


{"id":497,"date":"2014-07-17T17:16:00","date_gmt":"2014-07-17T15:16:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=497"},"modified":"2014-07-17T17:16:00","modified_gmt":"2014-07-17T15:16:00","slug":"o-deux-cest-pis","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/o-deux-cest-pis\/","title":{"rendered":"O. Deux : c&rsquo;est pis"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"><em><a href=\"http:\/\/www.festival-avignon.com\/fr\/spectacles\/2014\/vitrioli\">Vitrioli<\/a><\/em>, de Yannis Mavritsakis, mis en sc\u00e8ne par <a href=\"http:\/\/www.festival-avignon.com\/fr\/artiste\/2014\/olivier-py\">Olivier Py<\/a> \u2014\u00a0Festival d&rsquo;Avignon 2014<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-495\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/arton12.jpg\" width=\"920\" height=\"613\" \/><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-496\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/vitrioli.jpg\" alt=\"vitrioli.jpg\" align=\"center\" width=\"920\" height=\"510\" \/><\/p>\n<hr \/>\n<p><em> <strong>Olivier Py, directeur de la 68e \u00e9dition du Festival d&rsquo;Avignon, pr\u00e9sente trois spectacles dans son festival, ce qui fait d\u00e9j\u00e0 deux spectacles de trop (on n&rsquo;attendra pas plus du troisi\u00e8me). Du 10 au 19, c&rsquo;est \u00e0 Vitrioli de verser son ennui accablant dans le Gymnase Paul Gi\u00e9ra. Ennui encore plus accablant au regard des moyens, des tentatives de combler le creux par le volume sonore ou une esth\u00e9tique aseptis\u00e9e malgr\u00e9 l&rsquo;argile noire qui recouvre la sc\u00e8ne et dans laquelle les acteurs se vautrent. Le travail d&rsquo;O. Py est en ceci fascinant qu&rsquo;il arrive \u00e0 vider tout \u00e9l\u00e9ment th\u00e9\u00e2tral de toute consistance.<\/strong> <\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p>\u00c0 ceux qui me diront que ceci n&rsquo;est pas une critique, je dirai que Vitrioli, ce n&rsquo;est pas un th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;art :<br \/>\n<br \/>&mdash;&nbsp;Comment est-il possible d&rsquo;aimer des textes et de les mitrailler pendant une heure et demi sans rel\u00e2che ? Qu&rsquo;on ait l&rsquo;impression qu&rsquo;on veut s&rsquo;en d\u00e9barrasser au plus vite possible ?<br \/>\n<br \/>&mdash;&nbsp;Comment est-il possible d&rsquo;aimer des textes, mais de les vider en montrant tout ce qu&rsquo;ils disent ? En ne laissant plus aucun jeu aux mots ?<br \/>\n<br \/>&mdash;&nbsp;Comment est-il possible d&rsquo;aimer des textes, mais de remplacer un effet qu&rsquo;ils pourraient produire par des signaux, non, des stimuli b\u00eates, tel un bruit explosif de grand volume qui intervient \u00e0 des changements de sc\u00e8ne ? Chien pavlovien, nous sautons au premier coup, au 28i\u00e8me, cela nous laisse indiff\u00e9rent. Cela ne produit m\u00eame pas un malaise, juste un agacement face \u00e0 l&rsquo;absence d&rsquo;esprit.<br \/>\n<br \/>&mdash;&nbsp;Comment ne pas voir que ces histoires qui r\u00e9duisent les souffrances au petit je, malade ou pas &#8211; on s&rsquo;en fou &#8211; ne pourront jamais \u00eatre une m\u00e9taphore pour quelque chose qui les d\u00e9passe ? Un petit je maltrait\u00e9 par sa famille, le docteur et le psychanalyste (il manque le chien de famille) qui passe de supplice en supplice (fellation plus ou moins forc\u00e9e, attachement et accrochage du corps, inceste\u2026), parfois l\u00e9g\u00e8rement performatif. De Vitrioli \u00e0 la situation social, \u00e9conomique et politique de la Gr\u00e8ce, on peut y arriver avec un peu de chance par association libre, mais d&rsquo;y voir une m\u00e9taphore est aussi arbitraire que de voir un \u00e9l\u00e9phant et de soutenir qu&rsquo;il soit rose. Produit par le th\u00e9\u00e2tre national de Gr\u00e8ce, on peut se demander si toute la noirceur creuse, qui manque justement de l&rsquo;humain (alors que Py veut partir de l&rsquo;humain et non de concepts politiques ou \u00e9conomiques) creux par une recherche d&rsquo;effets qui nous laissent indiff\u00e9rents (si on veut des effets chocs, on n&rsquo;a qu&rsquo;aller voir le dernier Saw au cinoche, \u00e0 c\u00f4t\u00e9, Vitrioli serait une petite farce, ce qui veut bien dire que le th\u00e9\u00e2tre est ailleurs), on peut se demander si les $$$ grecs n&rsquo;auront pas \u00e9t\u00e9 mieux investis ailleurs.<br \/>\nUne douche r\u00e9elle, avec de l&rsquo;eau r\u00e9elle, les corps nus, le noir de la sc\u00e9nographie pour traduire la noirceur du texte, les sons qui font mal aux oreilles\u2026 n&rsquo;arrivent pas \u00e0 cacher qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit que d&rsquo;une rh\u00e9torique, que derri\u00e8re, il n&rsquo;y a rien. Le jeu est rapide et bruyant, mais ne propose aucun travail nouveau, aucune singularit\u00e9 quelconque. Le travail sonore, si ce n&rsquo;est pas dans le but de p\u00e9ter les tympans des spectateurs dans l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une violence, consiste en deux moments musicaux, qui sont difficilement autrement qualifiable que du kitsch, ou trois notes graves de piano descendant qui font penser \u00e0 des parodies de films d&rsquo;horreur des ann\u00e9es 80\u2026 Il n&rsquo;y a que l&rsquo;id\u00e9e et la volont\u00e9 de noirceur, de violence, de trash, de glauque ; une volont\u00e9 qui est produite par des effets sc\u00e9nographiques et sonores qui bousille tout, noirceur et violence inclus. Reste alors l&rsquo;ennui, avec un peu de chance on peut en rire \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur, de cette na\u00efvet\u00e9, pour ne pas dire b\u00eatise.<br \/>\nL&rsquo;inqui\u00e9tude de la jeunesse ne r\u00e9side pas, comme vous semblez le dire dans le programme, face \u00e0 un monde totalement d\u00e9spiritualis\u00e9, mais face \u00e0 un monde qui produit surtout des travaux comme le v\u00f4tre.<br \/>\n<iframe loading=\"lazy\" frameborder=\"0\" width=\"480\" height=\"270\" src=\"http:\/\/www.theatre-video.net\/embed\/kL3R2Kqq\"><\/iframe><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vitrioli, de Yannis Mavritsakis, mis en sc\u00e8ne par Olivier Py \u2014\u00a0Festival d&rsquo;Avignon 2014 Olivier Py, directeur de la 68e \u00e9dition du Festival d&rsquo;Avignon, pr\u00e9sente trois spectacles dans son festival, ce qui fait d\u00e9j\u00e0 deux spectacles de trop (on n&rsquo;attendra pas plus du troisi\u00e8me). Du 10 au 19, c&rsquo;est \u00e0 Vitrioli de verser son ennui accablant dans le Gymnase Paul Gi\u00e9ra. 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