnaudmaisetti.net\/spip\/local\/cache-vignettes\/L700xH368\/f_-bros-castellucci-caos-obbedienza-spettacolo-qxac-04c31.jpg?1635863194\" alt=\"\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n<p><small><strong>Alors,&nbsp;<em>Ovo aut Pollo<\/em>&nbsp;? L\u2019\u0152uf ou La Poule&nbsp;? Telle serait la question pour Castellucci comme pour toute m\u00e9taphysique transcendantale en qu\u00eate d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e de l\u2019origine&nbsp;: on sait la formule aussi vaine que st\u00e9rile, mais il faut \u00ab&nbsp;croire&nbsp;\u00bb (puisqu\u2019il semble que l\u00e0 est l\u2019enjeu chez ce metteur en sc\u00e8ne) que la vacuit\u00e9 est un terrain de jeu possible quand on a le go\u00fbt du d\u00e9sespoir. De quoi s\u2019agit-il&nbsp;? De savoir ce qui est \u00e0 l\u2019origine de l\u2019ob\u00e9issance. Est-ce les forces de l\u2019ordre qui rendent ob\u00e9issant \u2014 ou le devoir d\u2019ob\u00e9issance qui engendre les forces de l\u2019ordre&nbsp;? Et par-del\u00e0, la Loi Divine, paradigme de tout ordre, ou cause ultime et premi\u00e8re&nbsp;? Le Sacr\u00e9, mod\u00e8le ou g\u00e9n\u00e9alogie&nbsp;? Vastes questions qu\u2019on parcourra ici en un peu plus d\u2019une heure, au pas de course, et sous la matraque d\u2019une trentaine de pseudo-acteurs d\u00e9guis\u00e9s en flics des ann\u00e9es 30\u2019, vrais gens \u00e0 qui on ass\u00e8nera les ordres dans l\u2019oreillette qu\u2019ils ex\u00e9cuteront comme on ex\u00e9cute un prisonnier. Au pas de course, donc, comme dans ces manifs quand on est poursuivi par la mar\u00e9chauss\u00e9e qui s\u2019estime agress\u00e9e par la foule \u2014 d\u00e9cid\u00e9ment, la poule et l\u2019\u0153uf. Ces questions, il est donc&nbsp;<em>fatal<\/em>&nbsp;que Castellucci ne fasse que les effleurer, et sans doute ce n\u2019\u00e9tait pas m\u00eame son projet. Quel \u00e9tait-il, alors&nbsp;? Dans la&nbsp;<em>pure<\/em>&nbsp;lev\u00e9e de ces images, peut-\u00eatre, impressionnantes et pesantes, lourdes de l\u2019imagerie jud\u00e9o-chr\u00e9tienne et gr\u00e9co-romaine. Mais quand la m\u00e9taphysique est un pr\u00e9texte \u00e0 fabriquer des images, elle n\u2019est que ce bavardage de salon qu\u2019on re\u00e7oit \u00e0 distance, surtout quand on n\u2019est pas de ce salon, ou seulement comme pique-assiette.<\/strong><\/small><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/arnaudmaisetti.net\/spip\/local\/cache-vignettes\/L450xH300\/bros_foto-francesco-raffaelli-2-e1634207005879-34cd9.jpg?1635863194\" alt=\"\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>\u00c7a commence quand on entre dans la salle des Salins. On nous tend le programme et on nous propose des boules qui\u00e8s. Peut-\u00eatre que tout est l\u00e0 d\u00e9j\u00e0. Oui, au moment o\u00f9 on s\u2019installera, deux lourdes machines feront un boucan du diable, et le vrombissement sera \u00e0 peine tol\u00e9rable \u2014 autour de moi, on ne tardera pas \u00e0 enfoncer dans les oreilles ce qui rendra le son plus acceptable, comme pour l\u2019entendre \u00e0 distance et dans le confort moelleux des dites protections. Il y aurait l\u00e0 comme un sympt\u00f4me&nbsp;: la violence, oui, mais sans la douleur&nbsp;; la saturation sensible, mais re\u00e7ue avec soin. La neutralisation des affects jusqu\u2019\u00e0 rendre neutres tous affects&nbsp;?<\/p>\n\n\n<p>Apr\u00e8s les ballets des machines, qui n\u2019auront hurl\u00e9 que pour installer ce climat de peur (anesth\u00e9si\u00e9) et nous avertir que nous entrons dans un monde automatis\u00e9, puissant et hostile \u2014 l\u2019image, pure, de sa propre image au service d\u2019elle-m\u00eame&nbsp;: chez Castellucci, l\u2019image se confond avec sa l\u00e9gende&nbsp;\u2014, il entre. L\u2019image, par contraste avec la machine, est saisissante&nbsp;: celle d\u2019un corps vieilli que la d\u00e9marche p\u00e9nible rend plus vieux encore, visage \u00e9puis\u00e9, drap jet\u00e9 sur lui, b\u00e2ton \u00e0 la main qui le soutient \u00e0 peine. Une pure image de proph\u00e8te, c\u2019est justement ce qu\u2019il est. Il lancera sa plainte au-del\u00e0 de nous-m\u00eames, les mots de la Bible, celle du Livre de J\u00e9r\u00e9mie \u2014 atroces et sublimes mots qui proph\u00e9tisent la destruction des peuples impies ou d\u00e9sob\u00e9issants. Nous y sommes. La d\u00e9sob\u00e9issance qui appelle \u00e0 la sanction. Mais d\u00e9sob\u00e9issance de quoi, de qui&nbsp;? La langue de J\u00e9r\u00e9mie n\u2019est pas seulement lointaine, venue du fonds des \u00e2ges et des cultures, elle est aussi litt\u00e9ralement \u00e9trang\u00e8re \u2014 c\u2019est en roumain que l\u2019acteur la l\u00e2che sur nous, ou par-dessus nous, avec force gestes suppliants, \u00e0 l\u2019adresse plut\u00f4t du Dieu vengeur de l\u2019Ancien Testament. Nous, en face&nbsp;? On est moins destinataire de la parole que d\u2019un jeu, outr\u00e9 et spectaculairement sublime, ostentatoire dans sa diction \u2014 et peut-\u00eatre est-ce contre nous que les mots se disent&nbsp;? On ne sait pas&nbsp;; on regarde&nbsp;: on est d\u00e9j\u00e0 en dehors, de ce c\u00f4t\u00e9 \u00e9tranger des mots, devant l\u2019image seulement.<\/p>\n\n\n<p>Puis il se tait&nbsp;; s\u2019\u00e9loigne. Entre peu \u00e0 peu une foule de policiers \u00e0 l\u2019allure polici\u00e8re, costumes plut\u00f4t que corps, avec force moustache et matraque, insigne, casquette, et tout l\u2019attirail. On nous a pr\u00e9venus \u2014 avec les boules quies, le programme, tout aussi explicites dans ses intentions&nbsp;\u2014, il s\u2019agit en fait d\u2019acteurs amateurs, des gens ramass\u00e9s autour du th\u00e9\u00e2tre \u00e0 qui on a fait signer un contrat, plusieurs r\u00e8gles du jeu dont toutes se r\u00e9sumeraient \u00e0 une seule&nbsp;: ob\u00e9ir, quoi qu\u2019il en co\u00fbte. Munis d\u2019une oreillette qui leur crache des ordres, ils devront se soumettre, c\u2019est le jeu. Et justement, le jeu, au sens de l\u2019espace vide qui rend possible le mouvement, sera r\u00e9duit au minimum&nbsp;: ils feront les gestes qu\u2019on leur dit, quoiqu\u2019il se passe des autres ou d\u2019eux.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/arnaudmaisetti.net\/spip\/local\/cache-vignettes\/L603xH368\/te_le_chargement-4e80a.jpg?1635863194\" alt=\"\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Succ\u00e8deront donc pendant une heure et demie des tableaux, litt\u00e9ralement tableaux vivants, voire des tableaux v\u00e9ritables \u2014 cadre amen\u00e9 c\u00e9r\u00e9monieusement sur sc\u00e8ne d\u2019un singe, de Beckett, d\u2019un paysage\u2026&nbsp;\u2014, et les \u00ab&nbsp;acteurs&nbsp;\u00bb de contrefaire ce qu\u2019on leur dit. Postures fig\u00e9es de grandes images (le Serment des Horaces par David&nbsp;; une ou deux Piet\u00e0&nbsp;; un radeau de la M\u00e9duse\u2026)&nbsp;; gestes r\u00e9p\u00e9titifs relevant de leur fonction (plus ou moins&nbsp;: tabasser dans le vide)&nbsp;; parfois quelques gestes chorals\u2026<\/p>\n\n\n<p>Qu\u2019est-ce \u00e0 dire&nbsp;? Devant l\u2019image, on est comme devant un cadavre&nbsp;: on se tait et on r\u00eave. On tente de travailler. On fait des liens, on traduit. Et le spectacle, muet, impose un bavardage \u00e9puisant, au sens o\u00f9 il s\u2019\u00e9puise lui-m\u00eame dans le vertige vain de sa signification. Je ne cesserai pas, jusqu\u2019\u00e0 la fin, de traduire les ordres visuels en mots, et les mots d\u2019ordre en intentions&nbsp;; je me perdrai dans cette suite verbeuse de mots qui recouvrent l\u2019image, et les oreillettes, invisibles, finissent par prendre toute la place et par tout occulter. Dispositif partout, exp\u00e9rience nulle part.<\/p>\n\n\n<p>On formule des hypoth\u00e8ses. Ainsi, entre J\u00e9r\u00e9mie et les flics, il y aurait un lien de causalit\u00e9. La tradition jud\u00e9o-chr\u00e9tienne aurait donn\u00e9 naissance, par perte de vue de son objet et automatisation, \u00e0 cette ali\u00e9nation qu\u2019incarnent les forces de l\u2019ordre. Et de l\u00e0 cette lev\u00e9e \u00e0 l\u2019all\u00e9gorie&nbsp;: nous sommes, nous-m\u00eames, image de ces forces de l\u2019ordre, ob\u00e9issant \u00e0 leur \u00e9gard et \u00e0 tous \u00e9gards, ob\u00e9issant aux ordres invisibles, lois morales, lois tout court. Autres hypoth\u00e8ses&nbsp;: il n\u2019y aurait pas tant causalit\u00e9 qu\u2019entrelacement. La parole divine r\u00e9pandue comme un sac (ou comme le sang d\u2019une victime de bavure polici\u00e8re) se m\u00eale aux gestes des flics, aux ordres, aux gestes de mise \u00e0 bas qui dressent. Une autre encore&nbsp;: tout est violence, ou plut\u00f4t brutalit\u00e9, et plus encore l\u2019ordre quand il essaie de se maintenir \u2014 ainsi de Dieu r\u00e9clamant la destruction des cit\u00e9s maudites, faisant le vide autour de lui. L\u2019id\u00e9al de Dieu et de la Police est une place nette d\u2019o\u00f9 se d\u00e9gage l\u2019odeur de l\u2019encens ou des gaz lacrymog\u00e8nes.<\/p>\n\n\n<p>On se perd longtemps dans ces r\u00eaveries inoffensives.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/arnaudmaisetti.net\/spip\/local\/cache-vignettes\/L506xH380\/589bb68a-748f-4b3d-9a1f-f504ddb3f2c2_sg140903106-86617.jpg?1635863194\" alt=\"\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Il y a surtout, partout, o\u00f9 qu\u2019on porte les yeux, le poids d\u00e9sesp\u00e9rant \u2014 car plein d\u2019espoir \u2014 de la transcendance. Les ordres viennent d\u2019en haut, c\u2019est bien connu, et c\u2019est le dieu cach\u00e9 cher aux J\u00e9suites qui les d\u00e9livrent&nbsp;; les tableaux sont pleins jusqu\u2019\u00e0 la gorge de r\u00e9f\u00e9rences culturelles venues elles-aussi d\u2019en haut. Il y a le regard de Beckett qui contemplent tout cela, d\u2019en haut lui aussi, le pauvre, le po\u00e8te des clowns aux pieds douloureux, celui qui chante tous ceux qui tombent, et qui est r\u00e9duit ici \u00e0 une note de bas de page universitaire. Cette pl\u00e9nitude bavarde dans le vide silencieux accable&nbsp;: elle n\u2019est pleine que d\u2019elle-m\u00eame. Et elle se r\u00e9v\u00e8le vide.<\/p>\n\n\n<p>Peu \u00e0 peu, l\u2019indiff\u00e9rence se transforme malgr\u00e9 tout en g\u00eane, politique et honteuse. Les flics n\u2019ont que des flics sous la main, alors quand ils cognent, ce sont d\u2019autres flics, et ils s\u2019aspergent le cr\u00e2ne de faux sang. Ou ils se menottent les uns les autres (\u00ab&nbsp;comme je vous ai menott\u00e9s&nbsp;\u00bb&nbsp;?). Mais o\u00f9 sont les corps massacr\u00e9s sous les coups v\u00e9ritables&nbsp;? O\u00f9 sont Zyed et Bouna, et Adama Traor\u00e9&nbsp;? Et Zyneb&nbsp;? Des ombres qu\u2019on frappe encore et qu\u2019on ne se donne pas la peine de lever. Oui, aujourd\u2019hui, jeter sur un plateau des flics violents d\u2019en haut d\u2019une eschatologie chr\u00e9tienne n\u2019est pas seulement l\u00e2che, c\u2019est d\u2019une certaine mani\u00e8re se rendre complice des brutalit\u00e9s en refusant de voir ce qui la structure, socialement, et politiquement. La police tue, et pas seulement des ombres et des images&nbsp;: en faire l\u2019\u00e9conomie sid\u00e8re, r\u00e9volte. Il y a longtemps que Castellucci r\u00e9cuse toute port\u00e9e politique de son travail \u2014 le&nbsp;<em>retour de b\u00e2ton<\/em>&nbsp;est \u00e9difiant.<\/p>\n\n\n<p>Vers la fin du spectacle, quelque chose, certes, affleure, qui s\u2019\u00e9mancipe du spectacle et de son arrogante transcendance. Deux sc\u00e8nes insoutenables, qu\u2019aucune boule qui\u00e8s ne peut cette fois neutraliser. C\u2019est d\u2019abord une sc\u00e8ne de torture, litt\u00e9ralement&nbsp;: apr\u00e8s avoir allong\u00e9 un homme, on jette, sur le visage recouvert d\u2019un drap, trois jerricans d\u2019eau. Reconnue comme traitement cruel et inhumain, la technique de&nbsp;<em>Waterboarding<\/em>&nbsp;a \u00e9t\u00e9 largement utilis\u00e9e par les \u00c9tats-Unis dans sa \u00ab&nbsp;guerre contre le terrorisme&nbsp;\u00bb \u2014 de tels actes ont \u00e9t\u00e9 document\u00e9s par les victimes, qui t\u00e9moignent du sentiment de mort interminable. Cette technique est d\u2019autant plus efficace qu\u2019elle ne conduit jamais \u00e0 la mort, mais au sentiment qu\u2019on va mourir. On appelle cette torture&nbsp;<em>le simulacre de noyade<\/em>. Le mot lui-m\u00eame renvoie au proc\u00e8s th\u00e9\u00e2tral, \u00e0 son processus. L\u2019homme, \u00e0 quelques m\u00e8tres de nous, meurt dans le simulacre de sa mort, car il poss\u00e8de ce sentiment indubitable et faux \u2014 il sait qu\u2019il ne va pas mourir&nbsp;; et les autres qui l\u2019entourent, qui le maintiennent violemment, le savent aussi. Cependant cette pens\u00e9e ne le quitte pas, et nous non plus. On ne fait rien. On regarde, on est l\u00e0 pour cela.<\/p>\n\n\n<p>Plus tard. Tous les flics s\u2019\u00e9loignent, quittent le plateau, et rejoignent la salle, les trav\u00e9es lat\u00e9rales d\u2019o\u00f9 ils observeront l\u2019un des leurs soudain se jeter sur le sol, et longuement convulser. Puis l\u2019applaudissent, avant de le rejoindre \u2014 d\u2019\u00e0 leur tour, convulser, tous, longuement. Oui, c\u2019est un seuil&nbsp;; si, ici, la repr\u00e9sentation est manifeste, elle l\u2019est dans la mesure o\u00f9 s\u2019accomplit un acte qui s\u2019arrache de tout discours, se fabrique avec les corps de ceux qui, devant nous, au pr\u00e9sent, traversent l\u2019exp\u00e9rience d\u2019une d\u00e9possession. On pourrait rattacher ces images \u00e0 la pesanteur d\u2019un propos \u2014 dire que la torture est l\u2019apanage des policiers&nbsp;; qu\u2019ils font convulser leurs pr\u00e9venus (lecture pauvrement litt\u00e9rale)&nbsp;; ou que ces tableaux figurent un m\u00e9canisme de repr\u00e9sentation&nbsp;: de notre mort int\u00e9rieure face \u00e0 l\u2019ob\u00e9issance ou de la convulsion de notre humanit\u00e9 (lecture b\u00eatement all\u00e9gorie)&nbsp;\u2014, il n\u2019en demeure pas moins deux images, telles qu\u2019en elles-m\u00eames, qui attaquent au plus pr\u00e8s la repr\u00e9sentation, performance de ce qui exc\u00e8de toute image.<\/p>\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/arnaudmaisetti.net\/spip\/IMG\/jpg\/illustrablevisuel_3966_1200-_dsc_366-1.jpg?1635863106\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n<p>&nbsp;<\/p>\n\n<p>\u00c9videmment, le spectacle se r\u00e9tablit. On fait venir un enfant, on tend des inscriptions en latin ((<em>Je pensais d\u00e9poser cet article en latin, d\u00fbment traduit par des logiciels qui auraient rendu manifeste le dispositif : cela aurait rendu justice au spectacle, son insolante arrogance de lettr\u00e9<\/em>)), on pose la question : la poule ou l\u2019\u0153uf ? L\u2019enfant, qu\u2019on habille comme le proph\u00e8te, sort d\u00e9cor\u00e9 d\u2019un insigne qui le rend l\u2019un des flics. Ainsi, se r\u00e9sout l\u2019\u00e9nigme : les enfants sont \u00e9lev\u00e9s comme des flics, c\u2019est pourquoi on apprend l\u2019ob\u00e9issance, et que l\u2019ob\u00e9issance apprend \u00e0 \u00eatre ob\u00e9issant. L\u2019enfant, fils du proph\u00e8te et son devenir, enfant de Dieu et p\u00e8re de Darmanin :\u00a0<em>Ita Missa est.<\/em><\/p>\n\n\n<p>\u00c0 un petit gar\u00e7on de cinq ans, je posai la question, le lendemain. \u00ab&nbsp;La Poule, ou l\u2019\u0152uf, qui en premier&nbsp;?&nbsp;\u00bb Il me r\u00e9pondit sans h\u00e9sitation&nbsp;: le fermier. L\u2019enfance nous sauvera des P\u00e8res.<\/p>\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/arnaudmaisetti.net\/spip\/IMG\/jpg\/img_9973.jpg?1635863106\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/arnaudmaisetti.net\/spip\/IMG\/jpg\/img_9975.jpg?1635863106\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BrosConception et mise en sc\u00e8ne Romeo CastellucciTh\u00e9\u00e2tre des Salins, Martiguesle 27 octobre 2021 Alors,&nbsp;Ovo aut Pollo&nbsp;? L\u2019\u0152uf ou La Poule&nbsp;? Telle serait la question pour Castellucci comme pour toute m\u00e9taphysique transcendantale en qu\u00eate d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e de l\u2019origine&nbsp;: on sait la formule aussi vaine que st\u00e9rile, mais il faut \u00ab&nbsp;croire&nbsp;\u00bb (puisqu\u2019il semble que l\u00e0 est l\u2019enjeu chez ce metteur en sc\u00e8ne) que la vacuit\u00e9 est un terrain de jeu possible quand on a le go\u00fbt du d\u00e9sespoir. De quoi s\u2019agit-il&nbsp;? 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