


{"id":530,"date":"2014-07-10T18:10:00","date_gmt":"2014-07-10T16:10:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=530"},"modified":"2014-07-10T18:10:00","modified_gmt":"2014-07-10T16:10:00","slug":"oh-moi","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/oh-moi\/","title":{"rendered":"Oh\u2026 Moi !"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"><i><a href=\"http:\/\/www.festival-avignon.com\/fr\/spectacles\/2014\/orlando-ou-l-impatience\">Orlando ou l&rsquo;impatience<\/a><\/i>, texte et mise en sc\u00e8ne d&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.festival-avignon.com\/fr\/artiste\/2014\/olivier-py\">Olivier Py<\/a> \u2014 Festival d&rsquo;Avignon 2014\n<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-528\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/arton22.jpg\" width=\"320\" height=\"381\" \/><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-529\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/orlando.jpg\" alt=\"orlando.jpg\" align=\"center\" width=\"920\" height=\"613\" \/><\/p>\n<hr \/>\n<p><em> <strong>Premier des trois spectacles d&rsquo;Olivier Py, directeur du Festival. Orlando ou l&rsquo;impatience. O. cherche son p\u00e8re, rencontre des metteurs en sc\u00e8ne de genres diff\u00e9rents, devient directeur d&rsquo;un th\u00e9\u00e2tre important, perd la direction du th\u00e9\u00e2tre, est poursuit pendant tout ce trajet par le Ministre de la Culture, personnage masochiste et souffrant, et \u00e9crit une pi\u00e8ce : Orlando ou l&rsquo;impatience.<\/strong> <\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p>Certains diront que cela parle du th\u00e9\u00e2tre, lui dit que \u00ab ce n&rsquo;est pas du tout une autofiction \u00bb, m\u00eame si \u00e7a ne parle tout de m\u00eame que de O. De O. et de Dieu. \u00c7a parle de lui dans un jeu burlesque, pourrait-on dire, pour ne pas dire, grossier et criard. Les costumes et la sc\u00e9nographie n&rsquo;ont rien \u00e0 envier \u00e0 l&rsquo;esth\u00e9tique tape-\u00e0-l&rsquo;oeil. Leurs dialogues absurdes sont intercal\u00e9s par des sc\u00e8nes de cul qui n&rsquo;ont rien \u00e0 envier \u00e0 Pyjama pour six, spectacle boulevard dans le off, \u00e0 part de montrer l\u00e9g\u00e8rement plus de fesses nues et de t\u00e9tons. (Ne vous effrayez pas, cela reste quand m\u00eame bien aimable.) Intercal\u00e9 par ces fesses et ses t\u00e9tons, dis-je, et par des monologues d&rsquo;un path\u00e9tisme mielleux o\u00f9 l&rsquo;on commence \u00e0 fur et \u00e0 mesure des 3h et demi de spectacle \u00e0 comprendre, que ce n&rsquo;est pas une moquerie\u2026 Le manque et le reste. Papa, o\u00f9 t&rsquo;es ? \u2026\u2026\u2026 Les acteurs vont \u00e0 merveille dans cette esth\u00e9tique propre, \u2026 ils pourront aussi faire \u00e0 merveille des pub pour des sous-v\u00eatement de Calvin Klein\u2026 ce qui, au final, n&rsquo;aura pas chang\u00e9 grand-chose \u00e0 l&rsquo;art th\u00e9\u00e2tral\u2026<br \/>\nIl aurait parl\u00e9 de lui, mais pas de Lautr\u00e9amont. Je vous propose, ch\u00e8re lectrice, cher lecteur, quelques mots qui peuvent nous consoler quand O. se plaint d&rsquo;\u00eatre le \u00ab cur\u00e9 du th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;art \u00bb et de tout le pouvoir qu&rsquo;il doit porter et qui le corrompt de l&rsquo;int\u00e9rieur (C&rsquo;est vrai ! \u00c7a doit \u00eatre douloureux de ne pas s&rsquo;interdire pour la prochaine \u00e9dition du Festival de cr\u00e9er \u00e0 la Cours d&rsquo;Honneur !) :<br \/>\n\u00ab Pl\u00fbt au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentan\u00e9ment f\u00e9roce comme ce qu\u2019il lit, trouve, sans se d\u00e9sorienter, son chemin abrupt et sauvage, \u00e0 travers les mar\u00e9cages d\u00e9sol\u00e9s de ces pages sombres et pleines de poison ; car, \u00e0 moins qu\u2019il n\u2019apporte dans sa lecture une logique rigoureuse et une tension d\u2019esprit \u00e9gale au moins \u00e0 sa d\u00e9fiance, les \u00e9manations mortelles de ce livre imbiberont son \u00e2me comme l\u2019eau le sucre. Il n\u2019est pas bon que tout le monde lise les pages qui vont suivre ; quelques-uns seuls savoureront ce fruit amer sans danger. Par cons\u00e9quent, \u00e2me timide, avant de p\u00e9n\u00e9trer plus loin dans de pareilles landes inexplor\u00e9es, dirige tes talons en arri\u00e8re et non en avant. \u00c9coute bien ce que je te dis : dirige tes talons en arri\u00e8re et non en avant, comme les yeux d\u2019un fils qui se d\u00e9tourne respectueusement de la contemplation auguste de la face maternelle ; ou, plut\u00f4t, comme un angle \u00e0 perte de vue de grues frileuses m\u00e9ditant beaucoup, qui, pendant l\u2019hiver, vole puissamment \u00e0 travers le silence, toutes voiles tendues, vers un point d\u00e9termin\u00e9 de l\u2019horizon, d\u2019o\u00f9 tout \u00e0 coup part un vent \u00e9trange et fort, pr\u00e9curseur de la temp\u00eate. La grue la plus vieille et qui forme \u00e0 elle seule l\u2019avant-garde, voyant cela, branle la t\u00eate comme une personne raisonnable, cons\u00e9quemment son bec aussi qu\u2019elle fait claquer, et n\u2019est pas contente (moi, non plus, je ne le serais pas \u00e0 sa place), tandis que son vieux cou, d\u00e9garni de plumes et contemporain de trois g\u00e9n\u00e9rations de grues, se remue en ondulations irrit\u00e9es qui pr\u00e9sagent l\u2019orage qui s\u2019approche de plus en plus. Apr\u00e8s avoir de sang-froid regard\u00e9 plusieurs fois de tous les c\u00f4t\u00e9s avec des yeux qui renferment l\u2019exp\u00e9rience, prudemment, la premi\u00e8re (car, c\u2019est elle qui a le privil\u00e8ge de montrer les plumes de sa queue aux autres grues inf\u00e9rieures en intelligence), avec son cri vigilant de m\u00e9lancolique sentinelle, pour repousser l\u2019ennemi commun, elle vire avec flexibilit\u00e9 la pointe de la figure g\u00e9om\u00e9trique (c\u2019est peut-\u00eatre un triangle, mais on ne voit pas le troisi\u00e8me c\u00f4t\u00e9 que forment dans l\u2019espace ces curieux oiseaux de passage), soit \u00e0 b\u00e2bord, soit \u00e0 tribord, comme un habile capitaine ; et, man\u0153uvrant avec des ailes qui ne paraissent pas plus grandes que celles d\u2019un moineau, parce qu\u2019elle n\u2019est pas b\u00eate, elle prend ainsi un autre chemin philosophique et plus s\u00fbr. \u00bb<br \/>\nEt cela me donne envie de proposer \u00e0 O. qu&rsquo;il met un avertissement au spectateur dans son programme d&rsquo;O. :<br \/>\n<quote>\u00ab Pl\u00fbt \u00e0 Olivier Py que le spectateur, \u00e9c\u0153ur\u00e9 et devenu momentan\u00e9ment b\u00eate comme ce qu&rsquo;il voit, trouve, sans s&rsquo;ennuyer, son chemin doux et molle, \u00e0 travers les platitudes \u00e9gocentrique de ces sc\u00e8nes boulevard et pleines d&rsquo;hypocrisie ; car, \u00e0 moins qu&rsquo;il n&rsquo;apporte dans la salle une logique flasque et une tension d&rsquo;esprit \u00e9gale au moins \u00e0 sa d\u00e9fiance, les vomissement puants de ce spectacle exciteront au plus sa col\u00e8re. Il n&rsquo;est pas bon que tout le monde voit ce spectacle ; quelques uns seuls ne tomberont pas dans le pi\u00e8ge que ce monde a la m\u00e9moire courte. Par cons\u00e9quent, \u00e2me singuli\u00e8re, avant de p\u00e9n\u00e9trer plus loin dans de pareilles lieux communs, dirige tes talons en avant et non en arri\u00e8re. \u00c9coute bien ce que je te dis : dirige tes talons en avant et non en arri\u00e8re\u2026 \u00bb.. enfin, vous aurez compris\u2026<\/quote><br \/>\n<iframe loading=\"lazy\" frameborder=\"0\" width=\"480\" height=\"270\" src=\"http:\/\/www.theatre-video.net\/embed\/h0Jh27Xw\"><\/iframe><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Orlando ou l&rsquo;impatience, texte et mise en sc\u00e8ne d&rsquo;Olivier Py \u2014 Festival d&rsquo;Avignon 2014 Premier des trois spectacles d&rsquo;Olivier Py, directeur du Festival. Orlando ou l&rsquo;impatience. O. cherche son p\u00e8re, rencontre des metteurs en sc\u00e8ne de genres diff\u00e9rents, devient directeur d&rsquo;un th\u00e9\u00e2tre important, perd la direction du th\u00e9\u00e2tre, est poursuit pendant tout ce trajet par le Ministre de la Culture, personnage masochiste et souffrant, et \u00e9crit une pi\u00e8ce : Orlando ou l&rsquo;impatience. 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