


{"id":491,"date":"2014-07-18T17:07:00","date_gmt":"2014-07-18T15:07:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=491"},"modified":"2014-07-18T17:07:00","modified_gmt":"2014-07-18T15:07:00","slug":"le-chevalier-roy-fait-la-peau-au-texte-de-gustave-akakpo","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/le-chevalier-roy-fait-la-peau-au-texte-de-gustave-akakpo\/","title":{"rendered":"Le chevalier Roy fait la peau au texte de Gustave Akakpo"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"><i><a href=\"http:\/\/www.festival-avignon.com\/fr\/spectacles\/2014\/meme-les-chevaliers-tombent-dans-l-oubli\">M\u00eame les chevaliers tombent dans l\u2019oubli<\/a><\/i>, texte de Gustavo Akakpo, mis en sc\u00e8ne par <a href=\"http:\/\/www.festival-avignon.com\/fr\/artiste\/2014\/matthieu-roy\">Matthieu Roy<\/a> \u2014 Festival d&rsquo;Avignon 2014<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-489\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/arton10.jpg\" width=\"920\" height=\"613\" \/><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-490\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/memeleschevaliers.jpg\" alt=\"memeleschevaliers.jpg\" align=\"center\" width=\"920\" height=\"613\" \/><\/p>\n<hr \/>\n<p><em> <strong>Le festival d\u2019Avignon est \u00e0 mi-chemin entre son d\u00e9but et sa fin. L\u2019\u00e9cho des contestations reste pr\u00e9sent mais est d\u00e9j\u00e0 lointain le temps de la possible annulation. Le soleil de plomb remplace le temps orageux et frais des dix premiers jours. C\u2019est donc dans la chaleur de juillet qu\u2019\u00e0 15h, \u00e0 la Chapelle des P\u00e9nitents Blancs nous \u00e9tait donn\u00e9 de voir : \u00ab M\u00eame les chevaliers tombent dans l\u2019oubli \u00bb. Un texte de Gustavo Akakpo mis en sc\u00e8ne par Matthieu Roy. Ce spectacle est une commande du Conseil G\u00e9n\u00e9ral de Seine-Saint-Denis dans le cadre du cycle \u00ab Visage(s) de notre jeunesse \u00bb. Sont associ\u00e9s \u00e0 ce cycle Marius Von Mayenburg en 2014 avec \u00ab Matyrs \u00bb et Fabrice Melquiot en 2015 avec \u00ab Days of nothing \u00bb.<\/strong> <\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p>Gustave Akakpo imagine l\u2019histoire d\u2019une petite fille de banlieue fran\u00e7aise qui du haut de ces 8 ans ne se sent pas blanche. Elle se vit noire. La chance lui sourit puisqu\u2019elle d\u00e9couvre dans une maison abandonn\u00e9e, la peau d\u2019une petite fille noire avec laquelle elle peut s\u2019habiller. Elle passe aupr\u00e8s de ses camarades comme noire. Elle s\u2019imagine une \u00ab culture \u00bb diff\u00e9rente. \u00c0 l\u2019\u00e9cole, elle peut raconter ses origines invent\u00e9es. Elle peut dire et imaginer des accents de l\u00e0-bas. Elle est singuli\u00e8re, elle porte une singularit\u00e9. Elle a choisi son pr\u00e9nom : George. Pr\u00e9nom d\u00e9j\u00e0 exotique pour une fille. Gustave Akakpo, lui, a appel\u00e9 cette petite fille George en r\u00e9f\u00e9rence au Chevalier de Saint-George qui de fils d\u2019esclave s\u2019est mu\u00e9 en chevalier. Mamadou est noir. C\u2019est un camarade de George mais il n\u2019est pas dupe. Il sait le stratag\u00e8me de George. Lui, \u00e0 l\u2019\u00e9cole ne sait pas quoi r\u00e9pondre \u00e0 la ma\u00eetresse qui lui demande de parler de ses origines, de sa culture. Lui, il est n\u00e9 ici dans le \u00ab\u00a0neuf trois\u00a0\u00bb. Lui, c\u2019est comme les autres d\u2019ici, il n\u2019a pas de \u00ab culture \u00bb qu\u2019il dit. Autour de ces deux personnages, d\u2019autres enfants posent des questions \u00e0 Mamadou, \u00e0 George. Un ch\u0153ur d\u2019enfants qui cherche \u00e0 comprendre ce que dit ou ne dit pas Mamadou. La seule adulte de ce texte est la m\u00e8re de George. Elle travaille tard. Elle travaille beaucoup. Elle vit seule. Elle a d\u00e9missionn\u00e9 de l\u2019\u00e9ducation de sa fille. Elle dit m\u00eame au t\u00e9l\u00e9phone quand sa fille disparait :  \u00ab une fille, ah oui peut-\u00eatre\u2026 \u00bb. Puis la peau blanche de George dispara\u00eet, sa peau noire aussi. George n\u2019a plus qu\u2019une peau de lune, brillante, couleur d\u2019armure. Elle ne sait comment faire. Elle devient vraiment singuli\u00e8re, elle ne sait pas quoi faire. Pour se retrouver, elle va passer de corps en corps. Les enfants vont lui pr\u00eater de temps en temps leurs corps. Une fois sa peau retrouv\u00e9e, les enfants se rendent compte qu\u2019\u00e0 chaque passage dans leurs corps, George a conserv\u00e9 une petite chose du corps qu\u2019elle a travers\u00e9. Ils sont donc tous li\u00e9s par quelque chose. Ce conte conclu que l\u2019amiti\u00e9 c\u2019est peut-\u00eatre \u00e7a, un lien invisible qui fait que les amis sont li\u00e9s par quelque chose qu\u2019ils ont en commun.<br \/>\nGustave Akakpo \u00e9crit un court conte philosophique sur la qu\u00eate de soi, la qu\u00eate de comment un enfant se construit \u00e0 travers ses rencontres, ses amis, les diff\u00e9rences auxquelles il est confront\u00e9.<br \/>\nPour le metteur en sc\u00e8ne, Matthieu Roy, Gustave Akakpo \u00ab pose non seulement cette question essentielle de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9, de l\u2019assimilation et de  l\u2019int\u00e9gration mais lance \u00e9galement, dans la forme, un d\u00e9fi \u00e0 la mise en sc\u00e8ne : peut-on changer de peau et comment ?? \u00bb[[<br \/>\n*Gustave Akakpo nous raconte l\u2019histoire de deux enfants du 9-3, George et Mamadou. La qu\u00eate de leur propre identit\u00e9 passera par la reconnaissance et l\u2019acceptation des diff\u00e9rences de chacun. L&rsquo;auteur pose non seulement cette question essentielle de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9, de l\u2019assimilation et de  l\u2019int\u00e9gration mais lance \u00e9galement, dans la forme, un d\u00e9fi \u00e0 la mise en sc\u00e8ne : peut-on changer de peau et comment ??Pour r\u00e9soudre cette \u00e9nigme centrale pos\u00e9e par la pi\u00e8ce, j\u2019ai fait le choix de r\u00e9unir sur un m\u00eame plateau deux personnalit\u00e9s \u00ab \u00e9trang\u00e8res \u00bb pour prendre en charge les deux facettes du corps de la jeune fille. J\u2019ai engag\u00e9 deux jeunes com\u00e9diennes, l\u2019une fran\u00e7aise &#8211; Charlotte van Bervesseles &#8211; et l\u2019autre b\u00e9ninoise &#8211; Gis\u00e8le Adandedjan &#8211; pour jouer ensemble le r\u00f4le de George. Un autre com\u00e9dien b\u00e9ninois &#8211; Carlos Dosseh &#8211; interpr\u00e8tera le r\u00f4le de Mamadou. Les autres personnages (le ch\u0153ur des enfants et la m\u00e8re de George) seront trait\u00e9s comme des ombres blanches sur fond noir, projet\u00e9s sur un mur d\u2019\u00e9crans mobiles. Matthieu Roy \u2014 * 38\u00e8me minute de l&rsquo;\u00e9mission.<br \/>\nVoir dans cette vid\u00e9o :&#8211; La Grande table, avec Denis Guenou et Christian Schiaretti->http:\/\/www.theatre-video.net\/video\/La-Grande-Table-d-ete-avec-Denis-Guenoun-Christian-Schiaretti-et-Matthieu-Roy-68e-Festival-d-Avignon?autostart]<br \/>\n]] Il a choisit deux actrices Charlotte van Bervesseles et Gis\u00e8le Adandedjan pour jouer les diff\u00e9rentes couleurs de George. Un d\u00e9fi que le metteur en sc\u00e8ne aura vite relev\u00e9 et vite r\u00e9solu. Un troisi\u00e8me acteur Carlos Dosseh jouera Mamadou. Quant aux autres personnages, le ch\u0153ur des enfants, il est pr\u00e9sent par la vid\u00e9o de quatre enfants. Ces enfants en image sont indistincts, ils ont capuches, casquettes, m\u00e8ches de cheveux qui les dissimulent, qui cachent leurs visages. La m\u00e8re est pr\u00e9sente en vid\u00e9o mais seulement dans l\u2019espace de son foyer. Dans les trois quart d\u2019heure du spectacle, le conte avance dans la p\u00e9nombre, les visages sont dissimul\u00e9s ce qui ne permet pas ni d\u2019observer, ni d\u2019appr\u00e9cier la diff\u00e9rence entre la couleur noire et blanche. La question de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 que l\u2019auteur pose dans ce texte et que rel\u00e8ve Matthieu Roy dans la pr\u00e9sentation de son spectacle est d\u2019embl\u00e9e presque effac\u00e9e par la mise en sc\u00e8ne. La sc\u00e8ne n&rsquo;est ni noire, ni blanche mais d&rsquo;un gris uniforme. C\u2019est le gris du ch\u0153ur, de la vid\u00e9o de la m\u00e8re. C\u2019est peut-\u00eatre le gris des armures des chevaliers. Les acteurs en vid\u00e9o sont la caricature de la repr\u00e9sentation qu\u2019on se fait des jeunes de banlieue. Ils parlent \u00ab\u00a0wesh wesh\u00a0\u00bb. Ils en font des tonnes. Matthieu Roy dit dans une \u00e9mission de France Culture* qu\u2019il a choisit la vid\u00e9o pour le ch\u0153ur des enfants pour parler aux enfants spectateurs avec les outils qu\u2019ils connaissent. Penser le th\u00e9\u00e2tre comme moyen de parler aux spectateurs avec ce qu\u2019ils connaissent m\u2019appara\u00eet dans ce travail comme une limite voire une facilit\u00e9. Le travail est pr\u00e9sent dans ce spectacle. Il est \u00e0 l\u2019endroit du son, de la vid\u00e9o, des costumes mais il n\u2019est pas \u00e0 l\u2019endroit de ce qu\u2019on raconte, du propos, du texte. La mise en sc\u00e8ne dit le contraire de ce que le texte porte. Le spectacle se termine par une discussion des quatre enfants du ch\u0153ur qui, se retournant, d\u00e9voilent que ces quatre personnages en vid\u00e9o sont jou\u00e9s par la m\u00eame actrice Charlotte van Bervesseles qui joue \u00e9galement George. L\u2019alt\u00e9rit\u00e9 n\u2019existe plus. L\u2019amiti\u00e9 peut \u00eatre la volont\u00e9 de ressembler \u00e0 l\u2019autre mais c\u2019est parce que c\u2019est impossible que la tentative d\u2019\u00eatre comme l\u2019autre, de faire comme l\u2019autre est une qu\u00eate irr\u00e9solue et infinie. Dans son spectacle, Matthieu Roy r\u00e9sout et ferme cette question. Etre ami c\u2019est \u00eatre la copie de l\u2019autre.<br \/>\nLa vid\u00e9o qu\u2019utilise Matthieu Roy est porteuse de sens. Matthieu Roy dit qu\u2019il veut montrer que l\u2019image est un pi\u00e8ge dans lequel on tombe. Nous ne comprenons qu\u2019\u00e0 la fin que les enfants sont jou\u00e9s par la m\u00eame actrice. Nous comprenons alors que nous avons \u00e9t\u00e9 manipul\u00e9s. Mais d\u00e9non\u00e7ant la manipulation des images, il est \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du texte qu\u2019il met en sc\u00e8ne. Pire, il raconte le contraire. Il ne met plus en sc\u00e8ne l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 mais le semblable, le clone. Dans une soci\u00e9t\u00e9 tellement cloisonn\u00e9e, Matthieu Roy dit sans s\u2019en rendre compte que \u00eatre ami c\u2019est \u00eatre identique quand Gustave Akakpo met en jeu dans son texte \u00ab M\u00eame les chevaliers tombent dans l\u2019oubli \u00bb, la question de la diff\u00e9rence, de l\u2019autre.<br \/>\n<iframe loading=\"lazy\" frameborder=\"0\" width=\"480\" height=\"270\" src=\"http:\/\/www.theatre-video.net\/embed\/x1k2MQXY\"><\/iframe><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>M\u00eame les chevaliers tombent dans l\u2019oubli, texte de Gustavo Akakpo, mis en sc\u00e8ne par Matthieu Roy \u2014 Festival d&rsquo;Avignon 2014 Le festival d\u2019Avignon est \u00e0 mi-chemin entre son d\u00e9but et sa fin. L\u2019\u00e9cho des contestations reste pr\u00e9sent mais est d\u00e9j\u00e0 lointain le temps de la possible annulation. Le soleil de plomb remplace le temps orageux et frais des dix premiers jours. C\u2019est donc dans la chaleur de juillet qu\u2019\u00e0 15h, \u00e0 la Chapelle des P\u00e9nitents Blancs nous \u00e9tait donn\u00e9 de<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":489,"menu_order":0,"template":"","categorie_article":[27],"class_list":["post-491","article","type-article","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","categorie_article-critique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article\/491","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article"}],"about":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/types\/article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media\/489"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=491"}],"wp:term":[{"taxonomy":"categorie_article","embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/categorie_article?post=491"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}