


{"id":672,"date":"2012-07-19T17:24:00","date_gmt":"2012-07-19T15:24:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=672"},"modified":"2012-07-19T17:24:00","modified_gmt":"2012-07-19T15:24:00","slug":"lannonce-faite-a-sophie","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/lannonce-faite-a-sophie\/","title":{"rendered":"L&rsquo;annonce faite \u00e0 Sophie"},"content":{"rendered":"<p>&#8212;-<br \/>\n<em> <strong>Eglise des C\u00e9lestins, Sophie Calle a d\u00e9pos\u00e9 \u00ab Rachel, Monique \u00bb, une exposition ou plut\u00f4t une chambre fun\u00e9raire o\u00f9 la pr\u00e9sence de la m\u00e8re, mortele 15 mars 2006, est le motif central du geste de l\u2019artiste. O\u00f9 l\u2019esquise d\u2019un dernier entretien infini d\u2019une fille \u00e0 sa m\u00e8re\u2026<\/strong> <\/em><br \/>\nElle s\u2019est appel\u00e9e successivement Rachel, Monique, Szyndler, Calle, Pagliero, Conthier, Sindler. Ma m\u00e8re aimait qu\u2019on parle d\u2019elle. Sa vie n\u2019appara\u00eet pas dans mon travail. \u00c7a l\u2019aga\u00e7ait.<br \/>\nQuand j\u2019ai pos\u00e9 ma cam\u00e9ra au pied du lit dans lequel elle agonisait, parce que je craignais qu\u2019elle n\u2019expire en mon absence, alors que je voulais \u00eatre l\u00e0, entendre son dernier mot, elle s\u2019est exclam\u00e9e : \u00ab enfin \u00bb<br \/>\nJe vais lire le journal intime de ma m\u00e8re pour la premi\u00e8re fois. Cette \u00e9glise m\u2019a sembl\u00e9 un lieu propice pour l\u2019affronter. A part quelque pages s\u00e9lectionn\u00e9es par l\u2019\u00e9diteur pour le livre Rachel, Monique, je ne sais pas ce que je vais d\u00e9couvrir.<br \/>\n(\u2026) avant de perdre conscience, elle m\u2019a demand\u00e9 d\u2019emporter le carton qui contenait ses journaux intimes. Seize carnets dat\u00e9s 1981, 1984, 1985, 1986, 1987, 1988, 1989, 1990, 1991, 1992, 1993, 1994, 1995, 1996, 1997, 2000.<br \/>\nMa m\u00e8re n\u2019\u00e9tait pas un \u00e9crivain, je ne suis pas com\u00e9dienne, m\u00eame amateur. Je ne sais pas si ces textes sont \u00ab bons \u00bb, s\u2019il faut les chuchoter, les d\u00e9clamer, si je les lirai d\u2019une traite, \u00e0 intervalles r\u00e9guliers, ou quand bon me semblera. Je ne sais pas combien de temps prendra cette lecture. Je m\u2019engage seulement \u00e0 en finir avec que le Festival ne s\u2019ach\u00e8ve.<br \/>\nMa m\u00e8re a choisi de na pas d\u00e9truire ses journaux intimes. Ma m\u00e8re n\u2019\u00e9tait pas dupe de ce qui pourrait arriver si elle me les abandonnait. Sinon je ne me serais pas permis.<br \/>\nProgramme distibu\u00e9 au visiteur, du 8 au 28 juillet 2012.<br \/>\nA l\u2019int\u00e9rieur, Sophie Calle a organis\u00e9 un parcours que l\u2019on ne confondra pas avec un chemin de croix o\u00f9 ses mots, sa vie, ses errances, sa po\u00e9sie viennent construire un espace qui renvoie \u00e0 la figure de la m\u00e8re. Ni monde ut\u00e9rin, ni autel, ni nef, ni rien qui pourrait ressembler \u00e0 un hommage, mais juste un parcours fun\u00e9raire, un road movie filial, une mani\u00e8re d\u2019\u00eatre fille de\u2026, un art d\u2019\u00eatre orphelin.<br \/>\nDes marbres, des st\u00e8les, des anges, une girafe tot\u00e9mis\u00e9e, des mother, maman, ici et l\u00e0, une photo d\u2019un album de famille, des photos d&rsquo;ici et d&rsquo;ailleurs, un h\u00f4tel : H\u00f4tel de la solitude\u2026 et un film o\u00f9 la m\u00e8re morte, comme une Oph\u00e9lie peinte par les pr\u00e9-raphaelites anglais, se tient rigide et p\u00e2le, entour\u00e9e de fleurs, pendant qu\u2019on s\u2019assure qu\u2019elle est morte en prenant son poul, en contr\u00f4lant la disparition de sou souffle\u2026<br \/>\nDans un recoin, une chaise et un livre o\u00f9 lira Sophie Calle.<br \/>\nMon portable sonne \u00ab tu fais quoi ? \u00bb dit la voix. \u00ab Je suis avec Calle. Une exposition sur la m\u00e8re de sa mort \u00bb dis-je. Et la voix de me r\u00e9pondre \u00ab non, la mort de sa m\u00e8re, tu inverses tout \u00bb.<br \/>\nTout est l\u00e0, dans un lapsus. Je vous le livre : \u00ab la m\u00e8re de sa mort \u00bb ou l\u2019annonce faite \u00e0 Sophie\u2026<\/p>\n<hr \/>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8212;- Eglise des C\u00e9lestins, Sophie Calle a d\u00e9pos\u00e9 \u00ab Rachel, Monique \u00bb, une exposition ou plut\u00f4t une chambre fun\u00e9raire o\u00f9 la pr\u00e9sence de la m\u00e8re, mortele 15 mars 2006, est le motif central du geste de l\u2019artiste. O\u00f9 l\u2019esquise d\u2019un dernier entretien infini d\u2019une fille \u00e0 sa m\u00e8re\u2026 Elle s\u2019est appel\u00e9e successivement Rachel, Monique, Szyndler, Calle, Pagliero, Conthier, Sindler. Ma m\u00e8re aimait qu\u2019on parle d\u2019elle. Sa vie n\u2019appara\u00eet pas dans mon travail. \u00c7a l\u2019aga\u00e7ait. 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