


{"id":550,"date":"2014-07-07T18:45:00","date_gmt":"2014-07-07T16:45:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=550"},"modified":"2014-07-07T18:45:00","modified_gmt":"2014-07-07T16:45:00","slug":"sujets-a-questions","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/sujets-a-questions\/","title":{"rendered":"Sujets \u00e0 questions"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"><i>Sujet \u00e0 vif<\/i> : <i><a href=\"http:\/\/www.festival-avignon.com\/fr\/spectacles\/2014\/tapis-rouge\">Tapis Rouge<\/a><\/i> de <a href=\"http:\/\/www.festival-avignon.com\/fr\/artiste\/2014\/nadia-beugre\">Nadia Beugr\u00e9<\/a>  et <a href=\"http:\/\/www.festival-avignon.com\/fr\/artiste\/2014\/seb-martel\">Seb Martel<\/a> et <i><a href=\"http:\/\/www.festival-avignon.com\/fr\/spectacles\/2014\/r2je\">R2JE<\/a><\/i> de <a href=\"http:\/\/www.festival-avignon.com\/fr\/artiste\/2014\/clement-dazin\">Cl\u00e9ment Dazin<\/a> et <a href=\"http:\/\/www.festival-avignon.com\/fr\/artiste\/2014\/chinatsu-kosakatani\">Chinatsu Kosakatani<\/a>.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-546\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/arton28.jpg\" width=\"920\" height=\"613\" \/><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-547\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/tapisrouge.jpg\" alt=\"tapisrouge.jpg\" align=\"center\" width=\"920\" height=\"613\" \/><\/p>\n<hr \/>\n<p><em> <strong>C&rsquo;est pour la huiti\u00e8me fois, que dans la 68e \u00e9dition du Festival d&rsquo;Avignon, auront lieu les Sujet \u00e0 vif. Quatre programmes de deux formes courtes n\u00e9es d&rsquo;une rencontre in\u00e9dite entre deux artistes de disciplines diff\u00e9rentes. Ce soir du 5 juillet a eu lieu la g\u00e9n\u00e9rale du programme B : Tapis Rouge de <a href=\"http:\/\/www.festival-avignon.com\/fr\/artiste\/2014\/nadia-beugre\">Nadia Beugr\u00e9<\/a> et <a href=\"http:\/\/www.festival-avignon.com\/fr\/artiste\/2014\/seb-martel\">Seb Martel<\/a> et <a href=\"http:\/\/www.festival-avignon.com\/fr\/spectacles\/2014\/r2je\">R2JE<\/a> de <a href=\"http:\/\/www.festival-avignon.com\/fr\/artiste\/2014\/clement-dazin\">Cl\u00e9ment Dazin<\/a> et <a href=\"http:\/\/www.festival-avignon.com\/fr\/artiste\/2014\/chinatsu-kosakatani\">Chinatsu Kosakatani<\/a>. Ils joueront du 7 au 13 juillet \u00e0 18h dans le Jardin de la Vierge du Lyc\u00e9e Saint-Joseph. Des questions.<\/strong> <\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-548\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/tapisrouge2.jpg\" alt=\"tapisrouge2.jpg\" align=\"center\" width=\"920\" height=\"613\" \/><br \/>\n<em><quote>Tapis Rouge<\/quote><\/em><br \/>\nUne femme noire, jambes d\u00e9nu\u00e9es, chemise blanche, accroche et d\u00e9croche ensuite des poup\u00e9es noires et blanches dans une magnolia au coin du jardin de la Vierge. Un homme blanc, chemise rouge, est assis en avant sc\u00e8ne, dos au public, une guitare \u00e9lectrique \u00e0 son c\u00f4t\u00e9. Elle tente de tenir ces poup\u00e9es, qui perdent leur distinction humaine, une fois l&rsquo;un sur l&rsquo;autre sur son bras. Un bouquet de boulets en cotons, qui tombera \u00e0 fur et \u00e0 mesure \u00e0 ses pieds dans l&rsquo;impossibilit\u00e9 de les tenir avec les mouvements de ses bras ou devant son visage comme pour remplacer sa singularit\u00e9 par cette masse indistincte de formes humaines, noire et blanches. Lui tape de temps \u00e0 autre sur sa guitare qui laisse entendre alors un son de distorsion qui interrompt la boucle d&rsquo;une musique africaine, et lance des objets au milieu du plateau. Ces \u00e9lastiques qu&rsquo;on utilise pour faire tenir un coffre d&rsquo;une voiture un peu ouvert, noirs et blancs, un pantalon, une ceinture, des bottes et sa chemise rouge. Il restera en cale\u00e7on noir. Des premiers regards se croisent avec une certaine suspicion. Et la relation qu&rsquo;on suivra jusqu&rsquo;\u00e0 la fin entre ces deux \u00eatres est marqu\u00e9e de domination, de violence, d&rsquo;exploitation du corps de l&rsquo;autre. On laisse tomber la guitare sur le corps qui se barricade avec des bottes aux pieds et aux mains d&rsquo;un danger qu&rsquo;on ne conna\u00eet pas, comme pour dire que la communication ne pourra pas avoir lieu. Elle oblige lui de se mettre \u00e0 quatre pattes et de se relever jusqu&rsquo;\u00e0 \u00e9puisement. \u00ab \u00c7a te pla\u00eet ? \u00bb \u00ab \u00c0 merveille ! \u00bb \u00ab Plus vite !\u2026Avec des sauts !\u2026 Des vrais sauts ! \u00bb Il est difficile de ne pas voir une inversion des r\u00f4les h\u00e9rit\u00e9s de la colonisation et de l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 des sexes, de l&rsquo;exploitation, qui semble sans but, gratuite, perverse, sadique. Elle est tra\u00een\u00e9e par terre comme un sac de patate. Il est attach\u00e9 tel un chien ; son os, sa guitare est laiss\u00e9 \u00e0 distance pour examiner son comportement comment il la r\u00e9cup\u00e8re. Leurs corps sont instrumentalis\u00e9s en devenant des appuis pour l&rsquo;autre, ils deviennent des objets intrigants pour les bruits \u00e9lectroniques qui traversent rythmiquement tout le spectacle. Lui pique elle avec un jack de guitare comme des charlatans du XVIIIe si\u00e8cle pouvait examiner quelques exclus, quelque curiosit\u00e9 tout en construisant un rythme vrombissant \u00e0 deux. Comme si \u00e0 travers ces deux corps qui s&rsquo;affligent mutuellement, une tentative de musique voulait se faire entendre. Une fois, ils ont une plaquette avec micro en bouche \u00e0 deux, comme s&rsquo;ils s&#8217;embrassaient, ils construisent un rythme jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;elle le laisse tomber. Des questions sont adress\u00e9es au publics : \u00ab Bonsoir. \u00c7a vous pla\u00eet ? Est-ce qu&rsquo;il y a des femmes dans cette salle ? Est-ce qu&rsquo;il y a des hommes dans cette salle ? Est-ce qu&rsquo;il y a des enfants,\u2026 des musulmans, \u2026 de chr\u00e9tiens\u2026 \u00bb etc, etc. Puis elle est attach\u00e9e aussi. Ses bras ensembles, ses pieds ensembles. Et apr\u00e8s avoir d\u00e9couvert les bruits du jack sur sa peau, il continue \u00e0 se fasciner tel un singe hallucin\u00e9 qui d\u00e9couvre le feu au bout de son b\u00e2ton pour son jack. Le met dans sa bouche, et t\u00e8te en \u00e9coutant. Derri\u00e8re lui, elle, avec ces \u00e9lastiques de camion qui attachent ses membres, baissent son cale\u00e7on. Lui continue \u00e0 t\u00e9ter son jack, reste roide quand elle le mets dans une l\u00e9g\u00e8re horizontalit\u00e9 pour finir de le porter sur son dos tel un cadavre nu hors de la sc\u00e8ne. Ces rythmes construits \u00e0 fur et \u00e0 mesure en ajoutant des \u00e9l\u00e9ments venant du plateau traverse le temps du spectacle comme la danse, qui est l\u00e0, mais encastr\u00e9e entre les \u00e9l\u00e9ments de manipulation du corps de l&rsquo;autre. Les d\u00e9placements et mouvements am\u00e8nent l&rsquo;une comme l&rsquo;autre au prochain point de s\u00e9vices comme malgr\u00e9 elle\/lui, dans une machine qui oblige les corps.<br \/>\nEn lisant la pr\u00e9sentation dans le programme du Festival, on ne peut \u00eatre irrit\u00e9, mais ce qui s\u2019\u00e9claircit en lisant le texte plus complet sur le site de la SACD, partenaire des Sujets \u00e0 vif. Cette hospitalit\u00e9 inconditionnelle de Derrida est \u00e9videmment impossible, mais n\u00e9cessaire conceptuellement. Dans ce sens, nous pouvons voir dans Tapis Rouge l&rsquo;effet d&rsquo;une hospitalit\u00e9 inconditionnelle o\u00f9 l&rsquo;h\u00f4te serait \u00e0 la merci de l&rsquo;invit\u00e9, se perdant dans la contingence absolue de sa volont\u00e9. Nadia Beugr\u00e9 voudrait alors ramener les ph\u00e9nom\u00e8nes de l&rsquo;exploitation \u00e0 une hospitalit\u00e9 absolue, la visitation, derridienne, d&rsquo;abord une construction conceptuelle ? En tous les cas, les lignes se brouillent comme les corps s\u00e9vis dans Tapis Rouge, lequel on ne voit \u00eatre d\u00e9roul\u00e9 pour quelqu&rsquo;un qu&rsquo;avec beaucoup d&rsquo;imagination.<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-549\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/r2.jpg\" alt=\"r2.jpg\" align=\"center\" width=\"920\" height=\"613\" \/><br \/>\n<em><quote>R2JE<\/quote><\/em><br \/>\n\u00ab Rencontre autour du jeu \u00bb Une femme et un homme. Couch\u00e9s. Lui, il a trois boules de jonglage. Elle n&rsquo;a que son corps. Il lui pose des boules sur son corps. Elle n&rsquo;en veut pas. Il commence \u00e0 jongler. Elle commence \u00e0 danser. Les boules volent autour d&rsquo;eux, \u00e0 travers leurs bras enlac\u00e9s. Elle l&#8217;embrasse. Il jongle dans son dos, son attention fix\u00e9e aux boules. Elle l&rsquo;enlace. Il jongle. Cela revient. Ou il est derri\u00e8re elle et jongle avec des rebonds sur sa poitrine. Elle a le regard vide, mort dans l&rsquo;ind\u00e9fini. Des jeux de s\u00e9duction, ou des jeux de \u00ab tu me fuies, je te suis \u00bb. Une crise, il pet les plombs, apr\u00e8s avoir lanc\u00e9 les boules dans l&rsquo;air qui la force de se d\u00e9placer. Il lance avec force les boules sur le sol autour d&rsquo;elle, allong\u00e9e. La danse recommence. Puis plus rapidement. Des mouvements pr\u00e9cis des mains qui traverses les bras de l&rsquo;autre, et toujours les boules qui bougent autour des corps. Elle l&rsquo;aide cette fois-ci en tenant des boules entre des parties de son corps. Le jonglage tente de se faire \u00e0 deux. Puis, des mouvements en miroir. Elle jongle sans balle. Elle copie le boucle des mouvements pr\u00e9cis d&rsquo;une figure sans les boules. Deux corps synchrones, avec arr\u00eat et reprise. La machinerie finit par disjoncter, les balles tombent, les mouvements se ralentissent, pour s\u2019acc\u00e9l\u00e9rer dans des mouvements incontr\u00f4l\u00e9s de headbanging. Il tombe par terre. Et elle lui met une boule dans sa bouche essouffl\u00e9e.<br \/>\nQue vois-je outre la technique impressionnante des deux artistes ? Un homme qui ne l\u00e2che pas une femme avec ses jeux aga\u00e7ants ? Un homme qui une fois la femme au cou ne donne plus d&rsquo;int\u00e9r\u00eat qu&rsquo;\u00e0 ses boules ? Une femme qui tente malgr\u00e9 l&rsquo;agacement de cet homme de danser avec lui ? De le serrer ? D&rsquo;avoir un peu de tendresse ? Une femme qui, en s&rsquo;ins\u00e9rant dans les mouvements idiots d&rsquo;un homme, en l&rsquo;imitant, arrive enfin \u00e0 lui faire perdre ses boules ? Qui arrive seulement par ces longues jeux de soumission \u00e0 le vaincre ? Oui, je vois une soumission. Lui, il a ses boules, elle n&rsquo;a que son corps, et cela compte peu. Les boules demeurent le plus importants. Juste \u00e0 la fin, apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre ali\u00e9n\u00e9 \u00e0 son jeu, elle peut lui foutre une boule dans la gueule. C&rsquo;est triste. Elle aurait m\u00e9rit\u00e9 mieux. Mais cela est peut-\u00eatre trop s\u00e9rieux. Ce n&rsquo;\u00e9tait peut-\u00eatre qu&rsquo;un jeu.<br \/>\n<iframe loading=\"lazy\" frameborder=\"0\" width=\"480\" height=\"270\" src=\"http:\/\/www.theatre-video.net\/embed\/ygZfuEz6\"><\/iframe><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sujet \u00e0 vif : Tapis Rouge de Nadia Beugr\u00e9 et Seb Martel et R2JE de Cl\u00e9ment Dazin et Chinatsu Kosakatani. C&rsquo;est pour la huiti\u00e8me fois, que dans la 68e \u00e9dition du Festival d&rsquo;Avignon, auront lieu les Sujet \u00e0 vif. Quatre programmes de deux formes courtes n\u00e9es d&rsquo;une rencontre in\u00e9dite entre deux artistes de disciplines diff\u00e9rentes. 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