


{"id":653,"date":"2012-07-26T22:35:00","date_gmt":"2012-07-26T20:35:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=653"},"modified":"2012-07-26T22:35:00","modified_gmt":"2012-07-26T20:35:00","slug":"welcome-to-the-future","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/welcome-to-the-future\/","title":{"rendered":"Welcome to the future"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-652\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2012\/07\/arton110.jpg\" width=\"444\" height=\"427\" \/><\/p>\n<p><strong> <em>Le collectif britannique Forced Entertainement pr\u00e9sente deux propositions cette ann\u00e9e \u00e0 Avignon. \u00ab The coming storm \u00bb qui invite \u00e0 reconsid\u00e9rer les modalit\u00e9s narratives du th\u00e9\u00e2tre, en multipliant les possibles de r\u00e9cits qui n\u2019aboutissent jamais, et \u00ab Tomorrow\u2019s parties \u00bb, forme beaucoup plus modeste, propos\u00e9e dans le cadre de la 25eme heure, qui pose litt\u00e9ralement la question d\u2019un futur plus ou moins proche sur lequel on ne peut que sp\u00e9culer. Cette derni\u00e8re proposition, dans une \u00e9criture minimale et syst\u00e9matique, s\u2019amuse \u00e0 \u00e9num\u00e9rer toutes les hypoth\u00e8ses de l\u2019\u00e9volution de la plan\u00e8te terre et de ses habitants\u2026 au risque d\u2019\u00e9puiser de la m\u00eame mani\u00e8re ses spectateurs.<\/em> <\/strong><br \/>\nLes deux com\u00e9diens, un homme et une femme se tiennent serr\u00e9s sur un minuscule plateau de bois. Derri\u00e8re eux, une guirlande d\u2019ampoules color\u00e9es. Un d\u00e9cor minimal pour une performance tr\u00e8s simple, comme le revendique Tim Etchells, metteur en sc\u00e8ne de la compagnie. La formule magique lance le spectacle :\u00ab In the future\u2026 \u00bb, et la machine s\u2019enclenche : chacun leur tour, les deux com\u00e9diens d\u00e9marreront leurs phrases par cette amorce, comme une r\u00e8gle du jeu, pour imaginer les transformations, \u00e0 toutes \u00e9chelles, que pourrait nous r\u00e9server l\u2019avenir. Tout y passe, de la m\u00e9decine \u00e0 la politique, de l\u2019environnement au mod\u00e8le familial, de la vie quotidienne \u00e0 la conqu\u00eate de l\u2019espace. \u00c0 tel point qu\u2019il semblerait que l\u2019enjeu ne r\u00e9side ni plus ni moins en la constitution d\u2019un inventaire exhaustif du devenir de l\u2019homme et de la plan\u00e8te.<br \/>\nSi elle fr\u00f4lent parfois l\u2019absurde et le d\u00e9lire, les suppositions \u00e9nonc\u00e9es renvoient principalement \u00e0 l\u2019imagerie de films de science fiction, de romans d\u2019anticipation, ou aux r\u00e9flexions \u00ab dans l\u2019air du temps \u00bb en mati\u00e8re de politique, d\u2019\u00e9thique, de science, etc. Elles  permettent une sorte de photographie de ce qui, en 2012, inqui\u00e8te ou fait fantasmer. Mais naviguer de la sorte dans les utopies, dystopies ou sc\u00e9narios catastrophe connus de tous, nous donne-t-il \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir au maux de notre \u00e9poque ? Non. Cela donne tout juste \u00e0 regarder d\u00e9filer quelques paysages clich\u00e9s depuis le pont. Les fictions propos\u00e9es surfent sur une panoplie d\u2019images r\u00e9f\u00e9renc\u00e9es plus que d\u2019ouvrir un imaginaire singulier. Peu de surprises donc, peu de nouvelles images suscit\u00e9es par les mots. Les projections mentales puisent dans les images d\u2019actualit\u00e9s (catastrophe climatique, soul\u00e8vement des peuples, effondrement des mod\u00e8les \u00e9conomiques) ou celles des s\u00e9ries t\u00e9l\u00e9 qui depuis quelques ann\u00e9es inventent avec brio des mondes parall\u00e8les ou \u00e0 venir (les com\u00e9diens propose le sc\u00e9nario d\u2019une humanit\u00e9 en exil dans l\u2019univers \u00e0 la recherche nostalgique de la Terre sur le mod\u00e8le de \u00ab BattleStar Galactica \u00bb, ou encore celui d\u2019un monde que nous reb\u00e2tirions comme au Moyen Age, \u00e9poque historique majoritairement appr\u00e9ci\u00e9e, et ce sont les images de \u00ab Game of Thrones \u00bb qui apparaissent).<br \/>\nL\u2019\u00e9criture ne pr\u00e9sentant pas d\u2019int\u00e9r\u00eat particuli\u00e8rement litt\u00e9raire ou po\u00e9tique, on fini par avoir la sensation d\u2019un exercice un peu formel. Le syst\u00e8me est limpide, les deux com\u00e9diens avancent au rythme de croisi\u00e8re, dans l\u2019alternance d\u2019une parole calibr\u00e9e, o\u00f9 le rebond se base sur l\u2019inversion de l\u2019hypoth\u00e8se pr\u00e9c\u00e9demment \u00e9nonc\u00e9e ( tour \u00e0 tour optimiste ou pessimiste). Dans un grand \u00e9quilibre, ils auront chacun dans cette partition, un temps de parole plus ralentie, charg\u00e9 d\u2019un fatalisme m\u00e9lancolique, lorsqu\u2019ils feront la supposition d\u2019un futur qui au final ressemblerait beaucoup \u00e0 notre pr\u00e9sent. Comme la sensation d\u2019assister au lever puis au coucher du soleil, leur litanie fait un tour de globe, inexorable et constante.<br \/>\n Si la forme \u00e9puise peu \u00e0 peu l\u2019attention et l\u2019int\u00e9r\u00eat du spectateur, \u00ab Tomorrow\u2019s parties \u00bb ce soir l\u00e0 \u00e0 l\u2019Ecole D\u2019Art accuse le coup de deux autres difficult\u00e9s de taille pour la r\u00e9ceptivit\u00e9 de son audience. Tout d\u2019abord il est minuit trente, les corps et les esprits s\u2019appr\u00eatant \u00e0 se mettre en veille, ils se font litt\u00e9ralement bercer par la forme. Mais le probl\u00e8me du sur titrage semble \u00eatre encore plus redoutable. Non pas pour la concentration qu\u2019il demande aux spectateurs entre \u00e9coute et effort de lecture, mais plut\u00f4t pour le peu de libert\u00e9 qu\u2019il laisse aux acteurs de Forced Entertainement dont la recherche est tr\u00e8s ax\u00e9e sur le jeu et la capacit\u00e9 d&rsquo;improvisation. Impossible pour eux de d\u00e9border, ici le sur titrage les limite et les fige.<br \/>\nDe l\u2019air, de l\u2019air ! Comme si dans cette salle de sous-sol, basse de plafond, l\u2019imagination ne pouvait s\u2019\u00e9tendre, \u00e9triqu\u00e9e comme les com\u00e9diens sur leur petit podium. Dans cette grande proximit\u00e9 sc\u00e8ne salle, c\u2019est le stand up \u00e0 l\u2019am\u00e9ricaine qui semble faire r\u00e9f\u00e9rence, et il n\u2019est pas \u00e9tonnant d\u2019entendre rapidement des rires sonores dans le public, motiv\u00e9s par la forme m\u00eame. . On souhaiterait bien mieux voir \u00ab Tomorrow\u2019s parties \u00bb jouer dans ce m\u00eame d\u00e9cor r\u00e9duit, mais au milieu d\u2019un champ, sous les \u00e9toiles, afin d\u2019amplifier les rapports d\u2019\u00e9chelle, de vertige et de projection possible.<br \/>\nLe titre sonnait pourtant comme une bonne augure, \u00e9voquant \u00e0 la fois la chanson \u00ab All tomorrow\u2019s parties \u00bb du Velvet Underground chant\u00e9 par la voix caverneuse de Nico et le festival de musique anglais culte depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es, portant le m\u00eame nom, et qui propose un espace de f\u00eate et de rencontre \u00e0 \u00e9chelle humaine, loin des stades g\u00e9ants et des sponsors commerciaux. Dans le \u00ab Tomorrow\u2019s parties \u00bb de Forced Entertainement, peu de place \u00e0 la libert\u00e9, \u00e0 l\u2019inventivit\u00e9, ou m\u00eame au partage: l\u2019\u00e9criture calibr\u00e9e et la sp\u00e9culation exhaustive prennent le risque de l\u2019effet catalogue et r\u00e9duisent la proposition \u00e0 un aplat, en deux dimensions.<\/p>\n<hr \/>\n<p>Extraits vid\u00e9os du spectacle ici<br \/>\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Tomorrow&#039;s Parties\" width=\"500\" height=\"281\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/H2R089WovDw?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le collectif britannique Forced Entertainement pr\u00e9sente deux propositions cette ann\u00e9e \u00e0 Avignon. \u00ab The coming storm \u00bb qui invite \u00e0 reconsid\u00e9rer les modalit\u00e9s narratives du th\u00e9\u00e2tre, en multipliant les possibles de r\u00e9cits qui n\u2019aboutissent jamais, et \u00ab Tomorrow\u2019s parties \u00bb, forme beaucoup plus modeste, propos\u00e9e dans le cadre de la 25eme heure, qui pose litt\u00e9ralement la question d\u2019un futur plus ou moins proche sur lequel on ne peut que sp\u00e9culer. 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