


{"id":599,"date":"2013-07-20T18:34:00","date_gmt":"2013-07-20T16:34:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=599"},"modified":"2013-07-20T18:34:00","modified_gmt":"2013-07-20T16:34:00","slug":"saoulee-de-branchitude","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/saoulee-de-branchitude\/","title":{"rendered":"Saoul\u00e9e de branchitude"},"content":{"rendered":"<p><em> <strong>Rausch (ivresse), cours du lyc\u00e9e Saint Joseph 16,17, 18 juillet puis 20,21,22,23 juillet, 22H Falk Richter et Anouk Van Dijk collaborent pour la 4\u00e8me fois. On avait pu d\u00e9couvrir Trust en 2010 au festival d&rsquo;Avignon.<\/strong> <\/em><br \/>\n Le public entre dans la cour du lyc\u00e9e Saint Joseph ce soir l\u00e0 et d\u00e9couvre une sc\u00e8ne pandrillon\u00e9e de noir. Pos\u00e9es sur le planch\u00e9 cuivr\u00e9, des banquettes de salle d&rsquo;attente en skai noir, des modules noirs, sur roue, \u00e7a et l\u00e0, de gros blocs noirs en fond de sc\u00e8ne.<br \/>\nLa pi\u00e8ce s&rsquo;ouvre sur un monologue d&rsquo;introduction, face public, d\u00e9crivant le r\u00eave impossible d\u2019\u00e9crire dans une langue comprise de tous.<br \/>\nPeu \u00e0 peu, les com\u00e9diens-danseurs emplissent la sc\u00e8ne.<br \/>\nProgressivement la musique monte.<br \/>\nUne jeune com\u00e9dienne entre :difficult\u00e9 de communication amoureuse malgr\u00e9 les moyens aujourd\u2019hui mis \u00e0 notre disposition, impossibilit\u00e9 de l\u2019engagement tant on recherche la perfection des relations, impossibilit\u00e9 de convaincre l&rsquo;autre de son amour v\u00e9ritable et absolu, le d\u00e9sir d&rsquo;enfant comme projet commun, consolidant&#8230;.<br \/>\nCette premi\u00e8re dispute succ\u00e8de \u00e0 une autre, puis une autre, avec les m\u00eames r\u00e9pliques, interchangeables.<br \/>\nViens la figure du psychanalyste ayant pour issue la destruction m\u00eame du couple, tandis que les com\u00e9diens-danseurs \u00e9voluent sur le plateau, les fauteuils, dans les modules que l&rsquo;on d\u00e9place, en hauteur sur les blocs noirs.<br \/>\nCertains com\u00e9diens ont enfil\u00e9 des robes de tulle vaporeuses.<br \/>\nStop<br \/>\nUn metteur en sc\u00e8ne surgit du public, invitant ses com\u00e9diens \u00e0 changer radicalement de discours.<br \/>\nAvec la crise grecque en toile de fond, des barricades de banquettes sont mont\u00e9es en face des tours de banques allemandes. Occupy. La police de Merkel n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 asphyxier les manifestants.<br \/>\nUn nouvel espoir pour une autre soci\u00e9t\u00e9, un autre mod\u00e8le \u00e9conomique et un autre mod\u00e8le amoureux aussi.<br \/>\nLe groupe se soude pour la premi\u00e8re fois, et entonne une chanson de radiohead. Les couples se re-forment, forts du projet commun qu&rsquo;ils se sont trouv\u00e9 : changer la soci\u00e9t\u00e9.<br \/>\nUn piano arrive sur sc\u00e8ne, quelques notes, puis retour au propos initial sur la possibilit\u00e9 d\u2019\u00e9crire en un langage universel.<br \/>\nLa musique monte toujours plus fort; Le final est dans\u00e9 dans l&rsquo;obscurit\u00e9 qui envahit peu \u00e0 peu le plateau. Noir<br \/>\nOn l&rsquo;aura compris, Raush est une accumulation d&rsquo;effets \u00ab efficaces \u00bb mais \u00e9cul\u00e9s du th\u00e9\u00e2tre contemporain : Des com\u00e9diens-danseurs effectuant de grandes glissades, roulades, escalades, un gros ventilateur, une sc\u00e9nographie \u00e9pur\u00e9e, la convocation d&rsquo;un piano pour quelques notes, texte braill\u00e9 face public&#8230;On fait appel aux r\u00e9seaux sociaux et autres smartphones pour figurer la modernit\u00e9 du propos.<br \/>\nCette recherche d\u2019efficacit\u00e9 formelle masque mal la faiblesse du propos. Raush aborde les relations amoureuses sans aucune finesse ni complexit\u00e9.<br \/>\nLes r\u00e9seaux sociaux sont montr\u00e9s du doigt, bourreaux \u00e9vidents des couples d\u2019aujourd\u2019hui. La recherche de contacts toujours plus virtuels est suppos\u00e9e ass\u00e9cher les vraies relations.<br \/>\nFalk Richter et Anouk Van Dijk nient ainsi que le vrai contact est aussi permis par Facebook qui en est l&rsquo;un des vecteurs potentiels.<br \/>\nSur le poids indiscutable des r\u00e9seaux sociaux dans les mouvements de r\u00e9sistances id\u00e9ologiques dans le monde, qui semblent avoir tant inspir\u00e9 Falk Richter, tel \u00ab Occupy \u00bb, \u00e9tonnement, pas un mot.<br \/>\nDifficile de traiter cette question de mani\u00e8re aussi tranch\u00e9e, non ?<br \/>\nDe m\u00eame, l&rsquo;enrichissement des banques au d\u00e9triment du peuple est grossi\u00e8rement effleur\u00e9e, la volont\u00e9 de changer la soci\u00e9t\u00e9, caricatur\u00e9e.<br \/>\nEnfin, la dramaturgie est inop\u00e9rante lors de ces deux heures de spectacle. Les parall\u00e8les vie amoureuse, difficult\u00e9 \u00e0 communiquer, r\u00e9volution populaire, ne fonctionnent pas, donnant ainsi l\u2019impression d\u2019assister \u00e0 une s\u00e9rie de tableaux sans lien.<br \/>\nFalk Richter et Anouk Van Dijk signent avec Raush un spectacle accessoire \u00e9crit sur des questions essentielles.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rausch (ivresse), cours du lyc\u00e9e Saint Joseph 16,17, 18 juillet puis 20,21,22,23 juillet, 22H Falk Richter et Anouk Van Dijk collaborent pour la 4\u00e8me fois. On avait pu d\u00e9couvrir Trust en 2010 au festival d&rsquo;Avignon. Le public entre dans la cour du lyc\u00e9e Saint Joseph ce soir l\u00e0 et d\u00e9couvre une sc\u00e8ne pandrillon\u00e9e de noir. 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