


{"id":604,"date":"2013-07-16T18:41:00","date_gmt":"2013-07-16T16:41:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=604"},"modified":"2013-07-16T18:41:00","modified_gmt":"2013-07-16T16:41:00","slug":"des-trous-et-des-gravats","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/des-trous-et-des-gravats\/","title":{"rendered":"Des trous et des gravats"},"content":{"rendered":"<p><em> <strong>La salle Benoit XII accueille pour la deuxi\u00e8me partie du Festival d\u2019Avignon, Antoine Defoort et Halory Goerger pour Germinal. Un projet qui plonge quatre protagonistes dans le vide, dans le n\u00e9ant, sur le plateau nu d\u2019une sc\u00e8ne pour qu\u2019ils r\u00e9inventent un monde : le leur. Ce monde \u00e0 construire serait un monde pour quatre. Un monde clos, un micro-monde qui, \u00e0 travers les 80 minutes de spectacle, tente de nourrir la r\u00e9flexion de ce que serait une communaut\u00e9, de ce qu\u2019est le langage et le th\u00e9\u00e2tre. Ambitieux et utopique, Germinal serait comme le mois qu\u2019il d\u00e9signe, le terreau d\u2019un spectacle \u00e0 venir. Germinal aura un \u00e9cho tr\u00e8s lointain avec Zola, si ce n\u2019est la provenance g\u00e9ographique de l\u2019\u00e9quipe et leur capacit\u00e9 \u00e0 vouloir creuser des trous pour extraire des gravats, un microphone, des gravats, un ampli, quatre pads, un ordinateur, des gravats, une console son et un marais<\/strong> <\/em><br \/>\nL\u2019un d\u2019eux se l\u00e8ve et une premi\u00e8re phrase appara\u00eet. Le protagoniste comprend que ce sont ses \u00ab pens\u00e9es \u00bb qui s\u2019inscrivent sur le mur du fond quand il active un bouton de sa console. On entendra \u00ab pens\u00e9es \u00bb comme ce qui passe par la t\u00eate et aucunement comme la lente et complexe mise en place de r\u00e9flexions autour de concepts. Il met ainsi en place un dialogue \u00e9crit avec les trois autres qui ont eux aussi la possibilit\u00e9 de formaliser leurs \u00ab pens\u00e9es \u00bb sur le mur du fond. L\u2019exploration continue jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019ils n\u2019aient plus besoin de passer par leur console. Leurs \u00ab pens\u00e9es \u00bb sont de suite inscrites. On suit ainsi leurs dialogues commentant leurs d\u00e9couvertes successives. Le retour d\u2019un th\u00e9\u00e2tre muet ou le clin d\u2019\u0153il au cin\u00e9ma muet mais sans expressivit\u00e9 ni r\u00e9elle pantomime qui conf\u00e8re \u00e0 la sc\u00e8ne un attrait limit\u00e9. La lecture du dialogue suffit. Les acteurs ne savent pas s\u2019ils sont acteurs ici et maintenant ou s\u2019ils sont les protagonistes d\u2019une fiction dans laquelle ils se sont eux m\u00eames projet\u00e9s. Ce spectacle nous laisse croire que toute la technique est dirig\u00e9e \u00e0 partir du plateau. Mais pour qui conna\u00eet un tant soit peu la technique, il per\u00e7oit tout de suite que ce sont les r\u00e9gies son, lumi\u00e8res et vid\u00e9o qui font le spectacle.<br \/>\nLes trois gar\u00e7ons continuent leur dialogue \u00e9crit, se posant la question de leur identit\u00e9. Question abord\u00e9e, pas d\u00e9velopp\u00e9e mais qui leur donne sans doute l\u2019impression d\u2019avoir mis de la pens\u00e9e sur un plateau. Plus concr\u00e8tement, Ondine Cloez explore ce plateau et d\u00e9couvre une dalle du plateau qui r\u00e9sonne diff\u00e9remment. Arm\u00e9e d\u2019une pioche, elle perce le plateau pour d\u00e9couvrir un micro. Elle rameute les gars, qui testent le micro. Antoine souffle et sous les conseils de ses acolytes d\u00e9ploie toutes ses capacit\u00e9s phonatoires et commence \u00e0 parler. Plus loin ils auront d\u00e9couvert dans le trou une console son qui permettra d\u2019activer les micros cravate qu\u2019ils avaient sur eux d\u00e8s le d\u00e9but du spectacle. Ils parlent et d\u00e9cident d\u2019utiliser le mur du fond comme d\u2019un espace pour projeter toutes leurs d\u00e9couvertes qui se r\u00e9sument par la nomination de ce qu\u2019ils les entourent : le sol, le trou, les pendrillons, les gravats, le micro, les gravats\u2026 Les mots s\u2019inscrivent au fur \u00e0 mesure qu\u2019ils les prononcent. Le mur du fond satur\u00e9 de mot, l\u2019id\u00e9e de g\u00e9nie arrive. Ils doivent faire des cat\u00e9gories. Le th\u00e9\u00e2tre potache n\u2019\u00e9tant jamais tr\u00e8s loin, nos quatre animateurs imaginent deux cat\u00e9gories ce qui fait ploc-ploc et ce qui ne fait pas ploc-ploc. C\u2019est amusant et surtout ce n\u2019est pas s\u00e9rieux.<br \/>\nC\u2019est sans doute de cela qu\u2019il faudrait parler. Ce \u00ab ce n\u2019est pas s\u00e9rieux \u00bb qui dit \u00e0 nous spectateurs : \u00ab ne vous inqui\u00e9tez pas, on ne va pas vous emmerder et m\u00eame on va rire \u00bb. Effectivement on sourit car effectivement ce n\u2019est pas s\u00e9rieux. Ce sont juste 80 minutes de spectacle qui ne disent pas plus d\u2019une nouvelle histoire du langage, du savoir et des structures soci\u00e9tales que d\u2019une nouvelle histoire de th\u00e9\u00e2tre. Qui emprunte un titre \u00e0 Zola comme Citro\u00ebn vend des Picasso. Titre qu\u2019ils empruntent comme valeur marketing et de communication plut\u00f4t que comme valeur r\u00e9volutionnaire. 80 minutes durant lesquelles nous n\u2019aurons toujours aucune id\u00e9e sur une fa\u00e7on diff\u00e9rente de vivre ensemble. 80 minutes de spectacle qui n\u2019auront pas suffi pour montrer une mani\u00e8re singuli\u00e8re et inventive de faire du th\u00e9\u00e2tre. 80 minutes de trous et de gravats qui sont sans doute, peut-on l\u2019esp\u00e9rer, la promesse d\u2019une \u0153uvre qui se cherche plut\u00f4t que l\u2019av\u00e8nement d\u2019un th\u00e9\u00e2tre creux et poussi\u00e9reux.<br \/>\nhttp:\/\/www.amicaledeproduction.com\/projets\/germinal.php<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La salle Benoit XII accueille pour la deuxi\u00e8me partie du Festival d\u2019Avignon, Antoine Defoort et Halory Goerger pour Germinal. 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