


{"id":607,"date":"2013-07-14T18:44:00","date_gmt":"2013-07-14T16:44:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=607"},"modified":"2013-07-14T18:44:00","modified_gmt":"2013-07-14T16:44:00","slug":"rizzo-tradition-sans-mutation-une-impossible-communaute","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/rizzo-tradition-sans-mutation-une-impossible-communaute\/","title":{"rendered":"Rizzo : tradition sans mutation : une impossible communaut\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><em> <strong>Le Gymnase Aubanel, accueille en ce d\u00e9but du 67\u00e8me festival d\u2019Avignon, Christian Rizzo pour \u00ab D\u2019apr\u00e8s une histoire vraie \u00bb. Christian Rizzo est chor\u00e9graphe mais a commenc\u00e9 comme publiciste puis a d\u00e9cid\u00e9 de se consacrer \u00e0 l\u2019art et la chor\u00e9graphie. Avec \u00ab D\u2019apr\u00e8s une histoire vraie \u00bb, il cherche, recherche la possibilit\u00e9 d\u2019inventer une danse folklorique utopique, sans lieu, ni culture d\u2019attache. Une danse reliant les hommes d\u2019aujourd\u2019hui. Il cherche aussi \u00e0 retrouver une \u00e9motion brute, \u00ab archa\u00efque \u00bb dit-il qui l\u2019a submerg\u00e9e il y a dix ans \u00e0 Istambul. Rizzo raconte qu\u2019un groupe d\u2019hommes a surgi pour ex\u00e9cuter une danse folklorique. Ce moment, cet instant o\u00f9 des hommes dansent, retra\u00e7ant dans le temps pr\u00e9sent une histoire pass\u00e9e, une transmission d\u2019hier \u00e0 maintenant l\u2019a manifestement \u00e9mu. C\u2019est avec cette m\u00e9moire que \u00ab d\u2019apr\u00e8s une histoire vraie \u00bb s\u2019est construit. Cette m\u00e9moire de ces hommes et cette relation entre hommes par la danse est interrog\u00e9e par ce spectacle. Une interrogation que Christian Rizzo a voulu partager avec de nouveaux interpr\u00e8tes venant d\u2019horizons diff\u00e9rents mais ayant en commun des racines dans le bassin m\u00e9diterran\u00e9en. Les huit interpr\u00e8tes (Fabien Almakiewicz, Ya\u00efr Barelli, Massimo Fusco, Miguel Garcia Llorens, Pep Garrigues, Kerem Gelebek, Filipe Lourenco, Roberto Mart\u00ednez) accompagn\u00e9s par la musique de deux batteurs (Didier Ambact et King Q4) sonoris\u00e9 par Vanessa Court (lire https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/site\/index.php?p=article&#038;id=355) et par la lumi\u00e8re de Cathy Olive.<\/strong> <\/em><br \/>\nRituel<br \/>\nDans une p\u00e9nombre, un clair-obscur, un danseur longe la sc\u00e8ne. Il se place au milieu en avant-sc\u00e8ne et se d\u00e9chausse. Il entre dans l\u2019espace de danse pieds-nus. Un acte qui marque un rituel et au-del\u00e0 de l\u2019id\u00e9e de respect mis en sc\u00e8ne on aper\u00e7oit clairement l\u2019intention de montrer que le pass\u00e9, l\u2019hier sera pr\u00e9sent dans cette proposition. L\u2019interpr\u00e8te commence par apprivoiser le sol, travaillant \u00e0 la mesure du poids, du pesant. Le pass\u00e9 aurait-il du poids, nous entraine t-il dans une chute ? Ce premier danseur est rejoint r\u00e9guli\u00e8rement par les autres. Un \u00e0 un, ils arrivent pieds nus d\u00e9j\u00e0. Ils rejoignent la chor\u00e9graphie au sol. Les huit interpr\u00e8tes semblent \u00eatre en dialogue avec un langage corporel commun sans pour autant danser \u00e0 l\u2019unisson. Le silence est avec eux. Ils dansent o\u00f9 ils marquent le sol de leurs empreintes. Ce sont des traces invisibles comme celles laiss\u00e9es par des voyages. Ils voyagent ensemble et se dessine une notion de fraternit\u00e9 entre eux. Ils se tiennent, se donnent la main pour \u00eatre ensemble au monde, pour \u00eatre du voyage. Les batteurs arrivent, se placent derri\u00e8re leurs batteries plac\u00e9es sur des praticables \u00e0 un m\u00e8tre du sol en fond de sc\u00e8ne. Elles sont impressionnantes. Elles commencent \u00e0 sonner. Mais les premiers sons produits participent d\u2019une mise en route d\u00e9licate. Ce sont les sons cuivr\u00e9s des cymbales que font r\u00e9sonner les batteurs. Ils ne marquent pas encore un rythme rock\u2019n roll. Il y a dans ces premiers sons de la douceur. On pensera encore \u00e0 un son rituel ceux des cloches, des gongs\u2026<br \/>\nApr\u00e8s le poids, les danseurs travaillent \u00e0 se tenir debouts, travaillant sur des gestes, des codes emprunt\u00e9s \u00e7a et l\u00e0 aux danses folkloriques. Sans jamais reconna\u00eetre l\u2019une d\u2019elles, on sent leurs pr\u00e9sences. Christian Rizzo dit qu\u2019en travaillant sur ce projet, il a tent\u00e9 de r\u00e9unir les mouvements communs aux diff\u00e9rentes danses traditionnelles. Mettre en commun plut\u00f4t que s\u00e9parer. C\u2019est aussi la mise en communaut\u00e9 et ce qu\u2019il appelle \u00ab une r\u00e9conciliation avec le masculin \u00bb qui est en \u0153uvre ici. Mais notant cela, la m\u00e9prise serait d\u2019imaginer que la danse de Rizzo n\u2019est qu\u2019emprunt au folklore. Au contraire, il associe les danses, sans diff\u00e9rence, sans hi\u00e9rarchie. Elles, les danses, se m\u00ealent, se parlent, s\u2019associent. Elles permettent aux interpr\u00e8tes de naviguer entre elles sans que la distinction soit \u00e9vidente. Loin des clich\u00e9s, loin de la parodie, Rizzo et son \u00e9quipe cherchent une danse comme une langue commune dans laquelle on retrouverait quelque chose de nous-m\u00eames, de nos racines. Lors d\u2019une rencontre \u00e0 l\u2019Ecole d\u2019art, une femme se pr\u00e9sentant comme venant des Balkans confiait que \u00ab d\u2019apr\u00e8s une histoire vraie \u00bb lui avait fait penser \u00e0 son grand-p\u00e8re dansant dans les f\u00eates. Travaillant \u00e0 faire et \u00e0 mettre en commun, Rizzo travaille la communaut\u00e9 des spectateurs \u00e0 leur histoire \u00e0 venir. Celle en construction qui rassemble celles encr\u00e9es dans des m\u00e9moires. Rizzo r\u00e9fl\u00e9chit la \u00ab tradition \u00bb comme une reformulation, une r\u00e9invention \u00e0 partir des legs de nos ascendants. Rizzo travaille ainsi \u00e0 la possibilit\u00e9 d\u2019une tradition qui s\u2019invente mais qui ne reproduit pas une forme et des codes fig\u00e9s.<br \/>\nDans une derni\u00e8re partie, les danseurs lib\u00e8rent le plateau des restes, des oripeaux du chor\u00e9graphe : chaises, livres qui trainaient n\u00e9gligemment en avant-sc\u00e8ne figurant l\u2019autorit\u00e9 de celui qui \u00e9crit et impose. Ayant balayer le plateau, ils peuvent imaginer, improviser leur danse et faire leur \u00ab d\u2019apr\u00e8s une histoire vraie \u00bb. Ils utilisent les codes en m\u00eame temps qu\u2019ils les transforment. Ainsi Rizzo boucle son histoire en donnant l\u2019espace et les codes \u00e0 ses danseurs pour qu\u2019ils inventent et r\u00e9interpr\u00e8tent : \u00ab D\u2019apr\u00e8s une histoire vraie \u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Gymnase Aubanel, accueille en ce d\u00e9but du 67\u00e8me festival d\u2019Avignon, Christian Rizzo pour \u00ab D\u2019apr\u00e8s une histoire vraie \u00bb. Christian Rizzo est chor\u00e9graphe mais a commenc\u00e9 comme publiciste puis a d\u00e9cid\u00e9 de se consacrer \u00e0 l\u2019art et la chor\u00e9graphie. Avec \u00ab D\u2019apr\u00e8s une histoire vraie \u00bb, il cherche, recherche la possibilit\u00e9 d\u2019inventer une danse folklorique utopique, sans lieu, ni culture d\u2019attache. Une danse reliant les hommes d\u2019aujourd\u2019hui. 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