


{"id":663,"date":"2012-07-23T17:08:00","date_gmt":"2012-07-23T15:08:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=663"},"modified":"2012-07-23T17:08:00","modified_gmt":"2012-07-23T15:08:00","slug":"le-berceau-de-lhumanite-ou-la-caverne-de-steven-cohen","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/le-berceau-de-lhumanite-ou-la-caverne-de-steven-cohen\/","title":{"rendered":"Le Berceau de l\u2019humanit\u00e9 ou La Caverne de Steven Cohen"},"content":{"rendered":"<p><em> <strong>Au pontet, derni\u00e8re semaine du 66\u00e8me festival d\u2019Avignon, fin de la repr\u00e9sentation du \u00ab Berceau de l\u2019humanit\u00e9 \u00bb de Steven Cohen. En l\u2019attente de la navette qui nous ram\u00e8ne au c\u0153ur d\u2019Avignon, deux jeunes s\u2019interrogent sur le spectacle auquel ils viennent d\u2019assister. Leurs interrogations renvoient \u00e0 la conf\u00e9rence de presse donn\u00e9e par Steven Cohen qui explique que dans son travail, il ne cherche ni \u00e0 \u00eatre didactique, ni \u00e0 \u00eatre clair. Pour ce performer sud africains, ses projets sont une mani\u00e8re de provoquer les questionnements des spectateurs en utilisant des images singuli\u00e8res qui ne renvoient pas \u00e0 du clich\u00e9. Fa\u00e7on de contrecarrer la r\u00e9duction de la pens\u00e9e li\u00e9e \u00e0 l\u2019utilisation d\u2019images connues dans lesquels l\u2019imaginaire sombre. Les jeunes gens m\u2019interpellent lors d\u2019un deal : une cigarette contre des \u00e9claircissements. S\u2019ensuit alors une tentative d\u2019explication de la perception de ce travail : Steven Cohen, son berceau, son humanit\u00e9.<\/strong> <\/em><br \/>\nUne heure plus t\u00f4t, le public s\u2019installe dans la salle, sur la sc\u00e8ne, une sph\u00e8re de deux m\u00e8tres de haut, un \u00e9cran, des tabourets et suspendu aux cintres un mannequin astronaute observateur du plateau. Une projection d\u2019un film ouvre le spectacle, des images de robots sont associ\u00e9s aux images d\u2019une vieille femme noire en tutu seins nus et d\u2019un homme portant un buste de singe en bois. C\u2019est la pr\u00e9sentation de Steven Cohen 50 ans et sa nourrice Nomsa Dhlamini 91 ans. Ces images sont issues du Berceau de l\u2019humanit\u00e9, site arch\u00e9ologique en Afrique du sud class\u00e9 au patrimoine de l\u2019Unesco o\u00f9 sont pr\u00e9sents nombres de fossiles d\u2019hominid\u00e9s. Le titre viendrait donc de ce lieu familier pour les Sud-africains que Steven Cohen d\u00e9couvrit avec l\u2019\u00e9cole. Mais de ce lieu, seules des traces, des \u00e9vocations seront pr\u00e9sentes. Le projet est de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 une \u00e9volution de notre humanit\u00e9 par le prisme du berceau de Steve Cohen. Ces images sont accompagn\u00e9es de chants traditionnels des \u00ab Bushmens \u00bb1.<br \/>\nApr\u00e8s l\u2019introduction vid\u00e9o, Nomsa Dhlamini entre en sc\u00e8ne, le pas f\u00e9brile et lent. Elle se pr\u00e9sente seins nus avec un cache sexe, un arc et un carquois. Elle fait le tour du plateau, se pla\u00e7ant dans les ronds de lumi\u00e8re qui jonchent la sc\u00e8ne, saluant malicieusement de la main les spectateurs du premier rang. C\u2019est elle, le berceau de l\u2019humanit\u00e9, celui de Steven, repr\u00e9sentante des nourrices noires pour enfants blancs sud africains. Une femme \u00e2g\u00e9e qui malgr\u00e9 l\u2019empreinte du temps se tient debout et rayonne. Steven Cohen entre \u00e0 son tour en sc\u00e8ne. Il est dans une bulle, nu avec pour tout v\u00eatement un corset blanc. Sortant de cet \u0153uf, c\u2019est une naissance devant sa nourrice qu\u2019il rejoue. Toute la pi\u00e8ce se d\u00e9roule sur un rythme tranquille. Une c\u00e9r\u00e9monie ou un rituel qui n\u2019est pas l\u00e0 pour donner une v\u00e9rit\u00e9 mais pour exposer des questions. D\u2019o\u00f9 je viens ? D\u2019o\u00f9 l\u2019humanit\u00e9 a \u00e9clos ?. Une d\u00e9clinaison de leurs identit\u00e9s projet\u00e9es sur la sc\u00e8ne donnera des \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9ponse. Nomsa Dhlamini, n\u00e9 en 1921 au Swaziland. Steven Cohen, n\u00e9 en 1962 \u00e0 Johannesburg. Mais le lien entre eux, ce lien montr\u00e9 sur sc\u00e8ne d\u00e9passe la carte d\u2019identit\u00e9. Une relation filiale, d\u2019amour se tisse \u00e0 la sc\u00e8ne. Qui je suis ? Quel est mon berceau ? Steven tente de r\u00e9pondre en s\u2019exposant avec sa nourrice dans cette complicit\u00e9 attentive et attentionn\u00e9e. Ils n\u2019auront durant toute la repr\u00e9sentation besoin d\u2019aucune parole, seuls les regards et les gestes permettront de les voir dans une intimit\u00e9 simple et pudique.<br \/>\nPour ce qui est de l\u2019Humanit\u00e9, Steven Cohen multipliera les images et les signes qui se croiseront, se contrediront. Une vid\u00e9o de singes dans la for\u00eat, Adam et \u00c8ve luminescents se promenant sur la sc\u00e8ne o\u00f9 dans la grotte (The Cradle of humankind) en vid\u00e9o, une Marseillaise se fera entendre&#8230; Autant de signes et de signaux qui disent que la construction de l\u2019Humanit\u00e9 peut-\u00eatre pens\u00e9e dans le d\u00e9sordre, dans la r\u00e9ception de bribes, dans la confusion des mythes. Contrairement \u00e0 l\u2019Histoire des historiens qui cherche \u00e0 ranger, \u00e0 expliquer, \u00e0 trouver des relations de causes \u00e0 effets, Steven Cohen propose des images psych\u00e9d\u00e9liques2.<br \/>\nRetour \u00e0 la tentative d\u2019explication, qui n\u2019est pas une v\u00e9rit\u00e9 mais une fa\u00e7on de comprendre (prendre avec soi) le geste de Steven Cohen. Une vision m\u00eal\u00e9e d\u2019une Histoire de l\u2019\u00e9volution de l\u2019homme et de la biographie intime de cet artiste. Il devient l\u2019arch\u00e9ologue po\u00e8te qui avec des signes : images, sons, vid\u00e9os, chor\u00e9graphie une humanit\u00e9 refaisant surface. M\u00e9lange du commun et de l&rsquo;unique qui se joue autour d\u2019un patrimoine de l\u2019Unesco, une grotte appel\u00e9 : Berceau de l\u2019humanit\u00e9. C\u2019est de cette grotte et c\u2019est de la caverne qu\u2019est la sc\u00e8ne, que l\u2019ombre de Steven Cohen et celle de sa nourrice se meuvent et se d\u00e9couvrent. L\u2019all\u00e9gorie d\u2019une caverne sud africaine o\u00f9 se trouve une connaissance du berceau de Cohen.<br \/>\n1-      Les Bochimans constituent une population d&rsquo;Afrique australe vivant aujourd&rsquo;hui principalement dans le d\u00e9sert du Kalahari. Traditionnellement chasseurs-cueilleurs, ils sont d\u00e9sormais largement s\u00e9dentaris\u00e9s. Ils seraient environ 100 000 dans toute l&rsquo;Afrique australe aujourd&rsquo;hui. Les noms fran\u00e7ais \u00ab Bochimans \u00bb ou \u00ab Bosjesmans \u00bb sont d\u00e9riv\u00e9s du mot n\u00e9erlandais \u00ab bosjesman \u00bb, introduit par les Boers et signifiant litt\u00e9ralement \u00ab hommes des buissons \u00bb ou \u00ab hommes de la brousse \u00bb. Les colons anglais ont utilis\u00e9 la traduction litt\u00e9rale \u00ab Bushmen \u00bb.<br \/>\n2-      Etymologiquement psych\u00e9d\u00e9lique vient du  grec : \u03c8 \u03c5 \u03c7 \u03b7 \u00cc (v. psych\u00e9) et \u03b4 \u03b7 \u03bb \u03bf \u00cc \u03c9 \u00ab rendre visible, r\u00e9v\u00e9ler \u00bb.<br \/>\nconception, chor\u00e9graphie, sc\u00e9nographie et costumes : Steven Cohen<br \/>\nlumi\u00e8re : Erik Houllier<br \/>\ncostumes : L\u00e9a Drouault<br \/>\nassistanat \u00e0 la cr\u00e9ation : Elu Kieser<br \/>\nfilms : Steven Cohen, John Hodgkiss<br \/>\nphotographie : John Hodgkiss<br \/>\nvid\u00e9o : Baptiste Evrard<br \/>\navec Steven Cohen et Nomsa Dhlamini<br \/>\nmusiques additionnelles<br \/>\nBushmen Juoansi from Namibia (disque Radio France Ocora\/Harmonia Mundi distribution)<br \/>\nKen Nordine (album Colors, compositeurs Ken Nordine &#038; Dick Campbell)<br \/>\nThe Funeral Song de The Bulawayo Church Choir, extrait de Dead &#038; Gone, volume 2<br \/>\nMy Only Child de Nico, extrait de Dead &#038; Gone, volume 2<br \/>\nLa Marseillaise de l\u2019album Saint Cyr-Bicentenaire (compositeur Rouget De Lisle, Dupont &#038; Gebel)<br \/>\nThe Assassination de Toru Takemitsu, extrait de musique pour le film de Masahiro Shinoda (1964), originellement issu de The Frozen Bordeline (1968-1970)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au pontet, derni\u00e8re semaine du 66\u00e8me festival d\u2019Avignon, fin de la repr\u00e9sentation du \u00ab Berceau de l\u2019humanit\u00e9 \u00bb de Steven Cohen. En l\u2019attente de la navette qui nous ram\u00e8ne au c\u0153ur d\u2019Avignon, deux jeunes s\u2019interrogent sur le spectacle auquel ils viennent d\u2019assister. Leurs interrogations renvoient \u00e0 la conf\u00e9rence de presse donn\u00e9e par Steven Cohen qui explique que dans son travail, il ne cherche ni \u00e0 \u00eatre didactique, ni \u00e0 \u00eatre clair. Pour ce performer sud africains, ses projets sont une<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"menu_order":0,"template":"","categorie_article":[27],"class_list":["post-663","article","type-article","status-publish","hentry","categorie_article-critique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article\/663","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article"}],"about":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/types\/article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=663"}],"wp:term":[{"taxonomy":"categorie_article","embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/categorie_article?post=663"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}