


{"id":684,"date":"2012-07-15T17:37:00","date_gmt":"2012-07-15T15:37:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=684"},"modified":"2012-07-15T17:37:00","modified_gmt":"2012-07-15T15:37:00","slug":"on-peut-toujours-voir-linverse","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/on-peut-toujours-voir-linverse\/","title":{"rendered":"On peut toujours voir l\u2019inverse"},"content":{"rendered":"<hr \/>\n<p><em> <strong>De Disabled Theater de J\u00e9rome Bel\u2026<br \/>\nChor\u00e9graphe, Performer, Bossu handicap\u00e9, Albratros exil\u00e9 sur le sol\u2026 Dans la vie de Raimund Hoghe, il y a un long travail de vid\u00e9aste, de plasticiens, un amour de Callas, et une proximit\u00e9 avec Pina Bausch au point qu\u2019il \u00e9crira un livre sur cette artiste.<\/strong> <\/em><br \/>\nLe relisant il y a peu, cette phrase : \u00ab On peut toujours voir l\u2019inverse \u00bb[[Raimund Hoghe, Pina Bausch <em>Histoire du th\u00e9\u00e2tre dans\u00e9<\/em>, l\u2019Arche, 1987, p. 18]]permettra d\u2019entrer ou de se sortir de Disabled Theater de J\u00e9rome Bel, expos\u00e9 salle Benoit XII.<br \/>\nQuelque chose est donn\u00e9 \u00e0 voir. Peu importe de quoi il s\u2019agit. Quelque chose est l\u00e0. \u00c7a pourrait \u00eatre n\u2019importe quoi. Le \u00ab n\u2019importe quoi \u00bb nous prive du sens qui est donn\u00e9 \u00e0 la chose qui est l\u00e0. C\u2019est comme \u00e7a. Mais, et c\u2019est \u00e7a qui compte, ce \u00ab n\u2019importe quoi \u00bb n\u2019est pas pos\u00e9 au hasard. Ce n\u2019importe quoi, en lieu et place du festival d\u2019Avignon, ce \u00ab n\u2019importe quoi \u00bb donc, induit deux ou trois choses pour \u00ab n\u2019importe qui \u00bb. \u00ab N\u2019importe qui \u00bb sait que le festival d\u2019Avignon, c\u2019est un endroit qui convoque deux ou trois choses que l\u2019on peut nommer facilement. \u00ab N\u2019importe qui \u00bb sait que le \u00abn\u2019importe quoi \u00bb doit avoir une relation avec les mots : esth\u00e9tiques, pratiques artistiques, mouvements po\u00e9tiques\u2026 Autrement dit, peu importe le \u00ab n\u2019importe quoi \u00bb, mais il doit coller \u00e0 \u00e7a. Vouloir d\u00e9finir l\u2019esth\u00e9tique, le po\u00e9tique, la pratique artistique\u2026 \u00e7a c\u2019est difficile. D\u00e9finir, c\u2019est toujours exclure. Aussi, on doit partir du principe, dans un monde lib\u00e9ral (un monde de libert\u00e9s auraient dit les romantiques du XIX), que \u00ab n\u2019importe quoi \u00bb est sans r\u00e8gle. Ben oui, \u00ab n\u2019importe quoi \u00bb peut convoquer une esth\u00e9tique, une po\u00e9tique, une pratique artistique\u2026 D\u00e9finir ou exclure, \u00e7a reviendrait \u00e0 jouer les Censeurs, \u00e0 faire des listes, \u00e0 condamner, \u00e0 br\u00fbler\u2026 Donc, Esth\u00e9tique, po\u00e9tique, pratique artistique\u2026 c\u2019est ouvert. Avignon est donc un lieu ouvert o\u00f9 \u00ab n\u2019importe quoi \u00bb peut \u00eatre vu par \u00ab n\u2019importe qui \u00bb parce que sinon, alors \u00ab n\u2019importe qui \u00bb est Censeur.<br \/>\nSauf que la \u00ab nature humaine \u00bb de \u00ab n\u2019importe qui \u00bb, cette putain de \u00ab nature humaine \u00bb qui n\u2019en finit pas de revenir en boucle impose un constat objectif. Y a plein de petits Censeurs qui tra\u00eenent dans le festival d\u2019Avignon. Ils sont parents de Guillotin, et pour autant qu\u2019ils n\u2019ont pas de guillotine, ils ont des langues : bien pendues, tranchantes, coupantes, ac\u00e9r\u00e9es. Ils parlent, ils condamnent, ils critiquent, ils ex\u00e9cutent. Certains, devant \u00ab n\u2019importe quoi \u00bb, sortent de la salle avant l\u2019heure. C\u2019est comme \u00e7a, \u00ab n\u2019importe qui \u00bb peut sortir devant \u00ab n\u2019importe quoi \u00bb. Y a plein de Censeurs qui sortent avant la fin de \u00ab n\u2019importe quoi \u00bb parce qu\u2019ils n\u2019arrivent pas \u00e0 connecter le \u00ab n\u2019importe quoi \u00bb \u00e0 l\u2019esth\u00e9tique, le po\u00e9tique, l\u2019artistique. Ils savent ce que c\u2019est, alors ils savent que parfois \u00ab n\u2019importe quoi \u00bb ne correspond pas \u00e0 ce qu\u2019ils ont d\u00e9fini.<br \/>\nAu fait, ceux qui restent devant \u00ab n\u2019importe quoi \u00bb forment finalement un autre groupe qui, par d\u00e9faut et se d\u00e9duisant des censeurs, se compose de deux clans. Le premier clan sait ce qu\u2019il regarde et y trouve toutes les qualit\u00e9s qui sont absentes pour les censeurs. Parfois, autour de \u00ab n\u2019importe quoi \u00bb, dans des exc\u00e8s linguistiques qui les caract\u00e9risent, ce clan et les censeurs forment la grande famille des adeptes de la controverse qui occupe l\u2019espace dialectique. Ils ne sont finalement pas \u00ab n\u2019importe qui \u00bb et on l\u2019entend.<br \/>\nEnfin, il y a cet autre clan, qui devant \u00ab n\u2019importe quoi \u00bb ne sait pas. On ne leur donnera aucun autre nom que les \u00ab je ne sais pas \u00bb. Les \u00ab je ne sais pas \u00bb, devant \u00ab n\u2019importe quoi \u00bb aimerait \u00eatre renseign\u00e9. Les censeurs et le premier clan se chargeraient bien de les convaincre, mais les \u00ab je ne sais pas \u00bb est un clan difficile \u00e0 persuader.<br \/>\nLes \u00ab je ne sais pas \u00bb a ainsi regard\u00e9 Disabled Theater[[[2] Juillet 2012, salle Benoist XII, dans le cadre du festival d\u2019Avignon, J\u00e9rome Bel proposait Disabled. Une pi\u00e8ce o\u00f9 il met en sc\u00e8ne onze personnes (entre 19 ans et 42 ans) qui souffrent de troubles psychiques ou comportementaux, et sont atteintes de trizomie 21, dans des formes plus ou moins aig\u00fces. Bel, rappelle qu\u2019on parle \u00e0 leur endroit de syndrome de Down ou de mongolisme (p\u00e9joratif). Il s\u2019agit d\u2019une maladie g\u00e9n\u00e9tique dont les signes communs se manifestent par un retard et un d\u00e9ficit du d\u00e9veloppement cognitif, associ\u00e9 \u00e0 des modifications morphologiques. Le m\u00e9decin britanique John Langdon Down (1828-1896) \u00e9crivait \u00e0 leur propos, dans Observations sur une classification \u00e9thnique des idiots, de la mani\u00e8re suivante : \u00ab La face est plate et large, et d\u00e9nu\u00e9e de pro\u00e9minence. Les joues sont rondes et \u00e9largies lat\u00e9ralement. Les yeux sont plac\u00e9s en oblique, et les canthi internes sont anormalement distants l&rsquo;un de l&rsquo;autre. La fissure palp\u00e9brale est tr\u00e8s \u00e9troite. Le front est pliss\u00e9 transversalement [&#8230;] Les l\u00e8vres sont larges et \u00e9paisses avec des fissures transversales. La langue est longue, \u00e9paisse, et r\u00e2peuse. Le nez est petit. La peau a une teinte l\u00e9g\u00e8rement jaun\u00e2tre, d\u00e9ficiente en \u00e9lasticit\u00e9, donnant l&rsquo;apparence d&rsquo;\u00eatre trop large pour le corps [&#8230;] il ne peut y avoir aucun doute que ces caract\u00e9ristiques ethniques sont le r\u00e9sultats d&rsquo;une d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence [&#8230;] Le type mongolien d&rsquo;idiotie repr\u00e9sente plus de 10 pour cent des cas qui se sont pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 moi. Ce sont toujours des idiots cong\u00e9nitaux, et jamais la cons\u00e9quence d&rsquo;accidents apr\u00e8s la vie intra-ut\u00e9rine [&#8230;] Ils ont une capacit\u00e9 consid\u00e9rable d&rsquo;imitation [&#8230;] Ils sont comiques [&#8230;] Ils sont habituellement capables de parler; le langage est simplet et indistinct, mais peut \u00eatre am\u00e9lior\u00e9 grandement par une m\u00e9thode bien dirig\u00e9e de gymnastique de la langue. La facult\u00e9 de coordination est anormale, mais pas si d\u00e9fectueuse qu&rsquo;elle ne puisse \u00eatre grandement renforc\u00e9e \u00bb.]]. Il n\u2019en parlera pas. Il n\u2019en pense pas moins, mais ce \u00ab n\u2019importe quoi \u00bb en l\u2019\u00e9tat, ne lui permet pas de parler. Les \u00ab je ne sais pas \u00bb, par exemple, se demande pourquoi le titre est en anglais. Avant m\u00eame d\u2019aller plus loin, il s\u2019inqui\u00e8te de la traduction. Disabled, c\u2019est handicap\u00e9. \u00c7a veut dire infirme, invalide, mutil\u00e9\u2026 \u00ab je ne sais pas \u00bb s\u2019interroge sur le fard de l\u2019anglais qui vient maquiller le handicap.<br \/>\n\u00ab Je ne sais pas \u00bb se dit qu\u2019 \u00ab on peut toujours voir l\u2019inverse \u00bb.<\/p>\n<hr \/>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De Disabled Theater de J\u00e9rome Bel\u2026 Chor\u00e9graphe, Performer, Bossu handicap\u00e9, Albratros exil\u00e9 sur le sol\u2026 Dans la vie de Raimund Hoghe, il y a un long travail de vid\u00e9aste, de plasticiens, un amour de Callas, et une proximit\u00e9 avec Pina Bausch au point qu\u2019il \u00e9crira un livre sur cette artiste. Le relisant il y a peu, cette phrase : \u00ab On peut toujours voir l\u2019inverse \u00bb[[Raimund Hoghe, Pina Bausch Histoire du th\u00e9\u00e2tre dans\u00e9, l\u2019Arche, 1987, p. 18]]permettra d\u2019entrer ou de<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"menu_order":0,"template":"","categorie_article":[27],"class_list":["post-684","article","type-article","status-publish","hentry","categorie_article-critique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article\/684","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article"}],"about":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/types\/article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=684"}],"wp:term":[{"taxonomy":"categorie_article","embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/categorie_article?post=684"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}