


{"id":622,"date":"2013-07-12T21:13:00","date_gmt":"2013-07-12T19:13:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=622"},"modified":"2013-07-12T21:13:00","modified_gmt":"2013-07-12T19:13:00","slug":"la-troisieme-dimension","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/la-troisieme-dimension\/","title":{"rendered":"La troisi\u00e8me dimension"},"content":{"rendered":"<p><em> <strong>Dipl\u00f4m\u00e9e de l\u2019Ensatt (Ecole Nationale Sup\u00e9rieure d\u2019Arts et Techniques du Th\u00e9\u00e2tre), ing\u00e9nieure du son travaillant aux c\u00f4t\u00e9s de la chor\u00e9graphe flamande Anne Teresa De Keersmaker depuis 2007, collaborant avec l\u2019Ensemble de musique contemporaine Ictus, Vanessa Court a aussi travaill\u00e9 avec le compositeur Georges Aperghis ou le metteur en sc\u00e8ne Thomas Gaubiac. Exigeante, non dans le prestige mais dans l\u2019ambition des projets qu\u2019elle choisit de rejoindre. Elle est, \u00e0 Avignon, l&rsquo;ing\u00e9nieure du son du spectacle \u00ab\u00a0D&rsquo;apr\u00e8s une histoire vraie\u00a0\u00bb de Christian Rizzo.<\/strong> <\/em><br \/>\n\u00c0 la sortie du spectacle, il y a cette sensation, celle d\u2019avoir travers\u00e9 un son en l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, en intimit\u00e9, alors m\u00eame que sur le plateau, durant 1h15, les musiciens Didier Ambact et King Q4 n\u2019ont cess\u00e9 de frapper \u2013 et sublimement &#8211; sur leurs batteries. Mais avec eux, en r\u00e9gie, se joue une troisi\u00e8me partition. Une dimension suppl\u00e9mentaire venue s&rsquo;entrecroiser avec la danse, sa force, et ses rythmes.<br \/>\n Elle dit du son qu\u2019elle l\u2019aborde de fa\u00e7on physique, qu\u2019il est avant tout du rock\u2019n roll, \u00ab quelque chose qui entre par le ventre et circule \u00e0 sa guise un peu partout \u00bb. Sa vraie r\u00e9f\u00e9rence reste Tati \u2013 \u00ab sur la question du son et de son esth\u00e9tique, il est imbattable \u00bb &#8211; mais lorsqu\u2019on lui demande son plus fort souvenir sonore elle cite le compositeur italien Luciano Berio, r\u00e9put\u00e9 pour sa musique \u00e9lectroacoustique. \u00ab C\u2019\u00e9tait un concert donn\u00e9 avec sa derni\u00e8re \u00e9pouse, la chanteuse lyrique Talia Pecker. Luciano \u00e9tait l\u00e0. Sur le plateau personne n\u2019a boug\u00e9 mais j\u2019ai gard\u00e9, profond\u00e9ment imprim\u00e9e en moi, la sensation enivrante que tout avait \u00e9t\u00e9 en perp\u00e9tuel mouvement. \u00bb<br \/>\n Vanessa Court fait partie de la famille de ces rares ing\u00e9nieurs du son \u00e0 l\u2019oreille pr\u00e9cieuse, capables \u00e0 la fois de r\u00e9gler une salle avec la minutie d\u2019un accordeur de piano, et de composer en live. \u00ab J\u2019ai l\u2019impression d\u2019avoir plusieurs m\u00e9tiers. Selon les projets, je vais de l\u2019un \u00e0 l\u2019autre.  Mais je dirais de l\u2019ing\u00e9nieur du son qu\u2019il est\u2026 un traducteur. \u00bb Dans D\u2019apr\u00e8s une histoire vraie, elle traduit ainsi le jeu des batteurs, joue avec eux, retenant le son d\u2019une caisse claire, la rediffusant en goutte d\u2019eau. \u00ab Il n\u2019y a pas un seul son enregistr\u00e9. Ce n\u2019est que du traitement en temps r\u00e9el. Apr\u00e8s, il s\u2019agit de doser. Ne rien surligner. Ne rien \u00e9craser. Poser des espaces et rester \u00e0 l\u2019\u00e9coute de tout. \u00bb St\u00e9phane Morisse, en r\u00e9gie \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, dit d\u2019elle \u00ab qu\u2019elle a un impressionnant souci du d\u00e9tail, doubl\u00e9 d\u2019un vrai sens cr\u00e9atif. \u00bb Didier Ambact, quant \u00e0 lui, sourit : \u00ab On a dit de ma musique qu\u2019elle \u00e9tait \u00ab douce et subtile \u00bb. Jusque l\u00e0, on ne me l\u2019avait jamais dit\u2026 \u00bb. Le tout a \u00e9t\u00e9 imagin\u00e9 dans les derniers jours des r\u00e9p\u00e9titions. \u00ab Plusieurs jours de suite, j&rsquo;enregistrais les r\u00e9p\u00e9titions et ne faisais rien d&rsquo;autre. Puis, le matin, je venais avant tout le monde et testais, composais, \u00e9coutais. Les sons doivent porter la musique&#8230; Il faut donc apprendre \u00e0 s&rsquo;y glisser. \u00bb<br \/>\n Dans sa Trag\u00e9die du roi Richard II Jean Vilar avait demand\u00e9 \u00e0 Agn\u00e8s Varda, alors pr\u00e9sente en tant que photographe, de bien vouloir gratter sur un instrument \u00e0 cordes, sous les gradins, au moment de la pi\u00e8ce. Le son, sa spacialisation, son \u00e9criture, ont, depuis, fait un long chemin. L\u2019espace du th\u00e9\u00e2tre a \u00e9t\u00e9 reconnu en sa mati\u00e8re tactile et le son en sa dramaturgie. Mais le travail de l\u2019ing\u00e9nieur sonore, lui qui \u0153uvre \u00e0 cet \u00e9l\u00e9gant voyage de la vibration, s\u2019invisible encore trop souvent et il suffit de lire les programmes pour en prendre la mesure. Le plus souvent &#8211; comme dans D&rsquo;apr\u00e8s une histoire vraie &#8211; leur biographie est inexistante et ils se contentent d&rsquo;\u00eatre \u00e0 la \u00ab\u00a0r\u00e9gie son\u00a0\u00bb. Peut-\u00eatre parce qu&rsquo;ils trouvent l\u00e0 un costume de discr\u00e9tion qui, finalement, leur sied. Peut-\u00eatre parce que leur reconnaissance passera par une \u00e9coute toujours plus minutieuse de leur ouvrage.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dipl\u00f4m\u00e9e de l\u2019Ensatt (Ecole Nationale Sup\u00e9rieure d\u2019Arts et Techniques du Th\u00e9\u00e2tre), ing\u00e9nieure du son travaillant aux c\u00f4t\u00e9s de la chor\u00e9graphe flamande Anne Teresa De Keersmaker depuis 2007, collaborant avec l\u2019Ensemble de musique contemporaine Ictus, Vanessa Court a aussi travaill\u00e9 avec le compositeur Georges Aperghis ou le metteur en sc\u00e8ne Thomas Gaubiac. Exigeante, non dans le prestige mais dans l\u2019ambition des projets qu\u2019elle choisit de rejoindre. 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